INJECTIONS GAZEUSES ET LIQUIDES DANS LA CAISSE
Les insufflations de vapeurs médicamenteuses se font avec la pompe (déjà décrite), servant aux insufflations d’air.
Insufflations gazeuses. — Il est démontré qu’il n’entre
dans l’oreille moyenne qu’une faible quantité de vapeurs, lorsque les solutions médicamenteuses doivent être chauffées. En effet, une partie de ces vapeurs s’échappe par le canal tubaire, et l’autre se condense dans la sonde et dans la trompe. Cette pratique est assez délaissée.
Mais les substances volatiles telles que : l’éther, le chlo-
Fig. 79. — Appareil servant aux installations gazeuses. (E. Ménière.)
roforme, la térébenthine, etc., fournissent des vapeurs dont la pénétration est rapide et certaine. Il existe des modèles variés d’appareils destinés à faciliter l’emploi des vapeurs. Un des plus pratiques me semble être celui-ci construit par Mathieu sur mes indications. (Voir figv79v)
INJECTIONS GAZEUSES ET LIQUIDES DANS LA CAISSE. 139 Le malade ressent ordinairement de la chaleur et de la pesanteur dans l’oreille. Ces symptômes^ sont plus ou moins marqués suivant la quantité de vapeurs injectées.
Injections liquides. — Il est une règle absolue dont l’otologiste ne doit pas s’écarter : il ne faut jamais
Fig. 80. — Lavage de Ta caisse par la trompe.
injecter de grandes quantités de liquide dans l’oreille moyenne* lorsque le tympan n’est pas un peu largement ouvert. L’oubli de ce précepte pourrait être la cause d’une otite moyenne suppurée, toujours grave par les complications qui peuvent se produire.
Les grandes injections sont donc réservées pour les
lavages de la caisse par la trompe, le tympan étant perforé. Yoici comment on devra procéder. Un aide tient une cuvette échancrée sous le menton du malade, et une autre sous l’oreille. Le cathéter étant en place, enfoncé aussi loin que possible dans l’orifice pharyngien de la trompe, le chirurgien fait une insufflation d’air pourchasser l’exsudât accumulé dans le canal tubaire. Puis, il fixe au pavillon de la sonde l’embout de l’injecteur (page 114), chargé d’une solution antiseptique (non toxique), et fait fonctionner l’appareil, doucement, sans trop de force. (Voir fig. 80.)
Une grande partie du liquide reflue par la trompe, ressort par le nez, et tombe dans la cuvette ; l’autre partie tombe goutte à goutte par le méat. Sur 800 grammes employés, j’ai vu passer par l’oreille de 25 à 30 grammes, et jusqu’à 80 grammes. Ces lavages m’ont donné des résultats merveilleux dans les otites moyennes infectieuses de la grippe. On peut se servir avec avantage de la canule tympanique en gomme qui est introduite à travers un cathéter de 2 mm. 1/4 de diamètre intérieur.
Cette canule (voir fig. 81) a une longueur de 20 centimètres.
Mais, si le tympan n’est pas perforé, on se sert d’un compte-gouttes, ou d’une petite seringue ad hoc et on fait tomber quelques gouttes de la solution médicamenteuse, dans le pavillon du cathéter. Trois ou quatres coups de pompe suffisent à chasser l’air, qui entraîne le liquide. La canule tympanique décrite tout à l’heure sera employée avec plus d’avantages pour ce genre d’injections liquides, quand le calibre de la trompe permet son introduction.
Lorsqu’il est nécessaire de faire une injection liquide dans la coupole à travers une perforation de la membrane de Shrappnel, ou dans l’antre à travers une perfo-
INJECTIONS GAZEUSES ET LIQUIDES DANS LA CAISSE. 141 ration iympanique on emploie la canule de Hartmann (fig. 82).
Enfin il existe une petite pompe imaginée par Dels-
Fig. 81. Fig. 82.
Canule tympanique. Canule de Hartmann.
tanche, qui, en maintes circonstances rend des services. J’en parlerai plus loin à propos des suppurations de la coupole. (Voir page 250.)