POUA LE JEUDI DE PAQUES
ÉPITRE
Actes , ch. VIII, V. 3$.
JuH ceii JQurs-là , l'aoge do Seigneur pftrh à Philippe, et lut dit : Levez-T0U8 » et allez Ten le midi > au chanin qui des* cend de la TÎile de Jérusalem à 6aze« qui ett déserte. Et se levant, il s'y en alla. Or, uô Éthiopien eunuque, l'un de» premiers officiers de Gandace» reii^e d'Ethiopie, et surintendant de tous ses trésors, était venu à Jérasalem pour adorer; et à son retour, étant assis dans son ehariot , il Ksait le prophète Iseîe. Alors Fesprît dit â Philippe : Avancez, et appro* chez'Vous de ce chariot. Aussitôt Philippe accourut, et ayant oui que l'eunuque lisait le prophète Isaîe , il lui dit : Entendez-vous bien ce que vous lisez fil lui répondit : Gomment pourrais- je l'entendre, si quelqu'un ne me l'explique? Et i pria Philippe de monter et de s'asseoir auprès de lui. Or, le passage de l'Écriture qu'il lisait était celui-ci : Il a été mené comme une brebis à la boucherie , et il n'a point ouvert 1» bouche non plus qu'un agneau qui demeure muet devant
s^50 ivsTRVctioirs stu les ji^Itres
celui qui le tond. Dans son abaisséracat il a été déUvré Je If mort à laquelle il avait été condamnée Qui pourra raconter son orkcine , parce que sa vie a été retranchée de la terre F L'eunuque dit à Philippe : Je vous prie de me dire de qui le prophète entend parler; si c'est de lui-même, ou de quelque autre. Alors Philippe, prenant la parole, commença par cet endroit de l'Éoriture à lui annoncer Jésus. Après avoir maicbé quelque tempB, ils rencontrèrent de l'eau ^ et Peumique lui dit : Voilà de l'eau , qu'est-ce qui empêche que je ne sois baptisé ? Philippe répondit : Vous pouvez l'èlre , si vouscroycz de tout votre cœur. Il lui repartit : Je crois que Jésus-Christ est le fils de Dieu. Il commanda aussitôt qu'on arrêtât son chariot, et ils descendirent tous deux dans l'eau, et Philippe baptisa l'ICunuque. Étant remonté hors de l'eau, Tesprit du Seigneur culeva Philippe, et l'eunuque ne le vit plus; mab il continua son ehcmin, étant plein de joie. Et Philippe se trouva ^dans Âzot ; d'où étant sorti, il annonça l'Érangîle à toutes les villes par où il passa , jusqu'à ce qu'il vînt à Gésarée.
Dieu veut le salut de tous les hommes. Pouvaitil faire plus que de livcer son fils unique pour les racheter? Tatitèt illes altrrc à lui par des moyens visibles^ tantôt par des moyens cachés, mais qui n*en seraient pas moins sûrs, si nous savions y répondre. Ce n^est jamais ni sa grâce, ni sa bienveillance , ni ses secours qui nous manquent; car c'est noys qui manquons à sa grâce , qui repoussons sa bienveillance , qui rejetons ses secours y et qui ainsi rendons vainc et inutile pour, nous la passion du Sauveur. Quand un cœur cherche Dieu avec ardeur et sincérité , s'il fallait pour sa conversion que Dieu envoyât un ange visiblement,, dit un saint docteur, ce miraclo-ne lui serait pas* refusé.'
ET LES ivÀNGIXES. 25 7
Cette doctrine est oonfirmëe par Pexeinple de eet officier de la reine Candace dont il est fait mention dans Tépttre que nous venons de lire« Il était dans ces saintes dispositions qui nous rendent Dieu si favorable; il avait quitté ses importantes occupations; il avait entrepris un long voyage pour venir à Jérusalem adorer Dieu dans son temple. Après s'être acquitté de ce devoir, il s^en re^ tournait en Ethiopie. 11 sanctifiait même son voyage par de saintes lectures. Dieu* touché de tant de piétéy envoie un ange à Philippe, Tun des septpremiers -diacres. L^angc lui ordonne de. la pari de Dieu de se rendre sur. le chemin de Gaza. Philippe obéit ^ et trouve dans Tendroit désigné rofiicier qui, assis sur son chariot et continuant sa route y disait les prophéties d^Isaïe , et en était préeidément à un passage qui concerne le Messie , et qu'il cherchait à comprendre; Philippe lui montre raccomplissement parfait des paroles du prophète dans Jésus mené à la boucherie comme un tendre agneau, souffrant avec patience et sans murmure toute sorte d'ignominies, délivré, par le miracle de sa résurrection , de la mort qu'il avait subie , père enfin , après qu'on lui a été la vie , d'une nombreuse postérité par les enfans qui doivent naître à la foi au moyen des eaux sacrées du baptême. L'esprit de l'officier est pénétré d'une vive lumière , il croit ; et , apercevant des eaux , il demande vivement le baptême , et le reçoit.
Dieu sans doute n'envoie point à tous les pécheurs des anges pour les ramener à lui«^Ces moyens
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extraordinaires, utiles, nécessaires même dans les premiers momens de rétablissement de la religion , ne le sont plus lorsquWle est bien affermie, et qu'on ne manque d'aueun moyen d'instruction. Mais Dieu nous prévient par des inspirations secrètes ; il nous instruit par les pasteurs qu'il a établis ; il nous avertit par des maladies qu'il nous envoie ; il cherche à nous ramener à lui par ses bienfaits, d'autres fois par des afflictions qui nous obligent à chercher dans les secours de la religion des consolations que les honounes ne peuvent nous offrir ; et ces moyens seraient aussi efficaces que la mission d'un ange , si nous étions dans les mêmes dispositions que l'officier de la reine Candace, et si nous ouvrions notre cœur à cette grâce qui nous est toujours offerte , mais qui ne peut devenir puissante que quand nous la désirons fortement. C'est à ce désir ardent que Dieu accorde la foi, les lumières et le don de la ch arilé, que suit bientôt la paix du cœur. L'officier , dit le texte sacré , après avoir reçu tous ces dons , continua son chemin, étant plein de joie. C'est ausBJi , pénétrée de cette joie et de celte paif intérieure , qu'une âme véritablement chrétienne continue et achève le chemin de la vie.
Évangile/
Saint Jean, cb. XX, t. it.
lliif ce lemps-là, Marie se tenait en pIcuraDt dehors le m* pulcre ; et comme elle pleurait , 6*éUnt baissée pour regarder dans le sépulcre , elle y vit deux auges vêtus de blanc , assis ■u lieu on avait été le corps de Jésus , Tun à la tête , et Faulre
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aux pieds. Ils kii dirent : Femme, pourquoi pic lirez- tous f Elle leur répondit F C'est qu'ilï ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où iU l'ont rais. Ayant dit cela, eUe se retourna, et TÎt Jésus debout, s^aos^savoir que oc fût lui. Jésus lui dit: Femme , pourquoi pleurez-vous F qui cherchez- vous ? Elle , pensant que ce fût le jardinier, lut dit : Seigneur, si c'est vous qui Tavcz enlevé, dites-mot ou vous Tavez mis, et je l^emporterai. Jésus lui dit : Marie. Aussitôt elle se retourna, , et lui dit : Rabbonî , c'est-à-dire mon maître. Jésus lui dit : 19 e me touchez pas, car je ne suis pas encore monté vers mon père ; mais allez trouver mes frères , et Icar dites de ma part : Je monte vers mon père, et votre père; vers mon Dieu, et votre Dieu. Marie- Madeleine vint donc dire aux disciples qu'elle avait vu le Seigneur, qui lui avait dit ces choies.
Dieu a voulu que nous trouvassions dans les saintes personnes qu'il aiavorisées de ses grâeés des modèles parfaits de toutes les vertus que nous devons pratiquer. La conduite de Marie - Madeleine envers le Sauveur nous en offre un bien remar» quable de Tamour dont tous les hommes doivent être animés à Tégard de ce divin maître. Cet amour éclate dans toutes les occasions. Dès la première visite dont le Seigneur honore les deux sœurs f Madeleine s'attache à lui ; elle se tient à ses pieds ; elle recueille avec une sorte d'avidité toutes les paroles qui sortent de sa bouche ; et tandis que Marthe, sa sœur 5 est livrée aux soins nécessaires pour recevoir cet hôte divin, Marie n'est occupée qu'à profiter de ses instructions. Go que Dieu préfère c'est qu'on l'aime. Aussi Jésus comblc-t-il d'éloges la conduite de Marie : c Elle a, dit-il^ choisi la tieilleure part; car une seule
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chose est nécessaire, c'est de sauver son àme i» (i)* A la mort de Lazare son frère , Marie s'approche de Jésus tout en larmes , et le Seigneur 5 touché de son affliction , daigne la partager et répand lui-même des pleurs. Lorsque , avant la dernière pâque, il voulut bien aller prendre un repas chez Lazare ressuscité 9 Marie se distingua encore par un témoignage particulier de ses sentimcns pour Jésus. Elle prend une livre d'essence précieuse ^ elle en répand une partie sur la tête du Sauveur , et le reste sur ses pieds ; elle les essuie ensuite de ses cheveux , et Jésus la loue.: îl veut qu'on regarde comme une bonne œuvre ce qu'elle a fait à son égard ; il assure que ^ partout où ce trait sera raconté , on en parlera avec éloge (2).
Marie n'abandonne point Jésus dans les angoisses de sa passion; elle est parmi les femmes qui le suivent au Calvaire; elle se tient au pied de la croix; elle est pi^sente à la sépulture du Sauveur; elle ne quitte ce lieu de douleur qu'au moment où Jésus est enfermé dans la tombe ; encore est-ce dans le dessein d'y revenir promptement avec des parfums pour l'embaumer d'une manière digne de son amour. Le matin du jour où Jésus ressuscite , les ténèbres ne sont point encore dissipées qu'elle est sur le chemin du sépulcre: Elle arrive la première ; la première, elle s'aperçoit que le tombeau est ouvert , et que le corp-i n'y est plus. Alors elle fond en larmes ; elle va avertir les disciples qui viennent y vériBent le récit qu'elle leur
(î) Luc , X» 4a. (2) Marc , XIV. 9.
£T LES ÉYAKGILES. ^C
a fait , et s'en retournent. Mais Marie reste : elle demande le corps de son maître à tous ceux qu'elle rencontre, à Jésus lui-même» que dans son trouble elle ne reconnaît qu'après qu'il lui a parlé; elle mérite ainsi de voir Jésus la première , et d'être 9 la première, témoin de sa résurrection. Que cette conduite de Marie nous serve de modèle. Aimons Jésus comme Marie l'aimait. Si Jésus nofus parle ( et si nous y faisions attention , nous l'entendrions souvent nous parler), s'il nçus parle, comme Marie, n'écoutons que lui 9 ne nous occupons que de ce qu'il nous dit. Si nous ne pouvons répandre sur son corps des essences précieuses, rè- {ouissons-le par la bonne odeur de nos vertus ; assistons au sacrifice de la loi nouvelle comme Marie assistait au sacrifice sanglant de la croix ; $issistons-y avec une douleur vive de nos péchés , avec une vive reconnaissance de l'ineffable bienfait de la rédemption. Si nous perdons Jésus par le péché , comme Marie croyait l'avoir perdu lorsqu'elle ne retrouve plus son corps dans le sépulcre , soyons aOligés conune elle ; cherchons Jésiis avec la même ardeur , redemandons-le à tout ce qui nous entoure. Jésus nous exaucera comme il a exaucé Marie. Une de ses paroles nous le fera retrouver et reconnaître. Jamais Jésus n*a rejeté des vœux sincères, ni repoussé un cœur qui veut xetourncr à lui.
26a IN8TBUGTIOV8 SUR LES ÉpItBBS
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