‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructions (volume 2)Chapitre 4 sur 43 · POUR LE IP DIMANCHE DE L'AVENT · texte numérisé non relu

POUR LE IP DIMANCHE DE L'AVENT

ÉPITHE.

Saine Paul aux HoMaias , ch. XV , v. 4*

jVL Bs frères , tout cç qui est écrit a été «tcrit pour notre înstruetion, afin que nous concevions une espérance ferme par la patience et ^ar la consolation que les Écritures nous donnent* Qae 1« Dieu de patience et de ooBsolacSon ▼ôus fasse la grâce d'être tonjonf» unis de sentiment «t d'affection les uns avet les autres» selon i'etprU df Jésus- CKrpft , afin que d'un mém^ ooeur et d'une même bouche vous glorifiez Dieu, le père de notre Seigneur Jësus-Chrîst. C'est pourquoi unîsses-vous les uns avec les autres pour vous soutenir mutuellement , comme lësDs-Oiirist «ous a unis «vco lui) UmniJuift que^entUs, pour la gloire de Dieu. Car je tous dikilare que Jësas-Glirist a été le dispensa teuit et le ministre de l'IËvangile à l'égard des JuiSi drconcis , afin que Dieu fût reconnu pour véritable dans l'accomplissement des promesses qu'il avait faites à leurs pères; mab pour les genlils» tjui n'oni reçu aucune ftromeêsef ils n'ont qu'à glorifier Dieu de la misëiSoorde qu'il leur a faite, selon qu'il est écrit» C'est pour cette mison) Seigneur, que |e publierai vos Ipuanges parmi les nations, et que je obanlerai 4^ e4^ntiqv€t k la gloire de votre nom. Il est encore écrit : 'Iiéjouissez<vous^ nations, avec son peuple. Et ailleurs : Nations , loucE toutes le Seigneur ; peuples , glorifiez-le tous. Isaïe dit aussi : U sortira de la tige de Jessé un rejeton qui s'ëlev cra pour commander ami nattons , et les nations espëre- Mai en hiî* Que ]e Pie» d'espéianca vous comble de paix et

8 iNSTHucnoifs sra lbs é^triiES

do joie dans votre foi , afin que votre espérance croisse toa» jours de pluç en plus par la vertu et la puissance du Saint- Esprit.

f Cette épitre présente plusiears points d^une assez grande importance pour qu*il soit nécessaire de dire de chacun un mot en particulier; c'est pourquoi nous allons les récapituler.

Nous y voyons 9 1"" que les saintes Écritures sont les, grincipales sources où le chrétien doit aller puiser son instruction. C'est dans les saintes écritures qu'il apprend tout ce qu'il lui est important de savoir. Elles lui mettent sous les yeux son origine, ses devoirs sur la terre 9 sa dernière destina* tion ; elles ne peuvent être trop étudiées et trop méditées. Ce n'est pas néanmoins sans» guide que le simple fidèle , trop peu éclairé pour en comprendre toujours le véritable sens, doit les lire. Il lui appartient moins encore de les interpréter. L'écriture 5 ditFéuélon» est la règle de notre foi; mais le Saint-Esprit aide l'Église pour bien interpréter l'Écriture. Il y aurait donc de l'oi^ueil . à nous d'imaginer que nous entendons mieux l'l!<criture que TÉglise, à qui Jésus'-Chrtst a accordé ses lumières. Aimons, donc l'Écriture ; appliquons - nous à son étude ; mais écoutons l'Église dat)s les explications qu'elle en donne; entendons l'Écriture comme elle l'entend , et regardons comme son véritable sens celui que l'hglise détermine.

2"* Nous trouvons .dans les saintes Écritures tous lesmotifs d'une espérance ferme pour la patience et

ET LES évANGILES. 9

pour la consolation. Le but de' notre espérance, c'est Dieu ; c'est vers Dieu que nous devons tendre comme vers noire fin , attendant avec patience , pour les cii<^es de ce monde , tout ce qu*il lui plaira d'ordonner à notre égard , adorant également sa main divine , soit qu'il nous dispense des biens de ce monde , ou ce que nous appelons des maux.

Nous avons beau faire , ce n'est qu'en nous résignant à ce que Dieu veut que nous pouvons trouver bbn* hejar5paix et oonsolation* Plus nous nous roidîrions contre sa volonté , plus nos souffrances lieraient atguês ; mais la patience chrétienne les adoudletlestourne^cn jconsôlations. Cette morale o'esl point entendue des gens du monde. C'est le secret des âmes religieuses, et elles savent combien lien résulte de douceur. Quelques personnes néanmoins 9 du milieu des distractions que le monde'' offre 9 okkt pressenti ce que les sentimens religieux présentaient d'avantages. Je voudrais être dévcte, disait une femme célèbre (*). Elle jouissait de tout, et s'ennuyait de tout. Elle avait une société choisie, une réputation faite pour la flatter, une fortune suffisante. S! elle avait été , non ce que le monde appelle dévote , mais pieuse 5 sa situation eût bien changé; et elle le sentait bien. Jeunes personnes, aimez de bonne heure ^ et Dieu et vos devoirs. Jésus-^Christiui-mémc a dit :Prenezmon joug, car il est doux, et portez mon fardeau, car il est léger (1) , pour faire connaître qu'on trouve un repos plus solide d^n^ la pratique de sa loi que dans

n Madame du D***, (i) Malth. , XI. v. 3.

le8 plaisirs tumultueux^ qui siBCOueoi plus rèms . qu'ils ne la satisfont.

3* Nous voirons dans la Q^me épttre que Tc^fit du christianiBioe est. un esprit d'umoo. U- n'eflt presque point de pâ^es dans le nouveau Testai ment où il ne soit recommandé aux fidèles d'étve unis les uns avec' les autres. Le ciment de cette liuion 9 c'est le san^ de Jésus-ChrisC répandu pour tous ; c'est lu foi en Jésus - Gbrist commune à tous; ce sont les mêmes sacr^sEieos ofieris à tous pomme une source de gràoes ; c'est enfin la même récompense promise à tous , au gentil comme au juif 9 au pécheur, s'il se convertît, comme à oelui qui a persévéré dans la îustioe. Tous avaient été compris dans le péché d'Adam, tous aussi sost compris dans la rédemption ; et , ceasme dit saint Paul{4), «ou il y a abondance de péchés , il y 9 aussi surabondance de grâce , iant est grande la miséricorde de Dijcu , que l'on pQunrait .presque dippe qu'ette l'emporte sur sa |ostii^e.

ÉVANGILjB.

H/ir ce temps-là , 7ean , ayant appris dan la priMO les œnvres mervciUmuss de Jésus-Gbrist , îl lut 4c dive par deux de «et disciplep qu'il lui envoya : BtesnirQus oekii qMÎ doit yenir^ on t^ nous devons en alteodce un autre? Jti#Ms leur r^àpiindU : Allez- dire à Jean ce x|ae vous aves cqlcodu et ce que vous avez vu. Les aveugles voient, les boiteux marchent^ les lépreux sont guëris«,ies sourds entendent, les morts ressuscitent , l'Évangile est aonopcé a«z pauvres ; et liearens ed«i

(i) Rom. , y. 90.

qui ne prendrai pat de moi 90 fVJ^I d« .icv^d^Ie et de ehnto. Lorsqu'ils s'en furent alléi, Jé8t|s, s'adressent aux peuplfp^ leur parla de Jean en cette sorte : Qa'êtes-vous allés voir dana le désert f un roseau agité du vent f Qu*étes-vous , dis- je ^ allés veir ? un homme vêtu avec luxe et avec mollesse f Vous saves que ceux i|«i aliabilleat de cette sotte «ont dans les maisons des rois, Qu'ètes-voua donc allés vp^r.? V» pnopiiète f Oui» certes , je vous le dis , et plu« qu'un prophète ; car c'est de loi qu'il a été écrit : J'envoie devant vous ipOB ange qui vom préparera Ta voie.

JsAïf «^vait que Jésas était le Christ. Il Pavait itcoonu quand il se présenta au baptême. Il avait Ti]i)ç S^iit*£sprît descendre sur lui. Il avait entendu la vQi]( du ciel qui l'avait proclamé ie fUs éMiiHisiM dé> JHsu , celui en qui Dieu avait mis Umi^se$ afi^cêiew{i)>. Non-seulement il lui avait rendu témoif^age devant les JuiîTs en rappelant ^agmau de Dieu fui vient effàaer iee péehéa du womU (a) ; mais il avait répété Jusqu'à quatre fois ce témoignage y et pav ce ma^n remplit ses fonctions de précurseur» U n^ig^oraît donc point que Jésus î^i le Messie. l\ envoie néailmoâns deva de ses di»cîpl^s V6r$ JéfU»» et lui fait demander s'il est eehii qui doit venif 9 fm «'illainten attendre un autre;

Saint Jérôme résout jeette difficulté (5) en disant que ce n'était point pour lui que Jean envoyait eon« solter Jésus, mais pour ses disciples eux-mêmes, afin quUls pussent se eoovainore pir leurs yeiiKqde Jésu# était le Messie} et nousidevon» peQt«étti9 tk^ connaître ici une de ces vues sajges de la Pi^vi^

(0 MaUli. , m. 17. (3) S. Jërdme sur S. Mattb. , liv. n .

(9) Jean 1 1. sg. ' ck. si. ' < «

12 ' IHSTRITGTiailS SVR LES épÎTAES

dence qui réservait à Jésas, pour notre plus grand avantage, Toccasion de prouver la divinité de sa mission dé la manière la plus éclatante.

Êtes- vous, lui disent tes disciples de lean, êtesvous celui qui doit venir? ou bien devons-nous en attendre un autre ? Il est remarquable que Jésus , toujours si prompt à satis&ire aux questions qui lui étaient faites de bonne foi , ne répond point directement. Il était alors entouré de malades , et de personnes affligées de toutes sortes d-infirmités qu'il guérissait. C'est après ces guérisons opérées qu'il répond auK disciples de Jean : « Allez , dit4l , raconter à votre maître ce que vous avez vu ; lés boiteux marchent; les aveugles voient y^les lépreux sont guéris , Içs sourds entendent , • les morts ressuscitent ^ l'Evangile est annoncé aux pauvres ; » c'està-dire , jugez de ce que je suis par les œuvres que j'ai opérées sous vos yeux. J'ai rendu la vue et l'ouïe à des mallieuTQUxqut en élaseat privés; j^ai fait marcher l«ik bqitemÉç j'ai >g^ëri tous les malades qui m'onl^ jédé préseatés. Esti-il da»sla puissance de rh^nKOiQ d'opérei^ ûeé ><suvres aussi merveilleus^f ç^ns en avttirreçu-ïe pouvoir de Dieu? et pensez-; vours, après avoir vn toutes ces choses, que je ne sois point son envoyé? Jésus prouvait donc ce q\i'il était par des miracles. 11 faisait plus ènepreifil mputrait en lui l'accomplissement des prophéties^ qui n'étaient point igiforées de la troupe de.Jpifs présente au message. Ce qtiê venait de faire Jésus était en effet ce qu'Isaïe, plus de sept c^ents ans auparavan.t, avait prédit du Messie.

ST IS8 ÉITÀVGIIBS. l5

Alors 5 avait dît ce prophète (i), c^est-à-dire, quand le Messie viendra, « les aveugles verront le jour, et les oreilles des sourds seront puvcrjfces ; alors le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera déliée; car l'esprit du Seigneur m'a envoyé pour annoncer la parole de Dieu à ceux qui sont doux, et guérir ceux qui ont le cœur brisé. » Ainsi la mission de Jésus était prouvée , et par les miracles et par les prophéties, et il était impossible qu'il restât aux disciples de Jean le moindre doute à cet égard. Aujourd'hui les preuves de cette mis* sîon divine se trouvent bien plus multipliées. La résurrection glorieuse du Christ, prouvée par les témoignages les plus authentiques, la transformation par des lumières et des. dons surnaturels des disciples de Jésus , hommes faiSles et sans lettres, en des héros pleins d'audace pour aunoocer la foi , en apôtres instruits des choses du ciel, la propagation miraculeuse du chrîslianisnne, sa durée, sont des preuves auxquelles on ne peut refuser son assentiment sans encourir le reproche de l'aveuglement le plus coupable.

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