‹ Manuel d ophthalmoscopie: diagnostic des maladies profondes de l'oeilChapitre 20 sur 28 · DES CH0R0Ï0ITE · texte numérisé non relu

DES CH0R0Ï0ITE

On désigne sous le nom de çhoroïdites les altérations de la choroïde les plus dissemblables.

D'après la nature de ces altérations, on peut les di« viser en :

1** Choroidite séreuse ou glaucome.

2" — exsudative.

5" — atrophique.

A ces trois principales variétés, il faut joindre les deux suivantes, qui empruntent à leur origine une physionomie particulière.

4" Scléro-choroïdite postérieure.

5* Choroïdite syphilitique.

Dans cette division, ne sont pas comprises les choroïdites de nature franchement inflammatoire, telles que la choroïdite purulente, Tirido-choroïdite, etc., car elles ne sont pas du ressort de Tophtlialmoscope.

scolomes, correspondant aux points occupés par les exsu' dations.

2" Symptômes ophtbalmosgopiques.

1" Aspect, — Les exsudations de la choroïde se présentent sous Taspect de taches blanches apparaissant dans le fond de l'œil.

2** Situation, — Elles se développent de préférence soit dans les parties périphériques, soit dans la région de la macula.

3"* Forme. ^ Aucune forme préférée ; elles sont rondes, on plaques irrégulières, en stries.

4" Coloration. — Elles sont d'une teinte mate, jaunâtre, moins éclatantes que les taches exsudatives de la rétine et surtout que les plaques atrophiques, ^

5" Étendue et nombre. — Dans certains cas, elles sont très-nombreuses et ne sont pas plus grosses qu'un grain de millet; dans d'autres, elles sont très«-étendues,

6* Bords, — Leurs bords se fondent insensiblement avec la teinte normale de la choroïde voisine relativement saine. Ils sont parfois entourés de pigment.

7* Altération de voisinage. — Ici les apoplexies choroï* diennes sont rares, mais le trouble du corps vitré est fréquent.

La choroïdite aréolaire de Foerster, caractérisée par de grandes taches exsudatives bordées de pigment, au niveau desquelles il y a atrophie de la rétine , est une variété de la choroïdite exsudative.

Causes. — Dans les deux tiers des cas, on peut accuser la syphilis. Les autres causes sont obscures. Ce sont parfois la dysménorrhée, l'âge critique chez les femmes,

l'état puerpéral, Tophlbalmie sympathique, les grandes héraorrhagies, etc.

Diagnostic. — Il doit répondre à ces trois questions : 1* la tache blanche du fond de l'œil est-elle bien réellement un exsudât de la choroïde ? 2** quelle en est la cause ? 5" la rétine est-elle saine ou malade ?

1" Les exsudats de la choroïde ne peuvent être confondus qu'avec les exsudats situés dans les couches postérieures de la rétine et avec les plaques atrophiques. Nous avons vu plus haut les éléments du diagnostic ( Voir r ethnie exsudative).

S'* Quant à la cause, ofi la reconnaît surtout par l'ensemble des conditions générales que présente le malade. Toutefois la choroïdite disséminée syphilitique revêt ordinairement un type, qu'il est important de connaître.

i* Elle se localise plutôt vers le pôle postérieur de l'œil.

2" Les taches exsudatives sont petites, nombreuses, groupées à la façon de certaines éruptions cutanées, sans tendance à se réunir entre elles.

3° Le corps vitré présente souvent un trouble qui apparaît et disparaît brusquement d'une façon plus ou moins périodique.

4** L'affection a une grande tendance à se propager à la rétine.

5° Toutefois les caractères les plus importants sont fournis par les antécédents du malade, par la connaissance d'anciennes manifestations syphilitiques sur l'œili telles que : iritis, paralysie syphilitique des muscles de l'œil, névro-rétinite, etc.

exemple, de sorte que nous la voyons très-ovale et rétrécie dans le sens de sa largeur.

8^ Changement dans Vétai dioptrique de Vœih — L'élat dioptrique de l'œil est changé. Avec le simple réflecteur, on voit rimage réelle et renversée de la papille et des vaisseaux rétiniens. Celte image se reconnaît en ce qu'elle semble exécuter des mouvements dans le même sens que ceux du globe et ep sens inverse de ceux de l'observateur. [Voir diagnostic ophthalmoscopique den anomalies de la réfraction,)

Complications. — On trouve souvent les complications suivantes :

1" Des taches d'atrophie chroroïdienne , soit du côté de l'ora-serrata, soit dans la macula où elles produisent alors des scotomes centraux v

2° La liquéfaction partielle du corps vitré,

3° Des flocons du corps vitré dus à de petits épanchements de sang.

A" Des photopsies^ à cause de la compression que subit la rétine.

5" U opacité du cristallin y par suite d'un vice de nutrition de la lentille, par une choroïde altérée.

6** Le décollement de la rétine, ce qui amène la perte soudaine de la vision dans l'œil atteint.

7"» Le glaucome , lorsque la sclérotique étant devenue moins élastique avec l'âge, ne se laisse plus distendre et lorsque l'hypersécrétion de la choroïde continue.

Cause. — La cause de la scléro-choroïdite postérieure ou de la myopie est l'hérédité. C'est une maladie des

staphylomateuse siège à son côté interne, et se trouve sur un plan postérieur aux vaisseaux rétiniens qui passent au-devant d'elles.

Mabche. — Le staphylôme postérieur a une marche gtationnaire ou progressive.

Pronostic. — Il dépend du degré de myopie, de sa marche et des complications qui se présentent. En général il n'est pas grave, puisque presque tous les myopes ont un staphylôme postérieur.

Traitement. — Celui de la myopie.

ARTICLE V CHOROÏOITE SYPHILITIQUE

La choroïdite syphilitique peut se montrer sous la forme de choroïdite exsudative et de choroïdite atrophique. Le diagnostic s'établit alors par la connaissance des antécédents ou par la présence de manifestations dialhésiques, soit dans d'autres membranes de l'œil, soit dans d'autres tissus. Mais il y a une autre variété de choroïdite spécifique, qui a un cachet dé spécificité assez particulier pour mériter une description à part.

1» Symptômes fonctionnels. — 1** Début. — Ordinairement assez lent.

*2* Brouillards. — Sensation d'un brouillard qui voile les objets et que le malade compare souvent à une toile d'araignée flottant devant ses yeux.

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3" Vision centrale, — Affaiblie d'une façon fort variable, quelquefois même perdue pendant les moments de crise, par suite de la compression qu'éprouvent les éléments nerveux de la rétine.

4" Vision péi'iphérique. — Elle présente souvent des lacunes, des scotomes circulaires ou demi* circulaires autour du point de fixation.

5" Photopsies, — Le malade voit souvent des éclairs dé feu devant ses yeux.

6* Photophobie. — r II est très-impressionnable à la lumière. Lorsqu'elle est très-vive elle l'éblouit; lorsqu'elle est de médiocre intensité,^ elle est insuffisante pour lui permettre de lire .

7" Daltonisme. Les couleurs jaune et bleu sont difficilement perçues, contrairement à ce qui a lieu dans l'atrophie de la papille.

8" Marche de l'affection par accès. — Le malade perd en quelque sorte la vision pendant huit ou quinze jours, sans que les désordres ophthalmoscopiques paraissent plus prononcés, puis il la recouvre.

9" Affection ordinairement monoculaire.

2" Symptômes ophthalmoscopiques. — i° Trouble généi'al du corps vitréy laissant voir l'image ophthalmoscopique, mais voilant son éclat d'une façon uniforme. La papille, quoique voilée, parait rouge soit par suite d'un phénomène de diffraction de la lumière, soit parce qu'elle est réellement congestionnée.

2" Flocons. — Leurs caractères ici sont d'être très-fins^ à peine visibles, et de former, par leur réunion, une sorte de nuage mobile. Lorsqu'il y en a quelques-uns de plus

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gros, ils affectent de préférence la forme circulaire ou demi-circulaire.

3" Choroïde. — Au début elle ne paraît pas altérée, mais à la longue elle présente, soit du côté delà macula, soit vers Tora-serrata, des taches exsudatives ou atrophiques, disposées par groupes et n'ayant pas de tendance à se réunir entre elles.

4* Rétine. — La rétine peut participer à la maladie, en présentant les symptômes de la rétinite séreuse ou de la rétinite exsuda tive. L'affection prend alors le nom de rétino-choroïdite spécifique. Plus souvent elle s'atrophie, ainsi que la papille, ce dont on juge par la blancheur de celle-ci, par la diminution du calibre des gros vaisseaux et par l'infiltration de pigment dans la membrane nerveuse. 11 s'agit alors d'une rétino-choroïdite pigmentairo syphilitique.

Diagnostic. — C'est le trouble du corps vitré qui est ici caractéristique. Il n'est jamais assez prononcé pour empêcher de voir la papille; il est toujours suffisant pour la rendre nuageuse. Ce trouble est uniforme, rarement accompagné de flocons visibles à l'ophthalmoscope, et persiste pendant fort longtemps.

Ce qui achève de donner une certitude complète au diagnostic, c'est la présence d'autres manifestations spécifiques sur les membranes de l'œil, comme nous l'avons déjà indiqué dans l'étude des choroïdites disséminées syphilitiques.

Pronostic. — Il est grave, car la maladie a une tendance à se propager à la rétine. On voit souvent le trou-

cula. Cette tache blanche n'est autre chose que la sclérotique vue à travers la choroïde déchirée.

Le trouble visuel est considérable si la tache jaune est atteinte ou s'il y a d'autres désordres dans l'intérieur de l'œiL

ARTICLE VIII DÉCOLLEMENT DE LA CHOROÏDE

Cette affection , très -rare , peut être produite par une tumeur placée entre la sclérotique et la choroïde ou par un épanchement de sang.

On voit au fond de Tœil une sorte de tumeur sphérique, de couleur foncée» immobile dans les mouvements du globe, sans plis» sans oscillations. Les vaisseaux rétiniens passent sur sa surface, et, en arrière de leur plan, on peut quelquefois reconnaître les vaisseaux Choroïdiens.

La rétine est d*abord légèrement décollée ; mais lorsque son décollement est considérable, le diagnostic est fort diflicile» On prendra en considération la couleur sombre de la tumeur et les antécédents.

Les troubles visuels sont très-considérables et l'affection se termine par Une irido-choroïdite qui amène la phthysie du globe.

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