‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 44 sur 316 · CORPS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS

Des corps étrangers peuvent aisément, après avoir déchiré la peau fine qui recouvre les paupières à l'entour du rebord orbitaire, pénétrer dans le tissu cellulaire lâche et s'y loger définitivement après la cicatrisation de la plaie externe. Des grains de plomb, des Iragments de pierre, de projectiles, etc , seront susceptibles de demeurer ainsi d'une façon définitive dans la paupière, en n'occasionnant pas d'autres inconvénients que ceux qui résultent de leur volume et de leur pesanteur.

D'autre part, il peut arriver que le corps étranger ait produit, après sa pénétration à travers la plaie cutanée, une ouverture, dans le sac conjonctival, d'étendue insuffisante pour lui laisser passage, et que la plaie d'entrée s'étant cicalrisée, il s'établisse une sorte de trajet fisluleux parlant du corps étranger qui s'enkyste vers le sac conjonctival, l'ouverture de la fistule se trouvant cachée dans des bourgeons charnus aplatis par suite de la pression de la paupière contre le globe de l'œil. La présence du corps étranger détermine une irritation permanente de toute la conjonctive voisine, et occasionne des états inflammatoires contre lesquels nous avons vu employer pendant des mois des cautérisations énergiques et user des collyres les plus variés, dont l'ineificacité contrastait vivement avec la patience que le malade montrait à les supporter.

De ce qui précède il faut tirer l'enseignement que, surtout dans les cas où des états inflammatoires prolongés succèdent à des blessures des paupières, une exploration des plus minutieuses doit être pratiquée pour rechercher si celte irritation n'est pas occasionnée par la présence d'un corps étranger. Il importe d'ailleurs d'èlre prévenu que, à cause de la Jaxité extrême du tissu sous-cutané de cette région, des corps étrangers peuvent facilement se déplacer et fuir devant l'instrument explorateur, de manière à se soustraire même à une exploration attentive-

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