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Compte rendu du Congrès de. Bâle 1884, p

TUMEURS MALIGNES

Mais, lorsque la maladie a envahi les parties profondes, l’intervention est limitée, et la prudence est de règle.

On trouve dans les ouvrages classiques un certain nombre de faits intéressants, relatés par les auteurs. Tout récemment j’ai soigné un enfant de 8 ans affecté d’un sarcome ossifiant, à marche rapide dont voici l’observation :

(Observation n° 20, résumée).

Vient d’être présentée à la société d’otologie :

« M. X..., 8 ans, a eu une otite moyenne aiguë à l’àge de cinq ans, guérie, ont dit les parents. A l’âge de 6 ans légère rechute, guérie aussi.

« Je vois l’enfant le 16 août 1893. J’aperçois à l’entrée du méat gauche une excroissance charnue faisant saillie un peu au dehors et paraissant ressembler à un polype. Après examen, les caractères cliniques de la tumeur, sa coloration, sa configuration, son aspect, jetèrent un doute dans mon esprit. Ces gros bourgeons charnus ne.me paraissaient pas de nature bénigne, et ressemblaient peu aux polypes fibreux ordinaires. Je sectionnai la partie la plus externe pour la faire examiner par M. Daum, interne du dispensaire Heine.

« L’enfant repartit en villégiature et j’écrivis à mon confrère M. Mook, médecin de la famille, que je réservais mon opinion et que Y apparence de la tumeur me faisait craindre un néoplasme malin. Le malade revint à Paris le 11 septembre. La tumeur avait grossi, et de plus une paralysie faciale survint tout à coup le 14. Le même jour M. Daum m’envoya le résultat de l’examen histologique : prolifération de cellules embryonnaires ; probablement cancer.

« La famille appela M. Segond en consultation, et tous deux nous déclarâmes que l’indication opératoire était formelle, qu’il fallait inciser en arrière de l’oreille, rabattre le pavillon et curetter toutes les parties malades, que la tumeur fût bénigne ou maligne.

« L’opération acceptée le 15 fut refusée 3 jours après, à la suite d’une consultation à laquelle M. Peyrot assistait. On me demandait simplement d 'enlever les végétations par le conduit, quoique nous eussions déclaré M. Segond et moi que cette intervention nous paraissait absolument insuffisante et pour le moins inutile.

« Je fis ce curettage le lendemain 19. Après avoir enlevé une assez forte quantité du néoplasme, je sentis que j’entrais dans les

PATHOLOGIE

cellules mastoïdiennes cariées et je m’arrêtai. Au bout de 8 jours la tumeur avait repullulé.

« Nouvelle consultation avec le professeur Tillaux qui émit des doutes sur la nature maligne du néoplasme,mais fut de mon avis

Fig. 97. — Sarcome ossifiant de l’oreille moyenne. (Grossissement 180.)

quant à la nécessité du décollement du pavillon et du curettage à ciel ouvert.

« L’opération fut faite par M. Segond et par moi le 29 septembre. Nous trouvâmes une tumeur lobulée de la grosseur d’une pomme d’api, qui remplissait les cellules mastoïdiennes, le conduit et la caisse. Le curettage permit d’arriver sur des parties osseuses saines, mais profondément.

Fig. 98. — Sarcome ossifiant de l’oreille moyenne.

« Le 27 octobre nouveau curettage de la partie supérieure et interne du temporal. Le 13 novembre la plaie extérieure est un peu rétrécie. Le 25 la région mastoïdienne était gonflée, et on put constater une nouvelle marche en avant, et l’envahissement des régions voisines.

« Il y eut à cette époque une consultation avec le professeur Du-

TUMEURS MALIGNES. 299

« Lè 17 octobre deux bourgeons charnus apparaissaient dans le fond de la plaie, en haut.

« L’examen de la tumeur fut fait par le professeur Cornil et par M. Letulle : Sarcome ossifiant. (Vov. fig. 97 et 98.)

PATHOLOGIE

play qui, comme M. Segond et moi, déclara qu’une nouvelle intervention n’était pas possible.

« Le petit malade n’avait pas de grandes douleurs. Il alla en s’affaiblissant et mourut dans un état cachectique le 19 janvier 1894. L’autopsie n’a pu être faite. » f

30 tumeurs malignes de la trompe

Les tumeurs malignes de la trompe sont presque toujours secondaires. Je mentionnerai, d’après Politzer, un cas de cancer épithélial de la langue et de la mâchoire, ayant envahi la trompe.

Ainsi que je l’ai dit plus haut, le point de départ des tumeurs malignes est le plus souvent inconnu.

Que le néoplasme ait envahi les cellules mastoïdiennes primitivement ou secondairement, la marche de la maladie n’en est pas changée, et l’inlervenlion opératoire souvent inutile.

Il existe quatre observations de cancer des cellules, dont trois de Wilde et une de Rondot.

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