‹ Manuel de bibliographie historique (volume 2)Chapitre 121 sur 186 · Ihid · texte numérisé non relu

Ihid

'2. Ihid., p. r.0'2.

7). Hcviip lie l'nn's, lô mai 1898, [). '247. Il ne puljlia ricii. du re.-le. Cf. citlessous. p. W.').

•400 LES ÉTUDES HISTORIQUES AU \lX-= SIÈCLE.

1855, î221 vol. in-4), des origines à 1216; la Patrologia grœca (Paris, 1857-1806, 166 vol. in-4), en grec et en latin, des origines à 1473 *. Elles ne représentent, du reste, que la moindre partie de celles que J.-P. Migne avait en vue : aux termes du prospectus général (aujourd'hui très rare) de l'Imprimerie du Petit-Montrouge, cet établissement devait publier la suite de la Patrologie latine depuis 1216 jusqu'au Concile de Trente sous le titre de Bibliotheca patrlst'ica med'ii œvL en cent volumes^; une nouvelle Collection de Conciles, aussi en cent volumes, etc. Mais rimprimeric fut brûlée en 1868. — Les deux « Patrologies » de Migne ont encore aujourd'hui une grande valeur, commerciale et pratique ^.

Plus récemment, des réimpressions et des rééditions améliorées de monuments de l'ancienne érudition ont été menées à bien par l'initiative privée : r<Umpressions des Historiens des Gaules et de la France^ du Gallia Cliristiana, de VHistoire littéraire, des Acta Sanctoriim (Palmé, Welter); rééditions du P. Anselme et de Du Change (Didot), de V Histoire générale de Languedoc des Bénédictins (Privât). Des Collections de textes « critiques » ont été, en outre, instaurées par de grandes Maisons dont elles sont, pour ainsi dire, le luxe : la Bibliothèque grecque et la Bibliothèque latine de Firmin-Didot, qui ont vieilli; la Collection d'éditions savantes des principaux classiques grecs, latins et étrangers (Hachette); et surtout Les grands écrivains de la France (Hachette), où ont pris place, avec les Œuvres du cardinal de Retz, la célèbre édition, par M. de Boislisle, des Mémoires de Saint-Simon (en cours de publication). Citons encore des Collections mineures, telles (|ue le Corpus scriptorum christianoruni orientalium (Poussielgue), le Hecueil des inscriptions juridiques grecques (Leroux), la Bibliothèque

1. Une clé bibliographique de La Patrologia fjnvca, par D. Scholarios, a été [tubliée à Athènes; cf, p. "i^O. — La liste alphabétique des auteurs publiés dans li!S deux Patrologies de Migne est partout, notamment dans le Cxuide Lo tlie clioicc nf classical hooks. Nctv Supplément (London, 1890} de J.-B. Mayor, p. 120 cl suiv.

2. Il n'a été publié que ({uelques volumes de cette Collection, par l'abbé llauroy. Cf. la Palrotogia syriaca, commencée par R. (iraHiii (chez Didot) « comme Complément des Patrologies grecque et latine de l'abbé Migne ».

3. V. Ilruiie iVhisloire et de tilléraiiire religieuses, I, p. 98.

française du moyen âge (Bouillon), le Recueil de voyages et de documents pour servir à l'histoire de la Géographie depuis le XIII'- ji(S(juà la fin du xvi'^ siècle (Leroux), la (Collection de contes et de chansons populaires (Leroux), les Monunienta Ecclesue lilurgica (l'icard), la Collection d'études et de documents sur l'histoire religieuse et littéraire du moyen âge et le Recueil annexe des Opuscules de critique Jiistorique (Fischbaclier). — Le fait que des ouvrages ou des documents du même genre aient été publiés ou non sous une rubrique commune, en série, n'a, d'ailleurs qu'une importance très secondaire : il y a une Bibliothèque littéraire de la Renaissance (Houillon), mais, fondi*e en 1898, elle ne compte ([u'un volume, tandis que les librairies Didot et Pion, entre autres, ont édité quantité de Mémoires des trois derniers siècles, sans avoir Ibndé expressément une (( Bibliothèque » ou une « Collection » de Mémoires.

il. — Les monographies originales, grâce auxquelles la science fait ses meilleures acquisitions, ont toujours été et sont éditées normalement par la Librairie, à l'exception de celles qui ont la chance de trouver asile dans les Recueils académiques ou dans les « Bibliothèques )) d'établissements officiels tels ([ue l'École des Hautes Etudes, les Ecoles d'Athènes et de Rome. Nous ne pouvons que renvoyer, pour cette catégorie capitale d'oeuvres, intermédiaires entre les livres pour le public et les instruments de travail à l'usage des érudits, aux énumérations de la Bibliographie française de Le Soudier'.

111. — Il faut signaler à part une dernière espèce d'instruments : les Manuels et les Répertoires destinés à présenter aux gens du métier, étudiants, maîtres et investigateurs libres, l'état de la science sur un ensemble de questions à un moment donné, avec preuves et références. Les travaux de ce genre étaient jadis très rares en France. A limitation de l'Allemagne, où l'on en fit dès le xvni^ siècle, et par suite de la renaissance de l'Enseignement supérieur, ils sont aujourd'hui nombreux et se succèdent très vite, comme il convient. Voici les principaux de ceux qui sont présen-

1. L'odilion ilo ceUc Bibliograpltic qui est cik-c ci-dessus au § G5 (p. 54) a été remplacée depuis par uue '2" éd., « considérahlemeut augmentée » (Paris, 1900, 10 volumes in-8;.

tcniont le plus ostinu's : Dictionnaire des aullquiles grecques et romaines, public sous la dirccliou de Cli. Darcoiberg et E. Saglio (Hachette); A. l^ouché-Leclercq, Manuel des institutions romaines (Hachette) ; P. -F. Girard, Manuel élémentaire de droit romain (A. Rousseau) ; E. Babelon, Traité des monnaies grecques et romaines (Leroux); Encyclopédie des sciences religieuses, publiée sous la directiou de F. Lichtenberger (Fiscbbacher) ; A. Luchaire, Manuel des institutions françaises. Période des Capétiens directs (Hachette); P. Yiollet, Histoire des institutions politiques et administratives de la France (L. Larose) ; M. Provi, Manuel de Paléographie (A. Picard); A. Giry, Manuel de Diplomatique (Hachette); {]. Enlart, Maiiuel d'archéologie française depuis les temps mérovingiens jusqu à la Renaissance (A. Picard); Dom F. Cabrol, Dictionnaire d\irchéologie chrétienne et de liturgie (Letouzey); A. Molinier, Les sources de Vhisloire de France (A. iPicard); A. Longnon, Atlas historique de la France (Hachette).

388 bis. — Il s'est crée', à la fiu du xix*^ siècle, un public non seulement i)our la littérature de vulgarisation historique, mais pour les travaux historiques d'un caractère technique. Aucun indice de ce phénomène n'est plus sur ({ue la multiplication des Revues ou publications périodiques qui sont exclusivement consacrées à des travaux de ce genre et qui, n'étant pas soutenues par l'État ou subventionnées par des associations, sont en vérité des entreprises commerciales.

Les Recueils de Miscellanea, tels que les Archives curieuses 'de Cimber et Danjou (p. 599), ont rencontré, dès le commencement du siècle, la concurrence de recueils similaires, mais périodiques, comme la Revue rétrospective ou Bibliothèque historique de J. Taschereau ' .

Ces recueils périodiques se sont surtout multipliés depuis trente

1. Revue rétrospective, ou Bibliothèque hislorique contenant des ynénwircs et documents authentiques cl originaux, pour servir à l'histoire proprement dite, à la biof/raphie, à t histoire de la littérature et des arts (Paris, 1855- 1858, 20 vol. in-8). Cf. A. Franklin, o. c., p. 384. — Seconde série, par P. CoUin, avec le sous-liU-e : Recueil de pièces intéressantes..., de 1884 à 1894. — Troisième série, par le même, depuis 1894.

ans ; et il s'en crée encoiv de nouveaux, pour explorer des sections de plus en ])Ius restreintes du domaine des sciences historiques et philoloiii((ues. — Dans la liste elassifiée, qui suit, des principales revues d'histoire éditées en France, le titre des puhlications mortes est j)récédé d'une croix (f). — Nous distini^uerons, comme plus haut, les publications qui s'occupent de l'ensemble, d'une section chronologiciue ou d'une branche définie de l'histoire générale.

A. — Les revues historiques qui embrassent le domaine entier de l'histoire universelle sont la Revue des questions historiques {ISQQ), catholi(|ue ; la Revue historique (i^lQ) ; la Revue de synthèse historique (\^00).

B. — Les revues spéciales pour l'ensemble ou des parties de l'histoire ancienne (orientale et classique) sont : la Revue de philologie, de littérature, et dliistoire ancienne (Nouvelle série, 1877); la Revue sémitique d'épigraphie et dliistoire ancienne (1895); la Revue égyptologique (1880); la Revue (Vassyriotogie et d'archéologie orientale (1884).

C. — Une revue s'intéresse exclusivement à l'histoire du moven âge : Le Moyen âge (1888); une autre à l'histoire de la Renaissance : Revue de la Renaissance (1901).

D. — Ont été fondées pour publier des inventaires, des documents et des commentaires de documents relatifs pour la plupart à l'histoire du moyen âge et à l'histoire moderne : le j Cabinet historique (IShb-'f^'ô) ; la 7 Revue des documents historiques {\d>lZ-ld); la Correspondance historique et archéologique (1894); le Carnet historique et littéraire (1898), qui est devenu le Carnet (1902); la Revue des bibliothèques (1891); le Bibliographe moderne (1897).

Vj. — Revues spéciales pour l'étude des diverses philologies, autres (jue les [)hilologies orientales et classiques : Revue celtique (1870); Romania {i>^12); Revue de philologie française et de littérature (1887).

Il n'existe qu'une seule Revue spéciale d'histoire étrangère : Revue hispanique, recueil consacré à Cétude des Uniques, des littératures et de lliistoire des pays castillans, catalans et portugais (i^^lï) .

F. — Se placent à des points de vue spéciaux :

Y Les Lettres chrétiennes (1880-82); la Revue <l' histoire et de littérature reli()ienses(\^^^^); \i\ Revue de t" Orient chrétien (1896);

La Revue archéotogique (1844); hi Revue numismatique (\>^7}^)); la Gazette numiswMtique française (1897); la f Gazette archéologique (1875-89); la Gazette des Beaux-Arts (1859); la Revue d'histoire nobiliaire et d archéologie héraldique (1882) ;

La Nouvelle revue historique de droit français et étranger (1877);

Le Spectateur militaire (1826) ;

jMétusine (1878-1901), revue de « mythologie, littérature populaire, traditions et usages » ;

La Revue musicale, publication mensuelle dliistoire... musicale

G. — L'immense majorité des Revues françaises d'histoire locale

sont puhliées par des Sociétés (^ 382). Mais quelques-unes le sont dans les mêmes conditions que les précédentes, comme la Revue du Dauphiné (1894), la Revue historique de Provence (1901), la Revue d'histoire de Lyon (1902), etc. i.

389. — « Pour achever le tableau du mouvement des études historiques en France, il faudrait maintenant indiquer quels sont les caractères généraux de la science historique dans ce pays, ({uels sont les domaines les plus explorés, quels sont les plus négligés, (juel esprit anime et dirige les historiens dans leurs investigations » ^. Mais tout ce que l'on peut dire là-dessus qui soit à la fois très général et exact se réduit aux conclusions qui se dégagent d'elles-mêmes des faits exposés dans le présent chapitre. C'est depuis 1870 environ que les sciences historiques et philologiques ont été surtout cultivées en France, conformément aux méthodes que rAllemagne avait, pendant la période précédente, pratiquées avec succès; et,

1. La plupart de ces Revues d'iiisloirc locale étaient d(''i)ouillées, avec les publications similaires des Sociétés savantes, dans le Réperloirr des principates Hevucs françaifies de D. Jordell (ci-dessus, § 06). Ce Répertoire a malheureusement cessé de paraître en 11)02.

2. G. Monod, dans la Revue int. de V Enseignement, 1889, II, p. 597.

depuis"! 870, [(^mouvement a toujours i'iv on se régularisant, en sélar^iissant, en s'accentuant. Il n"a jamais été plus puissant qu'aujourd'hui (ce qui est dû en partie à la résurrection des Universités), comme l'attestent l'accroissement continu du iioml)re des Sociétés savantes (non locales) et l'activité de la Librairie. La curiosité scientifKiue qui, pendant la première partie du siècle, s'était appliquée principalement aux anti({uités orientales et à l'antiquité grecque, à l'histoire nationale du moyen âge et à l'histoire locale, s'est étendue dans le tenqts et dans l'espace. Cepiiidant l'occasion a été manquée de faire de notre ]>;»ys, le premier des pays latins, le centre des études relatives à ranli(|uité romaine ; et l'on commence seulement à suivre chez nous l'exemple de l'Allemagne qui a des travailleurs dans tous les domaines de l'érudition : on a commencé à s'intéresser [)ratiquement et utilement, en France, à l'histoire d'Italie (surtout grâce à l'Lcole de Home), d'Fspîigne et d'Angleterre; mais, dans ([uelques spécialités très importantes — la philologie et les antiquités germani(jues, par exemple, — la production française est encore presque insignifiante au regard de la production totale.

C'est à des spécialistes ({u'il appartiendrait de dresser, ])our chaque spécialité, le bilan de la production irançaise et d'en marquer la place dans l'ensemble de la production internationale au xix^ siècle'. Ce travail a été fait, pour la période comprise entre 1858 et 1868 environ, dans une série de Rapports officiels^; pour les études grec- «jues jusqu'en 1885'': pour les études byzantines jusqu'en 1899*; pour les études d'archéologie américaine jus(ju'à j)résent"^; et, pour

1. L'opuscule ^'tnéral tic Cli. Louandre, Les éludes historiques dej)îiis la (juerre (Paris, 1877. Exlr. de la Revue des Deux Mondes) est sans valeur.

2. liecueil de Rapports sur l'état des lettres et les progrès des sciences en Fraiice. Publication faite sous les auspices du Ministère de l'Instruction publique. — Sciences historiques et philolof/iques Paris. 1808, 'i vol. in-8 . lUipporls sur les éludes relatives à l'Egypte et à l'Orient, à la langue et à la littérature grecques, aux lettres latines et à l'histoire romaine, à l'histoire du moyen Age, à la langue et à la littérature du moyen âge, à la philologie celtique, a la lumiismaliijue gauloise et l'rançaise.

ô. C.lavcl. L'hellénisme en France depuis JSiO [Lyon. 188'2, in-8). i. Ch. Diehl, Les études byzantines en France, dans la Revue encyclopédique du 11 mars 1890.

5. L. Lejcal. dans la Revue int. de l' Enseignement . l!>0"). 1, pp. i81-5i"i.

plusieurs parties de Fliisloire de France, dans les « revues générales )) ou (( inventaires du travail historique l'ait et à faire )) que publie, depuis 1900, la Revue de sijnthèse Imlorique^ . Deux monographies composées à ce })oint de vue doivent être indiijuées à part : La question biblique chez les catholiques de France au xix^ siècle (2" éd., Paris, 1905), où M. A. lloutin a l'ait très exactement l'historique de la participation de l'église et des catholiques de France à l'étude des antiquités judéo-chiétiennes avant et depuis Renan-; et L'état actuel des éludes d'histoire moderne en France (Paris, 1902), par MM. P. Caron et Ph. Sagnac^

1. Voir notamment : LilLératme française, époque moderne (G. Lanson, l. I" [1900]); L'art du moyen âge en France (E. Malc, t. II); Histoire politique de la France au xiv" et au w^ siècles (Cli. Pctit-Dulaillis, t. IVj; France, XVI'' siècle (II. Ilauscr, t. V): France, xvii'= et wnx" siècles (11. Séc, t. VI); P. Boissonnadc, Les éludes relatives à l'histoire économique de la France au moyen âge. Leur état actuel (Tirage à part, 1005). — La Revue a commencé en avril 1903 la publication d'une série de monographies sur ]"liistori(|ue et letat des études relatives à l'Iiistoire des anciennes provinces de France. La première (t. YI, 2 et 5), par L. Barrau-Diliigo, est consacrée à la Gascogne.

2. Cf. du même auteur, La controverse de Vapostoliciié des églises de France au xix'^ siècle (5« éd., Paris, 1903).

3. « Rapport primitivement destiné au Congrès intei'iiational des sciences historiques qui devait se tenir à Rome en avril 1902 (p. 3) » et qui ne s'est tenu en effet que l'année suivante. — La Revue dliistoire moderne et contemporaine, à laquelle collaborent MM. Caron et Sagnac, a entre])ris, de son côté, la pul)lication de « revues générales » qui ont le même caractère i\\\o. celles de la Revue de synthèse historique. Ont paru : L'Iiistoire économique de la France de 1683 il 1714. Essai de bibliographie critique [Vh. Sagnac, t. \S) ', U histoire des arts industriels en France du xw" au xix" siècle (J.-J. Marquet de Yasselot, t. IV); Le règne de François /^^ État des travaux et questions à traiter (V.-L. Rourrilly," l. IV).

CllAlMTiii: III

ALLl<MAGi\E AITRICIIE ET SUISSE ALLEMANDES

390. — L'histoire des pays allemands explique que les recherches historiques n'y soient pas officiellement organisées tout à fait comme dans ceux dont l'unité est ancienne; consohdée, et qui n'ont pas adopté le système fédéral. 11 n'y a pas, en Allemagne, une adminis- Iration d'Empire (|ui ait la haute main sur les archives, les hihliothèques et les musées des divers États de l'Empire. 11 n'y a pas à fierlin un « Comité )) chargé de diriger et d'exécuter les travaux et les puhlications historiques et scientifiques dont l'Etat allemand fait les frais. Chacun des Etals allemands jouit de l'autonomie en ces matières et dispense ses libéralités suivant la méthode qui lui plaît.

Cependant les Gouvernements impériaux d'Allemagne et d'Autriche et le Gouvernement de la Suisse se sont chargés de quelques entreprises historiques d'intérêt général, et la fraternité des peuples allemands se traduit notamment par le fait que les deux premiers de ces Gouvernements encouragent financièrement l'œuvre célèbre des Monumenta Germaniœ historica. — C'est de ces entreprises communes aux deux grandes nations allemandes, ou fédérales, qu'il convient de parler d'abord.

391. — h'\ns\.ork[ue des Mominienta Germaniœ hislorica, dcpim 1818 jusqu'à nos jours, a été souvent exposé*.

Le professeur Dïmige, de Karlsruhe, publia en mai 1818 un manii'este (( au public savant d'Allemagne )),sous ce litre : Ankundigung

1. Rcnsci^'iiomciils bibliograpliiquos dans E. Boniliciin, Lrhrbuch <lcr liislorlscheii Mclhocle {ô" éd., 1905), p. ^258. Voirsurlout W. Walteiibacli, Deulschlands CicschiclilsqucUcn Im Millelaltcr, I, p. 17, cl E. Diieminlcr, dans bn iieucii lleich, II (187«ri, p. '201.

ciner Gesammtaiisgahe de)- besten QueUenschriftsleller deiUscher Geschichten des Mittelalters. Après avoir passé en revue les tentatives faites depuis IJeatus Rhenauus, c'est-à-dire depuis trois siècles, j)our réunir les sources historiograplii(|ues de Thisloire de l'Allemagne en un seul corps (dix-neuf Recueils, dont huit au x\i^ siècle, cinq au xvii^', six au xviii^), Diimge se demande la cause de tant d'échecs. C'est, dit-il (p. ii), l'ahsence de soutiens convenahles (der Manqel hôherer, entsprcchender Unterstiitzuiiy). Nous n'avons jamais eu en Allemagne un cercle savant comme celui de Saint- Maur, dont les memhres, délivrés de soucis matériels, en possession de tous les instruments de travail scientifique, et en relations, sous les auspices de la couronne, avec les archives, les bibliollièques et les érudits du royaume et de l'étranger, fussent en outre dispensés par une foule de collaborateurs expérimentés des besognes mécaniques qui dévorent ordinairement le temps et les forces des éditeurs de textes. Dûmge exprime son admiration pour l'outillage l'rançais, ])Our le gouvernement français. Les représentants de l'Etat sont, à son avis, moins éclairés en Allemagne qu'en France : (( Es gab und giebt noch jetzt in Deutschland Staatsbeamte, ^velche AYissenschaft sogar verfolgen und anfeinden von ganzem Herzen ! »

Un homme d'État, celui-là même qui contribua si puissanmient à restaurer la force de la Prusse après les désastres infligés à ce pays par Napoléon, Charles, baron de Stein, ministre de Frédéric-Guillaume 11, prit à son compte la })ensée (( patrioti(|ue » des érudits dont Dïmige était l'organe. D'une part, il voulait « faciliter l'étude approfondie de l'histoire allemande et contribuer par là à maintenir chez les Allemands l'amour de la patrie commune » ; d'autre part, il estimait, lui aussi, que « l'aide du Gouvernement était indispensable à cette œuvre trop vaste pour des particuliers'. » Grâce à lui fut iondée à Francfort, le 20 janvier 1819, la Geselhchaft fur altère devtsche Geschichtskunde, à la(juelle s'intéressèrent tout de suite de hauts fonctionnaires de plusieurs États allemands. La devise significative de la Société était : « Sanctus amor patriœ dat animum w.

1. Voir la Corrcspomlancc de Sleiu à ce sujcl, dans Scclcy, Life of Stein, III. j). 415 et suiv.

ALLE MA G ni:, AUTRICHE ET SUISSE. 400

(l'est ainsi que Stein, le proto-Bismarck, donna le branle, pour sa part, à cette grande école historique allemande dans laquelle la politique des Ilohenzollern a toujours trouvé, par la suite, le plus solide appui.

La Geselhc/idft (nv ilUeve deutscJie Geschic/ihLunde rencontra d'abord deux sortes d'obstacles. Kn premier lieu, l'hostilité que suscitait dans certains milieux politiques son caractère pangcrmanique : au début, l'Autriche interdit à ses ressortissants de s'associer à cette œuvre « révolutionnaire ». En second lieu les dinicultés ([ui tenaient à la nature des choses et auxquelles s'étaient heurtés les auteurs de tous les IlecUeils antérieurs du même genre : les j)remiers volumes de YArc/iiv (1er GeselUchaft fur altère deutsclie Geschichtskunde, l'organe ])ériodique qui fut fondé dès'i820 pour publier les travaux pré}>araloires de l'entreprise, sont pleins de projets et de dissertations sur le plan et la procédure à ado])ter. — Mais la méfiance des politiciens s'atténua bientôt : aux ])remiers Etats allemands qui avaient <lonnc d'abord des témoignages de bienveillance, la Prusse et Bade, se joignirent successivement la Bavière (J821) et même l'Autriche (187)4). La Société reçoit mainlenant des subventions du Beichstag de l'Empire allemand et du Ik'ichsrath autrichien. — Les dilïicultés (pii tiennent à la nature des choses ont longtemps causé plus d'embarras.

Le but de la Collection, tel qu'il est exposé dans le manifeste de Diimge, était de « mettre à la disposition des historiens toutes les sources historiographiques de l'histoire d'Allemagne au moyen âge, dans des éditions correctes, qui annulassent les précédentes, en distinguant dans clnujue ouvrage les parties originales et ce qui provient de sources antérieures ». La Collection devait comprendre « non seulement les historiographes proprement dits, mais encore des biographies et les Becueils de lettres les plus considérables (Wibald (le Corvey, Pierre des Vignes). » Des chroniques locales ou étrangères lin ne devait publier que des extraits : ce qui en était relatif à l'histoire générale de l'Allemagne. Le tout, en 20 volumes gr. in-4.

C'est seulement en 18!24 que le plan de la Collection fut définitivement arrêté. L'homme qui réussit à l'imposer fut un des premiers collaborateurs de l'œuvre, C.-IL Pertz, hanovrien, élève de Heeren,

ilO

(|ue la confiance de Stein, autant ([ue sa supériorité personnelle, avait mis bientôt hors de pair, l.es Monumenla Germaniœ hisiorica seraient répartis en cinq sections, et suivant Tordre chronologique à l'intérieur de cha([ue section : I. Geschichtsschreiber (Scriptores); II. Gesetze [Leges], avec les livres de droit allemands tels (|ue le Sachscnspiegel et le SchAvahenspiegel, et les « Rechte der stâdlischen Oberhofe » ; III. Irkunden {Diplomata reguni et imperatorum romanonim); l\. Briefe (Eplsiolœ); V. Alterthiimer (AntiquUafes), c est-à-dire documents divers, tels que des Libri Tradllioninn, des Nécrologes et des poèmes plus ou moins intéressants pour l'histoire.

Le premier volume (in-ibl.) parut en 1826; il appartient à la section I et contient les Annales carolingiennes, documents dont la criti(|ue présente (et surtout présentait alors) des difficultés exceptionnelles. Le Rapport soumis à la Société à la fin de l'année 1850' constate l'achèvement de deux volumes des Scriptores. Il ajoute (p. 5) : « Le reste suivra à bref délai. Toute la seconde Section, depuis les anciennes lois des peuples germaniques jusqu'aux Stadtrechte du xiv<î siècle, sera imprimée, selon toute vraisemblance, d'ici à deux ou trois ans. On a recueilli les matériaux de })lusieurs volumes pour la Section IV. Le D' Bôlimer travaille à la Section lll. Et le t. L' des Aritiqiiitates a été mis sur le chantier l'année dernière... )) En résumé, a il faut encore cincj mille thalers par an, pendant dix ans au moins, pour assurer la terminaison de l'ouvrage » (p. 25).

Ces espérances et ces promesses de 1850 étaient beaucoup trop optimistes, comme l'événement l'a montré. Quarante ans plus tard, G. H. Pertz exerçait encore sur l'entreprise un pouvoir autocratique; mais deux Sections seulement étaient commencées : il y avait 21 volumes de Scriptores et 4 vol. de Leges; on en était à peine à imprimer un premier (et très médiocre) volume de Diplomata^. Pendant

1. Bericlil der Grsellschafl fur âllere (tcidschc (jeschichlskundc iiher dru Stand ilirer Arbeiten am Schliissc des Ja/u^es 1850. S. L n. d. — La Cliioiiiquc annuelle des travaux de L'i Société se trouve dans sa publication périodique précitée, VArchiv der Geseltscliafi ... Depuis 1870, un Rapport annuel est présente aussi par le président de la Cenlraldircktion à l'Académie <les Sciences de Berlin et inséré dans ses Silz-ungsbericlile .

'2. En outre, la Collection de VArchiv, publiée sans périodicité régulière; se composait de 12 volumes (1874.)

ALLEMAGNE. AUTRICHE ET SlISSE. 411

ce laps de temps, les libéralités piibli(|iies n'avaient fait qu'augmenter, mais le chef avait vieilli ; deux des meilleurs ouvriers de la première heure, J. V. Bohmer et IMi. Jîiiïé, s'étaient séparés delà Société pour publier à part, l'un ses Heçjesla chronologico-diplomatica Karolorinn, reguni (itque iniperalorum romanorum [de 752 à 1547] (TrankAirt a. M., 18Ô1-Ô9)* et ses F on le s reruni germanicarum (Stuttgart, I8io-1808, 4 vol. in-8), l'autre ses Regesla poniificum romanorum a condita Eccleala ad anmnn 1198 (Berlin, 1851 i^ et sa Bibl'iotheca rerum germanicarum (Berolini, 1864-1873, 6 vol. in-8); le personnel des collaborateurs avait été renouvelé plusieurs lois, trop souvent; et il était devenu évident que la direction etïective des travaux de la Société constituait une charge excessive pour un seul. Après la guerre, le nouvel Empire allemand ayant adopté l'œuvre languissante, prit les mesures nécessaires pour en augmenter la vitalité. Pertz (y J876j se retira. Le dernier représentant de la première génération de ses collaborateurs'', (jui avait contribué pendant longtemps, plus que personne, à l'honorable continuation de la Section des Scrii)tores, l'illustre G. Waitz, le remplaça. En même temps (janvier 1875), la Société reçut de nouveaux Statuts. C'est par le texte de ces Statuts (jue commence le tome I'' (1870) de la seconde série de sa publication périodique, désormais annuelle et désignée sous le nom de Neues Archiv der GeselUchajt fur altère deutsche Geschiclitskunde *.

La conduite de l'entreprise est confiée depuis 1875 à un Conseil de Direction oîi siègent un certain nombre de membres de l'Académie des Sciences de Berlin (^ 5&6j et dont le président a été, depuis

1. J..I. JJoliiTior a repris plus tant, lui-même, la période 1198-1515 : Regesia Imperii... SluUg-arl, l^!44-49;. — Luc ti" édition des Itegcsla de Bcilimer est en cours d« publication depuis 1881 chez ^VaJ^ller, à Inushruck, par les soins de E. Mùhiljaclior (751-918), E. von Ullenthal (919-1024), J. Licker (1198-1272), O.Redlich (1275-1515), A. lluber (1547-1578).

2. Les Hegesla de Jalfé ont été aussi réédités et continues (ci-dessus, p. 87.)

5. Un des premiers travaux de G. Waitz avait été un compte rendu critique très étendu des lomes I et il des Scriplores dans les Jalirbûcher fin- iiisscnsckafllic/ie Krilik, 1857. p. 09i-751.

4. Voir Ij. Maltalli, Dci ^loiiumcnla Germanise Instorica a pvoposilo ciel loro nuovo ordiiuimenlo (Lirenze, 1877).

la mort de Waitz (1888), E. Diimniler (f 1907)). Cinq sections, comme par le passé; mais chacune est placée maintenant sous l'autorité d'un directeur responsable et coni[)orle des sous-sections, à chacune desquelles est attaché un personnel spéciaP. L'in-i, l'ormat élégant et commode, a été substitué à l'encombrant in-folio, si ce n'est pour la continuation de l'ancienne ou première série des Scriptores-. Enfin il a été décidé de refaire tout ce qui, dans les puhhcations de la Société parues entre 1826 et 1^75, serait considéré comme insuffisant^. — Le travail exécuté depuis vingt-sept ans, dans ces conditions et d'après ce programme, l'a été avec une rapidité et une régularité extraordinaires.

Une sous-section des Scriptores, qui est en vérité une section complémentaire, celle des Aucfores antiquissimi, est entièrement terminée depuis 1899. -^ Plusieurs autres sous-sections des Scriptores (2« série, in-4) ont e'té mises en train ; Scriptores rerum langobardicariim et italicanim, Scriptores rerum merovingicarum, Deutsche Chroniken (Scriptores qui vernacula lingua usi sunl), Lihelti de tite imperatorum et pontificum sivculis XI et XH conscripti. — Cinq sous-sections des Leges sont plus ou moins avancées : Leges nationum germanicarum , Capitularia reginn Francorum, Concilia {\y Concilia œvimerovingici), Constitutiones et acta puhlica imperatorum et regum (inde ah anno DCCCCXl), FortnuUe merovingici et karolini œvi. — On a commencé la publication des DiPLOMATA REGUM ET LMPERATORiM Germame à partir de

1. G. Waitz se réserva la direction personnelle des Scriptores et (provisoirement) celle des Leges. Mais il abandonna à Th. Monnnsen la direction dune sonssection des Scriptores, celle des Aucfores anticpdssimi. (|nc l'on pent considérer comme l'orniaiit, à elle seule, une sixième section.

2. Le t. XXVI de la première série des Scriptores (in-fol.), qui contient dis extraits « Ex rerum francogallicarum scriploribus «, est de 1882; le t. XXIX de 189'2.

5. L'organisation matérielle et les ressources (inaiicièrcs de l'entreprise sont décrites en détail dans une lettre de M. Dùmmler à M. J. Fraiddin Jamcson (Jameson, The e.rpenditiires of foreign Govcrnments in beJialf of liislorij [Washington, 1892], p. 48). La Société emploie des collaborateurs attitrés qni n'ont pas d'autres Ibnctions et des collaborateurs occasionnels. Les éditeurs de l;i Société (llahn à Hanovre et AVeidmann à Berlin) se chargent des frais d'impression.

ALLEMAGM:, ArTIUCHE ET SUSSE. ilô

Conrad I'-'. — La section des Epistol.e comprend déjà, outre le recueil des lettres du pape Grégoire I^', des Epistolœ merovingici et karolini œvi et des Epistolœ ScTculi XIII e vegestis pontificiim romanonim selecfœ; et celle des A.ntiqlitatks, entre autres choses, les amorces de deux grands Recueils : Poetœ latinl niedii œvi (t. I-III, l*oetce latini œvi çarolini), \ecrologia Germaniœ. — Il existe un excellent Index général des publications de la Société des }Ionumeiita']\m\\ili\A date de 1890 par 0. Ilolder-Egger et K. Zeumer, Indices eonim qiiœ Monnmentorum Germaniœ historicorum tamis liucusque editis conlinentur (Berolini, 1890, in-4j.

Deux publications accessoires de la Société des Monumenia Germaniœ historica datent du principal de Pertz : 1" les Scriptores rerum germanicarum in usiim scholnriim ex « Monunientis Germanin' historicis » recnsi, dont les premiers volumes ne contiennent que des réimpressions d'éditions parues dans les Scriptores, sans appareil critique, mais oii Ion a inséré depuis des éditions et des textes nouveaux avec l'appareil ordinaire ; 2" Die Geschichtsschreiber der deutsc/ien Vorzeit in deiitscher Bearheitiing (depuis 1849). En principe, l'utilité des traductions de textes du moyen âge est certaine, même [tour les érudits, que la nécessité de traduire force à préciser le sens des passages douteux, mais M. Wattenbach, qui fut chargé en 1878 de diriger cette partie de l'entrejirise, en a jugé sévèrement l'exécution' et elle n'est pas poursuivie avec ardeur.

Deux traits principaux, a dit M. Wattenbach, caractérisent les grandes publications de la Société des Monumenta : les textes du moyen âge y sont étaljlis avec le même degré de perfection que les textes de l'antiquité classique l'ont été depuis Lachmann; et on a critiqué les textes publiés avec le plus grand soin au point de vue de leur provenance et de leur sincérité ^ Le fait est que presque toutes les éditions des Monumenta, préparées par une élite de travailleurs dont l'information et l'habileté technique ne laissent rien à désirer, sont très bonnes. Les critiques dont l'entreprise a été l'objet

Page 1