‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 7 sur 316 · I . Inflammation de la totalité du tégument des paupières · texte numérisé non relu

I . Inflammation de la totalité du tégument des paupières

a. ÉRYSIPÈLE DES PAUPIÈRES.

Symptômes anatomiques. — L'érysipèle se distingue du simple érythème par une rougeur et une tuméfaction plus intenses, par une chaleur plus vive et par les différentes phases que cette maladie doit parcourir pour arriver à sa terminaison, c'est-à-dire par la desquamation et une pigmentation plus ou moins passagère. Les symptômes généraux, frisson et fièvre, qui manquent rarement dans l'érysipèle, peuvent encore servir au diagnostic différentiel.

Les paupières sont très gonflées, rouges et luisantes. L'exsudat qui produit cette tuméfaction de la peau et du tissu sous-cutané s'épanche souvent, par places, sous la couche épidermique, où il forme des vésicules remplies d'un liquide fortement albumineux et légèrement alcalin (érysipèle vésiculeux, phlyeténoïde). Le gonflement des paupières empêche le malade de les entr'ouvrir; bientôt le sac conjonctival participe à la phlogose et sécrète du muco-pus, qui, accumulé dans la fente palpébrale, agglutine les cils. Il persiste parfois, après disparition des phénomènes inllammatoires, une certaine induration avec léger plosis de la paupière supérieure.

L'anatomie pathologique de l'érysipèle palpébral (voy. la fig. 4 empruntée à Michel) nous démontre, outre les streptococci en chaînettes, qu'il s'agit ici d'une transsudation séreuse et d'une infiltration de leucocytes qui, en s'accumulant en masse dans le tissu sous-cutané, peuvent constituer de véritables abcès arrondis et d'une étendue variable (fig. 4, a). L'infiltration purulente se montre jusque dans le

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