FOUE LE JOUR DU SAINT SACREMENT
ÉPITRB.
Saint Paul, J. t'p. aux Corint^. , ch. XI» ▼. aS.
JVl ■ s frères , c'est du Seigneur même qoe j'ai appris ce que je TOUS ai aussi enseigné, qui est que le Seigneur Jésus, la nuit même qu'il dcTait être livré i mort , prit du pain , et ayant rendu grâces^ le rompit, et dit à ses disciples : Prenes et mangez , ceci est mon corps , qui sera lirrë pour tous; faites eeci en mémoire de moi. 11 prit de même le calice après avoir soupe , en disant : Ce caKce est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous le boirez. Car, toutes les fois que vous mangerez oe pain et que vous boirez ce calice , vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne. C'est pourquoi quiconque mangera de ce pain, ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable du corps et du sang du Seigneur. Que l'homme donc s'éprouve soi-même, et qu'il mange ainsi de ce pain, et boive de ce calice. Car , quiconque en mange et en boit indignement, mange et boit sa propre condamnation^ ne faisant pas le discernement qu'il doit du corps du Seigneur.
(i)Matth.,XVI. i9.
8 IlilSTAIJGTIONS SUIL LES EPÎTBES
' L'ÉfÎTRE de ce jour nous offre , sur un des principaux mystères du christianisme , sur Teucharistie y des instructions d'autant plus sûres , qu'elles sont le fruit d'une révélation particulière ; car saint Paul qui nous les transmet 5 et qui dit les avoir apprises du Seigneur ^ n'avait point connu Jésus pendant sa vie mortelle. Ces instructions nous enseignent que c'est Jésus-Christ qui a institué ce sacrement y et que c*est la nuit même qui a pré* cédé le jour de sa passion qu'il a fait aux apôtres» et en eux à toute l'Église qu'ils représentaient ^ cet inestimable présent qu'il leur laisse comme héritage par un acte de sa divine volonté ; d'où vient que l'Apôtre (1) donne à une partie de l'eucharistie le nom de caiice du dernier Testament(*). L'Apôtre décrit ensuite toutes les circonstances qui précédèrent et accompagnèrent l'institution^ de ce grand mystère. Jésus prit du pain , il le rompit ^ il en donna à ses disciples en leur disant : « Prenez et mangez», et en prononçant ces paroles , ceci est mon corps. Par sa toutepuissance , et en vertu de ces paroles mystérieuses y il transforma en son corps le pain , nourriture naturelle de l'homme , pour en faire la nourriture spirituelle de son âme. Il prît ensuite du vin 5 le transforma en son sang , par la vertu de ces par<^es , eeei est mon sang , et voulut que ses disciples le bussent, leur ordonnant de renouveller cette cérémonie sainte en mémoire de lui ,
(i) I. Gorinth. , XI. 95.
(*) Expreuions traduites dans l'Évangile parcelle» de ntmt^eUt-aUiémce.
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et leur communiquant le pouvoir de tmuêl^raiielf aussi y par ces mêmes paroles^ le pain en aoa eorps^ et le vin en son sang ; ce qui s^observe f a eflbt tous les jours dans U célébratîou de la sainte nesta^ cil Jésus-Christ est ofiert à son père comme une victime toujours renaissante, non moins immolée sur Tautel, quoique le sacrifice ne soit point sanglant^ que le iils de Thomme lui-même ne le fut sur la croix.
Mais en même temps que Jésus-Christ noua ordonne de manger de ce pain et de boire de ce vin, devenus son corps et son sang , il nous avertit det dispositions dans lesquelles nous devons être en recevant ce sacrement ; car il opère également la vie et la mort : la vie , si nous en approchons dignement ^ c'est-à-dire après avoir détesté nos pé^ chés et en avoir reçu Tabsolution par le sacrement 4e pénitence : en un mot , après une sincère réconciliation avec Dieu. La mort 9 au contraire^ si nous nous y préseatons indignement avec mMi iblles passions dans le cœur et nos attacbemens criminels ; alors , pour me servir de TexpressioA de TApôtre ^ nous mangeons et buvons notre con^ damnation » nous nous rendons coupables du corps- et du sang de Jésus-Chrii^ty nous prof^i^uons la sainteté du mystère 9 nous outrageons la q»a^ >esté divine 9 nous crucifions de nouveau le Saur* veur 9 nous le traitons aussi cruellement que lVN»t fait k^s Juib. Enfin nous convertissons en poison mortel une nourritufei di; salut O vous qui ap^ prêchez dé ce sacrement redoutable, you& c\v&
lO lK8TRr<;TI0VS ftVft tfiS EPilRES
1 ApAtre, i Éprouvez-vous (i) , examinez- vous , et maiijg[ez de ce pain , buvez de ce vin dans de telles dispositions , qu'il devienne pour votre âme , non une nourriture de perdition^ mais un aliment de vie , de grâces et de salut. »
ÉVANGILE
^ Saint Jean, eh, VI , v. 56.
Ha née temps-là, Jéaus dît à la troupe des Jaifs : Ma chaîr est Tërilablcment viande ^ et mon »ang est véritablement breuvage. Celui qui mange ma obair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. Gomnae mon père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par mon pire, de même celui qui me mange vivra aussi par moi. C'est ici le pain qui est descendu du ciel. Ce n'est pas comme la manne que vos pères ont mangée, et qui ne les a pas empêchés de mourir. Gehiî qui mangera de 0e pain vivra étemellemenU
Cet évangile confirme la doctrine déjà exposée dans Pépttre de ce jour. Jésus y dit à la multitude rassemblée autour de lui pour Tenténdre que sachair est véritablement nouiTiture , et que son sang est véritablement breuvage (2) ; ce que réglise entend du pain et du vin eucharistiques. Il suit delà, par une conséquence nécessaire, qu'on ne peut détourner sans crime les paroles de Jésus-Christ, en se permettant de croire que son discours n'était qu'allégorique 9 comme l'enseignent quelques communions qui se sont séparées de l'église romaine, et ont substitué cette opîniop nouvelle au dogme cru de temps immémorial , et reçu par leurs pères.
(t) I. Cwiatb. , XI. tt8. (3) Jean , VI. $C.
KT LES iVAKGlUS. Il
JéttU^^Cbrist, en prenant le pain et le vin^ n*a pas dit : Ceci est la fi^re de mon corps et la figure de -mon sang. 11 a dit positivement, en parlant du pain : «€eci estiiion corps»; et en pariant du vin iceciest fnen sang. Il eût induit en enear cexix qui Técou* taient^si ces paroles eussent dû^tre entendues dans un autre sens que celui qu'elles présentent natU'' relleinent. Il faut donc croire, comme renseigne Véi^ke catlu^que > d'après rÉcrilure et une tradi-« tlonnoQ interrompue^ que» dans le sacrement de Tenebaristie le pain et le vin sont changés réellement et substantiellement au corps et au satig de noire Seigneur Jésus-Christ, quoique les es-^ pèces ou apparences .ne présentent à nos yeux qtié du .pain et du vin. En effet, s'il n'y avait dans reocbarigtie que du pain et du vin 9 comtnent lésus^Cbmt pourrait-il aire 1 comme il i*a fait , que ee pain- est descendu du ciel ( 1 ) ; que celui qui en mangeyivra par hii, comme lui-même (2) vit par son père; que ce pain est supérieur à la manne tombée dans le diésert miraculeusement ; que ce pain empêche de mourir; que celui qui en miinge vivra éternellement (^) ? Assurément, tous ces caractères ne peuvent convenir au pain ordinaire , et conviennent parfaitement au pain eucharistique, devenu le corps et le sang de Jésus- Christ. Il est donc dair que, le four de la cène, dans le sacrifice de la messe , le pain et le vin ont éprouvé et éprouvent tous les jours, parles paroles eucha-r
(0 Jean , VI. 33. (3) i&ûf. 49 et io.
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ristiques , une transiuutatioa admirable qui en change la nature , et lui communique le pouvoir (Vagir sur notre âme ^ de la nourrir spirituellement f d'y maintenir la vie et d'y fortifier la grâce.
Il est , au reste, d'autant plus important de faire attention aux principes établis et aux paroles dont se servent saint Jean et saint Paul dans l'épitre et l'évangile de ce jour, que c'est sur ces paroles que sont fondées , et toute l'économie du sacrement de l'euchariiitie, et la croyance de l'église catholique au sujet de cet ineffable naystère. Soyons fermes dans œtte foi , qui est celle de l'Église. Plaignons ceux de nos frères qui l'dnt perdue, et prions Dieu qu'ils la recouvrent. Oui , Jésus est vraiment présent sous les espèces eucharistiques après la consécration. Avec quel respect ne devons-nous pas nou» prosterner devant ce divin sacrement I et quel tribut d'ailoration ne mérite pas ce saint et ineow^ préhensible mystère I
FOtJB
Il !!• DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE.
ÉPITRE