P*. XXVI. I
359 iHSTBifcnoiis stu* les ipIlRES
Nous ne pouvons aspirer à la paix avec Dieu qu'après avoir été justifiés par la foi ; c'est-à-dire que d'abord nous devons croire en Jésus- Christ, parce qu'il est le principe et la source de toute justifîcation , et que 9 s'il ne s'était fait homme et ne fût pas mort pour nous y notre espérance serait ^aine- La paix dont est ici question , c'est-à-dire la paix avec Dieu est un si grand bien , que les apôtres n'adressent aucun écrit aux fidèle» sans la leur souhaiter , sans leur recommander de la conserver soigneusement , sans là joindre dans de même souhait avec la gràcé* divine 9 parce que l'une ne va pas sans l'autre; car on ne peut être en grâce avec Dieu sans avoir la paix 9 et on ne peut jouir d'une paix véritable, d'une paix assise sur de so' lides fondemens , sans être en grâce avec Dieu. On est en paix avec Dieu quand on lui rend tout ce qui lui est dû , quand on observe ses commandemens , quand on reçoit avec reconnaissance le bien qu'il nous fait, quand on se soumet avec résignation aux afflictions qu'il nous envoie » quand on fuit le mal, quand on fait tout le bien qu'on peut faire selon son état et ses facultés, quand on remplit tout ses devoirs , soit religieux , soit domestiques , soit civils ; car Dieu veut non-seulement qu'on l'aime , qu'on l'honore , qu'on ne néglige rien de qui est de son service ; il veut encore qu'au sein des familles le père et la mère aiment et soignent leurs enfans ; que les enfans honorent leurs parens et leur obéissent; qull y ait entre les
KT LES évAVGIIES. 35 7
maîtres et ceux qui les servent un échange continuel de bons soins et de bons offices de la part des uns , de soumission et de services de la part des autres, et que, dans les relations sociales, on travaille à Tenvi au bien commun , en concourant de tout son pouvoir aux vues de ceux qui gouvernent.
Dieu exige donc de nous tout cela pour que nous soyons en paix avec lui , et ne croyons pas que ce soit pour lui qu'il Texige. Quoi que fasse une faible créature , elle ne peut ni rien ajouter à la gloire de Dieu, ni en rien diminuer. C'est donc pour nousmême que ces devoirs nous sont imposés, pour notre propre intérêt dans ce monde où nous ne pouvons être heureux qu'autant que Tordre y règne, et pour notre intérêt encore dans une autre vie , où nous ne pouvons espérer de parvenir à la récompense promise qu'en évitant le mal et en faisant le bien. C'est parce que Dieu nous aime, et, pour me servir de Texpression de saint Jean (i) , parce qu'il nous a aimés le premier, qu'il exige ces choses de nous. Avoir la paix avec Dieu est donc le plus grand de touji les biens ; c'est un bien , dit saint Paul , qui surpasse tout ce que l'on peut comprendre.
En effet, de la paix avecDieu dérivent deux autres paix sur lesquelles , comme sur deux bases solides, s'appuie l'édifice de tout notre bonheur. Ces deux paix , desquelles nous avons déjà paillé (*) ,
(i) I. ép. de caiat Jean , IV. lo. (*) V07. l'ëraDgile pour le nurdÂ
de Pflquef.
55S nrsnvcnoiif bvu i.K8 irtnEs
sent la paix avec les autres bamaies el la paix avec soi-même. On â là paix «^veo les autres lionunes quand on est en paix airec Dieu , parce qu'alors 9 fidèle au grand précepte de la charilé , loin de blesser personne, on se rend utUfi aux autres autant qu*on peut. Ce n^est pas que 9 joétne par cette conduite , on parvienne toujours à salîslaire ceux qu'on oblige et à obtenir leurs suffrages. Mais cette iujustioe de leur part ne trouble duK lement le repos de celui qui veut le bien , et qoi le fait avec des iuteutî0«s,pu9es. Pourquoi se dhagrînerait*il de leur nnauivais vouloir? Faut- il cesser d'être bon parce que les antres sont mécbans? faut-il ^ ravaler Jusqu'à eux et se mettre à leur niveau ? U était séseon^é à la religion chrétienne 4*él^er rbom9ie.à.Qe bout point de vertu » de hii faîte aimer même eoux quileur^font du mal, et c^est J^iW'Christ qui a dit le premier (i) : Aîmez vos ennemis 9 faites du bien à eeux qui vous hfiiïsse^t, pries pour ^oax, qui vous persécutent et qui vous ealomoieut. Quelle pbilosopUe atteignit jamais à ce haut point de sublimité ?
Alais qui^ls «ivautages pour nous-mêmes ne découlent^Us pas de oette deetrise! Songeons de quel repos , de quelle douce tranquillité doit jouir celui quip^utse rendre témoignage de n'avoir nui k, p^ecsonne 9 d'avoir au contraire fait tout le bien qui dépendait de lui; comparons cet ét^ à celui du méchant, deTbomme injuste, quand il descend au fond de son cœur. Une mauvaise conscience ,
(f) L»c, VI. »7.
cUt un ancien (i), est un {K>ids ia8upf>artalkle ; et cet aneie» n'était pas éelatré des lumières de TÉ-* vangilc. Quel fardeau doit donc être pour un chrétien une telle conscience ! Concluons d,e là que la paix avec Dieu est le preimer et le plus grand de tous les èiens , et ne négligeons rien pour acquérir un si préoieux trésor.
ÉVAIfÛILE.
Saint LtiC, ch. lY , r. 3f.
XrH €9 ^çtps-)^, Jéaas descendit à G«pbariMttm , qui ett une Tille de Galilée, où il les enseignait les jours da sabbat. Ct sa manière d'instruire les remplîiisait d'étonnemcnt , parce ^ue sa parole était accompagnée de puissance et d'autorité. Il y arait dans la synagogue un homme possédé d*un démon impur, qui jeta un grand orî en disant : Laîssec-nous. Qu'y fl^-t-îl de commun entre, tous et bous» Jésus de Naiarethf £te8-vous yçnu pour nous perdre ? Je sais qui tous êtes t Vous âtes le saint de Dieu. Mais Jésus, lui parlant a?ec menaces, lui dit : Tais- toi, et sors de cet homme. Et le diable , l'ayant jeté par terre devant tout le monde , «ortit de lui sans lui a^ir fiiit aueun mal. Alors tous furent frappés d'étonnément; ils se farlajeiit Tim & l'autre en disant : Qu'est-ce donc que ceci- f U commande avec autorité et avec puissance aux esprits impurs, et ib sortent aussitôt? Et sa réputation se répandit de tous côtés dans le pays d'alentour. Jésus, étant «orti de la synagogue , entra dans la maison de Simon , dont 1» èelle^nèfe- avait uBe- grosse Bêvre. Ils le prièrent pour elle ; et, étant debout auprès de la malade, il commanda à la fièrra de la quitter, et 1^ fièfrela quitta; et s'^taat le?ée aussitôt» elle les servait. Sur le soir, le soleil étant couché, tous ceux qui avaient des malades affligés de diverses maladies les lui amenaient; et, imposant les mains sur chacun d'eux, il les g«iérissatt. Les démons sortaient du eorp* de plusieurs v^criaot^
(i) Gicer. d« N«^ dMT.tlUhu 19*
56o IH8THVCnOV9 'fltA U8 iPtTBSS
en disant : Voaii étet le fils de Dieu; mai» il les menaçât , et les empêchait de dire qu'ils sUbsent qu'il était le Cbaist. Lorsqu'il fut jour, il sortit dehors, et s'en alla en on lieu désert, et tout le peuple vint le chercher jusqu'où il était ; et comme ils s'efforçaient de le reteDÎr, ne voulant point qu'il les quittât, il leur dit : Il faut que je prêche aussi aux autres Tilles l'éTangile du royaume de Dieu ; car c'est pour cela que j'ai été envoyé. Et il prêchait dans les synagogues de la Galilée. ««.^
Jbsvs était venu peur sauver les hommes , et sa mort devait les racheter ; mais il fallait que les hommes concourussent à leur salut, c*eit-àdire qu'ils crussent au Sauveur , et qu'ils enabrassâssent sa doctrine. Il fallait donc aussi qu'avant de consommer l'œuvre de la^ rédemption par ses souffrances et sa mort , il f tt connaître cette doctrine et la vérité de 'sa mission. C'est à cette (grande entreprise que Jésus s'applique aussitôt après son baptême. Jean l'y proclame celui qui doit venir (i), et qui avait été annoncé par les prophètes. Cette proclamation est accompagnée d'un miracle. Le Saint-Esprit descend visiblement sur le Sauveur, et une voix du ciel déclare qu'il est le fils de Dieu blen-aîmé ^ et dans lequel Dieu a mis toute sa complaisance (2).
C'est le premier témoignage rendu à la mission de Jésus.
Dès-lors^ accompagné de quelques disciples qu'il cWsit, il parcourt la Judée 9 entre dans les synagogues pour y prêcher et instruire» Il n'est pas toujours écouté ; mais la mauvaise vcdonté de
(0 Jean, I. «5 , 17. (n) UmUèu UL 17-
cetUL qtii refusent de l'ent»iidre ne le rebute point; tl porte à d'autres le bienfait de la parole. Ceux ie IN azareth, après avoir admiré ses discours pleins Tonction et de g^àoe, dans l'interprétation des Écritures (1)^ se rappelant que ce même Sauvenr \ vécu parmi eux dans une condition obscure , changent soudain ' de sentiment à son égard , etHe font sortir de leur ville. H se dérobe àittur-^moortement, et vient reprendre à Càphamaûài le oours de ses instniètidns. Sàparôle, diti^évan-^ éliste, y était accompagnée de Y>uissàno6 et d^auorité , c*est-à-diré «fu'il y confirmait £a vérité de la doctrine par des merveilles qui ne pouvaient aisser aucun doute ni sitfr elle ni sur lui ; il commandait aux esprits impurs , et ils lui obéissaient; Is étaient même forcés de reconnattre en lui lé -Èiînt de Dieu (2), et de rendre hommage à sâ nission divine; car quelquefois un^ pouvoir surm^urel force l'esprit du mensonge à servir d^organe 1 la vérité. Il était impossible que le bruit de ces 'rodigefl.ne se i-épandtt pas au loin. Ausjsi l?JÈjCriare remarque que 1» réputation du Saiavéiii< s'ér endait de tous côtés dans lés p^y^ d'alentour 7 d^attînt plus que ces choses se passaient dans les aylagogûes en présence des docteurs et des peuples assemblés. Voilà donc Jésus appuyant ses prédictions et 'les véritéH qu'il annonçait' d'un autre iénioîgnage auquelJl est impossible de. se refuser» du pot]Yt)lr par ^eq^l-ll opère des choiiCfi au-dessus defif f(jr<'ts kumaine». Ufaut ({u'ilisoit cequ!il se dit
^tre ) G*è9t^*d£re lé lik de Mea, puisqu'une voU eéleste fa prodamé tel» &t que d^un autre c^té lUeu |rend^téflno%iiage à sa parole > en permettant qo^eHe noU appuyée dVsmvreaqui ne peuvent c'ma- »er que de (a toute puissanoe. Ainsi la dlvîollé de jfésus*€bri8t et la vérité de sa dot^tripene peuvent plus être Tobiet d'aucune dtflBkniUé..
Ces Bswacles «^érés puMiqu^meot sorfl suivis Xvm ânira ipit» pour être fail dans i'întériettr d^une flMÛMs*, et avoir «noidfes d'éclat , u^en est pas moins eoUduant Jést^ entra dans le logis de Simon , cet s4iôti«dontîloiiaiigealeBoin,«tàquiil donna celui àt Piem* La belleHEiilM de Sinfon était attaquée d'une grosse fièvre et retenue dans son lit. Ceux qui étaient^ présens prièrent Jésus de la guérir. M fv'iq>prSoiie4*SeUe » et ordonne 4 la fièvre de ces* aer; la maladie obéit , et cette feoune recouvre aoMdain assez de force pour se lever et servir à AaUe Jësua^ qui s'y était assis pour prendre aon vepas«
Quoique ces esuvres merveilleuses ne s'opèrent |fhi8id'u«e manière viable 9 parce que cela B'*est -plus nécesseirey et que les vérité» de la religioa aont «ovéiiàes d'asaei de flaoti& de ^tédibilité p^or .^us aotre foi mit raisosinablOs ou serait dans Terreur ai on imagUiattque la uaainde Bieu a cessé d*a^ dans le même sens. LfiS esprits impurs ne sent plus chassés ostensîMement;. dliais le haptème dé* tliviv cektt -«piS le reçoit âè IV^nqpire du ^Ômoa; t aiais: la pénitence lave les s oo i li lufos du péché, et tous les sacire«iePB ont une efficace qui n*^^
ST LB8 iTÂHGII.S8« 36S^
pas moins 9 el moins utilement que ne le faisait la parole de Dieu. Si nous ne voyons pas de malades guéris aussi soudainement que le fût la belle-mère de Simon, ne sommes-nous pas quelquefois témoins, de cures oh il est diûicile de ne pas reconnaître le doigt de Dieu , agissant plus puissamment que les moyens naturels* Ah ! si Tact ion de Dieu échappe à notre vue dans la plupart des mo-* mens de la vie , G*est que nous n*y feisons pas attention; nous la verrions presque partout , si nous étions animés de plus de piété et de pli:^ de foi.
rW BU PEIMIHâ VOI.VIIIE.
^66- TIBLB DES INSTRUCTIONS.
Poar le dimanche de la Seiag^sime ' i4>
Pour le dimanche de la Quîoquagëaime . • 1 49
Pour le If dSmanehe de Carême. .•..«.....,.• ^ 1 56
Pour le II« dimanche de Carême i63
Ponr li^ III* dimanche de Carême. . 1 . . . . , ^ . 169
Pour le IV* dimanche de Carême. 176
Pour le dimaoche dé la Passion i83
Pour 1è dimanche des Rameaux 191
Sur la Passion de notre Seigneur Jésus .- Christ ,
!*• partie. i< ..*.«. .^ .^ 197
II* partie • 207
III*> p;irtie. -. . .-. . . .-. •. .-. v . « .-. •• ' 'S19
Pour le jour ^e Pâquea. 33S
Pour le lundi de Pâques a35
Pour le mardi de Pâques ' aii
Pour le moréredi de Pâques 34S
Pour fe Jèudî de Pâques a55
Pour le vendredi de Pâques '. 269
Pour le saoïedî de Pâques ' 268
Pour te 1^' diniaoche dans roctave de Pâques , dit de
Quasiiho'do ',,,.', 27$
Pour le II* didaanohe après Pâques 2K1
Pour te m* diitiahcbe après Pâques.' ,', .^ . . 287
Pour le IV* diAid'nche après Pâques '. 293
Pour le y* dimanche après Pâques. ./, 299
Pour le jour dêTAscensîon 3o4
Pour le dimanche dans i*octave de rAtceosion. .' 3i 1
pour le jour de la' Pentecôte i ' 3 16
Pour le' lundi dé la Pentecôte 1 .... . ' 322
pour fe mardi de la Pentecôte. 32^
Pour le mercredi de la Pentecôte (les Quatre-temps ]. 355
Pour le jbudî ' de la Pentecôte 34a
Pour le v^ddi'edi de la Pentecôte ^ 1 349
Pour k samedi c|e la Pentecôte 3S&
riV DB Là TIBLI OB LA FtEMIBAB PAKIIB.