‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 29 sur 43 · POUR LE LUNDI DE PAQUES · texte numérisé non relu

POUR LE LUNDI DE PAQUES

ÉPITRE

Jletês des apôtres ^ cfa. X, v. 57.

xLh ces jours-là, Pierre, s'ëtsDt levé au milieu de i'awemblée, dît ces paroles : Mes frères , vous avez ouï parler de ce qui est arrivé dsns toute la Judée, et qui a commencé par la Galilée fepfès le baptême que Jean a prêché. Gomment Dieu a oint de Vlltpiitsmnt et ds. force Jéias de Ifasareth, quî« allant de

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lieu en liea,. faisait du bien partout, et gnèmsait tout oeai qui étaient sous b puissance du diable , parce que Diea élait af ec lui ; et nous sommes témoios de toutes les choses qu'il a faites dans la Judée et dans Jérusalem. Cependant ils Tont £ût mourir , rattachant à une criMz; mais Dieu l'a resarncîté le trobîème jour» et a voulu qu'il se moalrit vivant, noa i tout le peuple t mab aux témoins que Dieu avait choisis avant tous les temps, â nous, qui avons mangé et bu avec lui, depuis qu'il est ressuscité d'entre les morts. Et il nous a commandé de prêcher et de témoigner au peuple que c'est lui qui a été établi de Dieu pour être le juge des vivans et des morts. Tous Ici prophètes loi rendent ce témoignage : Qoe qmNMsque «roira en lui recevra par son nom la rémission de aet péchés.

QoB de choses admirables et de ventés se troi»vent dans le peu de mots de Tépître que TÉgiise fait lire aujemrd^hui aux fidèles ! et eombîeii ils donnent à méditer ! C'est au centenier Gerneille ^ que Dieu avait daigné s^peleràlaconnaissanoede la foi par uue grâce particulière, que Pierre parie. U réunit en quelques phrases » pour rinstruction de cet officier et celle de sa famiMe , presque tons les mystères de notre foi : i ** celui de l'incarnation, marqué par Fonction de Jésus , non par Thuile consacrée, comme celle des rois de Jiida, mais par TEsprit saint : le même mystère proclamé par la mission de Jean et par le baptéiûe de pénitence qu'il administrait, annonçant celui qui devait venir pour racheter les nations ; la concordance par conséquent de Tancien testament avec le nouveau, et l'union de la loi de Moïse avec celle de Jésus-Christ; le christianisme, en un mot, implanté, pour ainsi dire^sur la religion promulgnéeau notont Sinaiaprès

ET LES ÉVÀKGILES. ^55

la sortie d'Égyple. 2° La divinité de Jésus-Christ oint, dit saint Pierre, de TËsprit saint , de Tesprit de force , et doué du don d'opérer les prodiges , parce que la force de Dieu est avec lui , et qu'il est Dieu lui- même. S"" Le mystère de notre rédemption, opéré par la mort du Sauveur et par le sacrifice qu'il a fait de s«'i vie sur la croix. 4** Le mystère de la résurrection , attesté par ceux que Dieu avait choisis pour en être les témoins , et pour sceller de leur sang le témoignage qu'ils en devaient rendre. 5^ Le concert de toutes les prophéties avec toutes les circonstances de la naort et do la vie de Jésus. Pierre n'hésite point d'en appeler à elles ; et combien de force cet appel ne donnaitril pas à sa prédication, k une époque où les faits eneore tout récens pouvaient se confronter avee le tableau qui en avait été tracé si long-temp&aupâo'avafit! Nous avons, disait Pierre , avec l'assuvance qui appartient à la vérité , nous avens le» écrits de» prophètes. Us sont sous ks yeux de eeux qui oui crucifié Jésus ; ils sont eutre le» mains de la aation juive depuis pAusîews siècles : qu'oo les ouvxe ; qu%)s. voie ce que 1er pro^lbèle» ont dît ; et si ce qu'ils disent s^açcorde parfaitement avec ce qui s'est passé sous les yeux de tout le mendie y ptaton se refuser à croire que celui-là est un véritable prophète , et le Christ , sur qui seréuniesent toute» les circonstances qui ont été prédites , et dan» la personne duquel nous montrons qu'a été accompli tout ce que les propbèies avaient annoncé ? Les paroles de Pierre ne furent pas sans effet.

2^6 INSTACCtlONS SUR LB5 EPiTRES

Toa$ ceux qui étaient présens , frappés de cet admirable accord des prophéties avec ce qui venait de se passer à Tégard de Jésus , crurent en lui. Un nouveau miracle vint donner plus de force encore à la prédication de Pierre , et on vit se renouveler dans la maison de Corneille ee qui s'était passé le jour de la Pentecôte dans le lieu où les apôtr^i étaient assemblés. Le Saint*£sprit descendit sur ces gentils aussi visiblement quMl était descendu sur les apôtres.

Cet argument, tiré de Faccord des prophéties avec les événemens arrivés long-temps après , et relatifs à la religion chrétienne, mérite d*ètre remarqué particulièrement, parce que c'est une preuve sans réplique de la vérité de cette religion. On peut réduire cette preuve à un raisonnement d'une grande simplicité , et bien facile à saisir. L'avenir, pourra-t-on dire, ne peut être connu que de Dieu. Si ce que les prophètes ont prédit s'est accompli, c'est donc Dieu qui inspirait les prophètes pour notre instruction ; or Dieu h*a pu ni se tromper ni nous tromper. Nous devons donc reconnaître le doigt de Dieu xians l'accomplissement des prophéties , et tenir pour choses indubitables ce qu'elles nous ont révélé. Nous devons donc reconnaître la divinité de la mission de Jésus, et par conséquent celle de la doctrine qu'il a prèchée, et ide la religion qu'il est venu établir.

ÉVANGILE

J'aille Luc , cb. XXIY , v. i3<

£4 n ce tempB-là , le jour même de la résurrection de Jésus- Christ , deux dbciples s'en allaient en un buurg nommé £mmaiis, éloigné de soiianle stades de Jérusalem, parlant ensemble de tout ce qui s'était passé. £t il arriva que , lorsqu'ils sientretcnaieot et conféraient. ensemble sur cela, Jésus vint lui-même les joindre et se mit à marcher avec eux. Mais leurs yeux étaient retenus far une vertu divine qui les empêchait de le reconnaitre. £t il commença à leur dire : De quoi vous entretenez- vous ainsi dans votre chemin f et d'où vient que -vous êtes si tristes? L'un d'eux, appelé Cléophas, lui répondit : Êtes-vous seul si étranger dans Jérusalem , que vous ne sachiez pas ce qui s'y est passé ces jours-ci f Et quoi f leur dit-il. Ils lui répondirent : Touchant Jésus de Naxareth, qui a été un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple , et la manière dont les princes des prêtres et nos sénateurs l'ont livré au gouverneur pour être condamné à mort , et l'ont crucifié. Cependant nous espérions que ce serait lui qui rachèterait Israël , et après tout cela néanmoins , voici déjà le troisième jour que ces choses se sont passées. Il est vrai que quelques femmes de celles qui étaient avec nous nous ont étonnés; car, ayant été dès le grand matin à son sépulcre, et n'y ayant point trouvé son corps , elles sont revenues dire que des anges mêmes leur ont apparu, qui ont assuré «qu'il est vivant. Et quelques-uns des nôtres, ayant été au sépulcre, ont trouvé toutes chose s comme les femmes les leur avaient rapportées; maû , pour lui , ils ne l'opt point vu. O insensés, dit alors Jésus, dont le cœur est pesant et tardif à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrit tout cela , et qu'il entrât ainsi dans sa gloire f Et commençant par Moîse, et continuant par tous les prophètes, il leur expliquait ce qui avait été dit de lui dans toutes les Écritures. 'Lorsqu'ils furent proches du bourg ou iU allaient ^ il fit semblant d'aller plus loin ; mais

^5S INSTBUGTIOlfS SUR LES IpÎTRES

ils le forcèrent de demeurer ^ en Jui disant t Demeurez avec nous , parce qu'il est déjà tard > et que le jour est sur son dedin ; et il entra arec eux. Étant avec eux à table , il prit le pain et le bénit ; et Tuyant rompu, il le leur donna. En même temps leurs jeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux. Alors ils se dirent l'un à l'autre : H 'estil pas vrai que notre cœur était tout brûlant en nous lorsqu'il nous parlait dans le chemin et qu'il nous expliquait les Écritures? Et se levant à l'heure même, ils retournèrent à Jérusalem , et trouvèrent que les onze apôtres, et ceux qui demeuraient avec eux , étaient assemblés , et disaient : Le Seigneur est vraiment ressuscité , et il est apparu à Simon. Ils racontèrent aussi ce qui leur était arrivé en chemin , et comment ils l'avaient reconnu dans la fraction du pain.

Il a fatiu que le Christ souffrit* Et pourquoi le fallait-il? Il te fallait, parce que les prophètes Ta^'aîent annoncé; et ici on voit la folie des Juifs. Ils ne voulurent pas reconnaître le Sauveur, parce qu'il était né pauvre, parce qu'il avait vécu dans la pauvreté, parce qu'il n'avait ni puissance ni richesses. N'était-ce pas au contraire une raison de plus pour le reconnaître ? Ils étaient chaque jour témoins des merveilles qu'il opérait ; ils voyaient guérir tous les malades qu'on lui présentait; ils le voyaient commander à la tempête et aux vents ; il avait à leur connaissance ressuscité des morts. S'il parlait, une profonde sagesse sortait de sa bouche ; était-il naturel qu'un homme pauvre , sans crédit, sans moyens , opérât des choses aussi étonnantes^ à moins qu'il n'en eût vécu le pouvoir du ciel ? S'il avait été riche, puissant , initié dans les sciences du monde; n'y eût-'il

KT £E8 ÉVAlfGILES. sSq

pas eu en quelque sorte plus de proportion entre le pouvoir qu'il exerçait et les moyens qu'il avait h sa disposition? Les Jtitfs étaient donc inexcusables de ne psts reconnaître un pouvoir surnaturel dans un liomme qui , dénué en apparence de tout ce qu^on estime dans ce monde, y opérait néanmoins des choses si merveilleuses.

H faiimt que le Christ souffrit. Oui, sans doute il le fallait. Dieu n'avaît-il pas , dès le temps où nos premiers pères ont péché , promis un libérateur ? n*avait-il pas annoncé dès lors que la tête de l'antique serpent serait écrasée ? n*y avait-il pas un péché à expier? Et conmient pouvait-il s'expier sans une satisfaction? Cette satisfaction même n'était- •Ue pas au-dessus du pouvoir de Thomme, puisque 9 la majesté de Dieu étant offensée , il fallait que la satisfaction fût proportionnée à la grandeur du péché? Mais si l'homme ne pouvait satisfaire suf- Osammectal fallait donc qu'une nature infiniment plus parfaite s'unit à la nature de l'homme pour donner à la satisfaction le prix qu'elle devait avoir. 11 fallait que la nature divine s'untt à la nature humainCy et qu'un homme-Dieu voulût bien satisfaire. Ce miracle était promis. Il fallait donc qu'un Dieu naquit et souffrit, qu'un Dieu-homme devînt victime. C'est ce que ne concevaient pas les disciples d'Emmaûs avant que Jésus le leur expliquât r mais ils le conçurent parfaitement après avoir reconnu

Jésus.

Maii^ nous ,*qui sommes nés sous ta loi de grâce» et dont l'esprit devrait être ouvert aux vérités de

a4o insiAvcTioNS sim lbs KpiTRss

rÉvangile 9 ne ressemblous^nous pas à cens disciple8? Notre cœur ii*est-il pas» comme le leur, lent et tardif à croire ? Quoique Jésus se montre à nous d'une manière bien plus manife^ste 9 soit quaad nous entendons les instructions de ses ministres ^ soit quand il nous prévient de ses grâces 9 soit même quand il nous afflige pour bous ramener à lui , le reconnaissons-nous alors , et ne peu t-^ on pas dire de nos yeux comme de ceux des disciples, qu'ils étaient retenus. Ils sont en effet retenus par nos passions qui les offusquent , par Tamour du plaisir qui les détourne vers les créatures ^ par rinsouciance des choses du salut, qui nous rend indifférons à celte affaire importante. Mais un jour ils s'ouvriront, et malheur à nous s'ils s'ouvrent trop tard , sMls ne s'ouvrent que pour considérer l'abime oh nous serons plongés, lorscpi'il ne sera plus possible d'en sortir ! Si les disciples ne reconnurent pas d'abord Jésus, du moins ils l'écoutèrent ; et l'ayant écouté , bientôt ils le reconnurent. Si nous écoutions Jésus quand il nous parle par la voix de nos pasteurs; si nous l'écoutions quand il parle à notre cœur en le prévenant de bons sentimens ; si nous Técoutions quand il nous parle par les bienfaits dont il nous comble ; si nous l'écoutions enfin quand il nous parle par les afflictions qu'il nous envoie pour nous rappeler à lui , notre cœur alors s'ouvrirait au feu de son amour, et nous nous demanderions , conune les disciples, si notre cœur n'était pas brûlant quand U nous parlait dans le chemin.

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