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ABSENCE DES PAUPIÈRES

paupière, et aussi suivant leur direction. Les plaies horizontales qui n'intéressent que la peau, le muscle et le tarse, se guérissent généralement avec beaucoup de facilité sans défigurer le malade. Une semblable lésion ne devient sérieuse que si elle porte sur la paupière supérieure, et si elle a blessé son ligament suspenseuret le fascia tarso-orbitaire. En pareil cas, le muscle releveur peut avoir été détaché, d'où résulte la chute de la paupière. On peut alors, comme M. Green l'a exécuté avec succès, aller, après la cicatrisation de la plaie, à la recherche de l'extrémité détachée du releveur pour le suturer avec le tarse.

Les blessures profondes, si elles ne guérissent pas par première intention, entraînent aisément, par rétraction cicatricielle, la formation d'un ectropion. Quant aux plaies intéressant le bord palpébral, elles peuvent donner lieu à un coloboma des paupières si elles ne sont pas réunies, ou à un tricbiasis si la réunion a été inexacte.

Les plaies produites par des instruments piquants sont, dans la plupart des cas, rapidement cicatrisées', mais il ne faut pas ici perdre de vue une considération importante : c'est qu'elles peuvent, en traversant la paupière dans toute son épaisseur, avoir intéressé le globe de l'œil ou les parties situées dans l'excavation orbitaire et principalement le nerf optique. Si la conjonctive bulbaire a seulement été entamée, il peut encore en résulter un symblépharon.

Les plaies par déchirure des paupières se guérissent, en général, aussi bien que les plaies produites par des instruments tranchants, sauf les cas où la déchirure s'est compliquée d'une contusion très intense des parties. C'est alors qu'on peut observer un sphacèle plus ou moins étendu. En dépit de celte éventualité, on doit recommander, d'une manière générale, de réunir immédiatement toutes les plaies et déchirures (blessures par armes à feu) des paupières capables d'entraîner quelque difformité, et cela, même s'il s'est écoulé quelques jours depuis l'accident et si la suppuration a commencé.

Un point important de l'histoire des plaies du sourcil, accompagnées d'une blessure du nerf sus-orbitaire, est la complication redoutée qui survient parfois, c'est-à-dire la cécité de l'œil correspondant. 11 est bien entendu qu'il faut exclure des cas de ce genre tous ceux où la blessure s'est accompagnée d'une commotion de la région orbitaire ou du crâne assez intense pour expliquer, à elle seule, les troubles fonctionnels immédiats de la vue (par déchirure des membranes internes de l'œil et fracture du canal optique). De plus, il faut négliger ici tous les cas où, la blessure ayant été faite par un instrument piquant, il n'est pas démontré que le corps vulnérant n'a pas pénétré profondément. Dans ces conditions ainsi restreintes, on a considéré l'amaurose comme sympathique et produite par l'intermédiaire du filet nerveux du rameau nasal qui concourt à la formation du ganglion ophthalmique. Une pareille influence ne s'expliquant guère que par une irritation continue qui partirait du point blessé, il faut rappeler ici le conseil de Béer qui engageait à terminer la section du nerf sus-orbitaire blessé, ou à pratiquer l'ablation de la cicatrice.

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