ACUITÉ VISUELLE
Colle détermination peut être faite à l'aide de ligures variées ; toutefois, chez des sujets qui savent lire, des caractères d'imprimerie devaient naturellement trouver ici leur emploi. On peut faire usage de lettres carrées ou allongées, mais il y a intérêt à ce que ces lettres soient formées d'un Irait d'égale épaisseur, sans pleins ni déliés (Snellen), afin que les diverses parties en soient également visibles. On devra aussi, parmi les caractères de l'alphabet, faire choix de lettres ni trop simples, ni trop compliquées, afin qu'elles soient simultanément perçues.
Après avoir tracé, sur un tableau, une série de lettres, remplissant les conditions que nous venons d'énoncer, l'observateur, s'il est doué d'une vision normale, pourra, en recherchant la distance la plus éloignée à laquelle il peut reconnaître ces lettres, obtenir le moyen de constater une acuité visuelle semblable à la sienne, c'est-à-dire normale. Si, à cette première série de lettres, on en adjoint d'autres de hauteur double, triple, quadruple, etc., on aura formé une échelle permettant de constater une réduction de l'acuité visuelle à 1/2, 1/3, 1/4, etc. Tel est le principe sur lequel reposent les échelles propres à mesurer l'acuité visuelle.
Afin d'éliminer toute influence provenant de l'accommodation et d'une anomalie dans la réfraction, il est nécessaire que la détermination de l'acuité visuelle soit faite à une distance éloignée, représentant l'infini (excluant tout effort d'accommodation), et que tout défaut dans la réfraction soit préalablement corrigé à l'aide de verres appropriés.
En général, on a accepté 5 mètres comme distance à laquelle devait être tenu le tableau. Le caractère le plus petit qui peut être lu à cette distance porte le numéro 5. Si l'on fait usage de caractères formés d'un trait épais et uniforme (égyptiennes), ces caractères, pour être aisément perçus à 5 mètres, surtout lorsqu'on se sert de lettres, non pas carrées, mais quelque peu allongées verticalement, doivent mesurer au moins 7 millimètres. Ces caractères apparaissent alors, à cette distance de 5 mètres, à peu pi-C? sous un angle de 5' (exactement, si l'on donne à la lettre une hauteur de 7mm,27). Le plus fin caractère du tableau, c'est-à-dire le numéro 5, étant ainsi obtenu, un caractère double, représentant pour la même distance de 5 mètres, une acuité visuelle, V = l/2, porte le numéro 10, attendu que, vu à 10 mètres, il correspond à V= 1. Après une série de types graduellement plus grands, on arrive aux caractères portant le numéro 50 et qui donnent, à 50 mètres, V = l et, à 5 mètres, l'acuité 1/10, ces lettres, les plus grandes de l'échelle, étant de dimensions dix fois plus élevées que les plus petites, qui représentent la vision que l'on considère comme sensiblement parfaite.
Au lieu d'une série de types d'imprimerie de dimensions variées, on conçoit que, si l'on disposait d'un recul suffisant, l'acuité visuelle pourrait être chiffrée à l'aide de caractères uniques, dont on ferait seulement varier la distance, par rapport à l'observateur. Ainsi, si l'on se servait de lettres qui, à une distance maxima de 20 mètres, correspondent à une vision normale, il est évident qu'un sujet qui ne pourrait reconnaître ces lettres au delà de 15 mètres, n'aurait qu'une acuité visuelle égale à 3 i; si ces lettres n'étaient reconnues qu'à 10 mètres, l'acuité serait 1 /2, etc.
Dans les échelles métriques (1), on a fait choix de huit séries de types portant les numéros 5, 7,50, 10, 15, 20, 30, 40, 50. Il en résulte que, pour une distance fixe de 5 mètres, on a, suivant le caractère le plus fin qui peut être lu, les acuités 1, 2/3, 1/2, 1/3, 1/4, 1/6, 1/8, 1/10, comme l'indiquent d'ailleurs les chiffres notés à côté
(1) Échelle métrique pour mesurer l'acuité visuelle, le sens chromatique et le sens lumineux, par de Wecker etMasselon, deuxième édition.
de chaque ligne de lettres. Mais on peut, pour arriver à une plus grande approximation, faire varier la distance de l'échelle. Ainsi, le sujet ne peut reconnaître le numéro 20, mais il lit couramment le numéro 30; admettons que l'échelle, d'abord placée à 5 mètres, peut être reculée jusqu'à 6 mètres sans que le numéro 30 cesso d'être lu, l'acuité visuelle sera alors 6/30 ou 1/5.
D'une façon générale, l'acuité visuelle (V) se trouve exprimée par le nombre de mètres (d) qui sépare le sujet du tableau, divisé par le numéro (D) du caractère le
plus petit qui peut être lu à cette distance (V = — \
Donders a fait mesurer, aux divers âges, par un de ses élèves, de Haan, l'acuité visuelle (qui, pour de très jeunes sujets, a été évidemment taxée, arbitrairement, à un chiffre trop peu élevé). D'après ces recherches (1), V est resté intact jusqu'à trente ans; mais, à partir de cet âge, cette valeur va en diminuant d'une manière constante, de façon que, à quatre-vingts ans, elle 'tomberait à moitié de la vision normale.
Suivant Donders, « la diminution de l'acuité, consécutive aux progrès de l'âge, a des causes de deux ordres : les unes tiennent aux milieux réfringents ; les autres
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ÎO -40 50 Fig. 5-44.
à l'appareil du nerf optique. Les premières agissent en diminuant la netteté de l'image, qui se forme sur la couche sensible delà rétine; les autres portent atteinte à la sensibilité et à la conductibilité nerveuses elles-mêmes ». Si l'on borne exclusivement ses recherches aux cas où le cristallin ne présente
(1) La figure 544 représente ce tableau d'acuité visuelle, suivant l'âge. La longueur des coordonnées indique V, pour l'âge inscrit sous leur extrémité inférieure. Vingt est la moyenne de quinze à vingt-cinq ans; trente, la moyenne de vingt-cinq à trente-cinq, etc.
La valeur de V est donnée, à gauche du tableau, par la fraction ss • dans laquelle d représente, en pjeds, la distance à laquelle XX peut être lu,