‹ Manuel d ophthalmoscopie: diagnostic des maladies profondes de l'oeilChapitre 12 sur 28 · DES AFFECTIONS DU NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

DES AFFECTIONS DU NERF OPTIQUE

mer et refouler en arrière jusqu'au niveau de la sclérotique et même au delà. On dit alors qu'il y a excavation glaucomateuse de la papille.

1^ Symptômes fonctionnels.

1° Début. — L'excavation succède à des attaques répétées de glaucome aigu, ou n'arrive qu'à la longue et insidieusement dans le glaucome chronique.

2* Vision centrale. — Elle se perd souvent en même temps que le champ visuel. Dans certains cas rares, elle semble lui survivre, et l'on trouve des malades capables de hre d'assez fins caractères, qui ne peuvent se conduire, tant leur champ visuel est étroit.

3" Vision périphérique. — Dès les premières périodes de l'affection, le champ visuel commence toujours à se rétrécir par sa partie interne, de sorte que le malade voit moins du côté nasal que du côté temporal ou externe. Cela tient à ce que c'est la partie la plus externe de la papille, celle qui est la plus voisine de la macula, qui s'atrophie la première,' car les gros vaisseaux sont refoulés vers la partie interne et protègent davantage celle-ci contre la compression.

Le rétrécissement envahit ensuite les parties supéfieure et inférieure et enfin le champ visuel tout entier.

4* Phôtopsies. — Elles sont fréquehtes et provoquées par la compression de la rétine.

5° Tension inlra-oculaire augmentée, — On la constate par la palpatiou de l'œil» qui parait quelquefois aussi

dur qu'une bille de marbre. On peut aussi faire usage d'instruments spéciaux construits à cet effet.

G' Affection ordinairement binoculaire.

2^ Symptômes ophthalnoscopiques.

1" La papille est blanche, atrophiée par suite de la compression qu'elle subit. La lame criblée est très-apparente.

2" L'excavation est toujours totale, s'étendant à toute

la surface du disque optique. Ses bords sont taillés à pic.

5* Au pourtour de la papille, les vaisseaux rétiniens semblent coupés, interrompus ou forment des crochets caractéristiques

(tig. iO).

Il est facile de comprendre leur formation. Soit AB et AB' les branches de l'artère centrale. On les voit très-bien dans le fond de l'excavation qu'elles tapissent ; mais lorsqu'elles en suivent les parois latérales, elles disparaissent dans In direction BC et B'C pour reparaître tout d'un coup aux points C et C sous la forme d'une courbe ou d'un crochet, dont la concavité embrasse l'anneau sclérotical.

Quant à la veine, comme elle se divise avant l'artère,

ses branches sont refoulées par le bouchon du corps

vitré qui remplit l'excavation, et on ne les voit apparaîtn*

qu'à la périphérie de la papille.

4" La compression exercée sur les vaisseaux fait pa-

Fig. 10.

2" Avec Vexcavation atrophique. — Celle-ci est à peine appréciable. Ici les vaisseaux ne forment jamais de crochets, mais un simple mouvement d'incurvation au niveau de la périphérie de la papille.

3° Avec une atrophie survenant dans une papille présentant Vexcavation physiologique. — La difficulté peut quelquefois être trés-considérable ; toutefois, la présence .du pouls artériel lèvera tous les doutes.

Traitement. — Celui du glaucome.

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