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KÉRAT0SC0P1E PAR LES OMBRES

réservé au genre d'exploration qui a fait l'objet du chapitre précédent. Suivant M. Parent, qui a proposé le terme de rétinoscopie, l'ombre, observée dans le champ pupillaire, ne serait autre chose que la partie obscure de la rétine entourant la zone éclairée de cette membrane, et cette partie de la rétine, située dans l'ombre, marcherait dans le même sens que l'image rétinienne, la rétine étant vue en image droite ou en image renversée, suivant la réfraction de l'œil. Enfin, d'après M. Leroy, l'ombre pupillaire devrait être envisagée comme l'ombre de la pupille de l'observateur sur la pupille de l'observé, et il conseille la dénomination de pupilloskiascopie. Quoi qu'il en soit de ces recherches théoriques, nous arriverons immédiatement à l'exposé pratique de la méthode d'examen qui nous occupe.

On peut à son gré faire usage d'un miroir plan ou concave. Nous supposerons que l'on a de préférence adopté le miroir concave, que l'on trouve plus communément sous sa main. Un miroir concave de grand diamètre, à large trou central, que recommande M. Parent, sera avantageux pour l'examen. On devra aussi faire choix d'une distance invariable à laquelle on se placera constamment par rapport à l'observé. Pour l'exactitude de l'examen, celte distance ne doit pas être trop rapprochée, et l'on pourra adopter un mètre. Les déplacements que l'on fera lentement exécuter au miroir, afin de bien saisir la marche de l'ombre pupillaire, consisteront en mouvements de rotation imprimés, tantôt autour de l'axe vertical de l'instrument, pour explorer le méridien horizontal, tantôt autour de son axe horizontal, si l'attention se porte sur le méridien vertical. L'exploration pourra aussi être dirigée en sens oblique. Un mouvement de circumduction donné au miroir permettrait un examen rapide des divers méridiens. Enfin, l'examen doit se faire dans une chambre obscure, le sujet, séparé par un écran de la lampe placée près de lui, dirigeant son regard au loin. Dans ces conditions d'exploration, l'observateur étant placé à 1 mètre de l'observé et armé d'un miroir concave, auquel il imprime de légers mouvements de rotation, de façon à éclairer la pupille par le passage répété des rayons projetés par le miroir, voici les cas qui peuvent se présenter et les déductions que l'on en doit tirer.

Si la pupille s'éclaire brusquement, sans ombre saisissable, le sujet est myope d'une dioptrie.

Si une ombre se produit dans le champ pupillaire, on doit rechercher si celte ombre marche en sens inverse (a) du déplacement du cercle lumineux, renvoyé par le miroir ou dans le même sens (b).

(a) Dans le premier cas (ombre inverse), le sujet est myope de moins d'une dioptrie, emmétrope, ou hypermétrope. Plaçant, suivant le conseil de M. Leroy, une lentille convexe d'une dioptrie devant l'œil de l'observé, on explorera de nouveau le champ pupillaire. Si toute ombre fait défaut, on a affaire à un emmétrope ; s'il se produit une ombre directe, il y a myopie, et celle-ci est, comme nous l'avons dit, inférieure à une dioptrie. Enfin, l'ombre étant encore inverse, malgré l'interposition du verre + 1, le sujet est hypermétrope.

(b) Dans le second cas (ombre directe), l'observé est myope et sa myopie est supérieure à une dioptrie.

Lorsque l'on a affaire à une hypermétropie ou à une myopie, on remarquera que l'ombre estd'auiant plus foncée et plus étroite que l'amétropie est plus élevée. En outre, plus l'amétropie sera accusée, plus le déplacement de l'ombre se fera lentement. Par contre, dans les faibles degrés d'amélropie, on observera une ombre légère marchant rapidement, de telie façon que, chez l'emmétrope (muni d'un verre -f- 1), l'ombre devient nulle et l'éclairage de là pupille instantané. Pour déterminer ]h

degré de l'amétropie, on doit superposer à l'œil des verres (convexes ou concaves) de plus en plus forts, jusqu'à ce que l'on obtienne un éclairage brusque, sans ombre sensible, du champ pupillaire. Ce résultat acquis, il suffira de diminuer le verre trouvé d'une dioptrie pour obtenir la mesure de l'amétropie. Si c'est le verre -j- 4 qui a donné la suppression de l'ombre, le sujet a une hypermétropie 3 ; si, au contraire un verre — 4 a eu ce même résultat, il s'agit d'une myopie 5, car — 4 et — 1 donnent — 5.

Lorsqu'il existe une asymétrie de l'œil, le diagnostic en est facile, et la détermination de Vastigmatisme ne présente pas plus de difficulté. Un méridien principal est-il myope d'une dioptrie et l'autre myope à un degré plus élevé ou hypermétrope? Tandis que, dans le sens du premier méridien, il y aura absence d'ombre, on observera, dans la direction du second, une ombre directe ou inverse. Si l'on a affaire à un astigmatisme simple, myopique ou hypermétrope, on assistera, après interposition d'un verre -f- 1 devant l'œil examiné, au même phénomène que ci-dessus. Si l'astigmatisme était mixte, on verrait alors, dans deux directions diamétralement opposées, l'ombre marcher en sens inverse. Enfin, dans le cas d'astigmatisme composé, on observera, bien que l'ombre marche dans le même sens pour toutes les directions, que cette ombre ne présente pas partout la même intensité, la même étendue et la même vitesse. Le méridien suivant lequel cette ombre s'accuse particulièrement, tout en étant plus étroite et en marchant plus lentement, est le méridien principal le plus amétrope, et, pour en trouver la direction, il n'est pas nécessaire de faire mouvoir les rayons, projetés par le miroir, précisément dans ce sens, car cette ombre plus obscure se dessine aussitôt suivant ce méridien principal, bien que le déplacement de la lumière, produit parla rotation du miroir, ne concorde pas absolument avec lui.

L'absence d'astigmatisme se reconnaît à ce que l'emploi d'un seul verre sphérique permet d'obtenir une égale suppression d'ombre pour tous les méridiens. Le seul cas où ce phénomène se présente sans le secours de verres, c'est lorsqu'il existe une myopie d'une dioptrie sans astigmatisme. En dehors de ce cas particulier, des verres sphériques sont constamment nécessaires pour obtenir l'abolition de l'ombre. Si ce résultat ne peut être atteint que dans une seule direction, tandis que dans le sens diamétralement opposé il persiste une ombre directe ou inverse, il existe un astigmatisme dont les deux méridiens principaux se trouvent ainsi dévoilés. On corrigera cet astigmatisme en superposant au verre sphérique, devant l'œil de l'observé, un cylindre à axe dirigé dans le sens du méridien corrigé (ne donnant pas d'ombre saisissable), et ce cylindre sera convexe ou concave, suivant que l'ombre persistante se trouvera inverse ou directe. Le cylindre qui supprimera cette ombre sera le cylindre correcteur, et la combinaison des deux verres devra permettre, pour tous les sens, un éclairage instantané de la pupille, dépourvu de tout phénomène d'ombre sensible. Comme nous l'avons dit plus haut, on devra, pour avoir la mesure de la réfraction de l'œil examiné, diminuer le verre sphérique d'une dioptrie.

Celte méthode d'optométrie est surtout précieuse chez les enfants qui ne peuvent donner de réponses exactes; elle- se recommande encore particulièrement comme épreuve de contrôle de l'examen subjectif.

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