C. EMPHYSEME DES PAUPIERES
L'introduction de l'air dans le tissu cellulaire des paupières, sans lésion du tégument et sans généralisation de cet accident, peut se produire de différentes manières. Le plus souvent, il résulte d'une déchirure des voies lacrymales ou d'une fracture de la paroi osseuse des fosses nasales. Dans un troisième ordre de faits, ce sont les sinus frontaux qui ont livré passage à l'air : dans ce dernier cas, il envahit en même lemps, presque constamment, le tissu cellulaire de l'orbite. 11 arrive enfin que l'emphysème palpébral est la suite d'un désordre très grave, d'une fracture de la base du crâne ayant ouvert une communication entre l'orbite et les sinus sphénoïdaux et ethmoïdaux (Menière).
Au point de vue pratique, l'emphysème qu'on rencontre le plus fréquemment est celui qui survient par suite d'une déchirure du conduit lacrymal inférieur, lorsqu'on pousse la sonde de Bowman vers le canal nasal, sans l'avoir fait entrer dans le sac,
et sans avoir pris comme guide la paroi osseuse. Cet emphysème, qui survient au moment où le malade se mouche, peut être assez considérable pour s'opposer à l'ouverture des paupières. Le crépitement particulier que donne l'emphysème sous le doio-t, le moyen de pouvoir le pousser d'un côté des paupières à l'autre, s'il n'est pas trop étendu, le manque de compressibilité de la partie emphysémateuse, ainsi que le son tympanique que donne la percussion, ne peuvent faire persister aucun doute sur la nature du mal.
L'emphysème des paupières constitue, dans la majorité des cas, une affection 1res bénigne et susceptible de disparaître en peu de jours. Il faut engager les personnes qui en sont atteintes à éviter tout effort intense d'expiration, et aider, par l'application du bandeau compressif, la résorption de la collection aérienne.