POUR LE MERCREDI DE PAQUES
ÉPITRE
Actes, cb. III, V. 12.
Hi H CCS jours-li , Pierre , prenant la parole , dit au peupte : O hommes Israélites, et qui avez la crainte de Dieu, écootes ces paroles : Le Dieu d*Abraham, d*Isaac et de Jacob » le Dîea de nos pères a glorifie son fils Jësus, que vous avez livré- et Renonce devant Pilate, qui avait jugé ^u*il devait être renvoyé absous. Vous avei' renoncé le saint et le juste , vous avez de-
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mandé qu'on Accordât la grâce d'un' bomicide « et Toifli at es fait moûm i'auteor de la vie. Mais Dieu l'a rewuicité d'entre les morts, et nous. sommes témoins de sa résurrection. C'est sa puissance qui^ par la foi en son nom, a raffermi les pieds de cet. homme que vous voyez et que vous connaissez; et la foi qui vient de lui a fait devant vous tous les miracles d'une si parfaite guérison. Cependant, mes frères, jesafs que vous àvek agi en cria par ignorance, aussi-bien que voa sénatèun. Mais Diieu a accompli de cette sorte ce qu'il avait prédit par la bouche de tous les prophètes , que le Christ souffrirait la mort. Faites donc pénitence , et convertissez- vous , aG'n que vos péchés soient effacés.
La descente du Saint-Esprit sur les apôtres les avait remplis de forcé et de courage. Il n'y avait encore que quelques fours que ce prodige était arrivé lorsque Pierre et Jean, montant au Temple pour prier ; rencontrèrent à la porte un boiteux de naissance qui s'y tenait ordinairement pour demander Faumôhe àccuxqnt passaient. Cet homme était extrêmement connu de tout le monde, et on le voyait là depuis dte longuet années. Jamais on ne Tavait vu marcher. Lorsqu'il aperçut Pierre et Jean-, il s'adressa à eux comme aux autres , et les pria de l'aider de quelque chose. Mais Pierre » prenant la parole > lui dit : Je n'ai sur moi ni or ni argent; maïs ce que je puis faire, je le ferai, et ce que j'ai je votis le donne.* Au nom de Jésus levezvous et marchez. Pierre alors présenta la main atr boiteux. Ces paroles, prononcées au nom tout pur:»* sant du (ils de Dieu, furent bientôt suivies d'un admirable prodige : le borteux se leva aux yeut de tous hes a8sistans , qui étaient* en- grand nombre.
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Se$ pieds s'affermirent, et il suivit les deux apôtre» dans le Temple. Qu'on juge de Fétonnement du peuple à la Tue d'une guérison aussi extraordinaire y et opérée par quelques paroles. C'est alors que Pierre tint aux Juifs le discours rapporté dans les Actes. Il leur parle de Jésus ; il leur reproche d'avoir renié le saint et le ju»le devant Pilate qui voulait l'absoudre y de l'avoir fait mourir, et d'avoir demandé qu'on leur accordât la grâce d'un bomicide plutôt que celle de Jésus qui était innocent. Il leur déclare que c'est par la puissance de ce Jésus que le boiteux a été guéri , et que c'est par la foi en ce nom divin que ses pieds ont été raffermis. Il les engage à faire une attention sérieuse aux circonstances de ce grand miracle, et aux preuves qui en résultent, savoir, que Jésus est le messie promis aux patriarches, et le libérateur attendu par IsraêL II les exhorte ensuite à faire pénitence et à reconnaître que Dieu a accompli de cette sorte ce qu'il avait prédit par la bouche des prophètes , que le Christ souffrirait la mort. Quelques réflexions me paraissent naître naturellement du discours de TApôtre.
La première, c'est que dans les mains de Dieu tout se tourne en bien , même les plus grands maux , et que sa puissance sait tirer des avantages ^<t% crimes les plus détestables. S'il en est un qui doive nous inspirer une profonde horreur, c'est assurément le déicide commis en la personne de notre Seigneur Jésus-Christ; et de ce déicide cependant s'est ensuivi le salut du genre humain *,
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puisque c'est par la passion et la mort de Tlioinme* Dieu que nous sonoones tous sauvés. Ainsi le crime a fait Texpiation ^ et du plus abominable attentat est sortie une source de vie.
La deuxième réflexion est qu'il n^est pas de faute que n*efface une sincère conversion ; que le pécheur par conséquent ne doit jamais désespérer du pardon de ses offenses 9 de quelque nature qu'elles soient , s'il veut sincèrement retourner à Dieu. C'est aux Juifs que parlcât l'apôtre saint Pierre 9 et aux Juifs coupables de la mort du Sauveur, puisqu'il leur dit qu'ils ont livré Jésus , qu'ils l'ont renoncé devant Pilate, et qu'ils ont fait mourir l'auteur de la vie ; et quoiqu'il ajoutât qu'ils ont agi en cela par ignorance , ils n*en étaient pas moins coupables» puisqu'ils pouvaient sortir de cette ignorance, et que Téclat des miradies de Jesus , ainsi que l'accord des circonstances de sa vie avec les prédictions des prophètes » devaient les éclairer. Cependant il les exhorte à la- pénitence , et leur prpmet que , si'ils 9e convertissent , leurs péchés seront effacés. Qùeï est donc le pécheur qui pourrait craindre, en se repentaut, de ne point obtenir miséricorde , si les meurtriers de Jésus eux - mêmes ne sont pas exclue de ses grâces?
La troisième réfiriron est en#a qu*on n'a pour-^ tant pas tout lait quand on s'est converti; que ce n'est pas assez de retourner à Dieu du fond da cœur et d'être repentant de ses fautes; mais qu'il faut encore faire des oeuvres de pénitence , c'est-
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à-dire satisfaire pour ses pécUés ,' parce que , quoiqu'ils soient remis à ceux qui se repentent, et qui ont recours au sacrement de pénitence y'ils ne sont entièrement pardonnes que quand ona«6àtisfaît à la {ustice divine. ,
EVANGILE-
Saine Jean t cb. XXI, v. r.
Htm ce temps-U , Jésus se fit voir encore à ses disciples sur Te bord de la mer de Tibériade, et il s'y fit voir de cette sorte. Simon-Pierre y et Thomas, appelé Didyme , Nathanaël, qui était de Gaoa ca Galilée , les fils de Zëbëdée , et deux autres disciples étaient cnsemblet Simon-Pierre ayant dit aux autres : Je m'en vais pêcher, ils lui dirent : Nous allons aussi avec TOUS. Ils y allèrent tous^ et entrèrent dans une barque ; mab cette nuit-là ils ne prirent rien. Le matin étant Tenu, Jésus se trouva sur le rivage , sans que les disciples sussent que ce fût lui. Jésus donc leur dit : £hfans, n'avez -vous rien à manger r Ils lui répondirent : Non. Il leur dit : Jetez le filet au côté droit de la barque, et vous en trouverez. Il» le jetèrent aussitôt; mais ils ne pouvaient plus le tirer, tant il était chargé de poissons. Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : G'est le Seigneur.' Et Simon-Pierre, ayant appris que c'était le SelgneuE, mit son habit, ear il était nu, et il se jeta dans la mer. Les autres disciples vinrent avec la barque; et comme ils n'étaient loin de terre que d'environ deux cents coudées , ils y tirèrent le filet plein de poissons. Comme ils furent à terre, ils trouvèrent des charbons allumés, et du poisson qu'on avait mis dessus, et du pain. Jésus leur dit : Apportez quelques poissons de ceux que vous venez de prendre. Simon-Pierre monta dans la barque , et tira à terre le filet plein de cent cinquante-trois gros poissons ; et quoiqu'il y en eût tant, le filet ne se rompit point. Jésus leur dit :* Venez ^ dînez. Et nul des disciples n'osait lui demander : Qui êtes- vous ? Gar ils savaieni que c'était le Seigneur. Jésus donc
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vînt y ptit le paîn > et leur en doona, et do poissop de même. Ce fat U la troisième fois que Jésus apparut à ses disciples depuis sa résurrection d'entre les mortç.
C'est sur la résurrection de Jésus-Cfarist que sont fdridées toutes les espérances chrétiennes. Si Jésos-'Cbrist n'est pas ressuscité, dit un père de rÉçlise, notre foi est vainc. C'est sans doute à cause dé Pimportance de ce mystère que l'Église , pendant la quinzaine de Pâques , revient si souvent sur les différentes apparitions de Jésus à ses ctisciples. Dans le dernier évangile dont nous nous sommes occupés , Jésus entre dans le lieu où les disciples sont assemblés, lï les salue par des paroles de paix; il les rassure ; il ïemr permet de tou* cher ses plaies, et n'omet rien de ce qui peut contribuer à leur démontrer que c'est lui-même. Dans l'évangile que nous venons de lire, ce n'est plus aux disciples assemblés que Jésus- Christ apparaît, mais seulement à quelques-uns d'entre eux, qui forment pour ainsi dire l'élite du collège apostolique. Le premier est Sîmon-Pierre, destiné à être le chef de l'Église, et par conséquent l'un des principaux témoins de la résurrection. Un autre est Jeatn,le disciple que Jésus aimait. D'abord Jésus n'est point reconnu d'eux ; mais bientôt il n'y a plus moyen de douter de sa présence. Le filet est jeté sur sa parole, et une pêche miraculeuse termine une nuit consumée dans d'inutiles fatigues. A ces marques Jean reconnaît son maître , et l'annonce à ses compagnons. Tous se rendent sur le rivage pour y jouir du bonheur de le revoir.
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Apprenons par cet exemple que ^ quand nous agissons sans le concours de Dieu y tous nos efforts n'aboutissent à rien ; au lieu que , lorsque nous suivons sa volonté , et que nous répondons à ses inspirations , nos desseins réussissent , parce qu'il les bénit. Apprenons encore que dans nos entreprises 9 surtout celles qui concernent le salut , il ne faut pas se décourager pour quelques travaux infructueux. Dieu n'a point promis la réussite à nos premiers efforts. Souvent il éprouve notre patience 9 mais il couronne une volonté constante et persévérante.
Les maîtres de la vie spirituelle, en pariant de cette pèche mystérieuse , la regardent comme une image de la pêche des âmes , c'est-à-dire des soins que les pasteurs doivent prendre pour ramener les âmes à Dieu. Pierre n'attend pas le jour pour se mettre au travail. Il part le soir ; il jette le filet toute la nuit. De même les pasteurs des âmes ne doivent pas perdre de temps pour aller à leur recherche. Ce doit être pour eux l'occupation de tous les momens, et les plus délaisséeis sont celles à qui il faut qu'ils s'attachent le plus. Ils ne réussissent pas toujours : souvent il se passe de longues et laborieuses nuits avant que leurs travaux soient couronnés d'aucun succès; mais arrive enfin un matin heureux, Jésus vient, et sa présence opère le miracle.
On peut regarder encore cette pèche comme l'image de la vie présente. Qu'est-ce en effet que la vie , sinon un temps passé dans des trav<iux souvent infructueux sbr la mer du monde, au milieu
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de ses agitations 9 et pendant laquelle nous sommes accablés de mille soins qui nous fatiguent, et tourmentés par nos passions? A cette nuit si^cède aussi un matin , et ce matin est Taurore de Tautre vie, dans laquelle seule on peut espérev le repos et le bonheur. Heureux alors ceux qui, comme le disciple chéri , apercevront Jésus et pourront gagner le rivage pour se réunir à lui ! Heureux ceux à qui il dira : Tenez, reposez-vous des fatigues d^une nuit orageuse , et asseyez-vous au festin que mon père a préparé !