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Face externe du pavillon de l’oreille, d’après Sappey

arrière de l’articulation temporo-maxillaire. Sa forme est irrégulière.

La face externe concave, tournée en dehors et un peu en avant, présente des saillies : hélix , anlhélix, tragus

A. — Pavillon

Le pavillon est situé sur les parties latérales et inférieures du crâne, en avant

antitragus, et des dépressions diverses : gouttière de l’hélix, fossette de l’anthélix, et la conque ' qui forme l’entrée ou méat du conduit auditif externe (voy. fi g. 2).

La face interne adhère aux parois du crâne par son tiers antérieur. Sa configuration est celle de la face externe, mais en sens inverse.

En arrière de la conque, existe un sillon qui sépare la partie libre de l’oreille des régions temporale et mastoïdienne. A la partie inférieure se trouve le lobule qui jouit d’une grande souplesse.

Fibro-cartiiage . — Le pavillon se compose d’un fibrocartilage qui occupe son étendue, et est formé d’une trame fibreuse contenant des corpuscules cartilagineux.

Ligaments. — 11 existe des ligaments extrinsèques, antérieur et postérieur, et des ligaments intrinsèques maintenant la forme du pavillon et reliant les parties entre elles. Ils sont au nombre de quatre.

Muscles. — Les muscles du pavillon sont extrinsèques, auriculaires supérieur, antérieur et postérieur; intrinsèques, grand et petit muscles de l’hélix, muscle du tragus et de l’antitragus, et muscle transverse.

Peau. — La peau est rosée, mince et transparente, très adhérente à la face antérieure, et beaucoup moins à la face postérieure. Des poils rudimentaires forment un léger duvet sur la plus grande partie de la surface.

Follicules pileux. — Les follicules pileux sont nombreux et plus développés dans la conque, à l’entrée du conduit, où s’aperçoivent ces bouquets de poils très marqués chez certains sujets adultes, mais surtout chez les personnes âgées. A ce même point se rencontrent des glandes sudoripares.

OREILLE EXTERNE

Artères. — Les artères viennent de la temporale superficielle et de Y auriculaire postérieure.

Veines. — Les veines sont indépendantes des artères. Elles vont toutes à la jugulaire externe. Les postérieures communiquent avec le sinus latéral correspondant, par une anastomose qui traverse la portion mastoïdienne du temporal.

vaisseaux lymphatiques. — Les vaisseaux lymphatiques antérieurs vont au ganglion qui est au-devant du tragus, et les postérieurs au ganglion sus-mastoïdien.

Nerfs. — Les nerfs sensitifs viennent du plexus cervical et de Yauriculo-temporal. Le rameau auriculaire postérieur fourni par le facial va innerver les muscles. Il existe en outre des filets vaso-moteurs émanés du grand sympathique.

Physiologie

Le pavillon aide à la fonction auditive, mais n’est pas cependant absolument indispensable. L’observation et l’expérience ont démontré que l’absence du pavillon, chez l’homme ne modifiait pas l’ouïe sensiblement. Le pavillon pour certains auteurs, servirait à Y orientation, alors que pour d’autres, cette faculté n’est pas regardée comme constante et absolue. II est prouvé que c’est surtout la conque qui réfléchit les sons et en augmente l’intensité.

Les muscles du pavillon fort peu développés généralement, ne lui impriment que des mouvements très minimes.

A la naissance, le pavillon a un développement relativement considérable.

Déductions médico-chirurgicales

L’isolement du pavillon fait comprendre la facilité avec laquelle il peut se refroidir, se gercer, se congeler, ainsi que la fréquence des blessures et des pertes de substance auxquelles sa situation l’expose.

La couche sous-cutanée se continue en avant avec celle de la face, et en arrière avec celle de la région mastoïdienne, ce qui explique comment les inflammations de ces régions envahissent si fréquemment le pavillon.

Le cartilage est d’une telle souplesse que les fractures sont d’une exceptionnelle rareté.

La structure cartilagineuse du pavillon rend difficiles et souvent impossibles les sutures destinées à réunir et à maintenir une des parties du pavillon détachée complètement, soit par un instrument tranchant, soit par toute autre cause.

Le lobule, formé par l’adossement de la peau et du tissu sous-jacent est percé chez la femme pour y suspendre l’anneau des boucles d’oreilles. Chez certains sujets, tantôt par ulcération, tantôt à cause du poids du bijou, le lobule se fend jusqu’en bas, et les cicatrices de ces plaies sont toujours disgracieuses.

C’est sur le pavillon qu’on rencontre Yolhématôrne, tumeur formée par un épanchement de sang entre le cartilage et le périchondre.

Le bord ou la gouttière de l’hélix sont souvent le siège de dépôts goutteux d’urate de soude. (Tophus, concrétions tophacées.) Enfin, dans certaines affections du conduit osseux et de la caisse tympanique, avec carie, nécrose, etc., il est parfois impossible d’arriver par le conduit gonflé, œdémateux, jusqu’au point malade. Dans ce cas, le chirurgien fait une longue incision courbe, un

OREILLE EXTERNE

peu en arrière du sillon postérieur, décolle le pavillon, le rabat sur la joue, et s’ouvre ainsi une plus large voie pour faire un curettage des parties malades, enlever un séquestre, etc.

Ce même procédé de décollement a été employé il y a bien longtemps déjà, pour aller à la recherche des corps étrangers profondément enclavés.

B. — Conduit auditif externe

Le conduit auditif externe va de la conque à la paroi externe de la caisse du tympan (fig. 3). Sa direction est flexueuse. On lui distingue trois portions : Y externe se

Fig. 3. — Coupe horizontale du conduit auditif externe et du pavillon, oreille droite, d’après Testut.

Les lignes Y Y et. X X, limitent les trois portions.

portant en avant et en dedans ; la moyenne en arrière et en haut, et Yinterne en bas et en avant. Sa partie terminale au niveau du tympan est obliquement coupée de haut en bas, et de dehors en dedans, et forme avec la paroi inférieure un angle de 25 degrés environ, mais très variable suivant les individus. La longueur du con-

duit en ligne droite est de 22 à 25 millimètres. Le diamètre vertical est de 11 millimètres pour la portion externe, et de 7 à 8 millimètres pour les deux autres. Le diamètre antéro-postérieur est de 6 millimètres pour les deux premières portions, et de 7 millimètres 1/2 pour la troisième (fig. 4 et 5).

Portion cartilagineuse. — La portion cartilagineuse a la forme d’une gouttière transversale à concavité supé-

F<g. 4. — Moule du conduit auditif externe vu par sa partie supérieure, d’après Sappey.

rieure. Elle présente les deux incisa res de Duverney, appelées aussi, mais à tort, incisures de Valsalva ou de Santorini, dont l’une est externe ci antérieure, et l’autre interne et postérieure , moins longue et oblique. Ces incisures sont comblées par du tissu fibreux dépendant du périchondre.

Portion fibrense. — La portion fibreuse forme une gouttière à concavité inférieure, s’unissant par ses bords à la gouttière cartilagineuse. Ainsi se trouve formée la

OREILLE EXTERNE

moitié externe du conduit auditif, qui est flexible et mobile.

Portion osseuse. — La portion osseuse est limitée en haut par la rainure postérieure de l’apophyse zygomatique, en arrière par les apophyses mastoïde et styloïde, et en avant par le eondyle du temporal. Réunie

ar.çle que forme la membrane tympanique avec la paroi inférieure du conduit auditif

courbures décrites par les par. inférieures du coud.

Fig. 5. — Moule vu par la partie postérieure, d’après Sappey.

à la portion fibro-cartilaginëuse, elle représente le conduit auditif externe dans son entier.

Cette portion osseuse est variable suivant les sujets; tantôt c’est une simple gouttière, d’autres fois un cylindre complet. Chez le nouveau-né, le conduit osseux n’existe pas, il est représenté par un conduit fibreux, se fixant à un anneau osseux, os ou cercte tympanal, dans lequel le tympan est enchâssé. Cet anneau interrompu dans son quart supérieur, se soude plus tard au temporal.

Pean. — La peau est plus dense et plus adhérente dans la portion externe. Elle s’amincit beaucoup dans la portion osseuse.

Elle présente des poils rudimentaires, des glandes sébacées, et enfin des glandes cérumineuses, spéciales à l’oreille, et sécrétant une matière visqueuse, appelée cérumen.

Artères. — Les artères viennent des auriculaires postérieure et antérieure et des parotidiennes.

veines. — Les veines se jettent dans la jugulaire externe.

Lymphatiques. — Les lymphatiques se rendent aux ganglions préauriculaires et mastoïdiens.

Nerfs. — L’innervation du conduit est assurée par la branche auriculaire du plexus cervical, l’ auriculo-temporal branche du maxillaire inférieur, et le rameau auriculaire du pneumogastrique, qui se distribue à la peau de la portion osseuse.

Physiologie

Le conduit auditif externe a pour fonction de concentrer les sons et de les diriger vers le tympan. Il sert encore à l’écoulement au dehors des ondes sonores de retour, ce qui se démontre par l’expérience suivante. Si, à l'état normal vous placez un diapason en vibration sur le sommet du crâne, le son est localisé au point même où il est appliqué et dans toute la tête. Mais, si vous fermez avec le doigt, alternativement, un des deux conduits, le son se localise alors dans l’oreille bouchée. Les otologistes expliquent différemment les résultats de cette expérience. J’en reparlerai plus longuement lorsque j’étudierai l’exploration de l’audition.

Je mentionnerai les réflexes de la toux, du vomissement etc., dus à l’excitation des filets du pneumo-

OREILLE EXTERNE

gastrique, si l’on vient à toucher, même légèrement, le revêtement de la portion osseuse.

Déductions médico-chirurgicales

Le conduit, fibro-cartilagineux dans la porlion externe* et osseux dans sa portion interne, est tapissé par la peau qui, à mesure qu’elle pénètre plus avant, prend l’aspect muqueux et s’unit aux cartilages et aux os par du tissu fibro-cellulaire. ,

La portion externe, assez extensible, peut être redressée

Fig. 6. — Coupe frontale de l’oreille externe en avant de la fenêtre ovale. Oreille droite, d’après Testut.

suffisamment, en tirant le pavillon en haut, pour faciliter l’entrée du spéculum (fîg. 6).

La présence des diverses glandes dans celte portion fibro-cartilagineuse, fait comprendre pourquoi les inflammations furonculeuses sont si fréquentes et si douloureuses. L’hypersécrétion des glandes ccruminéuses, concourt à la formation des concrétions ou bouchons de

cérumen qui deviennent des corps étrangers et peuvent amener la surdité, accompagnée souvent de bruits, vertiges, etc, et causer quelquefois des désordres beaucoup plus graves.

11 n’est pas rare aussi, de rencontrer des malades croyant leur surdité due à l 'étroitesse du conduit. Celte étroitesse qui, le plus souvent, n’existe même pas, n’a qu’une influence insignifiante sur l’audition.

Les rapports du conduit auditif externe ont une grande importance.

Paroi supérieure . — La paroi supérieure ou crânienne, moins longue que l’inférieure, à cause de l’inclinaison du tympan, répond dans sa partie la plus interne, à la fosse cérébrale moyenne AA, cette paroi est mince et formée par des cellules qui communiquent avec la caisse du tympan. Ces divers rapports expliquent la possibilité de l’extension des inflammations de cette paroi, à la dure-mère et au lobe cérébral correspondant.

Paroi inférieure. — La paroi inférieure ou parotidienne fait avec le tympan un angle aigu, et concourt à la formation de cet espace angulaire, appelé sinus du conduit, dans lequel peut rester engagé un petit corps étranger.

Il est assez fréquent de voir, chez les baigneurs, quelques gouttes d’eau séjourner un peu de temps dans ce sinus et produire de la gêne,, et dans quelques cas des inconvénients plus sérieux. Les inflammations de la glande parotide peuvent s’étendre au conduit, et inversement.

Paroi antérieure. — La paroi antérieure ou temporomaxillaire, répond à la cavité glénoïde, et aux deux tiers du condyle du maxillaire inférieur. L’autre partie

OREILLE EXTERNE. 15

du condyle est en rapport avec la portion cartilagineuse du conduit, qui, dans les mouvements de mastication, subit un déplacement sensible. La paroi du conduit osseux peut être intéressée dans la luxation en arrière du maxillaire inférieur, et dans les fractures du condyle. La fissure de Glaser limite en haut cette paroi.

Paroi postérieure. — La paroi postérieure ou mastoïdienne est formée par l’os tympanique et l’apophyse mastoïde. Leur réunion forme la fissure tympano-mastoïdienne à travers laquelle passe le rameau auriculaire du pneumogastrique, et des petits vaisseaux qui établissent des connexions entre les cellules et le conduit. (Poirier).

En haut et en arrière, cette paroi ne présente pas de cartilage, et elle est en rapport direct avec la face antérieure de l’apophyse, dont le périoste vient se continuer avec le revêtement de la portion osseuse. Aussi, lorsqu’il existe une otite moyenne avec périostite à forme extensive, on comprend facilement la formation des abcès mastoïdiens superficiels, pouvant fuser fort loin dans les régions voisines. Si le chirurgien n’agit pas promptement, il n’est pas rare de voir survenir des complications graves.

Mais en dehors de ces cas connus de tous les otologistes, j’ai eu l’occasion d’observer certaines périostites de la base de l’apophyse, succédant à des inflammations circonscrites ou diffuses du conduit auditif, sans affection de l'oreille moyenne ni du tympan. Ces périostites avaient comme point de départ, une lésion siégeant à la paroi postéro-inférieure du conduit, dans cette zone ou le cartilage fait défaut. On peut donc rencontrer des ostéites avec nécrose et séquestre, localisées dans ce point. J’ai vu et opéré plusieurs cas de ce genre. Cette

I ligament de l'enclume enclume

| ligament supérieur du marteau

( I marteau

, cavité du tympan l muscle du marteau . ligament

muscle intrdu marteau

corde du tympan \\ tendon du muscle de l'étrieA f tête de l'étrier | membrane tgmpanique

I port, cariil de la trompe portion osseuse de la trompe

paroi postérieure est le siège le plus habituel des exostoses et dés hyperostoses.

2° — OREILLE MOYENNE

L’oreille moyenne est une excavation remplie d’air, située au centre de la base du rocher, entre le conduit auditif externe dont elle reçoit les ondes sonores, et le labyrinthe auquel elle les transmet par l’intermédiaire

de la chaîne des osselets. Par sa partie antérieure, cette .cavité se prolonge dans le pharynx, au moyen de la trompe d’Eustache, et par sa partie postérieure, elle s’étend dans toute la portion mastoïdienne du temporal (Sappey) (fig. 7). La membrane tympariique, qui appartient tout aussi bien à l’oreille moyenne qu’à l’oreille externe, et leur sert de limite, me semble devoir être étu-

— Oreille moyenne vue par sa partie antéro-externe, d’après Sappey.

OREILLE MOYENNE

diée d’abord, ainsi que la chaîne des osselets qui lui est unie par l’intermédiaire du marteau.

A. — Membrane tympanique

Là membrane du tympan est une lamelle mince, assez transparente, d’une couleur blanche, nacrée, qui sépare le conduit auditif externe de l’oreille moyenne. Elle se dirige en bas, en dedans et en arrière (fig. 8).

Fig. 8. — Membrane tympanique gauche, d’après Poirier.

Face externe. —La face externe est concave et laisse apercevoir par transparence le manche du marteau qui s’insère à son centre et dont l’extrémité inférieure attire le tympan en dedans. Ce point presque central s’appelle Yombïlic. Au pôle antéro-supérieur, l’apophyse externe du marteau fait une forte saillie de laquelle partent deux plis, un antérieur petit et un postérieur plus long, formant, avec la circonférence, le segment de Rivinus, Deux autres petits cordons ont été, en outre, décrits par Prussak. C’est la partie comprise entre ces derniers

cordons et le segment de Rivinus, qu’on appelle membrane flaccide de Shrapnell. Elle est un peu concave et beaucoup plus mince, et forme la paroi externe de la poche supérieure du tympan.

En bas, au niveau de l’ombilic, on voit le triangle ou cône lumineux , dont le sommet part de l’extrémité infé-

Fig. 9. — Face interne de la membrane tympanique et paroi externe de la caisse, d’après Poirier.

rieure du manche du marteau et dont la base se dirige en avant et en bas, vers la circonférence, sans toutefois y atteindre. Ce cône lumineux est variable comme forme et comme dimensions.

Face interne. — La face interne, convexe, est en rapport à sa partie centrale avec le promontoire (fig. 9). Au-dessus de la circonférence supérieure, se trouve la tête du marteau articulée avec l’enclume. En avant de ce point et un peu au-dessous, l’anneau tympanique est

OREILLE MOYENNE

incomplet, et le bourrelet annulaire va se fixer à la courte apophyse du marteau. Trœltsch a décrit à ce niveau une sorte de duplicature servant à former la poche postérieure du tympan. Il existe en outre une poche antérieure beaucoup plus petite. La corde du tympan, qui part du facial, traverse d’arrière en avant le segment supérieur de la membrane tympanique et se trouve placée entre le marteau, qui est en dehors, et l’enclume, qui est en dedans.

circonférence. — La circonférence est reçue dans le cadre tympanal osseux (sulcus tympanicus ) qui existe dans les trois quarts inférieurs. En haut il n’y en a plus trace. C’est à ce point que correspond la membrane de Shrapnell.

Structure. — Couche externe. — La COUche externe ou épidermique fait suite à la couche qui tapisse le conduit auditif osseux. Beaucoup d’auteurs admettent une couche dermique.

Couche interne. — La couche interne qui se sépare facilement de la couche moyenne, se continue avec la muqueuse de la caisse et recouvre la corde du tympan qui se trouve entre la couche moyenne et la couche interne. Elle recouvre, en outre, le manche du marteau, puis l’enclume et toute la chaîne. Son épithélium est pavimenteux.

Couche moyenne. — La couche moyenne ou fibreuse est d’une grande résistance. Elle se fixe à la périphérie du cadre tympanal et au sommet du manche du marteau, qui y adhère très intimement. Les fibres qui constituent cetle couche sont rayonnantes dans la partie centrale et circulaires à la périphérie.

Artère#. — Les artères viennent de la stylo-masloï-

dienne, dont le rameau suivant la corde du tympan se divise en deux branches qui s’accolent aux deux côtés du manche et deviennent rayonnantes à partir de l’ombilic. Il y a, en outre, un réseau externe, venant de Vauriculaire profonde et un interne venant de la lympanique.

veines.— Les veines se rendent soit à la jugulaire externe, soit encore aux veines de la dure-mère. Certains anatomistes ont décrit des veines propres à la couche fibreuse.

Nerfs. — Les nerfs sont fournis par le rameau auriculaire du pneumogastrique et par le rameau de Jacobson.

B. Chaîne des osselets

C’est une chaîne coudée dont les mouvements ont pour but d’actionner la membrane du tympan et de conduire les sons au. labyrinthe par l’intermédiaire de la platine

courte tranche corps de l'enclume-

Fig. 10. — Chaine des osselets vue par sa partie externe avec grossissement, d’après Sappey

de l’étrier. Ils sont au nombre de quatre : le marteau, üenclume, l’os lenticulaire et l’étrier (fig. 10).

marteau. — Le marteau est le plus long des osselets, il présente une tête qui s’articule en arrière avec l’enclume; un col répondant à la circonférence du tympan et

OREILLE MOYENNE

d’où partent l 'apophyse grêle ou antérieure et Y apophyse courte ou externe qui soulève assez fortement le tympan, en haut et en avant; le manche, qui est fixé à la couche fibreuse et dont l’extrémité inférieure a la forme d’une spatule.

Enclume. — V enclume présente un corps, une branche supérieure, courte et épaisse, se dirigeant cm arrière, et une branche inférieure, plus longue et plus grêle, se terminant par une courbure à laquelle s’articule l’os lenticulaire.

os lenticulaire. — L’os lenticulaire, très petit, est situé entre l’enclume et la tête de l’étrier. On ne le trouve pas toujours indépendant.

Étrier. — Vétrier se dirige horizontalement vers la

apophyse grêle s

Vu par sa face interne.

tête

face articulaire

manche—

Vu par sa face externe.

tête et face articulaire col

apophyse courte

Vu par son côté postérieur.

Fig. 41 . — Marteau.

fenêtre ovale. Sa tête s’articule avec l’os lenliculaire, et fait suite, en dedans, à la réunion des deux branches. Au

{courte branche.

longue branche

a face interne. Vu par sa face externe.

Fig. 12. — Enclume et os lenticulaire.

côté postérieur de sa tête se voit une saillie servant à l’insertion du tendon du muscle de l’étrier. La base ou platine se moule sur la fenêtre ovale (tig. 15).

Ligaments. — Entre les osselets et les parois de la caisse, il y a trois ligaments : le supérieur, F antérieur et Yexterne.

muscle du marteau. — Le muscle interne du marteau, né d’une triple origine, s’engage dans un conduit

. - ns lenticulaire

‘ branche ant. - ' franchepost. cannelures —^—-cannelures

. base <§^i

Nu par sa face supérieure.’ Base de l’élrier. Étrier dont la base et les branches ont été excisées.

Fig. 15. — Étrier et os lenticulaire.

qui lui est propre, pénèlre dans la caisse, se réfléchit au devant de la fenêtre ovale et vient s’insérer au manche du marteau, au-dessous de l’apophyse externe (Tillaux). Il est innervé par un filet du trijumeau émané du ganglion o tique.

Muscle externe. — Le muscle externe, décrit par beaucoup d’auteurs, est nié par Sappey.

Muscle de l’étrier. — Le muscle de l'étrier est logé comme le précédent dans un canal propre. Arrivé au sommet de la pyramide il se réfléchit à angle droit pour s’insérer à la tête de l’étrier. 11 est entouré d’une gaine fibreuse. Un filet du facial innerve ce muscle.

Physiologie du tympan et de la chaîne des osselets

La membrane tympanique oblique à l’élat normal chez l’adulte, a été décrite par beaucoup d’anatomistes comme étant presque horizontale chez le nouveau-né et un peu moins chez le tout jeune enfant. D’après nos recherches sur un grand nombre de sujets, je puis assurer qu’elle

OREILLE MOYENNE

est sensiblement la même que chez l’adulte. C’est aussi l’opinion de Poirier.

Destiné à protéger la caisse, le tympan a surtout comme fonction principale de transmettre les vibrations sonores à la chaîne des osselets qui, par l’étrier, agit sur l’oreille interne.

L’incurvation de la membrane sert au renforcement du son. Le manche du marteau, très adhérent, permet à cette membrane, faiblement tendue, de vibrer sous l’influence des sons se succédant rapidement, ce qui ne pourrait exister si sa laxité était trop considérable. Sa résonnance propre est faible.

Les variations de tension, qui sont dues au muscle interne du marteau, ont une influence très marquée sur la transmission des sons.

Au point de vue physiologique, et d’après les différentes expériences faites par les auteurs, il me paraît juste d’admettre que lé muscle du marteau a pour antagoniste le muscle de l’étrier qui se trouve en même temps, par ses dispositions, un modificateur de la pression labyrinthique, en atténuant l’influence de l’action du marteau.

La fenêtre ovale, en rapport direct d’un côté avec le liquide du labyrinthe, de l’autre avec la platine de l’étrier, a pour fonction de transmettre les vibrations à l’oreille interne. La pathologie en donne une preuve convaincante. Le tympan et les osselets peuvent disparaître ; pour peu que l’étrier soit en place et mobile, l’audition, quoique plus-faible, est cependant conservée.

Déductions médico-chirurgicales

L’importance des affections du tympan et de la chaîne des osselets, et leur influence sur la fonction auditive

sont faciles à comprendre. La rétraction de la membrane, les cicatrisations vicieuses, l’accolemènt sur la paroi interne de la caisse, lés adhérences directes ou indirectes par l’intermédiaire des fausses membranes, sont autant de lésions pouvant amener les plus fâcheux effets sur l’audition. La membrane tympanique, fort sensible, subit l’action du froid, de l’humidité, el sa situation, quoique assez profonde, ne la met pas à l’abri des blessures, des déchirures, etc.

Les corps étrangers qui pénètrent assez avant dans le conduit pressent sur la membrane, peuvent la blesser,

et produire des phénomènes réflexes, toux, vertiges, bruits subjectifs, dont l’innervation particulière de la région donne surabondamment l’explication.

Au point de vue chirurgical, on reconnaît à la membrane tympanique un pôle supérieur, un pôle inférieur, une portion sus-ombilicale et une portion sous-ombilicale. L’ensemble de la surface peut être divisé en quatre segments , postéro-supérieur , postéro-inférieur, antérosupérieur, antéro-inférieur, indiqués dans les figures 14 et 15.

Lorsque le chirurgien voudra pratiquer la perforation artificielle ou une paracentèse, il devra choisir de préférence le segment postéro-inférieur. En ce point, on risque

OREILLE MOYENNE

moins de blesser la corde du tympan, ou la paroi interne de la caisse. Il faut, en outre, s’approcher le plus près possible de la partie inférieure de la circonférence afin que, en cas de collection liquide, l’écoulement en soit rendu plus facile. D’une manière générale, il y a intérêt à ouvrir largement. J’ai pour habitude, quand cela est possible, de faire une incision courbe ou incision en volet.

La membrane tympanique, quoique mince, est relativement résistante. Elle n’est pas absolument nécessaire à l’audition, la preuve en a été donnée plus haut.

Fig. 15. — Tympan. — Schéma.

Il faut encore noter la rapidité avec laquelle se referment généralement les perforations produites artificiellement ou par blessures, et, par contre, la béance presque constante des perforations pathologiques survenues à la suite d’une inflammation chronique.

C’est par une ouverture faite au tympan, que se pratique la ténotomie du muscle du marteau.

Je mentionnerai aussi la suppuration chronique de la logette de la tête du marteau, et de l’extrémité supérieure de l’enclume avec carie de ces parties des osselets, et perforation de la membrane de Shrapnell, sans autres lésions tympaniques. Cette affection, bien étudiée depuis quelques années, passe encore souvent inaperçue.

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