POUR LE SAMEDI D^E PAQUES
ÉPITRB.
/. ép. de saint Pierre, ch. Il , v. i.
JVLii très-chers fVères, vous étant dëpouitlétf de toute sorte de malice » de tromperie > de diêsimulalien , dVnWe et de mé- 4i^ai^e » comme des en fans nQ^veUemeot «étt déaves ardemment le lait spirituel et jtoMt- pur » afin qu'il vpui fasse croître pour le salut, puisque vous avez déjà goûté combien le Seigneur est doux. Et vous approchant de lui comme d'une -piorre vivante qui, bien que re jetée des honkmes, a été Déaomeiiks ctanftie'dd Dièu,et est; pnieieése detantses yeux , |entrez vouf-mèo^e dana U sbeMclure (^ l'édîfiM^ cofn9»e éUot des pierres vivantes, pour composer ui^e maisq», ap^ituelle et un ordre ^le saints prêtres, aEu d'offrir à Dieu des sacrifices spirituels, qui lui soient agréables par Jésus • Christ. C'est pourquoi 'il est dît dani un lîeu de l'ÉcWtùre : Je mets en SioB U priiMsipàle: pierre de rtPngle , la' 'pierre choisie et ^rë-
ne sera point cooToodu da'^,^ son esfféranct. C'est donc une pierre' précieuse à vous qui croyez ; mais , pour Tes incrédules , la pierre que les>architecte!^ ont réjetée, et qui néanmoins est devenue te téfelle(lfkilgl9,aèb!t «ittmlé pierre bbntre laquelle ils se beurtci^f,, çt upc| pierre qui les fait (ombjqr » eiu qui ae
ET LES kVÂVGlLVS* 269
heartent contre la parole^ i'ÉvmÊ^iiéi tarejgkmt par une incrédulité à laquelle ils ont été abandonnés. Mais , quant à TOUS , TOUS êtes la race choisie , Tordre des prêtres-rois , la nation sainte, et le peuple conquis, afin que tous publiiez les grandeurs de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ; vous- qui autrefois n'étiez point son peuple 9 mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ; votts qui autrefois n'avies point obtenu miséricorde» mais qui maintenant avez obtenu miséricorde.
C'ÉTAIT aux Juifs nothrellement convertis que saint Pierre adressait ces paroles. Mais les instructions qu'elles contiennent conviennent à tous les fidèles, et c'est pour qu'ils en profitent que l'Église les leur fait lire. Tous les chrétiens doivent se dépouiller de toute sorte de malice , de dissimulation , d'envie et de médisance. Tous , en vertu de la ré-« génération du baptême qui leur a donné tine nouvelle vie spirituelle, doivent ressembler à des enfans nouvellement nés,' et désirer ardenûtment le lait spirituel et pur de la parole de Dieu, qui les fasse croître dans la grâce. La religion du Christ est une religion de bonté, parce qu'elle défend non-seulement toute action préjudiciable à autrui , mais même la pensée de chercher à lui nuire.
C'est une religion de respect pour le vrai, parce qu'elle condamne lemensoïige, et de charité envers tous les hommes, dont elle fait un peuple de frères ; c'est enfin une 'religion d'indulgence pour l'égaré-' ment d'autrul , et de commisération envers les pécheurs, puisque, pécheurs nous-mêmes, et étant plems d'imperfections, nous avons besoin qu'on use envers npus de la même condescendance. Telles
sont Ias dispositions ftons lesquelles tout chrétien doit être. C'est à nons à examiner si en effet elles se trouvent dans notre cœur^ à prier Dieu de les y faire nattre, si elles n'y so^t point; ou àles.y fortiiier» si elles sont trq[> faibles : niais jusqu'à ce que nous les ayons aequises p ne nous flattons pas d*ètre tërftableinettt ehrëtiens. Il n'y a point de christianisme sans charité. L'4me chrétienne ne doit connaître ni ressentiment ni aigreur; non que Dieu exige ip nous que nous ne sentions point; mais il veut le sacrifiée de notre sensibiUlé , de notre amour^proprcs et de toutes celles de nos affse* iions qui ne sont point dans l'ordre de nos devoûr». mettons^ nous donc dansées dispositions ^ afin do pouvoir, suivant le conseil de saint Pierre , nous approebar de Jésift»-Cbmt, commet la fmne vi* vant^ choisie de Dî^ii , et précieuse devant ses yeux 9 et afin que noua puissions entrer nousmêmes dans la structure de l'édifice, comme étant aussi des pierres yiy£|ntes pour composer la maison spirituelle > o'est-à-dire pour être de vrais l^neuàbres vivans d^ relise : car, quoique les pé« çbeurs ne soient pas séparés de l'ÉgÛse par le pécbé^ ils cessent néanmoina» Jusqu'à ce qu'ils ^ient rentrés en grâce par une dmversîon sin- ^^ et par le sacremou^t de pénitence , d'appartenir à cet ordre de saints dent parlé saint Pierre, et dont les sacrifices acmt agréables à Jésus-Christ.
Ceux-là sont encore bien plus Ma du salut qui méconnaissent Jésua-Cbriat, et r^ettent, comme l'ont fait les Juifs « la pierre ekoisîe ^ la {Msrre de-
BT tu ]IVAN€It.BS. fi^l
venue la tète de l'angle , pierre alors qui , au lieude leur être de quelque utilité , leur devient un su«' jet de chute^^t vérifie ce qi^e dit de Jésu^lei gitaf^^-* prêtre Smép^, qu*^! était né pQur 1^ çhule et 'le véta^lissement de plusieurs d^Israêl^ et pour servir de but de eontradietion (i) ; non que Jésus n^eût été envoyé pour le salut de tous, mais parce que, les Juifs Payant rejeté, il était di^vqpii]^ pQU|r eux comme un éc^e^ Qt un sui^t de perditioa , par leur faute.
Ceux, au oontvaire,qi]i Pont éeouté sont devenus vae race cli€iisîe, une juition sainte, un peuple qu*il a conquis peur le oid. Ils sont destinés k publier ses grandeurs; ils eat ebtenu misérieorde. La gvàee les âève au - dessus de leuv eeiMlrtioii en les faisant frères de Jésus-Cbrist; au-dessus Aa . leiur propre nature , en leur donnant des fb^èés qu^ils ne pourraient trouver en eux-mêmes. Elle les associe au grand héritage du eiel et à Pespérance de la gloire future, à laquelle on ne peut parvenir que par la mëdi^^OB et les mérites du Sauveur.
ÉVANGILE
Sàùtt Jean . cb. XX • v. i.
Ë9 c« tempf-]&9 !• Ftemier jour ç)e 1^ HiWMfie, Marie-
MQdekioe ynt du matin aaiépalcre, lofaqi^'il £|isaU encpre obscur, et elle vit que la pierre en avait été ôtée. Elle courut donc » et vint trouver Sinàon-Pîerre « et cet autre diiciple que Jésus aimait, et leur dit : Ils ont enlevé le Seigneur du sépulcre, et nous ne savons où ils l'ont mis. Pierre sortit aosiit^
(i) Lac, II. 34.
27a. iirsTBVGTioivs svh US epItres
pour aller au sépulcre, et, cet autre disciple aussi. Ils coururent l'un et l'autre ensemble; mais ce disciple devança Pierre, et arriva le premier au sépulcre'; et, s'étant baissé» il-virles linceuls qui étaient à terre; mais il n'entra point. Simoir-Pierfe , qui le suivait, arriva peu après, et entra dans le sépulcre, et vit lès linceuls qui y étaient, et le suaire qu'on avait mis sur sa tète, qui n'était pas avec les linceuls, mais plié en un lieu à part. Alors cet autre disciple ,. qui était arrivé le premier au sépulcre, y entra aussi, et il vit, et crut ; car ils ne savaient pas encore ce que l'Écriture enseigne : Qu'il fallait qu'il ressuscitât d'entre les morts.
jpAirg UQ deà évangiles précédens nous avons vu Ala4iel€iiie propotée comme un modèle de charité parfaite, et comme F un des plus beaux exemples de l'aottour d'une âme fidèle pour le Sauveur. Dans Viévangile que nous venons d'entendre nous voyons reparaître cette même Mad^ine, et, en l'envisagQspt sous un autre point de vue , nous y trouverops un «nodèle non moins parfait de la vertu de vigilance. Cette vertu consiste à ne jamais perdre de vue ce qu'on doit faire, à le faire le plus tôt possible, c'est-à-dire sans autre délai que celui qui serait exigé par des circonstances impérieuses, et enfin à le faire de son mieux, et à ne négliger aucun des moyens qui peuvent contribuer à le bien faire.
•l^olis .trouvons tout cela dans la conduite de Madeleine, après la mort du Sauveur, à Tégard des soins que son amour la portait à lui rendre. Le soir du vendredi où le Sauveur mourut , elle ne le qii]|ilte qu'après qu'il a été enseveli , et se retire la dernière. Si elle ne paraît point le lendemain ,
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c'est que la fête ne ie pennettait pas; et la retraite qu'elle observe ce jour-là est encore une leçon pour nous, en nous faisant entendre que les soins les plus chers doivent pourtant le céder aux devoirs de la religion. Mais le temps de la fête est à peine écoulé qu'elle reprend son pieux projet, et qu'elle en hâte raccompUssement. Elle arrive au tombeau lorsqu'il fait encore obscur; elle met le même empressement à aller trouver Pierre après qu'elle a trouvé le tombeau vide : elle revient; elle ne quitte point le lieu où l'on a mis Jésus qu'enfin elle ne soit rassurée sur la perte qu'elle croyait avoir faite, qu'elle n'ait vn le Sauveur lui-même; et cette faveur précieuse est accordée à sa vigilance et à sa persévérance.
La vigilance est nécessaire à tous les âges et dans toutes les condition^, et le défaut de vigilance en« traîne de graves inconvéniens : il donne lieu à l'indolence , à l'oubli des devoirs , à la perte; du temps. Celui qui n'est point vigilant ne songe point à ce qu'il doit faire, et le moment de le faire so passe. Il y songe trop tard , et il n'en trouve plus le temps ; il n'y a pas songé assez; et pour n'avoir pas combiné ses mesures à loisir^ il fait ou maladroitement ou mal ce qu'il aurait mieux fait s'il eût mieux étudié ce qu'il avait à faire.
La vigilance nait de l'attention , ou plutôt elle n'est elle-même qu'une attention suivie à ce qu'il conviept de faire et d'éviter. Je dis une attention suivie, et non pas une attention inerte, c'est-àdire qui se borne à la pensée , et qui n'agit point ,
la.
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mais une attention aceompagaée de diligence et d'activité. JHte d'un homme qu^i! est vigilant , dHine femme ou d'une Jeune peysènne qu'elles sont tigilantes, c'est un des plus beaux éloges qu'on en puisse faire.
Je n*af parlé fusqu'ici de la vigilance que comme vertu morale; et peu de vertus nous rendent plus estimables : mais quand la vigilance se porte vers les ebeses de la religion , ce but la sanctifie. Alors elle prend place parmi les vertus chrétiennes , et e^estunedesplus nécessaires; car ce n'est qn*én veillant sans cesse sur nous-mêmes que nous pouvons éviter d'offenser Dieu. Les saintes Écritures et les maîtres de la vie spirituelle ne cessent de recommander la vigilance, t Veillez, dit Jésus-Christ, pour ne point entrer en tentation (i); veillez parce que "iNHis no savez ni le jour ni Théure oh vous aurez à rendre compte (a) ; veillez et priez en tout temps, afin que vous puissiez paraître devant le fUs de Dieu (5). Yeillez , dit saint Pierre, parce que l'ennemi tourne autour de vous comme un lion qui cherche sa proie ir(4)* Le Sauveur enfin a cru la vî-* gHanoe si nécessaire, qu^l en a fait le sujet d'une de ses paraboles , et admis au festin de fépoux les cinq vierges vigilantes, tandis que cinq autres vierges imprudentes et peu soigneuses en ont été exclues à cause de leur folie (5) et de leur imprévoyance.
.i*) BiaUb. , XXYI. 4i. (4) I. 4p. é9 taint l^eut , V. ^.
(3) Blarc. XIII. 35. (5) MaUb. , XXV. i.
^)tiK^XXI.36.
«T US évAReiuK. ^75
LE DlitANGHE DAMS L'OCTAYE DE PAQOBS,