‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 28 sur 43 · ÉPURE · texte numérisé non relu

ÉPURE

V Saint Paul, /. ép. aux Corinth, , ch. V , r. 7.

JVIbs frères, purifiez-vous du vieux levain, afin que vouf soyez une pâte toute nouvelle, comme vous êtes vraimeul leë pains pur»; car Jésus-Christ a été Immole pour nous , lui qui est hotre Pâque. G'e«t pourquoi célébroBS la fôte, non avec le vieux levain , ni avec le lovain cle la corruption d'esprit 9 mais ftvec les pains purs de la sincérité et de la .vérité*

Lb soin du salut est de tous les temps y parce que c'est la grande affaire , et Taffaîre la plus im-^ portante de la vie ; la différer, la remettre à un temps plus opportun ^ se flatter qu'on fera mieux dans la suite ce qu'on ne se croit pas encore en disposition de faire assez bien , c'est d'abord s'abuser. Ce sont des prétextes que Dieu n'admet point, et que nous n'admettons pas nous-mêmes quand il s'agit de quelque intérêt temporel qui nous importe. S'il est question d'une entreprise dont nous croyons retirer de grands avantages , d'une grâce que nous sollicitons 9 d'une place que nous voulons obtenir.

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d^ime partie même de plaisir qu*oh nous prépare et qui nou9 flatte , nous ne remettons pas tout cela à uu autre temps ; nous saisissons roccasion , et nous nous ferions des reproches , si nous la laissions échapper. Pourquoi donc mettons -nous moins d'empresseaient pour les choses du salut? Péaë«trons*^oi]ii de cette grande maxime : ce qui est nécessaidre à faire , il faut le faire sans délai; carie lendemain n^est pas à nous.

C'est sans doute à cause de cette insouciance du ^alut, ou au moins à cause des éterjîels délais qu'on y apporte , que FÉglise a consacré oertains .ten^ps à des actes particuliers de piété qui nous ïappellent des vérités que nous.nexle-> vrions jamais cesser d'avoir devant les yeux. 1 Par exemple , pendant le Carême 9 elle nous avertit plus particulièrement de faire pénitence; elle, nous remontre que la vie d'an chrétien doit être mortifiée, et que ce n'est qu^ par le chemin de la croix, c'est-à-dire par les afflictions , qu'on arrive, au port du salut* L*JÉglise ainsi nous prépare à la célébration de Isk P^que , regardée conune la fête de notre renouveUement à la gjpàce.

C'est à ce renouvellement spirituel que saint Paul exhorte les fidèles dans l'épitre qui lait le su-» jet de cette instruction. Purifiex-vous , dit-il, du , vieux levain , devenez une pâte nouvelle; prépa-? rez-vous à l'immolation de l'agneavi sans tache , qui est la pâque des chrétiens. C'est, comme il est aisé de le voir, une allusion à la pâque des Jm& /fi^te imparfaite de la pâque de^ chr^ti<2i^^*

^o msTAuenoHt 90a su épItaes

Ob Mit que la loi de Moise preterivaH de s'âbste-» nlr de paîn levé, et <pie le 0e«l pal« d^iMflge'dii^ rant ee ieiaps éltalt du pain asyme •!• sati9 lerain. IjCS péeliés 80iitquelqaefoQ9y.â ans FÉerîli»re^ figurés par le letam. Abatanez-vous^ y 6SU41dit, d» le-^ vâJifi des pkarisîeaS' (1) , e'e.st-à*dife dsi^ergueil-el de rirjfpocrisie 9 caractère distxa^tif de cet«e> classe â7heinaàe&. Ainn , quand saint Faul recomaiande aux fidèles de se purifier du vieux levai» > ^«iifêtod qii*iis doivent se purifier de leurs péehésM de leurs baibkxiées vicieuses. Quand il leui» dM dé èex-en^ ime pâte nouvelle ^ il leur fait cempraftdre qu'il doit se forn&cr en eux un homme nowéaiU' à ïa ptoce du vieil homme, ou, en d*autîes fermes , ^*ils doivent imiter Jésus*Clirisl, qui- est Themme Nouveau, et dont la vie a été sainte etsa«is ta« eiies, et dépouillet' Pinelinafion au péehé des en- Ihns d'Adam, qui esir le vieil hemme, premier pécheur , et eetui par qui le péché est entré dans le monde (2).

C'est daiifi ces dispositions qu'il faut célébrer kt Fâque pour le faire* avec fruit, et ressnsefter v^itablement avec Jésus-Christ et en Jésos-Clirist.

ÉVANGIL£.

Jarntifarc, ch. XVÏ, v. x.

Ju H ce tempsiè, Marie Madeleine, et Marie, mère de lacqoei 9 et Salomé, achetèrt:iir des parfams, pour venir embaumer iéiva. Et le premier 'jour de la temaine, étant ftarties de

<i) Mauh. XVI. 6, XI. (1) É^it. de saint PaiU ma Itan.,

■ ■*•!»:•, Xlî; I. ... - V. la. . '

fit KEft BVANCXISS' !>3.1

grand matin » eUes arrivèrent au sépulcre ao- lever 4a soleil*. Elles disaient entre elles : Qui nous ôtcra la pierre qui ferme l'entrée du sépulcre f Mais, en regardant, elles virent que cette pierre, qui était fort grande, en avait été ôtce. Etant entrées dâiM le aépakre, elles vireoft un {«une bomnae assî» du côté' dwHt > vêtu «l'une robe blanche, dont elles fucent fort effrayées ; mail il leur dit : Ke craignez point; vou»ckerche£ Jëtuada, Nazareth c^ui a été crucifié; il est ressuscité , il n'est point ici ; voici le lieu où on l'avait mis. Allez dire à ses disciples et à Pierre qu'if s'en va devant vous en Galilée ; c'est là que vous le verrez selon qu'il vous » dit.

II. n^étaU pas permi» aux Juifs de faire aucune œuvre maaueUe ou servile au >our du sabbaU Jésu&^Clu'iet avait été mis en croix le veodredû Le soir nèaie de ce four, les saintes femmef dent il est patlé dans cet évangile achetèrent des parfums pour emUaunoier le corps éo Jésufi ; * mais ne pouvant vaquev à celle œuvre le lendoinaiA^ qui était le grand iour du sabbat et la fête de Pâques , elles furent obligées de remetttve au troisième jour à rendre ce dernier devoir au corps, du Sauveujp. Dès l'aube du matin , et ihénie avant que les ténèbres fussent U>ut->à-£sit dissipées , eUes. privent le cfaenua eu tombeau. Il avait été creusé dans le roc. Une ebose les inquiétait : c'est que Fen^ trée e» airait été fermée par une grosse pierre dàffieile à manier; aussi se disaienfr-eUes, en pariant entre elles : Qui pourra nous ôter cette pierre ? Néa»? moins cette difSculté neles découragea pas. EU^ appraebèreart du 4ombeau ; eltes virent qocf la » piecve ea avait été éiéc; eUes y descendirent. Matis > aiiiieis d!]r txouver le eorps d6 Jiésui, ciHes y a(ie&«^.

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curent à droite un jeune homme dont le corps resplendissait comme le soleil , et dont les vètcmens avaient la blancheur de la neige. C'était Fange du Seigneur. Les saintes femmes furent extrêmement effrayées ; mais l'ange les rassura. Que cherchezvous? leur dit- il. Jésus de Nazareth n'est plus ici; il est ressuscité ^ et voici le lieu où on l'avait placé. Allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il s'en va devant vous en Galilée 9 et que c'est là où vous le verrez , comme il vous l'a dit.

Cet évangile nons offre différens sujets de réflexion et d'instruction. La conduite des saintes femmes doit être notre modèle. Jésus est mort, et l'attachement qui les liait à Jésus vit toufours^prend même plus d'énergie. Elles ne se fient point aux soins de Joseph d'Arimathie 9 qui avait déjà embaumé Jésus ; elles veulent elles - mêmes remplir ce dernier devoir à l'égard du Sauveur, donner à ses dépouilles mortelles cette dernière marque àe leur affection. Rien ne les arrête; la charité , l'amour l'emportent sur la crainte ; la pierre qui ferme le tombeau les inquiète > mais ne suffît pas pour les détourner de leur résolution. Ces caractères sont ceiix du véritable atta^ekement , et doivent aussi être ceux du repentir du pécheur qui retourne sincèreraent à Dieu. 11 n'est retenu ni par ses'anciens liens, ni par une mauvaise honte, ni par l'opinion qu'on pourra concevoir de lui ; il se met en chemin dès l'aube du jour, c'est-à-dire le plus tôt qtt'il peut; U n'attend pas mêiue que les ténèbres qui oP'uçquaieat son dme ^soient tout-à-f%jit dissi*

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pées ; il espère que Dieu , qui a commencé l'œuvre de sa résurrection y la consomoM^ra, et sa foi est récompensée.

L'Église en outre nous présente dans la résurrection du Sauveur le modèle de la nôtre. Jésus ne demeure dans le tombeau qu'un jour entier. Si nous sommes ensevelis dans le tombeau du péché, tâchons aussi de n'y demeurer que le moins possible. Jésus sort du tombeau parfaitement vivant ; sortons justifiés parfaitement , du tombeau du péché^ et vivans de la vie de la grâce. Jésus une fois ressuscité ne meurt plus. Il n'en est pas malheureusement , hélas 1 ainsi de nous. Ressuscites par le sacrement de pénitence y nous «lourons encore, en retournant au péché. Tâchons donc du moins que ce retour ne soit ni prompt- ni fréquent. Lorsque notre faiblesse l'emporte , demandons à 0ieu qu'il nous soutienne, qu'il empêche notre chute > ou, si elle a. lieu , qu'il nous aide de sa i^âce pour nous en relever.

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