Gellé. Traité des Maladies de l'oreille
DE L'AUSCULTATION
Cependant, jointes aux autres, ces épreuves seront utiles et aideront le praticien qui, pour arriver à un diagnostic précis, n’a pas à sa disposition de données plus positives.
7° — DE L’AUSCULTATION
L’auscultation de l’oreille trop vantée par certains auteurs, et trop délaissée par d’autres, demande beaucoup de soin, d’application et d’expérience.
Pour percevoir et analyser les bruits produits par l’arrivée de l’air dans la caisse, on se sert du tube d'auscultation ou tube auriculaire, bien improprement appelé otoscope. C’est un tube en caoutchouc de 70 à 80 centi mètres de long, muni à chaque extrémité d’un embout léger dont l’un'est placé dans l’oreille du patient, et l’autre dans celle de l’observateur (fig. 53).
A l'état normal, au moment de l’insufflation par le cathétérisme, le passage de l’air produit dans la caisse un bruit de souffle (bruit de pluie de Deleau) variant avec le calibre de la sonde et la force du courant d’air. En outre, il est utile de savoir que par suite d’une situation défectueuse du bec du cathéter (en avant de l’orifice tubaire, ou en arrière, dans la fossette de Rosenmüller), on peut percevoir des bruits de gargouillement ou de ronflement, provenant des vibrations de la partie membraneuse de la trempe, et du voile du palais. Mais ces bruits sont faibles et paraissent plus éloignés de l’oreille de l’observateur (bruits pharyngés).
Si le bec est un peu trop appuyé contre une des parois de la trompe, l’air sortant difficilement donne lieu à un bruit plus aigu, quelquefois intermittent.
A l'état pathologique, il serait à désirer qu’on pût déterminer nettement dans quelle mesure la caisse ou la
Tube auriculairi
Tube d’auscultation.
trompe dont les lésions peuvent modifier les bruits d’auscultation.
DE L’AUSCULTATION
Le point de départ des bruits ne peut être apprécié avec certitude lorsque la trompe et la caisse sont toutes deux malades.
Pour mieux faire comprendre aux élèves les phénomènes observés, j’ai cru bon de dresser le tableau suivant, qui est plutôt schématique (Voir ce tableau page 104). J’ajouterai que certains bruits de crépitation entendus au début d’un examen peuvent disparaître rapidement après une ou deux insufflations d’air, et faire place à un souffle normal. Ces phénomènes sont dus à la présence de mucosités qui, encombrant l’isthme tubaire, ont été facilement chassées dans la caisse.
Il existe encore d’autres méthodes auxiliaires O’auscultation, permettant d’apprécier les rapports de tension de l’appareil de transmission. Mais la valeur de ces méthodes, au point de vue du diagnostic, est assez limitée. Leur emploi peut cependant rendre quelques services.
Auscultation objective de Politzer. — On se sert d’un tube d’auscultation à trois branches ; deux vont aux oreilles du malade et la troisième à l’oreille de l’observateur qui, en pinçant alternativement les deux premières, peut se rendre compte de la façon dont se fait la transmission des vibrations d’un diapason placé sur le vertex. Mais, comme les membranes tympaniques réfléchissent le son avec des intensités inégales, il arrive fréquemment que, en cas de tension anormale, les résultats sont complètement opposés.
Auscultation avec tube interfèrent de Lucae. Lucae emploie un tube à quatre branches ; deux vont aux oreilles du patient, une à l’oreille de l’observateur, et la quatrième est destinée à recevoir les sons du diapason. Cette méthode concourt au même but et soulève les mêmes objections que la précédente.
Auscultation transauriculaire de Gellé. — Elle se fait
' DE L’AUSCULTATION
en deux temps. Pendant le premier temps, on écoute avec le tube d’auscultation, le son du diapason placé sur la bosse frontale (du côté observé) qui passe par l’oreillê du sujet. Le deuxième temps consiste à aérer la caisse par un des trois procédés connus (Valsalva, Pôlitzer, Cathétérisme). A ce moment, l’observateur peut se rentré compte des modifications survenues dans le passage des ondes sonores. Ce deuxième temps, d’après l’auteur, a une valeur séméiologique considérable.
En somme, les résultats fournis par ces méthodes sont loin d’être absolument positifs.
Application entotique du cornet acoustique. (Bing.) — Je terminerai par la description de cette méthode qui, étant donné son but, m’a paru devoir trouver place
On. prononce des mots dans le pavillon d’un cornet acoustique de Dunker, relié directement par son extrémité à un cathéter placé dans la trompe. Les ondes sonores vont donc tout droit à la caisse du tympan et frappent la base de l’étrier qui les transmet au labyrinthe, s’il est intact.
Si le langage n’est pas entendu par l’oreille d’un malade, munie du cornet acoustique, et qu’il le soit par Y application entotique du même appareil, on peut conclure à un obstacle à la transmission du son, mais aussi à la libre mobilité de l’étrier.
AUSCULTATION DE l’aPOPHYSE MASTOÏDE
D’après les expériences intéressantes faites par Michaël, il y a quelques années, les données fournies par l’auscultation de l’apophyse sont assez précises. Un bruit de souffle, entendu au niveau de l’apophyse mastoïde, indique que les cellules mastoïdiennes sont indemnes.
Mais, ce bruit de souffle cesse d’être perçu dans les mêmes conditions, si la trompe est peu perméable ou si le tympan est assez largement ouvert.
Lorsque le tympan et la trompe sont dans un état d’intégrité convenable, l’absence de bruit permet de conclure à un état pathologique des cellules mastoïdiennes.