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EXPLORATION DE LA TROMPE D’EUSTACHE. — CATHÉTÉRISME

tion, et je compte 9 cas d’emphysème léger. Quelle importance peuvent-ils avoir dans une statistique où les cathétérismes avec introduction de bougies se comptent par dizaines de mille.

Lorsqu’il m’est arrivé de faire fausse route, au premier coup de pompe à air je l’ai senti, je me suis arreté et aucune complication sérieuse ne s’est produite.

J’emploie exclusivement les bougies en gomme de Bénas qui sont souples avec un peu de rigidité, et absolument incassables. L’extrémité doit être conique et jamais olivaire. Je proscris absolument les bougies en laminaire et en celluloïde, à cause de leur fragilité; les bougies en baleine, dangereuses par leur rigidité exagérée, et les cordes à boyau, parce qu’elles ne valent pas les bougies en gomme. Il faut employer une bougie neuve pour chaque malade. L’asepsie met sûrement à l’abri des infections.

PROCÉDÉ DE POLITZER

Il existe encore deux autres procédés d’î ération de la caisse tympanique. De ces deux procédés celui de Polilzer est seul d’un emploi fréquent, et rend de grands services, sans cependant avoir toute la valeur du cathétérisme.

Le procédé de Politzer est basé, comme l’écrit l’auteur. Sur ce que, pendant l'acte de la déglutition, l'air comprimé du dehors dans le naso-pharynx, qui est clos de tous côtés, passe par la trompe dans l'oreille moyenne.

On se sert à cet effet d’un ballon en caoutchouc (n° 5 ou 6), sur lequel sont montés soit une canule en gomme, soit un tube de caoutchouc muni d’un embout olivaire.

Voici la technique du procédé. Le malade est assis et prend un peu d’eau pour faciliter la déglutition. Le

chirurgien, debout à la droite du sujet, introduit dans une narine la canule en gomme, puis serre fortement les ailes du nez avec le pouce et l’index de la main gauche.

Il engage alors le patient à avaler, et comprime rapidement le ballon. L’air ne pouvant s’échapper ni en avant, ni en arrière, n’a d’issue que par les trompes (fig. 49).

Lorsque les deux mouvements sont simultanés y la pénétration de l’air dans les deux oreilles est nettement perçue par le malade. Mais il peut arriver que l’effet ne se produise que d’un seul côté, suivant la perméabilité du canal tubaire. L’absence de sensation de pénétration n’implique pas une fermeture de la trompe.

On peut se passer d’eau et faire exécuter au sujet un simple mouvement de déglutition. Pour que la compression de l’air se fasse avec le ballon, au moment précis, j’ai depuis longtemps l’habitude de regarder le cou du malade, et de faire l’insufflation au moment où le larynx exécute son mouvement d’ascension, qui coïncide physiologiquement avec la fermeture du pharynx nasal par le voile du palais.

Si le chirurgien ne veut agir que sur une oreille, il recommandera au patient de fermer l’autre oreille hermétiquement, avec un doigt fortement enfoncé dans le conduit, ce qui permet d’éviter la brusque secousse produite par l’entrée de l’air. C’est en somme une opération simple et facile pour le médecin et pour le malade.

Le procédé de Polilzer peut causer quelques inconvénients. Au moment de la déglutition, il arrive parfois que de l’air pénètre dans l’estomac; le petit malaise ressenti par le patient est rapidement calmé par l’ingestion d’un peu d’eau fraîche. La rupture du tympan (très rare) ne se produit que s’il existe antérieurement un état pathologique de la membrane, et que la compression de l’air soit fai'e trop vigoureusement. On a cité des cas

EXPLORATION DE LA TROMPE D’EUSTACHE.— CATHÉTÉRISME. 89 (assez peu fréquents) où la douche d’air pratiquée d’une* façon suivie, occasionne des bourdonnements persistants et des vertiges dus au brusque déplacement de l’étrier.

Fig. 49. — Procédé de Politzer.

Si le procédé de Politzer présente d’assez grands avan : tages, il ne peut remplacer le cathétérisme qui sera toujours préférable. Mon observation personnelle me fait arriver aux mêmes conclusions qu’Urbantshitsch.

L’emploi du caihéier et des bougies est formellement

indiqué pour se livrer à un examen approfondi de la trompe et de la caisse, pratiquer l’auscultation, et faire suivre un traitement prolongé.

D’autre part, le procédé de Politzer est d’une grande utilité, toutes les fois qu’on se trouve en présence de malades tellement craintifs ou nerveux, qu’ils ne peuvent supporter le cathétérisme; lorsque le médecin ne sait pas ou ne peut pas employer la sonde ; lorsque le malade habitant loin d’une ville est obligé de se soigner lui-même; enfin lorsque l’otologiste a besoin de produire un courant d’air brusque, dont la nécessité est démontrée. Enfin, ce procédé est précieux pour faire des insufflations d’air aux jeunes enfants, dont les terreurs involontaires et l’indocilité rendent presque impossible parfois l’introduction d’une sonde.

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