EXPLORATION DE LA TROMPE AVEC LES BOUGIES
Dans les traités d’otologie, l’emploi des bougies n’est conseillé que pour diagnostiquer les rétrécissements tubaires. L’usage des bougies me parait susceptible de fournir d’autres données assez précises.
Une insufflation d’air indique simplement l’état de perméabilité de la trompe, et facilite d’autre part l’auscultation. Mais cela ne peut suffire. L’emploi continuel des bougies, donnant aux doigts qui se sont exercés à. cette pratique, un tact d’une extrême finesse, permet de se rendre compte de l’état de la muqueuse, hyperhémie, gonflement, rétrécissement.
Cette sensation médiate a de l’importance, quoique la bougie ne touche complètement que l’isthme de la trompe. Mais ce contact s’exerce cependant encore sur une surface de quelques millimètres, et suffit' à rendre possibles des constatations dont l’olologiste tirera profit. Les renseignements fournis sont-ils absolus? Non certes, mais ils s’ajoutent aux autres signes donnés par les divers examens et éclairent le diagnostic.
En otologie nos moyens d’investigation sont limités, et il est bon d’employer tous ceux qui peuvent nous servir.
Je pose donc en principe que dès la première séance, et après la première insufflation, le chirurgien doit chercher à introduire de suite par le cathéter une bougie d’un diamètre de 1 millimètre 5 à 1 millimètre 7 (fîg. 48).
La bougie doit avoir 20 centimètres de longueur, et être marquée de traits visibles à 15 centimètres (longueur du cathéter) 1 puis à 16, 17, 18 et 19 centimètres. Ces
i. Il est bien entendu que si le cathéter est un peu pins long, le I e ' trait sera marqué à la longueur exacte du cathéter.
points de repère renseigneront exactement sur la pénétration de la bougie dans la trompe.
Les dimensions du canal tubaire ont élé déjà indiquées. (Voir page 50). Je rappellerai la longueur moyenne, 35 à 40 millimètres. Comme le bec de la sonde pénètre de près d’un centimètre dans l’ouverture pharyngienne du pavillon, on ne devra jamais dépasser le Irait à 18 centimètres.
L’introduction de la bougie doit être faite doucement, sans force; un mouvement lent de rotation facilite le glissement de l’instrument. On est souvent arrêté parce que le bec de la sonde appuie trop sur un des points de la surface de la muqueuse,, qui forme un léger bourrelet au niveau de la lumière du cathéter. Pour dégager le bec, la manœuvre assez simple consiste à déplacer légèrement la sonde dans les divers sens, jusqu’à ce que la bougie puisse pénétrer sans difficulté. Si malgré cela la main du chirurgien sent une résistance, il essayera des bougies de diamètres plus petits, et ne s’arrêtera que devant une impossibilité absolue. 11 arrive quelquefois qu’on réussit mieux à la deuxième ou à la troisième séance.
Cette exploration de la trompe, au moyen Fig. 48. des bougies, n’est pas aussi difficile que le Bougie en pensent beaucoup d’auteurs. Il faut de l’had^Bénas. bitude, un peu de patience et une grande douceur. Les accidents sont rares et insignifiants avec de l’attention.
Depuis vingt-cinq ans, j’emploie ce genre d’explora^