‹ Manuel d'ophthalmologieChapitre 89 sur 316 · TUMEURS MALIGNES · texte numérisé non relu

TUMEURS MALIGNES

TUMEUHS MALIGNES

A. Sarcome de l'iris.

Les tumeurs sarcomateuses ayant primitivement pris leur développement dans l'iris même, et non dans le corps cîliair'e, d'où elles auraient plus ou moins empiété sur la portion libre du traclus uvéal, sont excessivement rares. ,

M. Knapp en a cependant relaté, peut-être un peu trop sommairement, trois observations. M. Hirschberg rapporte un cas, relatif à un homme de trente-huit ans, chez lequel il s'était développé sur l'œil droit, dans l'espace d'une année, une tumeur noirâtre, qui apparut en un point de l'iris où il existait primitivement un signe (une étoile noire). L'œil ne montrait aucune injection pathologique et la chambre antérieure était en grande partie occupée par une masse foncée qui, partant de la moitié inférieure de l'iris, remontait jusque vers le centre de la cornée (voy. fig. 180). On fit l'énucléation de cet œil, pourvu d'une vision parfaite, et l'exa-

m en histologique révéla que la tumeur représentait un sarcome à cellules fusiformes.

Si nous considérons que la plupart des observations publiées se rapportent à de jeunes sujets, que, dans quelques cas, on a signalé un rapide accroissement de la tumeur qui pourrait faire songer au développement d'une gomme, nous engageons vivement, avant de prendre le parti de procéder à l'iridectomie ou à l'énucléation, de faire subir aux malades un traitement antisyphilitique (consistant en une série de dix à vingt frictions) et de contrôler l'action que peut avoir ce traitement. Il s'agit ici d'une perte de temps de huit à quinze jours, qui jamais ne pourrait être préjudiciable au malade, et qui écartera l'idée si fâcheuse d'avoir procédé à une opération inutile.

B. Tubercules de l'iris.

Un certain nombre d'observations démontrent que, de même que la partie adhérente du tractus uvéal, l'iris peut devenir le siège d'une véritable éruption tuberculeuse, sous forme de corpuscules arrondis, d'un blanc jaunâtre, faisant saillie dans la chambre antérieure et présentant un volume variable. Dans ces observations, la nature de l'éruption indienne paraissait confirmée par la concordance d'une tuberculose (1).

(1) On vient d'exciser à notre clinique un tubercule de l'iris qui, sans occasionner une irritation constante de l'œil, avait envahi le bord iridien périphérique, après avoir pris naissance dans le corps ciliaire. Le tubercule iridien excisé fut soumis à l'examen du professeur Cornil et reconnu comme tel.

-j'iii MALADIES DE L'IRIS.

Toutefois il nous faut signaler ici deux points :

1° Les observations se sont multipliées précisément au moment où les histoloo-istes ont, pour la plupart, déclaré que, sans le concours des renseignements cliniques, il leur était impossible de différencier sous le microscope la gomme du tubercule, à moins d'y constater le bacille afférent;

2° Nous avons pu voir se guérir des tubercules de l'iris, diagnostiqués comme tels par nos confrères, en laissant un iris atrophié, avec phthisie partielle de l'œil, et cela sur des malades dont l'état général de santé (l'examen des sommets des poumons) paraissait amplement justifier le diagnostic relatif à l'affection oculaire.

Donc, ainsi que nous l'avons déjà exposé en parlant de la grannlie de l'iris, il reste toujours, même au point de vue clinique, la même incertitude pour différencier la gomme et le tubercule; et, si toutefois la manifestation tuberculeuse restait avérée, elle se comporterait autrement pour la partie antérieure de l'iris que cela n'a lieu pour d'autres organes, c'est-à-dire qu'elle aboutirait (un certain nombre de fois au moins) à une absorption avec usure et cicatrisation, d'une façon analogue à certaines gommes.

Le diagnostic de tubercules de l'iris ne peut se baser que sur la tournure que prend la maladie, et, en cas d'autopsie, sur la comparaison de lésions analogues trouvées dans les divers organes et sur les essais d'inoculation. En pareil état de choses sera-t-il permis de pratiquer (comme cela a été conseillé à la Société de chirurgie) l'énucléation d'un œil sur lequel on a diagnostiqué (et en s'appuyant sur quels signes certains!) une tuberculose de l'iris? Certainement pareille conduite est à repousser, et cela d'autant plus que la guérison d'yeux atteints de tuberculose indienne est indéniable, et que, d'un autre côté, il n'est nullement prouvé qu'en enlevant un œil, qui est lui-même déjà le siège d'une affection endogène, on supprimerait l'unique foyer d'infection et qu'on préviendrait le développement d'un état diathésique.

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