‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 3 sur 43 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

, t Pour faire mieux entendre les mjstèred i € les actions et les maximes de Jésus<^Ghrist^ t dît Fénélon (*) , il faut dispoeer. les jeunes t personnes à lire l'Évangile: », et les y préparer de bonne heuite. C'e^ l'idée die cet illustre évêque qu'on a essayé de réaliser dans cet ouvrage. Il consiste en de courtes exhortations , dont le fond est tiré<ie l'épitre et de l'évangile qui;leurserve^t de texte. On y expose les mystères de la religion avç ç simplicité, et, autant que ifai^e^e peut, avea clarté. On y traite en peu de mots quelque^ points de morale ou une vérité reli|g;ieuse , et presque toujours l'un et l'autre. On a déjà dit, en annonçant rotivrage,;que ce n'était ni de la haute spiritualité ni de la théologie profonde : ce n'est p^s le bpt qu'on se .proposait, et cela n'eût convenu ni. à Tâge, ni au sexe pour lequel on écrivait Msûs c'est une instruction solide , où que du moins OQ a fait son possible pour rendre telle , et pro-

(*} De rÉdacation des filles, cbap. VIII.

tiij iVERTISSEMENT.

même que sa lecture ne serait pas sans fruit pour les gens du monde dans un âge plus arancé ; et c'est d'après leur opinion qu'on s'est déterminé à le publier.

3 a.ia-'vtùnt ni, tif.

i.ectuke:s

a IHâTBlICTIOtm 8Va LIS irÎTEtS

leur assoupissement, qu*auraît-il à dire aujourd^ui à la plupart des chrétiens ? C'est bien dans le temps où nous vivons , c'est bien aujourd'hui que la foi est affaiblie, que la charité languit, que les bonnes œuvres sont rares , que les pratiques de la religion sont généralement négligées , et qu'il faut se réveiller de son assoupissement. C'est bien aujourd'hui qu'il faut dire aux chrétiens de quitter les œuvres de ténèbres , et de se revêtir des armes de lumière pour marcher avec courage et constance dans le chemin du salut.

La nuit, dit l'Apôtre , est fort avancée. Et qu'entendait par la nuit P la vie présente sans douter qu'il regarde avec raison comme un temps d'obscurité , soit à cause de la faiblesse de notre entendement, incapable d^ lui seul d'entendre les choses de Dieu ; soit parce que, continuellement égarés par nos sens, nous n'y démêlons qu'avec peine le bien d'avec le mal, à moins que nous ne soyons éclairés par une lumière surnaturelle et aidés du secours èe ia grâce ; soit enfin parce que dans ce monde, pour me servir des expressions de l'Apôtre (i), i nous ne voyons les choses du ciel que comme dans c un miroir et dans des énigmes. » Cette vie est 4Qn^une véritable» nuit, comparée surtout au jour qui nous luira dans la vie à venir, si nous y scmi*mes appelés à contempler face à face Dieu, qui est la lumière éternelle.

Mais le jour approche, dit le même apôtre; et qtiel jour, hélas 1 celui qui doit tern^fnet' notre

0) I. Corintb., XIII, 12.

ET I«S ivAlf«IUW« S

courte existonCe, et rendre à la terre à^oit nous flommefi sortis ce que nous eo ayons empruntée Ce joar approche sans doute ; il approcke pour tous , et il n^ SI personne pour qui il ne soit trèsproche. Supposons la plus longue vie ; ne faut-il jMtt qu'elle finisse ? et quand les jours qui en composent le eours seront passés , que sera ce temps cm si long ? qu'un point à peine perceptible dans la durée des siècles. Et qui nous assure que nous iouîroDS de cette longue vie réservée à quelques êtres épars , qui paient bien ce prétendu avantage ? Est-ce donc sur un aussi frêle espoir que nous ap« puierons la funeste insouciance de notre salut ?

Telles sont les tristes réflexions que TÉglise met sous les yeux des fidèles pour les préparer à Tavénemeut du Sauveur. Qu'ils se réveillent donc à la voix de cette bonne mère; qu'ils secouent le somiBoU de mort qui tient leur raison dans rengourdiSf sèment; qu'ils travaillent sérieusement à renaître à la grâce.

 mesure que le temps passe 9 l'éternité s'avance ; chaque pas que nous faisons nous porte vers elle. AnivoBs-y du moins bien préparés* Peut^tre n'a*- TOns-uous point de vices grossiers à nous repro-^ cher ; mais ne croyons pas pour cela que nous soyons tels que Dieu nous veut. Il rejette les àhies tièdes presqu'à -l'égal des âmes coupables. Il veut qu'on l'aime, et qu'on l'aime tellement , qu'il n'y ait rien qu'on préfère à lui. Et n'a-t-il pas droit de l'exiger ? Croyons donc n'avoir rien fait pour notre salut jusqu'à ee que nouA sentions duis notre àvUe cet

4 nrSTRVGTtORS SUR LES EPtlâES

amour de préférence que Dieu mérite de notre part

à tant de titres 9 et dont il veut bien nous £aiire un

sujet de mérite.

ÉVANGILE

«fa/nf Luc , chap. XXI * v. «5.

ilàv ce temps-là , Jésus dît à ses disciples : Il y aura des signes dans le soleil , dans la lune et dans les étoiles; et sur la terre les nations seront dans rabattement et dans la consternation» la mer faisant un bruit effroyable par Tagitation de ses flots ; et les hommes sécheront de frayeur d^us l'attente des ipaux dont tout le monde sera menacé : car les Tertus des cieux seront ébranlées; et alors ils velrront le Ois de l'homme qui viendra sfir une nuée avec une grande puissmce et une grande majesté. Four vous, lorsque toutes ces choses commenceront d'ai^riyer, regarde;; en haut et levez la tête» parce que Totre rédemption est proche. Il leur proposa ensuite cette compa> raispn. Considérez, dit il, le figuier et les autres arbres : lorsque vous voyez qu'ils commencent à pousser, vous reconnaissez que 'l'été est proche; ainsi, lorsque vous verrez arriver ces <&oseB, sachez que le royaume de Dieu est proche. Je vous 4is^ en vérité» que cette génération d*homines ne finira point que tout cela ne soit accompli. Le ciel et la terre passeront » mais mes, paroles ne passeront point. Prenez donc garde à vous , de peur que vos cœurs ne s'appesantissent par l'excès des viandes et du vin et p<ir les inquiétudes de cette vie, et que. ce jour ne vienne tout d'un coup voua surprendre; car il .enveloppera comme un filet tous ceux qui habitent sur la face de la terre. Veillez donc en priant toujours , afin que vous soyez rendus dignes d'éviter tous ces maux qui arriveront, et de comparaître avec confiance; devant le fils de l'homme.

Oh appelle A vent les quatre semaines qui pré<^ cèdent Noëlj et qui sont consacrées par l'Église à ise préparer à la naissance du Sauveur* Ce. mot est im abrégé du mot ixvéfMment ^ par lequel r%Use

désigne la venue du Messie. Les Écritures parlent dedenxavénemens de Jésus-Christ, l'un qui a eu lieu il y a un peu plus de dix-huit cents ans 9 lors^ que notre Seigneur est né. Ce premier avènement était l'attente des patriarches , à qui il avait été promis. Il fut méconnu des Juifs, quoiqu'ils eussent pu le reconnaître à tous les signes qui devaient accompagner sa venue , et dont les prophètes avaient donné la description la plus précise. Dans son £l«eu^ glement , cette malheureuse nation attend encore aujourd'hui le Messie, venu depuis long-temps, et qu'en punition du déicide qu'elle a commis, elle ne doit reconnaître qu*à la fin des temps.

le deuxième avènement de Jésus-Christ est ce-* lui dont il est parlé dans l'évangile du jour, et que le Sauveur a lui*mème annoncé. Cet avènement aura lieu à la fin des temps , lorsque Jésus-Christ , revêtu de maîe^té et de gloire, viendra juger les vivans et ks morts pour rendre à chacun selon ses, œuvres.

Donnons en peu de mots une idée de ce double avéoement. Le premier est tout de bonté et de grâce; Dieu exécute le traité qu'il avait daigné faire avec les hommes. Il a pitié.d'eux dans sa miséricorde éternelle^ Il leur envoie un rédempteur. Ce messie consolateur vient au temps marqué par les prophètes( 1 ). • Les eieux envoient la rosée d'en haut. Le Juste descend des nuées, semblable à ilne pluie salutaire et féconde , la terre s'ouvre; elle germe le Sauveur, et avec lui nait la juslioe. » Telles sont

(>) laïe, XLV. 8.

6 iirsTRucnoM bue lis iévItres

les expressions figurées dont se sert Isale , et TÉglise les rappelle dans ses offices. £lle se transporte aux temps qui ont immédiatement précédé la naissance du Sauveur; die rappelle; elle hâte son arrivée par ses vœux; elle se fiélidte de l'abondance des grâces qui vont découler de ce premier avènement* Le caractère du second avènement n*est plu« cela. C'est le même Jésus-Christ qui viendra; mais qiidiè différence dans l'attente 1 Au premier avènement, c'était un médiateur; au second, c'est un |uge. Dans le premier, il apportait la grâce au pécheur ; mais le pécheur n'a pas voulu de la grâce. Dans son deuxième avènement, il lui apporte sa condamnation : Yenes, disait-il au pécheur, dans le premkr avènement; venez, vous tous qui êtes tombés, et je vous relèverai; venes, vous tous qtû êtes affligés, et je vous soulagerai (i) : paroles de douceur et de bienveiUance, paroles de bonté et de ^inlséricoMk.Mais, au second avènement, le temps de l'indulgence est passé ; on n'en a point profité; U a fallu que le temps de la justice lui succédât. Allez, dit ce juge, qui a inutilement oHert le pardon aujc coupables , allez, maudits, au feu éternel (a) : paroles de colère qui feront frémir les âmes criminelles et les laisseront abandonnées à toutes les horreurs du désespoir.

Quelle utilité morale tirerons-noas de ces considérations sur le double avènement du Sauveur? lien résulte, ee me semble, un douUe devoir; savoir, celui d'une vive reconnaissance pour les

il) MatUk. XI. aS. (s) Ibid. XXV. 4i.

BT LES iVAll61LB9* 9

avantages ineffables que nous a procurés le pro* mier avéoemedt , et celui d'une crainte salutaire du deuxième avènement, qui peut nous être si funeste» si nous ne profitons pas du premier.

Page 1