‹ Manuel d'otologie cliniqueChapitre 64 sur 129 · Traité de Scliwartze, 1893, t. II, p. 163 (Walb · texte numérisé non relu

Traité de Scliwartze, 1893, t. II, p. 163 (Walb

V . Les cholestéatomes s’y montrent assez fréquemment. D’après Walb, les larges bandes épithéliales en forme de croûtes qu’on voit sur les points altérés de la coupole, et sur les fistules ouvertes du prolongement mastoïde, peuvent être le point de départ de gros cholestéatomes qu’une simple injection peut faire naître par irritation.

Les modifications du tympan, lorsque l’affection est localisée dans la coupole, sont souvent peu marquées. La membrane est grise, sans éclat, flasque. La suppuration est continuelle. On peut donner comme signe certain de la carie des osselets, la persistance de la suppuration de la coupole coexistant avec une otorrhée chronique et une perforation du tympan.

La marche de la maladie est des plus lentes, et la guérison sans intervention opératoire est rare (j’en ai vu cependant plusieurs cas). Le pronostic des suppurations isolées de la coupole est parfois grave, en raison des complications sérieuses qui peuvent se produire.

Traitement. — Le traitement médical est long et ne donne généralement que des résultats imparfaits. On doit cependant le tenter. Les lavages de la coupole avec la canule de Hartmann, sont un des bons moyens. La pompe de Delstanche, voir fig. 85, peut servir au même usage. Ces injections seront faites chaque jour avec une solution antiseptique. On séchera ensuite la cavité avec du coton boriqué, après quoi on pratiquera un badigeonnage. Pour les substances à employer, voir les formules n os 6, 7, et les caustiques forts.

S’il existe une communication avec la caisse, les grandes injections par la trompe ont une certaine efficacité.

Traitement chirurgical. —- Schwartze conseille d’enlever complètement les osselets, marteau et enclume.

On peut aussi sectionner la tête du marteau, quand elle est cariée, avec le petit sécateur de Delstanche, ou enlever les osselets par la méthode indiquée par Delstanche. Voir pages 132 et 134.

Il est enfin un procédé plus radical proposé par Stacke en 1892, dont Luc a donné le résumé dans les Archives de larxjngologie et d'olologie (juin 1.892). J’en indiquerai les principales lignes d’après la traduction de Luc.

Longue incision pratiquée derrière le pavillon de l’oreille, qu’on rabat après dissection. Au-dessus du pavillon cette incision doit s’avancer du côté de la région temporale. Le périoste du lambeau anterieur est décollé avec la rugine d’arrière en avant, pour mettre à jour le rebord postéro-supérieur du conduit auditif osseux. De ce conduit osseux, on voit sortir sous forme de doigt de gant, le prolongement cutanéo-périostique du conduit membraneux qui est disséqué et tranché obliquement le plus près possible du tympan. On peut alors sans difficulté extraire le marteau.

Dans un deuxième temps, on attaque la partie supérieure du conduit osseux avec la gouge et le maillet. La même manœuvre appliquée en haut et en arrière met à jour l'aditus ad antrum et l’enclume peut être extrait à son tour. Cette large communication avec le conduit auditif permet d’explorer la caisse. Si l’apophyse est malade, il suffira d’un coup de gouge en arrière et en haut pour arriver dans les cavités mastoïdiennes. La blessure de la corde du tympan est peu importante. Pour terminer l’opération, Stacke découpe un lambeau quadrangulaire du doigt de gant périostique, et le maintient par sa face périostique avec un tampon de gaze iodoformée. On fait une suture du pavillon en haut. Le premier pansement reste huit jours en place; on surveillera le bourgeonnement de la plaie qui peut fermer la

PATHOLOGIE

communication avec la partie profonde. La durée moyenne du délai pour la guérison est de quatre mois. Les résultats des opérations faites par Stacke sont excellents, paraît-il. Ce procédé, que je n’ai pas encore eu l’occasion d’appliquer sur le vivant, me paraît très rationnel.

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