‹ Manuel d'otologie cliniqueChapitre 53 sur 129 · CORNETS ACOUSTIQUES · texte numérisé non relu

CORNETS ACOUSTIQUES

ploi des cornets acoustiques destinés à conduire à l’oreille les ondes sonores renforcées.

Je dis, dans une certaine mesure, parce que si les cornets amplifient les sons, ils ont le défaut de leur qualité, ils fatiguent l’oreille à la longue. Il est un fait démontré par l’expérience : l’usage journalier, continu, des cornets affaiblit l’organe de perception.

Je précise : un sourd possède 5 pour 100 de l’audition normale. S’il se sert continuellement du cornet acous¬

tique qui lui permet d’entendre mieux, au bout d’un an au plus, l’audition est descendue à 5 pour 100. S’il augmente la force du cornet, l’affaiblissement de ce qui reste d’audition s’accentue encore.

J’ai vu bien des cas de ce genre, et ma conviction est établie. Je conseille aux malades de n’employer les cornets qu’avec prudence, et de ne pas les avoir constamment à l’oreille à moins de nécessité urgente. On pourra ainsi assurer les bénéfices de l’instrument, sans porter trop de préjudice au nerf auditif.

Les inventions se sont multipliées, mais les résultats sont toujours médiocres. On construit des cornets de

formes et de dimensions variées et les substances qui entrent dans leur composition sont le caoutchouc durci, les métaux divers.

Le malade devra choisir l’appareil qui lui convient le mieux, en demandant toutefois à l’otologiste des conseils qui seront toujours utiles. Lorsqu’un sujet est arrivé à un degré de surdité tel que la voix haute n’est pas perçue contre l’oreille, le meilleur cornet (je dirai presque le seul) est celui de Dunker. C’est un tube de caoutchouc de 1 mètre environ, garni en dedans et en dehors d’un fil métallique enroulé en spirale. Une des extrémités terminée par un ajutage en bois est placée dans l’oreille du malade, et l’autre évasée en forme d’enlonnoir, sert à l’interlocuteur. J’ai vu autrefois un malade de mon père avoir sur la table de sa salle à manger 4 ou 5 cornets de ce genre lui permettant de causer avec ses convives. (Voir fig. 84)

Pour les cas de surdité extrême on emploie les appareils appelés audiphones. Celui de Rhodes est fait avec une plaque de caouthouc durci, maintenue convexe par des fils. L’extrémité s’applique sur les dents de la mâchoire supérieure. L’audiphone de Colladon est en carton. Pour que ces divers appareils puissent être profitables, il faut évidemment qu’il reste encore un peu de sensibilité du nerf auditif.

Dans le même but, on a construit un denlaphone ; je ne Lai jamais expér imenté.

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