EXAMEN DE L'OEIL A L'ÉCLAIRAGE OBLIQUE
On appelle examen de l'œii à l'éclairage oblique l'examen des parties antérieures de cet organe en concentrant sur elles, à l'aide d'une loupe, la lumière d'une source lumineuse quelconque. Par ce moyen on peut explorer tour à tour les parties suivantes du globe oculaire : cornée, humeur aqueuse, iris, cristallin et parties antérieures du corps vitré.
On se sert habituellement pour cet examen d'une lampe qu'on peut avancer, reculer, monter et baisser à volonté, pour donner à la lumière toutes les directions voulues. On fait bien de soutenir doucement la paupière supérieure du malade par le pouce d'une main, tandis que l'autre tient une lentille co vexe (environ 13 ou 20 D).
La lumière de la lampe, concentrée par cette loupe, est projetée sur les différentes couches de la cornée, qu'on peut examiner avec beaucoup de délicatesse, quand on place la lampe à côté du malade, de façon à donner à la lumière une direction tangente à la cornée. Ainsi on ne découvre pas seulement les moindres troubles de cette membrane, on ne détermine pas seulement leur étendue et leur épaisseur;, mais on se rend parfaitement compte de la profondeur à laquelle elles sont situées. C'est ainsi qu'on évalue la profondeur des ulcères de la cornée, la forme de leur fond, le développement d'un hypopyon qui, comme
nous l'avons pu constater avec M. Horner ' ne se trouve jamais dans l'épaisseur de la cornée, mais qui commence par un dépôt de pus sur la surface postérieure de la cornée, dépôt qui augmente et descend peu à peu dans le fond de la chambre antérieure.
C'est de la même façon qu'on parvient à distinguer les troubles punctiformes dus à de petits dépôts de pus sur la membrane de Descemet, si fréquents dans
ririlis séreuse.
On examine delà même manière l'humeur aqueuse.
En avançant un peu la lampe, on éclaire l'iris dont on examine toute l'étendue, en faisant faire au cône lumineux tout le tour de la pupille et du bord cornéen.
Pour l'examen du cristallin on donnera à la lumière une direction un peu moins oblique, en ayant som d'éclairer successivement toutes ses couches.
Le cristalUn, même à l'état normal, mais surtout chez les vieillards, présente presque toujours un reflet diffus, légèrement grisâtre, rappelant la nacre. Il ne faut pas confondre ce reflet avec un commencement de cataracte : car, comme on peut s'en conYaincre à l'aide de l'ophthalmoscope, ces cristaUins sont encore parfaitement transparents!
La cataracte s'annonce au contraire par des troubles plus marqués. On aura soin de déterminer dans quelles parties du cristallin ils sont situés, si c'est dans la capsule ou dans la substance corticale antérieure,