FOUR LE JOUR DE LA SAINTE TRINITÉ
ÉPITRE
/, ép, de saint Jean, ch. V, v. i.
Alis trè8-oher0 frèref, quiconque croit que Jémt est le Christ, est né de Dieu ; et quiconque aime celui qui a en* gendre, aime celui quia été engendré. I9ou8 coonaissons que nous aimons les enfans de Dieu , quand nous aimons Dieu , et que nous gardons ses commandemens , parce que l'amour q«e nous avons pour Dieu consiste à garder ses commandemens ; et ses commandemens ne sont point pénibles : car tous ceux qui sont nés de Dieu sout viclorieux du monde ; et cotte ▼ictoire, par laquelle le monde est vaincu, est l'effet de notre foi. Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le fils de Dieu F C'est ce nîéme Jésus-Glirist qai est venu avec l'eau et avec le sang , non pas seulement avec l'eau, mais avec l'eau et avec le sang. Et c'est P£sprit ^ui rend témoignage que Jésus-Christ est la vérité ; car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel , le "Père, le Verbe, et le Saint-Esprit, et ces trois sOnt une môme chose. Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre, l'esprit, IVau 2, 1
d iHâTRUCfiom SUA LES bfIires
et le aang $ et ces trois sont une même chotfe. Si nou§ rcoavoùê le témoignage des hommes, celui de Dieu est plus grand. Or, c'est Dieu même qui a rendu témoignage de son fils. Celui qui croit au fils de Dieu a dans soi-même le témoignage de Dieu.
La vie du chrétien est une lutte continuelle (i). Il a à combattre Tennemi du salut, sans cesse occupé à le séduire , et rôdant continuellement , dit saint Pierre (a) > semblable à un lion qui cherche quelqu'un à dévorer. Il lui faut être toujours en garde contre ce- redoutable et astucieux: adversaire. Il lui faut dompter des penchans qui Pentratnent , réduire au silence mille désirs qui s'élèvent en son âme. Le plus souvent , il lui faut vivre au milieu du monde , et cependant le fuir , c'est-à-dire ne pas se conformer à ses manière^. 11 lui faut résister au torrent des mauvais exemples, et cependant les avoir à chaque instant sous les yeux. Qu'opposer à tant d'obstacles qui se trouvent sur la route du salut, et qu'il faut écarter ? L'épitre que nous venons de lire nous l'apprend : « Celui qui est victorieux du monde , y estil dit , est celui qui croit que Jésus- Christ est le fils de Dieu. » La foi est donc le véritable bouclier, Parme la plus sûre du chrétien ; avec la foi , il se défend ^ avec la foi , il attaque : c'est la foi qui lui obtient la victoire.
Mais que signifient ces paroles de PApôtre rapportées dans cette épttre ? « Jésus-Christ est venu avec l'eau, avec le sang, et c'est l'Esprit qui rend témoignage ? » £n y réfléchissaiit, nous verrons que
(g htb, V1I« I. (a) I ëp. de niât Peirre, r. 8.
BT LES BVAHGIUS. 5
TApètre , dans ce peu de mots , nous met sous les yeux tout ce que Jésus-Christ a fait pour nous. Il est venu avec Teau en instituant le- baptême y et en donnant à Peau qu'on y emploie la merveilleuse vertu de laver la souillure originelle , et de remettre tous les autres péchés , s'il arrive qu'on le reçoive après en avoir commis. Il est venu avec , le sang , en répandant le sien sur Parbre de la croix , pour nous racheter de la servitude du démon. Il est encore venu avec le sang , en faisant du sien , dans le sacrifice de l'eucharistie , une nourriture et un breuvage spirituels qui alimentent et fortifient notre âme. Enfin , par ces autres paroles , t TEsprit a rendu témoignage que Jésus- Christ est la vérité » , l'Apôtre rappelle à notre soavenir les différens témoignages rendus à Jésus- Christ par le Saint-Esprit : la première fois , lors de son baptême (i), quand le Saint-Esprit descendit sur loi sous la forme d'une colombe , et qu'on entendit du ciel ces mots : < C'eât mon fils bieiiaimé, en qui j'ai mis toutes mes affections. » La deuxième fois , lors de la transfiguration (i) ; lorsque d'une nuée brillante descendue du ciel il sortit unç voix qui dit: t Celui-ci est mon fils bien-aimé , et en qpi j'ai mis toute ma complaisance. La troisième fois y le jour de la Pentecôte , quand le Saint- Esprit descendit sur les disciples (5). Quel témoignage en effet plus éclatant était-il possible de rendre à Jésus que celui qui lui fut rendu dans cette
(i) Marc. , I. II. (3) AcUi^h ii ; U. 3.
(i) BIatlh.,.XVn.5. —
4 INST&VCTIOirS SUA LES EPITAES
occaMoii ? Jésus avait promis aux disciples qu'il leur enverrait le Saint-Esprit, et il descend sur eux d*uiie manière visible. Esprit consolateur) il dissipe leur affliction. Esprit de lumière , il les éclaire et leur donne l'intelligence des Écritures. Esprit de force f de faibles qu'ils étaient^ ils se sentent en un moment le cpurage de braver tous les périls pour confesser la doctrine de leur maître et attester sa résurrection. Qui pourrait se refuser à des preuves si convaincantes ? C'est Dieu même qui rend témoignage de son fils; et il est vrai de dire, comme le fait l'Âpôtre , que celui qui croit au fib de Dieu a en lui-même le témoignage de Dieu.
ÉVAISGlLfi.
Saint Matthieu, cb. XXYIII, v. i8.
Ën ce temps-là, Jésus dit à set disciples : Toute puinance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc» et instraivei teua les peuples > les baptisant au nom du Père , et du Fib, etdn SaiBt*Bspaît , et leur apprenant à observer toutes les ehoses que je vous ai commandées. Et assarea-vous que je serai toujours avec vous jusqu'à la fin du monde.
Cet évangile nous apprend trois grandes vérités qui importent également à notre instruction. La première , c'est que toute puissance a été donnée à Jésus-Christ sur la terre et dans le ciel. On ne peut ouvrir le nouveau Testament qu'on n'y trouve quelque preuve de cette grande puissance que le Christ lui-même s'attribue , et qui fait que tout genou doit fléchir devant lui sur la terre , dans le ciel et dans les enfers.
BT LES iVAHGILEfi. 5
Puissance sur les esprils infernaux : il chasse le démon du corps d'un homme muet (i) ; il guéril un autre démoniaque à qui il rend la parole et la vie (2) ; il guérit un enfant qui était horriblement tourmenté par Tesprit malin ;.îi chasse et envoie au fond de la mer une légion d^esprits immondes qui s'étaient emparés d« doux hommes et les rendaient furieux (3).
Puissance sur les maladies» Le ceaienîer • demande à Jésus la guérison de son serviteur dangereusement malade ; elle lui esjk accordée. Un officier vient le prier de venir chez lui , parce que son fils se meurt, c Allez» lui dit Jésus» votre fils se porte bien » ; et à l'heure même la fièvl^e avttt'qoîtté Tenfaut (4)* Le Sauveur guéril un hcmme parâljrti*que(5),etunefemmeaffligéed'uiieperted6saog(6)« Un autre paralytique , attaqué de cette maladie de* puis trente-huit ans» recouvre la santé et emporte son lit (7). Uu homme avait la main desséchée » une simple parole de Jésus lui en rend l'usage (8).
Puissance sur la mort : Jésus ressuscite la fille d'un chef de la synagogue» nommée Jalrt (9); il rend, au moment qu'on le portait en terre ^ la vie au fils de la veuve ^ Naim (10). Lazare» mort et enfermé dans le tombeau depuis trois jours» en sort vivant » quoique déjà la corruption s'em^ parât de son corps (1 1)* <-
(1) Matik. . IX. 3a , ». (6) Mare , V. 39.
(9) Marc , IX. 94 , 35. (7) Jean , V. s , 9.
(3) Ihid. VII. 34 . 35. (8) Marc , III. 4.
(4) Hatlh. , Vin. 5 , i3. - (9) Ibid, V. »a , 4» . 4«« Jean, V. 4? » 5?. (10) Luc, Vll.ti , i5.
(5) Jhid. 6. (11) Jean, XI. 44-
6 IXSTBVCriOllS StB LÏS ipiTEfiS
Puissance sur les élémens : Jésus, étant sur la mer deTibériade, commande à la tempête (i), et elle s'apaise. Au moment de sa mort , la nature pâlit, la terre tremble et se couvre de ténèbres , le soleil s'éclipse et les rochers se fendent (2).
Puissance enfin de remettre les péchés : il Texerce sur le paralytique (3) 9 sur la femme pécheresse (4)9 sur la plupart de ceux qu^î guérit ; il la communique à ses disciples, et par eux à rjgglise.
. L'autre vérité que nous apprend le même évangile, c'est que les apôtres, et en eux l'Église, ont reçu le pouvoir de l'enseignement : • Allez , leur dit Jésus, instruisez les nations, et baptisez-les (5). » Mais , si les apôtres et l'Église ont été chargés d'enseigner les peuples^ il suit, par une conséquepee nécessaire, que les peuples à leur tour sont obligés de les écouter et de recevoir d'eux l'enseignement ; et de là découle la nécessité de la docilité, de la part des fidèles, aux instructions des pasteurs , et surtout du respect pour les décisions 4e l'Église.
Enfin cet évangile établit une troîsièihe vérité non moins importante pour la certitude que Jésus daigue nous donner lui -même, qu'il sera avec l'Église jusqu'à la consommation des siècles (6) ; promesse qu'il avait dé|à faite à saint Pierre en lui disant : t Vous êtes Pierre , sur cette pierre fe
(i) Malth. , Vni. 16. (4) Luc , VII. 47.
(9) Ibid. XXVII. 61. -^ (5) Matili. , XXVXIÏ. 19.
Marc, XV. 33. (6) Jbid. ao.
(3) Jbid. II. S.
Ht les ivAIIGILBS, 9
b&lirài mon Église (i) 5 et les portes de Teufer ne prévaudront point contre elle ; » d*où l'on doit conclure que Jésus n^abandonnera jamais TÉglise » qu'il ne permettra jamais qu'elle enseigne Terreur. Révérons donc l'Église comme notre mère , croyons tout ce qu'elle croit, et ne croyons que ce qu'elle croit. £n nous tenant dans la limite qu'elle a naarquée , nous serons sûrs de ne jamais nous écarter de la voie de la vérité.