‹ Manuel d'otologie cliniqueChapitre 36 sur 129 · Stylet · texte numérisé non relu

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ou bien encore lorsqu’il existe une sclérose tympanique et que l’examen du malade permet d’espérer une amélioration de l’audition. La grande difficulté est de main-

TYMPAN ARTIFICIEL

tenir l’ouverture béante. On a observé depuis bien longtemps que la cicatrisation des perforations pathologiques se fait rarement; d’autre part, il n’est pas possible d’empêcher une perforation artificielle de se refermer. Je ne mentionnerai donc pas les ingénieux appareils inventés dans ce but (anneaux métalliques, etc.). Tous ont été abandonnés.

Depuis quelques années le galvano-cautère est très employé en otiatrique, et remplace avec avantage, pour l’ouverture du tympan, les instruments décrits plus haut. Ce procédé assure l’antisepsie et permet de faire une ouverture plus large, dont les bords se trouvent cautérisés, ce qui retarde un peu la cicatrisation.

8° — TYMPAN ARTIFICIEL

Les services que peut rendre le tympan artificiel sont mieux connus depuis les travaux de Toynbee qui a imaginé le premier appareil de ce genre. C’est une plaque de caoutchouc léger de 7 millimètres fixée à l’extrémité d’un fil d’argent de 3 centimètres de longueur, par deux petites plaques de même métal de 2 à 3 millimètres maintenant le centre de la membrane. Ce tympan s’altère assez vite. Pour arriver au même but, Politzer se sert d’un morceau de tube en caoutchouc, fixé à un fil métallique, et Hassenstein d’un porte-ouate du même genre que le porte-nitrate. (Voir fig. 66, 67, 68, 69.)

Il y a bien longtemps que j’emploie, comme tympan artificiel, du coton roulé très serré autour d’une pince. Je modifie la grosseur et la longueur de ce petit appareil, suivant les cas, et j’en trempe l’extrémité interne dans un mélange de glycérine phéniquée à 2/10 ou de glycérine coaltarisée à 5/50.

De ces divers tympans artificiels, le moins bon, à mon

avis, est celui de Toynbee, car son introduction est souvent pénible, et les mouvements de mastication sont la cause de craquements et de déplacements.

Le point important est de mettre au choix et à la fabrication de l'instrument une patience toute particulière.' Chez certains sujets (mais rarement), on arrive à trouver de suite l’appareil qui convient le mieux. Mais on est

Fig. 66. Fig. 67. Fig. 68. Fig. 69: -

: Tympan artificiel Tympan artificiel Tympan artificiel Tympan artificiel -de Toynbee. d’Hasseinstein. de Politzer. de E. Ménière.

obligé, le plus souvent, de tâtonner, de recommencer, de faire des essais multipliés, avant d’arriver à un résultat convenable, quand cela est possible.

■ J’ai connu un ingénieur étranger qui avait imaginé un procédé assez simple pour remédier à une surdité double, suite d’olorrhée chronique, avec larges perforations et relâchement de la chaîne des osselets. Il coupait deux rondelles de peau de chamois de la grandeur d’une pièce de 50 centimes environ, les mouillait avec de la salive, les introduisait chacune dans une oreille et les mettait en place au moyen d’une aiguille d’or à pointe mousse, légèrement recourbée à son extrémité.

Il a bien voulu placer ses deux tympans artificiels

TYMPAN ARTIFICIEL

devant moi, après quoi j’examinai les deux conduits. Voici ce que j’ai pu constater. Les deux bords de la circonférence des rondelles de peau étaient appliqués aux parois supérieures et inférieures, et le centre appuyait sur l’extrémité du manche du marleau. Les deux tympans ayant été retirés, le malade m’a permis d’essayer de les placer. Je n’ai pu trouver le point exact, dans les deux tentatives que j’ai faites. M. X., du reste, n’y arrivait pas toujours du premier coup.

Un malade un peu intelligent et adroit, peut trouver le point précis où doit être placé l’appareil, beaucoup plus vite souvent que l’olologiste qui a fait la première application.

Indications et contre-indications . — On peut essayer l’emploi des tympans artificiels dans les cas de suppuration chronique, à l'état de suintement, lorsque les diverses indications, tout en améliorant l’état local, ne sont pas parvenues à rendre une audition convenable.

Certaines conditions sont, en outre, nécessaires. Quelle que soit la grandeur de la perforation tympanique, l’état de la chaîne des osselets est le seul point important à connaître. Ces osselets peuvent être ankylosés ou immobilisés par des brides pathologiques impossibles à détruire. Mais la mobilité de l’étrier est essentielle pour qu’un résultat soit obtenu.

La contre-indication est absolue lorsqu’il existe un état inflammatoire aigu. Quand, pendant l’emploi du tympan artificiel, il se produit des complications, il faut l’enlever et attendre. Du reste, certains sujets ne peuvent supporter aucun appareil, quel que soit l’état de l’oreille moyenne. L’amélioration obtenue dans l’audition varie avec les lésions de la chaîne.

En résumé, si certains malades retrouvent, par ces divers instruments, une audition convenable, je n'ai

observé que raremeni le retour de Yaudition tout à fait normale.

9° — POLYPTOME; SERRE-NŒUD] CURETTE TRANCHANTE

Les polypes de la caisse ou du conduit auditif sont

opérés au moyen du serre-nœud ou polyptôme, dont la description me paraît superflue.

Le plus usuel est celui de Wilde. (Voir fig. 70.) Ladreit de Lacharrière l’a modifié autrefois en y ajoutant

POLYPTOME ; SERRE-NŒUD ; CURETTE TRANCHANTE. 125

un manche. J’y ai apporté moi-même un léger changement en remplaçant le cylindre creux, rigide, par un cylindre en argent qui, étant malléable, se prête à toutes les courbures que l’opérateur juge utile de lui donner. (Voir fig. 71.)

Les polypes de petit volume sont facilement enlevés d’un seul coup. Mais, lorsqu’ils sont considérables, qu’ils

Fig. 71. — Polyptôme de E. Ménière. X Z partie en argent, malléable.

remplissent le conduit et que le point d’implantation est difficile ou impossible à connaître, il y a tout avantage à faire l’opération en plusieurs fois. C’est, en petit, la méthode par morcellement.

Les fils employés sont en argent ou en platine.

Curette tranchante. — Pour détruire les bourgeons charnus et les granulations qu’on rencontre dans la caisse, le procédé qui donne les meilleurs résultats est le curettage.

On se sert de la curette tranchante dont il existe des modèles variés. (Voir n os 17, 18, fig. 65.)

Cette opération nécessite l’emploi dé la cocaïne à dose élevée : 15 à 20 pour 100. Le chirurgien devra se rappeler les rapports si importants des diverses parois de la caisse et la minceur des lamelles osseuses qui forment le plancher et la voûte de cette cavité.

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