EXPLORATION DE LA TROMPE D’EUSTACHE
CATHÉTÉRISME
Le pavillon de la trompe situé dans le pharynx nasal, peut seul être examiné par la rhinoscopie postérieure.
qui chez beaucoup de sujets est assez difficile à pratiquer. Il est important, cependant, de pouvoir observer de visu le gonflement, les hyperhémies, et les ulcérations de diverses natures, dont le pavillon de la trompe peut être le siège. Les élèves devront donc se familia riser avec la technique de cet examen. (Voir Rkinoscopie, page 355.) Quant à la trompe elle-même, le cathétérisme et l’emploi des bougies sont les moyens qui permettent de porter un diagnostic et d’instituer le traitement. Il existe encore deux procédés d’aération de la caisse tympanique; ils seront décrits plus loin. (Procédés de Politzer et de Valsalva.)
Cathétérisme de la trompe. — Bougies
Le cathétérisme a pour but de faire pénétrer une sonde à travers la fosse nasale et de conduire son bec dans l’orifice pharyngien de la trompe. Il est indispensable de pratiquer cette petite opération, avec sûreté et rapidité.
Après avoir lu tout ce que les auteurs ont écrit sur ce sujet, mon étonnement a toujours été grand, en voyant avec quelle prolixité les otologistes français et étrangers décrivent et discutent encore une foule de procédés, sans doute fort ingénieux et parlent si brièvement de celui de Triquet, otologiste français. Ce procédé remonte à près de 40 ans. Je ne dirai pas qu’il est parfait (il faut toujours réserver l’avenir), mais c’est le meilleur et le plus rationnel. Les élèves pourront s’en convaincre en répétant le manuel opératoire à l’amphithéâtre d’abord sur la coupe découverte, puis sur la coupe fermée. (Voir fig. 28 et 29.)
On objectera sans doute que ce qui est facile sur le cadavre l’est beaucoup moins sur le vivant. L’objection,
EXPLORATION DE LA TROMPE D’EUSTACHE. CATHÉTÉRISME. 73 vraie au fond, n’a pas de valeur réelle, car il en est de même pour tous les procédés opératoires. Pour bien faire le cathétérisme il faut une main adroite et légère. Cette qualité que devrait avoir tout opérateur, on la -possède naturellement ; ni le temps, ni l’étude ne peuvent la donner, et, si elle fait défaut, le chirurgien fera plus ou moins bien, mais jamais absolument bien.
Le procédé de Triquet avait été adopté par mon père qui me l’enseigna dès le début de mes études otologiques et y avait apporté quelques petites modifications le rendant plus expéditif, et par cela même moins désagréable pour le malade.
Au lieu de se placer en face du sujet, mon père se mettait toujours debout à sa droite et pratiquait le cathétérisme en un seul temps et non en trois temps comme l’avait indiqué Triquet. Le deuxième temps de Triquet (mouvement complet de rotation du bec) est inutile et par conséquent supprime le troisième temps. Lorsque j’ai commencé à cathétériser sur le cadavre, j’ai pu faire cette opération en un temps et sans arrêt; ma main s’y est rapidement habituée. Tous les élèves peuvent réussir dans les mêmes conditions, en y mettant un peu de persévérance.
Je me contenterai de décrire ici le procédé de Triquet.
Choix du cathéter ou sonde. — On emploie généralement deux espèces de sondes : les sondes en argent et les sondes en caoutchouc durci. Les premières, rigides, permettent de percevoir avec les doigts des sensations mieux définies; les secondes sont plus douces et plus flexibles. Dans la très grande majorité des cas, je préfère les sondes métalliques. La sonde d’Itard, dont j’ai toujours fait usage, a 15 centimètres de longueur; sa forme est légèrement conique. Le diamètre interne est de 7 à 8 millimètres au pavillon. (Voir fig. 42 et 45.) On se sert ordi-
EXPLORATION DE LA TROMPE D’EUSTACHE CATHÉTÉRISME. 75 nairement de trois modèles : le petit, dont le diamètre interne du bec est de 1 millimètre; le moyen, 2 millimètres, et le grand, 2 millim. 1/2. Les anneaux métalliques sont placés du côté opposé au bec dans les sondes métalliques, et du même côté que le bec, dans les sondes en caoutchouc. Les instruments en métal doivent être rendus aseptiquespar le flambage. (Voir, plus loin, Asepsie et Antisepsie.) Mais, pour éviter tout danger et toute contamination, il est préférable que chaque malade ait sa sonde, et que cette sonde soit stérilisée avant chaque cathétérisme.
Manuel opératoire. — Le sujet est assis sur un-siège quelconque, chaise ou fauteuil. L’opérateur se place tou jours debout et à droite, Vavant-bras gauche placé sur la tête du malade, de telle sorte que la main gauche tombe en pronation au-devant du nez. L’index ou le médius de cette main gauche relève fortement l’aile du nez du côté à opérer, afin de rendre rectiligne l’entrée de la narine correspondante. (Voir fig. 44).
La sonde est prise de la main droite et le pavillon saisi entre le pouce d’une part, l’index et le médius d’autre 'part, l’anneau du pavillon posé à plat sur l’index. On présente le bec à l’orifice de la narine, la concavité de la sonde un peu en dehors et en bas (1 er temps de Triquet) et on l’engage de suite sous le cornet inférieur. A ce moment on relève légèrement la main droite pour que la sonde soit perpendiculaire à la face et on fait glisser l’instrument sans efforts, sans arrêt, doucement, dans le méat inférieur qui offre une véritable cannelure, formée par le cornet inférieur. On arrive ainsi jusqu’à l’extrémité postérieure du méat inférieur qui est légèrement déprimée- L’orifice tubaire est à 4 à 5 millimètres de cette dépression et exactement sur la ligne prolongée de ce méat. En continuant à faire cheminer
l’instrument avec lenteur, le bec s’engage dans le pavillon de la trompe. Le seul point un peu délicat à franchir est cette dépression de l’extrémité postérieure du méat. Triquet dit avec raison que le dos du cathéter doit
prendre son point d’appui sur la cloison et que le bec sera susceptible, alors, de faire, sans quitter la paroi externe, quelques mouvements légers de latéralité pour tourner l’obstacle.
L’introduction de la sonde se fait donc en un seul
Fig. 44.
— Introduction de la sonde.