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CHAPITRE II

TUMEURS MALIGNES 1° TUMEURS malignes du pavillon

Los tumeurs cancéreuses du pavillon, ne sont pas très communes. Le pavillon peut être le point de départ d’un cancroïde; mais on voit parfois la maladie débuter dans les parties voisines, région parotidienne, conduit auditif. Le néoplasme est constitué par de petites élevures, généralement dures, qui finissent par s’ulcérer et détruisent le pavillon en tout ou en partie. La maladie peut suivre une marche fort rapide.

Lorsque le caractère malin est reconnu par l’examen histologique, le seul traitement utile et qu’il faut employer en toute hâte est l’excision et la cautérisation largement pratiquées.

2° — TUMEURS MALIGNES DU CONDUIT AUDITIF DE LA CAISSE ET DES CELLULES MASTOÏDIENNES

Ces tumeurs, fort rares, naissent généralement dans une oreille affectée d’otorrhée purulente chronique. Dans la plupart des cas, il est presque impossible de savoir à quelle époque remonte le début du néoplasme, et quel est le point de l’oreille moyenne ou du conduit qui a été envahi le premier.

L ’epithélioma du conduit auditif externe se développe souvent à la suite d’un eczéma humide.

PATHOLOGIE

La peau, malade depuis longtemps s'ulcère, et les ulcérations gagnent les parties voisines en dehors comme en dedans. J’ai donné au Congrès de Bâle (1884) une observation intéressante d’épithéliorna du conduit auditif. En voici le résumé :

(Observation n° 19, résumée) (1).

« M. X..., 42 ans, vigoureux, de bonne santé habituelle, sans antécédents, se plaignait depuis trois mois d’un écoulement purulent de l’oreille droite. Il avait eu des douleurs avec irradiations dans la tête. On voyait à l’entrée du conduit une tumeur mamelonnée, dont certaines parties étaient grisâtres et d’autres d’un rouge vineux.

« Les recherches que je fis avec le stylet, indiquaient comme point de départ le conduit osseux. L’ablation d’un centimètre delà tumeur amena une assez forte hémorrhagie. Le docteur Cadiat qui fit l’examen microscopique m’envoya une note que je résume.

« La tumeur était formée de cellules épithéliales, provenant de l’épiderme à divers états de développement. La trame du tissu conjonctif est à peine développée comme dans les tumeurs à marche rapide. Elle n’a pas de dispositions papillaires. Ce sont des accumulations épithéliales se développant très vite. D’après la structure c’est une forme grave.

« J’appelai en consultation le professeur Trélat. Il fut convenu que je pousserais l’ablation aussi loin que possible, en faisant en même temps le curettage de l’os malade. Je devais en outre appliquer des crayons de pâte de chlorure de zinc. La repullullâtion en masse s’arrêta. Mais je fus obligé, néanmoins,' de recommencer à plusieurs reprises ce curettage.

« La cicatrisation était complète en décembre 1889. Le conduit auditif se trouvait fermé complètement, et représentait un infundibulum tapissé par une peau légèrement rouge reposant sur du tissu osseux qu’on sentait à quelques millimètres. La guérison resta définitive. Le malade est mort cinq ans après d’une affection cardiaque. »

Dans les cas de ce genre,si le néoplasme est accessible aux moyens chirurgicaux, il faut opérer sans tarder.

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