‹ Manuel d'ophthalmoscopie [electronic resource]Chapitre 6 sur 9 · BernP médicale rie Nanci/, féviier lS7-i · texte numérisé non relu

BernP médicale rie Nanci/, féviier lS7-i

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généralement bien de ne pas onvrir compléleniciil le robinet dn bec, parce que l'éclairage deviendrait trop intense, tandis qu'on peut pi'esquc toujours se servir sans inconvénient de la flamme d'une lampe à huile. Nous n'oublierons pas que la lumière artificielle ajoute à la couleur des objets observés un ton orangé et rougeàlre qu'ils n'ont i as à la lumière du jour. Il ne faut par conséquent pas s'étonner de trouver le fond d'un œil examiné fila lumière solaire autrement coloré et plus pâle qu'à l'éclairage d'une lumière artificielle.

Pour l'examen ophthalmoscopique nous plaçons la lampe à côté et en arrière du malade. Moins est grand l'angle formé par la source lumineuse et l'œil observé d'une part et le miroir de l'autre, moins nous aurons besoin d'incliner le miroir. C'est un trèsgrand avantage, parce que de cette façon l'éclairage est d'autant plus fort que l'ouverture à travers laquelle nous regardons se présente moins en raccourci et que la ligne visuelle se trouve ainsi plus rapprochée de l'axe du verre correcteur.

Il est indifférent de placer la lumière à droite ou à gauche du malade. On fait bien de tenir le miroir légèrement et par le bout du manche, à l'aide des trois premiers doigts, pour pouvoir le manier aussi facilement que possible.

Nous commençons toujours l'exploration ophthalmoscopique par l'examen à l'image droite :

Après avoir projeté la lumière sur l'œil nous rap-

prochons rophlhalmoscope de celui-ci autant que cela est possible, sans que la lumière soit interceptée par la tète du patient. Nous contrôlerons la bonne direction de la lumière par l'aspect de la pupille qui doit apparaître tout à fait éclairée.

Nous voyons alors les reflets de notre miroir sur la cornée, sur la surface antérieure et postérieure du cristallin. Ce sont des reflets parfois trés-gênants, surtout les deux premiers, qui sont assez intenses pour masquer les objets qu'ils recouvrent.

C'est pour éviter cet inconvénient qu'Helmholtz a employé la lumière polarisée; en donnçintà son miroir une inclinaison de 56°, cette lumière n'est plus réfléchie par les surfaces des milieux réfringents.

Pour éviter l'inconvénient des reflets, nous inclinons simplement le miroir, de manière que ces derniers viennent se placer à côté delà partie examinée de Tceil.

Le champ d'observation ophthalmoscopique est limité par l'ouverture de la pupille. 11 s'ensuit quïl est d'autant plus étendu que nous sommes plus rapprochés de la pupille ; parce que, plus nous nous rapprochons, plus augmente l'angle de la vision, qui a son sommet dans notre œil et dont les côtés touchent le bord pupillaire.

Une condition indispensable pour voir nettement l'image droite est, comme nous l'avons dit, d'adapter son œil à la réfraction de l'œil examiné.

Si nous avons affaire à des yeux emmétropes ou hypermétropes, il faut que notre œil soit adapté aux

rayons parallèles ou divergents. Pour cela, on doit se garder de faire un effort d'accommodation trop considérable. C'est une observation très-importante, parce qu'au début des éludes ophtbalmoscopiques on a toujours la tendance cà faire un effort d'accommodation d'autant plus grand que l'on voit moins bien. Cela tient à ce qu'on ne se rend pas bien compte de la direction des rayons émergeant de l'œil examiné. On se dit involontairement qu'on a à regarder un objet situé très-près devant rœil, et c'est pour le voir neltemei.t qu'on met en jeu au plus haut degré son accommodation. Mais on oublie que l'objet à observer se trouve placé derrière une loupe formée par les milieux dioptriques de l'œil examiné et que, par conséquent, les rayons en sortent bien moins divergents que si on le regardait à l'œil nu.

Sll'objet se trouve au foyer de la loupe, comme dans l'emmétropie, les rayons qui en émanent sont parallèles, et nous devons relâcher complètement l'accommodation ; s'il se trouve en deçà du foyer, comme dans rhypermélro,,ie, ils sortent en divergpant comme s'ils provenaient d'un objet situé à une certaine distance derrière l'œil examiné, et nous n'avons pas besoin d'un effort considérable d'accommodation. Enfln, dans le cas de myopie, il nous faut même un verre concave pour voir nettement.

On n'est pas toujours maître de son accommodation , le muscle ciliaire étant un muscle à fibres lisses. Mais on «e rappelle que l'accommodation est intimement

liéeù la convergence cl que l'une est presque toujours proportionnelle à l'autre. Par conséquent, si nous parvenons à placer nos yeux parallèlement, la convergence et l'accommodation seront nulles toutes les deux; Or, les muscles préposés à la direction des yeux sont des muscles soumis à la volonté et nous parvenons assez facilement à les rendre dociles.

Pour s'exercer à diriger les yeux parallèlement, on se sert d'un verre prismatique à sommet dirigé vers la tempe. Le prisme produit ainsi un déplacement apparent des objets du côté temporal ; pour obtenir la vision binoculaire simple, l'œil couvert du prisme doit donc se diriger en dehors. En se servant successivement de prismes de plus en plus forts, on arrive enfin à la position parallèle des yeux. Il est évident que l'œil doit être dirigé sur l'objet placé derrière le prisme : la vision simple sert à contrôler si les deux yeux sont bien dirigés. Dès que le prisme est trop fort, nous voyons double, parce que l'œil n'est plus dirigé sur l'objet, et que celui-ci ne forme plus son image sur la macula. Quand on a perçu une fois la sensation caractéristique de la position parallèle de ses yeux, on arrive peu à peu à la reproduire spontanément et, par consé- ■ quent, à relâcher à volonté l'accommodation.

Après avoir déterminé la réfraction, nous examinons l'œil à l'image renversée, suivant les règles que nous avons données plus haut.

On fait bien de tenir le verre convexe assez lom de l'œil examiné pour que son foyer coïncide à peu près

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avec le plan pupiUaire. De cette laçon le diamètre de la pupille est agrandi autant que possible et ses bords peuvent môme disparaître complètement du champ examiné.

Dans l'examen à l'image renversée, .1 y a un inconvénient qui ne se présente pas dans l'examen a 1 image droite c'est le double reflet que la lumière forme sur la lent'ille convexe, et il est très-vif. Pour l'écarter on n^a qu'à incliner légèrement la loupe, les deux refie s marchent alors en sens contraire, et laissent libre le

centre de la loupe. v '■ ^. a.-

Outre la lentille convexe 15 ou n" 10 a 1 aide de laquelle je produis l'image renversée, je regarde habi-, tuellement à travers le verre convexe 3 D du disque, pour ra'adapter à la distance de l'image renversée. De cette façon j'habitue mon œil à relâcher toujours son accommodation dansl'examen ophthalmoscopique.

Limage renversée, comme nous l'avons deja dit, sert à nous donner une vue d'ensemble de l'intérieur, de l'œil. 11 faut, pour cela, examiner le fond de l'œil dans toutes les directions jusqu'à ses limites extrêmes ; nous en avons indiqué les raisons.

Dès que nous avons trouvé à l'image renversée une: partie malade, un produit pathologique, une altération quelconque du fond de l'œil, nous faisons bien de recourir encore une fois à l'image droite pour nous rendre compte exactement de la nature de la partie suspecte ou malade. - - • ■ ' ■ '

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