V. WaUenbach, u. c, p
2. Les passages empiunlés par les chroniqueurs à des sources antérieures sont distingués des passages originaux (ou dont la source est inconnue] par un artifice typographi^iue [durcli Pelitdruck] à partir du tome IV des Scriptores in-folio.
414 LES ETUDES HISTORIQUES Ai: MX^ SIÈCLE.
depuis la réforme de 1875 sont d'un autre ordre ^ — Elles portent sur le plan. Le but (|ue les fondateurs de la Société croyaient si proche (olîrir tontes les sources de Thistoire nationale de 500 à 1500) est aujourd'hui reculé dans un lointain indéfini. Il est même plus que probable qu'on ne l'atteindra jamais. Pour deux raisons : parce ({ue la Société a dû renoncer à comprendre dans sa Collection des textes très importants (jui lui appartenaient en principe; parce qu'elle est continuellement tentée d'y insérer des textes qui n'auraient pas dii lui appartenir. — Les observations faites par Th. Mommsen lors de Tachèvement de la Section (surajoutée au plan primitif) des Aiiclores aniiquissimi, (pi'il a si brillamment dirigée-, valent pour la Collection tout entière. On a renoncé à faire figurer dans la Section des Auctores antiqnissimi tous les anciens auteurs dont les œuvres sont utiles pour la connaissance de la Germanie primitive : ceux dont il existait déjà des éditions satisfaisantes (et c'était le cas des principaux, Tacite, Ammien-Marcellin) ont été exclus; on s'est attaché, au contraire, à réunir les petits textes annalistiques, rares el difficiles, « dont l'élaboration aurait été presque impossible sans les ressources d'une institution comme la nôtre ». En revanche, les chroniques publiées (Salvien, Symmaque, etc.) l'ont été in extenso, même lorsqu'elles n'intéressaient qu'incidemment et indirectement l'histoire de la Germanie : « Le système des extraits, étant une marque d'indigence, ne convient pas à des entreprises comme la nôtre ». — De même, il était inévitable que la Société abandonnât la publication des documents allemands de l'histoire allemande au moyen âge dont d'autres corps savants, comme la Commission historique de l'Académie de Munich, se sont emparés (Chroniken der deutschen Stàdte, Deutsche Relchstagsakten, etc.), tandis que l'insuffisance des Collections étrangères, analogues à la sienne, l'obligeait, pour ainsi dire, à s'occuper des écrits non allemands du moyen âge, en nombre énorme, qui touchent par un côté à l'histoire nationale : de là, ces Scriptores rerum iangohardicarum et itaii-
1. Voir notamment 0. Holdcr-Eggcr, Die Monumcnla Gcrmani?c und ihr neuesler Kritiker (Hannover, 1888).
2. Sitzitiigsberic/ite der li. preussischen Akademie der Wisscnscliaflen zu Berlin, 1898, I, p. 288.
cariini, ces Scriptorea reriim merovingicarum, ces éditions de Grégoire h"' et de Grégoire de Tours, etc'. Ici, le danger de se perdre dans iin3 mer sans limites {« die Uferlosigkeit unserer Sammlungen ù) est si manifeste ([ue les éditeurs des Scriptores in-1'olio se sont résignés à la méthode des extraits- et que M. Mommsen lui-même a reculé devant l'idée de joindre les chroniques byzantines où il est question des Germains (dont le texte est pourtant si peu sur encore) aux chroni([ues contemporaines (hi même genre, italiques et galloromaines, ([u'il a groupées sous le titre d'Auclores antiquissimi. — Bref, les Monumenta seront toujours, dans leur ensemble, un monument dissymétricpie, à la fois incomplet et surabondant; mais quoi? l'essentiel est que la Société demeure une des usines d'éditions savantes les mieux montées du monde, sa Collection diit-elle dégénérer en une série, indéfiniment extensible, de sous-Collections indépendantes, dont quelques-unes auraient autant ou plus d'importance i)our l'histoire d'autres pays que pour celle de l'Allemagne.
392. — L'étude du Limes qui sépara le monde germani({ue du monde romain intéresse directement la plupart des grands Ktats d'Allemagne. En 1892, une Com.mission où ces États et les principales Acadéniies de langue allemande étaient représentés, a élaboré un })lan de recherclies sur le Limes. Le Limesblatt, Mitteilungen der Streckenkommissare bei (1er Reichslimes Kommission paraît à Trêves (Lintz) depuis le 15 décembre 1802. Comptes rendus périodiques des travaux que la Commission dirige dans les Sitzungsberichte de l'Académie des Sciences de Berlin.
393. — L'Istilnto di [correspondenza archeologica du C;ipitole, fondé à Rome en 1829 par le prince royal de Prusse et le duc Albert
1. Un sait que la Sociclé des Monumenta aurait entrepris de publier le Corj s des Diplùines des Empereurs carolingfiens de Franco si A. Giry. puis l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de Paris, ne s'en étaient pas chargés. V. Neues Arcliiv. XX (1805), p. 7 ; et ci-dessus, p. 577.
'2. II est â remarquer que, pour publier correctement les extraits de chroniques étran*rèrcs relatifs à l'Allemagne, les éditeurs des Scriptores in-lolio se sont généralement astreints à faire les travaux nécessaires pour l'édition critique de l'ensemble de ces ciironiqucs. Il y a quelques chroniques françaises qui n'ont été nulle part l'objet de recherches aussi approfondies qu'au t. XXVI (a Ex rerum francogallicarum scriptoribus ») des Scriptores rerum germanicarum.
416 LES ÉTL'DES IIISTOUIQIES \V \IV SIÈCLE.
de Luyncs pour servir de centre d'informations aux érudits voués à rarL'héologie et à la philologie classiijues, dabord international, puis prussien, est devenu un établissement de l'Empire allemand le 18 mai 187 i et a été pourvu la môme annéed'une succursale à Athènes [Athenhclie AhtheduïKj des /.:. deulschen archâologlschen Instituts). L'Institut du Ca})itole et sa branche athénienne sont administrés par une Conmiission rattachée au service des Afîaires étrangères de TEmpire allemand ^ Ses principales publications vivantes'^ sont, avec les Mitteilungen des h. d. archâologlschen Instituts (depuis 1870 pour la Section athénienne), le Recueil des Antike Denkmdler et le Jahrbuch des k d. arch. Instituts (depuis 188G). — Depuis 1902 siégea Franclort-sur-le-Main une « Homisch-germanische Kommission desk. d. arch. Instituts ». — Comptes rendus périodiques des travaux de l'Institut dans les Sitzungsberichte de l'Académie des Sciences de Berlin.
D'autre part, il a été fondé en. 1897 à Florence un Kunsthistorisches Institut, a pour coopérer aux progrès de l'histoire de Tart)), qui reçoit une subvention du Gouvernement im[)érial allemand et publie un JaJtre^ibericht.
394. — Les principaux Etats allemands ont, en outre, leurs entreprises particulières,
I. Prusse. L'Administration des Archives de Prusse n'a pas institué de Collection d'inventaires officielle et uniforme des dépôts ({u'elle régit; mais elle procure et soutient [veranlasst und unterstiitzt) depuis 1878 une Collection intitulée : Puhlicationen mis den k. preussischen Staatsarchiven^ qui se compose aujourd'hui
1. A. Micliaftlis. Gescliichte des h. deiUsc/ien archâologisrhen Iiisliluts, IS'id- 1879 (Berlin, 1879). Cf. Preiissische Jahrbiicher, LXIII, ]). '21; A. Gctrroy, dans la Revue des Deux Mondes, 15 mai 1879, 15 janvier 1885; et Journal of hellenic sludies, X (1889j, p. 190.
2. Bibliographie des publications qui ne sont plus continuées [Monumcnli inedili, Annali, Archxologische Zeilung, etc.) dans le livre précité de Micliaelis.
7j. Etude sur l(;s cinquante premiers volumes des Publicafionen dans Poliiical Science Qucaterly, sept. 1895. Voir surtout Ihistorique de la Collection, par R. Koscr, dans le fasc. 1'^'^ des Mitteilungen der k. preussischen ArchivverwaKung (Leipzig, 1901).
(1905) de 77 volumes, et (jui contient surtout des documents et des travaux relatifs à l'histoire intérieure et extérieure de la Prusse dans les temps modernes (Mémoires, Correspondances diplomaticpies et privées). Un y trouve aussi quelques cartulaires ou recueils l'actices {Urkini(lenbucher) de documents du moyen âge: Hessisc/ies Vrkundenbiichy Lrluindenbiicli des Hochstifts llalberstndl und seinev BischofeK et une ^ér'ie d\f^ Itère Unirersilàts-Matrikeln. L'ensemble correspond sensiblement à ce (ju'est, en France, la Collection de Documents inédits, pro])ortions gardées '^
Le Gouvernement prussien a institué une Collection de catalogues des manuscrits conservés dans les bibliothèques publiques de Prusse : Verzeic/miss der UainUchviftcn im preussischen Staate. Le t. I est de 1893; mais, en dix ans, il n'a été publié ({ue 7) vol., consacrés au seul dépôt de Cottingue.
Il [)araît à Berlin, depuis 1880, un Jahrbuch der k. preussischen Kiinstsammlungen. Mais il n'existe en Prusse rien qui corresponde à notre Inventaire des richesses d\ni de la France ou à notre Collection de Répertoires archéologiques. Cependant, presque toutes les provinces de la Monarchie ont leur Inventaire ou leur Répertoire de ce genre en cours d'exécution par les soins des Assemblées [)rovinciales, des « Commissions historiijues » ou des Sociétés savantes locales : DieBau- und Kun^it- Denlnnàler der Proviuz Ost-Preussen (Ost-preussischer Provinzial Landtag) ; Die UaudenknUiler der Proviuz Pommern (Gesellschalt fin- Pommersche Geschichte und Aller thumskunde) ; Verzeichnis der Kunstdenkniuler der Proviuz Schlesien (in amtl. Auftrage) ; Die Bau- und Kunstdenknidler von Westfalea (Provinzial-Yerband der Provinz Westfalen); etc. Voir l'état de ces publications en 189G au tome II (u Kunst-Topographie ») du
1. Cf. le Pomtnersches lirkundoibuck. p. p. los Arcliivos royales de Stelliii liepuis 1808.
2. Eli (intre. les Archives de la Guerre sunl utilisctîs i)ar le .trraiid Élal-Majiir (Kriey^sufescliichtliclie Ahlhciluii,^') pour ses piihlicalions hislorupies : Dir Krieyr FriedricUs dca Grosseii, Urkandiicltc Ucilràge und Forscliungcn zur Geschichte des //reussischoi Heeres, ele. Voir le ealalon^ue de la K. Iloriuicliliandluuj2^ E. S. Millier à Berlin, et le MiliUir-WochcnblalL pour les publications nouvelles ou en préparation.
418 LKS ETIOÈS HISTORIQUES AU XIX- SIÈCLE.
Katalog der Bibliolek des ReicliUages, et riiidication de ce qui a |)aru depuis daus le Korrespondenzblatl des Gesammtrereins der deutschen Geschichts- und AUerthumsveveine .
Les « Conunissions historiques », qui collaborent ainsi avec les Sociétés savantes locales (^ 402) à l'inventaire archéologique du pays, sont des Commissions officielles, subventionnées par les Landes-, Provinzial- ou Kreisregierungen, qui ont été établies assez récemment dans (|uelques provinces pour travailler à l'exploration et à la description des dépôts de documents, à la publication des monuments locaux et à la fabrication d'instruments de travail, notamment d'instruments bibliographiques, à l'usage des érudits. Elles se composent : l*^ de délégués des Regierungen; 2° d' « historiens éminenls » du pays ; o*^ de représentants des Sociétés historiques locales ; ■4" éventuellement, de donateurs. De pareilles « Commissions » fonctionnent dans les provinces de. Saxe', de Nassau-, de Westphalie, etc.
La Prusse, en tant qu'Etat, entretient enfin une « station » historique permanente à l'étranger depuis que le ministre de l'Instruction publique v. Gossler s'est décidé à établir à Rome, au Palais Giustiniani, un « Institut historique prussien », ([ui, aux termes de son Statut (8 avril 1888), est destiné à faire des recherches scientifiques sur l'histoire de l'xMlemagne dans les archives du Vatican et dans les autres archives et bibliothèques d'Italie. C'est une imitation déclarée de l'Institut autrichien dont il sera question tout à l'heure. — Le
1. ^'oll seulement la C. hisloriquo de la province de Saxe s'est eliargêi; de Uinvcnlairc arcliéologique local [Beschreibendc DarsleUung der âllcren Bauiind KimstdenUmi'der der Provinz- Saclisen... Halle a. S., depuis 1870); mais ecst elle qui a publié l'ouvrag-e de W. Schultze, Die Geschichtsquellen der Provinz Sachseii ini Milfelaller wid. in der Refornialionsz^eil (lIalK\ 1895] et qui continue depuis 1878 la Collection l}e.sc/richls(jnellen der Provins- Sachsen and angrenzender Gcbiele, commencée en 1870 par la Fédération des Sociétés liistoriqucs de la province.
2. La Commission liislori(pic de la province de Hcsse-Nassau, qui s'est réunie pour la première fois en juin 1898, a décidé, dès ses premières séances, de publier un Nassau isehes Urhundenbuch, une Nassovia sacra, une Nassaiiische Bibliographie, les Nassau-Oranische Korrespondenzen, un inventaire dos dépôts d'archives de la province, un Répertoire archéologique de la province.
ALLEMAGNE. AITRICIIE ET SUISSE. tl'J
A. i)reu!isi$ches Uistoriscliea Inslihil s'est attaqiu'' d'abord au fonds des Xoncialiires du Vatican, Xuutiaturberichte ans DeutschlcmcL dont il s'est réservé, d'accord avec les autres Instituts histori(|ues allemands de Rome (|)|). i2I et iii), trois morceaux : 1500-50, 1572- 85, et le xvii*^ siècle à partir de I02S; 1:2 volumes de ces trois séries ont paru jusqu'ici. Il a entrepris simultanément un Catalogue des actes pontificaux du^xiv el du xv^ siècle relatifs à l'Allemagne, Repertorium germanicum. Regesten aus den pdpstlichen Archiven :ur Ge^chichle des deul^chen Reiches und seiuer Tervilorien im \IV und XVJahrhundert, dont le t. 1*' (Eugène IV) a paru en 1897. Il a depuis 1898 un organe périodique : Quellen find Forschimgen aus italieuischen Archiven und Bihliotliehen. — Comptes rendus réguliers des travaux de VHislorisches Institut dans les Silzungs1}eric/tte de l'Académie des Sciences de Berlin. Voir W. Friedensburg, Das li. preussische llistorisclie Insititut in Rom, 1888-1001 (Berlin, l905,in-4), et IeSup|)lémentde YAIlgenieine Zeitung, 1901, n*' 77.
11. Autres Etats de l'Empifie allemand. — Ces Etats s'attachent presque tous à faire connaître le contenu de leurs dépôts de documents, mais en laissant, d'ordinaire, ce soin à la Direction de chaque dépôt, sans imposer de règles uniformes soit pour la rédaction des inventaires, qui ne forment pas collection, soit même pour rem])loi des crédits destinés aux publications (inventaires, éditions, revues). C'est ainsi que le « Bayerisches allgemeines Keichsarchiv » de Munich publie depuis 1890 une Fievue générale d'archivistique, YArc/iivalisc/œ Zeitsdirift (fondée en 1876 par Fr. v. Loher) et que la Direction du Musée national de Nuremberg alimente une publication périodique : Anzeiger des Germanischen fsationalmuséums in Niivnherg, qui fait suite, depuis 188i, à VAnzeigev fur Kunde der deutsc/ien Vorzeit. Organ des Germanischen Muséums (1855).
La plupart des Etats allemands ont un Répertoire archéologique local, exécuté dans les mêmes conditions que les Répertoires similaires des provinces prussiennes.
Ils encouragent aussi la publication de documents, de travaux sur les sources et de répertoires bibliographiques, soit par des subventions directes, soit par l'intermédiaire de « Commissions histori-
ques )) à la |)russienno. Ainsi procodent, entre autres, le Wurtemberg*, le Royaume de Saxe^ et le Grand-Duclié de Bade^.
m. AuTnicm:. — Le Gouvernement autrichien s'est Ibrt occupé en ces derniers temj)s, grâce surtout à l'initiative de M. J. A. v. Helfert'% de centraliser les Services de la Conservation des Monuments historiques de toute espèce. Une K. k. Central-Commission fïir Erlbrschun|[î und Erhaltung der Kunst- und historischen Denkmale, instituée à cet effet dés 185o, réorganisée en IS99, publie, depuis 190."), des MiHheilungen et un Jahrbncli'^.
1. C'est sous les aus])ices do la Wnrttcml)crg-ischc Kominission fiir LandesgcschichlcqueW.v. lleyda donncsa Bibliographie der îcUrllenibergischen Geschichlc (§ 175). Cette Commission publie eu outre, depuis 1802, les Wûrtlemhergische Virrfeljalirshrfle fur Laiulesgrs^r/iic/ilr. Coudés eu 1878, de coucert avee le Vercin fiir Kuust uud Altertuiu iu l'Iui uud Ohersclnvahen, le Wiirll. Allertumsverein, l'IIist. Yereiu lïii' das wiirtl. Frauken et le Siileligauer Allerluuisvereiu.
2. La Generaldirektiou der k. Sammluugeu l'iir Kunst und Wissensclialt, de Dresde, qui a fait paraître directement le grand Recueil d'O. Posse et H. Ermiscli {Codex diplomaficKS Sa.ronix regi^. im Aiiflrage der I;. snchsischen Stantsregierung. Leipzig-, 1889-1002, 17 vol. in-4), a décidé réeemuieul, d'accord avec la K. Siichsisclie Commission fiir Gescliiclile, de publier nue Dibliograpliie géuér'.>.le de i'bistoire de Saxe jusqu'à 1000 sur le modèle de la Jiihliograp/iie der irûrllembergischen Gescliichte de W. v. Heyd.
5. La Badisclie Historiscbe Commission (Carisrulie) publie depuis 188.1 des Milieilungen qui coulieuuenl, entre autres choses, une série d'inventaires des archives du pays, et, depuis 1880, la très importante Zeitschrift fur Gesc/iichte des Oberrheins qui paraissait auparavant (depuis 1850) par les soins du Laudesarchiv de Carlsruhe. La liste suivante des rapports présentés sur ses entreprises à l'une (les dernières sessions de la Commission donnera nne idée des travaux qu'elle a mis, en ces derniers temps, sur le chantier : Kcgestes pour riiistoire des évoques de Constance; Uegestes pour l'histoire des margraves de Bade et de llochbcrg; IiCgestes pour l'histoire des comtes palatins du Rhin ; Obcrrheinische Sladlrechlc; Correspondance politique ilu prince K. Fr. de Bade; Correspondance du prince abbé Martin Gerherf ; TopograpJiixclics Wôrlerhncli des Grossherzogl/ninis Badeii (achevé); Wirtschaffgeschie/de des Schw(ir::U'aldes; Oberbadisc/tes Geschlechterbuch. Et ce n'est pas tout. — Voir, sur la « Commission » de Bade et les antres organes de l'érudition locale dans le Grand-Duchè l'excellent opuscule de K. Brunner, Die Pflegeder lleimalgcschichte in Baden (1001).
4. Voir une étude générale de M. von Ilelfert, pour servir d'introduction aux réformes récemment apportées à l'organisation autrichienne : Denkinalp/lege, offrntLirhe Obsorgr fiir Gegenslânde der Kunst und des Altertums nach deni neucslen Stande der Gesetzgebung in den verschiedenen Kullurstaaten (Wien, 1807). Cf., du même auteur, Slaalliches Archivinesen (Wien, 1805, in-8).
5. Avertissement du tome I'"" de la 5" série des Mililicilungrn (janvier 1002) :
Une autre Commission (« Commission fur Herausgnbo von Akton und Korros[)ondenzen ziir neueren Geschichte Œsterroichs ») a été créée presque simultanément « pour élaborer les documents historiques qui se trouvent dans les dépots privés et publics », sous l'autorité de Ylnstilul fur œsterreischisrhe Geschic/itsforschimg- (§ 405]'. Elle doit s'occuper d'abord de l'exploration des archives privées. Des projets lui ont été soumis pour la publication d'un Recueil de « Fœdera » autrichiens depuis 1520, de la Correspondance des Empereurs Ferdinand I*^' et Charles-Quint, etc.
11 existe dans (juclques [)rovinccs autrichiennes des « Commissions )) locales, comme en Prusse, en Wurtemberg et en Saxe. La (( Landeskommission ITir Steiermark » est une des plus actives; comptes rendus de ses travaux dans le Korrespondenzblatt et dans les Mittheilungen des Instiluts fur œsterr. Gescliichtsforschung.
VJstituto auslriaco di studi slorici a été établi à Uome dès 1880 sous l'autorité de l'Académie des Sciences de Vienne. Les travaux de ses membres alimentent en grande partie les Mittheilungen des Instituts fïir œsterr. Geschichtsforschung. Dans le partage intervenu entre les Instituts allemands de Rome pour la pul)lication des Nunti(itu)berichte aus Deutschland, les documents de 1559 à 1572 lui ont été attribués (t. F'", J897).
lY. Slissi:. — Le Gouvernement fédéral avait lait j)réparer par
« Die k. k. Central-Commission liât dcn Bescliluss gefasst, an Sicile ilirer vieileljiilirlich erscheineiiden « Milllieilun<jr('n zwciler Folge » zwci Publicalioiien zii selzcn : monatlich erscliciiiendo « Miltheiluiifi^en (.irittcr Folge » und am Ende jedes Jahrcs (von 1905 ah) cin Jahrbucli. Das Format hcidcr Piiblicaticjncn wird das glcichc sein, und dasselbe Register soU bi'idc umtassen. Die Monalsbliitler wcrden die Normalien und Pcrsonalien publiciereii. Sitzungsrelerate erstatlen, ùber die Veiniobrung der Dibliolbck und des Arcliivs dcr Central-Commission bcricliten uinl kleine Milllieihnigen, wie sie bislior in dcr Rid)rik « Notizen » îrebraclit worden sind. ansi-blieszen. Dièse kloinen Miltlioiluniîcn M)llen nicbt bloiz Origiiial-Bericbte ùber noue Fundc bringen, sondern aucb ùber die gesammtc Tbiitigkcit des Saininelns und Erforschcns der kunstbistorisclien und gescliichtlichcn Denkniale Osterreicbs aufdeni Laufenden erbalten. Fiir das Jalirbueb sind grôszere wissenscbaftlicbe Abbandiungen und Miltlieilungen. l'orner eine systomatiscb geordnete Uobersitbt der wissenseliafilicben Bowegungen und Ergcbnissc auf dem Arbeilsgobiote der Central-Commission in Aussiclit gonommen. »
1. Millheil. des lusliluls fur œsterr. Geschich(sforschii)ig,\\U 1001). p. 187.
i'il LES KTUDES IIISTOUIQUES AU XI\'> SIÈCLE.
J. E. Kopp une A ml licite Sanimlioig (1er alleren eidgenôsfiischeu Abschiede m'itden Eivigeu Bunden, den Friedbriefen und anderen Ilauptvertrdçjen als Beilagen, dont le 1'^' volume (1291-1420) parut en 1809; les événements de 18 i8 interrompirent le travail. La Collection a été reprise de fond en comble en 18r)2, grâce à linfluence du Dundesrat St. Franscini, sous la direction de G. Meyer von Knonau. Le t. I'"'' de ce nouveau Recueil, paru en 1874, contient les pièces de 125-4 à 1-420; le t. Mil (1850), de 1778 à 1798. Voir, sur cet ouvrage et ses continuations, G. Meyer v. Knonau, Die Vevan>ilaltungen fur die Gesc/iicktsforscJiiuig in der Schweiz, dans la Wesldeidsc/ie Zeitschrift fiir Geschichie und Kunst, 1886, p. 142 (Bethiitigung der Bundesbehôrden) ' ; cf. le même, dans P. Seippel, Die Schweiz im neimzehnten Jahrhunderl, t. Il (Bern- Lausanne, 1900), p. 281.
Les Gouvernements des Cantons ne se de'sinte'ressent pas non plus des études historiques. C'est ainsi que la grande Collection Les sources du droit suisse (Sammlung schweizerischer RecJdsquellen) est publiée par le Schweizer. Juristenverein « mit Unterstûtzung des Bundes u. der Kantone », et que les Monutneuts de lliistoire de l'ancien évèché de Belle de J. Trouillot (Porrentruy, 1852-07, 5 vol. in-8) ont été o recueillis et publiés par ordre du Conseil Exécutif de la Républi(]ue de Berne » .
395. — (( Die Akademie ist nicht zur Parade da » (l'Académie n'est pas ici pour la parade). Ce mot de Frédéric le Grand, protecteur de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Berlin, a été de plus en plus la devise véritable, à mesure que le xix'' siècle s'est écoulé, non seulement de cette Académie, mais de toutes les grandes
1. Los documenls relatifs à l'histoire de la Confédération dans les dépots d'archives à l'étranger ont été l'ohjet d'investigations : c'est « par ordre du Haut (Conseil Fédéral Suisse y> que M. E. Rott a pidjlié son Invenlaire-som maire des documetitn relatifs à Ihisloive de Suisse conservés dans les arcJiives et les hibliolkèqnes de Paris (Berne-Genève, 4882-18U4. 5 vol. gr. in-8); cf. Bévue historique, LXXXIII (1905;, p. 447.
Académies allemandes — Vienne, Munich, Gœttingue, Leipzig — dont il est très instructif de considérer et de comparer l'activité'.
396. — L'histoire de l'Académie de lîerlin au xix'^ siècle a été écrite, à l'occasion de sou second centenaire, par M. Ad. Harnack avec une vigueur exceptionnelle dans ce genre de travaux'. On trouve dans cet ouvrage rhistori([ue de la première réorganisation de l'Académie par le ministre Hertzherg à la fin du règne de Frédéric 11, celle de sa réorganisation définitive j)ar les llumholdt et Xiehuhr (1797-181*2). On y voit comment Hertzherg se })roposa de transformer l'Acadéiiiie à la française et francisée du wiii^ siècle, conformément à la pensée de Ilerder, en un « Institut patriotique allemand » (ein patriolisches Institut fiir AUgemeingeist Deutschlcuuh); comment, jusqu'à la réorganisation définitive, la grande affaire de l'Académie continua d'être le jugement de concours et la distrihution de prix académiques; enfin comment, à partir de 1812, elle s'est emplovée successivement aux entreprises scientifi({ues «|ui font sa gloire. (( L'Académie réorganisée reconnut désormais sa principale raison d'être et son devoir essentiel dans l'exécution de ces grandes entreprises scientifiques qui dépassent les forces des individus. .Niehuhr et Schleiermacher, Savigny et Bœckli conçurent et imposèrent cette pensée. Mais ce n'était pas tout de la concevoir. Jus(ju'au miheu du siècle, on a tâtonné, avant de se rendre un compte exact du temps, des moyens et de l'organisation que réclame la mise en pratique . C'est seulement sous Frédéric-Guillaume IV (7 1859) que l'Académie, grâce à l'expérience acquise et à M. Mommsen comme directeur du CorpuH insct'ij)tio7îum latinarum, a été en possession- des meilleures méthodes techniques de son industrie scientifique ^ » De là, deux périodes à distinguer : avant, après 1859 ou environ.
A. — Les promoteurs de la Renaissance allemande pendant les premières années du xix*^ siècle, memhres de l'Académie de Berlin, pensèrent d'ahord à s'occuper en commun de leur maître à tous, Platon. Mais l'œuvre platonicienne est justement de celles qui ont ])lus de chances d'être hien interprétées par des individus que })ar des colla-
I. Ad. Ilarnaïk. GesrJiic/tfr dry li. preiissischen Aliiidemir dry Wissenschaflrn zk Berlin, t. I", l" parlic (Dorlin, 1000). "2. Ad. llaniaclv, 0. c, p. 658.
borateurs associés. Dès 1815 A. Bœckh trouva autre chose : former un recueil de toutes les inscriptions de l'antiquité classique, en commençant par les grecques. Cette proposition fut accueillie « avec l'ntliousiasme » ; on espérait en avoir fmi avec les inscriptions grec- ({ues en quatre ans, en un volume in-folio qui coûterait 6000 tha- 1ers'. La première « Commission scientifique o de la Classe liistorico-})hilologique de l'Académie de Berlin, qui existe encore sous le nom de « Commission fur griechische Epigraphik », fut élue pour la [)remière fois le 15 juin 1815. — Quelque temps après, l'Académie décida, sur la proposition de Schleiermacher, de s'essayer à une grande édition critique d'Aristote. La première « Aristoteles-Commission », qui se continue de nos jours sous le nom de « Commission fur die Aristoteles-Commentare », est du 6 mars 1821 ^. — C'est aussi vers cette époque que l'Académie contribua à la fondation et consentit à s'intéresser aux travaux de la Société des Mo7mmenta Germaniœ historica. — Enfin, deux autres entreprises sont antérieures à la fin de la période de tâtonnements, d'apprentissage et de d'expérimentation. L'Académie a très amèrement regretté, depuis, de s'être fourvoyée dans l'une, le Corpz/.s scriptonnn Imtorise hjzaiitinœ y dit Byzantine de Bonn; elle le fit en 1851 par égard envers Niebuhr qui, quelques années avant sa mort, avait consenti à surveiller pour un libraire de Bonn (Weber) une réimpression plus ou moins « amé-
1. Extrait de Kcxposc des motifs présente par Bœckli [Ibid., p. GG9) : « Der Hauptzwccit einer k. Akadcmic der Wissenscliarten muss dioser sein, Unterncliinungen zu maclicn iind Arbcitcn zii liefcrn, -svclclie kein Einzelner Icisten kann.... Es ist \c\dov nur zu walir, dass die doutsclien Akademiceii nocli gar niclils gclcistot liabcn, imd aile Forischriltc der Wissenscliaften durcli die Kral't der einzclncn Gelelirleii, ivesenllich auf Vmversitâten, gemaclit worden sind ». Les trois mots soiili;2;ncs lurent effacés par Bœckli par égard pour les susceptibilités de ses confrères.
2 Voir //;., j). 676, les appréciations de MM. Dicls et Mommson sur les travaux de l'Académie relatifs à l'œuvre aristotélique : « VicUeicht. dit Mommsen, bat die Nùtzlicbkeit der academischcu Continuitiil sicli nirgonds so gliinzend bewiibrt wie im Gebiet der Aristotelcs-Arbciten. ^Yie das Dicliten, so isl aucb das Forscbcn cin Uebermulli, und dicsem Meislcr dos Wisscns und scincr 2000 jiibrigen Gescbiclilo gcgenul)cr Irilt die Unzuliiiiglicbkoit der individucllcn Erforscbung wobl scbiirft'r liervor als irgendwo sonsl. Aber unscre Akadcmie ist koiii Individuum, und leistet nacb viclcn Seilen bin weuiger, aber in gewissen Kicbtungen aucb melir. Hier trilft das Lctztcrc zu. »
liorée », sous forme de recueil, des anciennes éditions d'hisloriographes byzantins, ([oe!(jue chose comme ce que devaient être plus tard les Palrologies de l'abbé Migne (g 58S)'. L'aulre est l'édition des Œuvres de Frédéric le Grand (1840), dont le tome I parut en I84G; l'Académie a encore aujourdiiui une « Commission lùr die politische Correspondenz Friedrichs des Grossen ».
L'organisation des travaux préparatoires en vue du Corpus inscriptionii)n latiiuninn, qui devait être le chef-d'œuvre de l'Académie de llerlin et le modèle des œuvres académiques du même genre, marque la transition entre la première et la seconde des périodes définies plus haut-.
Il est utile de s'étendre un peu, ici, sur cette laborieuse mise en train dont l'histoire, si typique, est |)leine d'enseignements. — En juin 1800, un jeune philologue danois, Kellermann, élève du savant épigraphiste italien Borghesi, soumit aux Académies de Copenhague, de Berlin et de Munich le plan d'un Corpus iuscripticnum latinarian ; il démontrait la nécessité de cette entreprise et se déclarait ])rèt à l'exécuter, de concert avec ses amis d'Italie, Corghesi et Sarti. L'Académie de Berlin crut devoir se tenir sur la réserve : l'histoire de l'épigraphie, depuis Gruter, ne regorgeait-elle pas de projets et même de tentatives analogues (§ 555 bis), qui n'avaient pas abouti? Sa Commission des finances accorda deux cents thalers, avec la remarque que « l'Académie n'avait pas à s'intéresser à des recherches dont on ne pouvait prévoir la fin ». Au reste, Kellermann mourut à Rome le 1^'" septembre 1858. A la demande d'E. Gerhardt, la subvention de deux cents thalers fut maintenue quelque temps en laveur d'O. Jahn; mais les recherches préparatoires de cet érudit n'ayant pas eu l'heur de })laire aux spécialistes de l'Académie, on en resta là (1841). — C'est alors qu'il fut ([uestion, en France, de relever les projets qui paraissaient abandonnés dans les pays germaniques. Après Ph. Le Bas (1855), P. Mérimée invita le Comité institué
1. Trcnlc-deux volumes Ho la Byzaiilinc de Bonn avaient déjà paru en 1857; le lorac L et dernier est daté de 18!)7.
2. Ad. Il.n-nack, o. c. pp. 772. 000 et suiv. Cf. ,1. V. ^Vallzing, Lr lirrueil général des inscriptions Inlines et iépigraji/iir latine depuis cinquante ans i^Louvain. 1892). ^ ^.^
4"26 LES ÉTUDES HISTORIQUES Al MK'' SIÈCLE.
près du Ministère français de l'Instmclion publique à puidier a les inscriptions romaines alors existant en France » (1839). Mais Le Bas réclama la priorité et, surenchérissant, demanda à l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres de reprendre purement et simplement le dessein de Kellermann. Cependant, on n'en parlait plus lorsque M. Yillemain, ministre de l'Instruction puljli((ue, nomma, pour s'occuper des travaux préparatoires, une g Commission épigrapliique )) i ï juillet 1845). Un mois après (5 août), le secrétaire de ladite Commission, M. Liiger, exposait un programme qui obtint l'approbation ge'nérale. « Déjà le libraire Firmin-Didot, chargé de l'impression, avait fait graver et fondre des caractères spéciaux; une bibliothèque considérable avait été réunie; on avait re'pandu partout des instructions pour obtenir l'estampage ou le dessin des monuments; la confiance en ces mesures était telle que l'on annonçait la publication du t. I"" dans un délai très court. )) Tant d'optimisme ne laissait pas, d'ailleurs, détonner les gens compétents. En février 1845, Borghesi écrivait à un ami en parlant des promesses faites au nom de la Commission française : « Mi aspetto poco di buono ; staremo a \edere.... » — A cette dernière date, l'Académie de Berlin accordait cent cinquante thalers au D' Th. Mommsen pour l'aider dans ses recherches en Italie à l'ellet de constituer une Collection de Monumenta îegalia. De plus, Savigny qui, avec Gerhardt et Lachmann, était au nombre des académiciens qui avaient naguère défendu Jahn, étant devenu ministre d'Etat, demandait à ce dernier savant, professeur à l'Université de Greifswald, de lui adresser un Mémoire sur la question du Corpus des inscriptions latines. Mais le plan de Jahn (qui, d'accord avec Mommsen, croyait qu'il fallait procéder par l'examen personnel des monuments, sur les lieux, au lieu de prendre pour base les anciennes Collections imprimées), fut derechef rejeté (19 avril 18i()) par une délibération dans le procès-verbal de laquelle on lit : « Der Ansicht tritt die Klasse bei, dass die Vermehrung des Materials durch noch nicht publicirte Stiicke zweifelhaft ist! » L'Académie ne repoussait pas l'idée d'un C. I. L., mais la majorité laissait paraître son désir de le voir confier, plutôt qu'à Jahn (qu'elle connaissait) et à Mommsen (au sujet duquel elle réservait son opinion), à « M. l'iJberlehrer A. W. Zumpt », neveu de l'académicien C. (i.
AI.I.KMAn.M:. AUTRICHE ET SUISSE. W7
Zumpt. Le célèbre Mémoire de Mommsen (Rome, janvier 1847), Ueber IHan und Ausfiihriuuj eines a Corpus Inscriptionum Latiiianim )), ne réussit pas davantage à ébranler les partisans d'A. W. Zumpt. Pour tout concilier, on })ensa, Jahn s'étant retiré, à imposer à Mommsen la collaboration de Zumpt; mais Mommsen refusa. Il avait déj?i soumis à l'Académie, comme spécimen de son savoirfaire, le manuscrit de ses « Inscriptions samnites » (450, dont 150 inédites); il était maintenant en mesure d'imprimer les inscriptions du royaume de Naples (plus de 7000); il était sur de sa méthode et de ses résultats. Lors(jue les « Inscriptions du royaumes de tapies » eurent paru (185!2) grâce au dévouement de l'éditeur G. Wiegand, tout fut dit : les })lus obstinés se rendirent à l'évidence, Zumpt disparut, et chacun comprit ([ue si le C. I. L. devait être réalisé, il le serait par les méthodes dont Th. Mommsen avait donné le premier sinon la théorie, du moins rexem])le. L'Académie de Berlin vint promptement à résipiscence : dès 1855, en dépit de la résistance obstinée du seul fîœckh, elle confia l'exécution d'un Uecueil général des inscriptions latines à Mommsen et à ses amis Ilenzen, l'un des secrétaires de l'Institut arcliéologi(|ue du Capitole, De Iiossi, le créateur de l'épigraphie et de l'archéologie chrétiennes', et lUtschl (ce dernier pour les Monumenta jjriscœ latinitatis) ; l'année suivante, le roi de Prusse accorda à l'entreprise une subvention annuelle de^OOOthalers pour six ans, qui fut renouvelée par la suite. Les premiers rapports du Comité du C. I. L. à l'Académie sont de I85(); le t. P' du Corpus est de 18G2.
H. — L'Académie de Berlin n'a pas seulement continué avec éclat pendant la seconde moitié du xix'' siècle les grandes œuvres scientifiques dont elle s'était chargée pendant la jiremièri'; elle s'en est imposé un grand nombre de nouvelles. Anciennes et nouvelles, ces œuvres peuvent être classées comme il suit, d'après les ])ériodes de l'histoire universelle auxquelles elles se rapportent.
AxTiQriTr: GRixQLi:. — Le Corpus inscriptiomi)it grœcarum de A. Bœckh et de ses collaborateurs ou successeurs Franz, Curtius et
1. Sur Uœuvrc du De llossi, voir nolaminont P. Allard. Les éludes sur les anliquilrs chréliennts, dans le Compte rendu du Coiujrès bibliographique inlcrnalionaL I (11)00), p. 140.
4^28 LES KTIDES lIISTORIOrES Al' XI\^ SIÈCLE.
KirchriolT, était ache\Vî en 4 volumes in-folio (sauf l'index, piibliéen 1877 comme 5^ fasc. du t. IV) à la date de dSoD. Il contient environ 8000 textes. Mais à peine était-il clos qu'on a dû le recommencer. Le nombre des inscriptions grecrpies que des explorations systématiques ont mis au jour est, en elVet, si considérable que l'on connaît aujourd'hui plus de textes épigraphiques en dialecte attique que l'on ne connaissait d'inscri[)tions grecques au tenq)s de Bœckh. La «Commission fur griechische Kpigraphik )) a publié de 1875 à i 888 un Corpus inscr'iplionum atticarum (auquel il a fallu ajouter, depuis, d'importants Su[)plémenls). Elle a commencé en outre un Corpus des inscriptions des iles (Hiller von Gartringen, Patton), un Corpus des inscriptions de la Grèce du Nord (Dittenberger), un Corpus des inscriptions du Péloponcse (Friinkel), un Corpus des inscriptions de la Sicile, de l'Italie et de l'Europe occidentale (Kaibel)^
La grande édition académique d'Aristole, par J. Bekker, était achevée en 1856 (l'Index en 1870). 11 a été décidé en 1874 de la continuer par la publication des anciens commentateurs et scholiastes grecs du Pliilosophe (Commentaria in Aiistolelem grœca, Supplementum aristotelicuni)-, qui touche aujourd'hui à sa fin.
Neander avait soumis à l'Académie en 1841 le plan d'une Collectio monumentorum ad res byzantinas spectantium, sans succès. Cinquante ans plus tard, d'autres ont été plus heureux en proposant de donner en pendant au Corpus scriptorum ecclesiaslicorum latinorum de Vienne (§ 415) une Collection des Œuvres des plus anciens écrivains ecclésiastiques grecs jusqu'à Eusèbe inclusivement, y compris les « hérétiques » et les « apocryphes » (1891). Ce Recueil, Die griechischen christlichen Schrifhteller (1er ersten drei Jahrhunderte, promet d'être un des monuments les plus remarquables au point de vue technique, comme il est un des plus im])ortants pour l'histoire générale, de l'érudition allemande. Préparé par les vastes recherches qui sont condensées dans la Geschichte der altchristlichen Li Itéra lur d'Ad. Harnack, il est publié sous la direc-
1. Sur l'état d'avancement de ces Recueils eu 1899, voir la Revue historique, liXX (1899), |). 117 et suiv. Les diirérenls Corpus qrers ont récemment reçu une tomaison nouvelle, en une seule série.
^. V. L'sener, dans les Cjollingisclic grtrhrfr Aiizrigcn, 1892, j). 1001 cl suiv.
tioiî de ce savant, qui préside la « Commission fur die Ausgabe der griechisclien Kirchenviiter ». Le tome I/^' {Ilippohjt's Wer/ce, p. p. Bonwetsch et Achelis) est de 1 S97 ; les t. II et lll {Origenes Werke, [).p. Kœtschau) sont de 18'.>U. On compte sur cin({uante volumes qui doivent s'échelonner sur vingt années environ. — La Collection a un satellite périodi(iue dans VArcliiv fur die Ausgabe der dlteren cliristlichen Schriftsteller.
Antiquiti': romaine. — Depuis 1 855, c'est-à-dire depuis la fin de la (( Guerre de Sept ans » soutenue par Savigny, Gerhardt et Mommsen contre la majorité de la Commission épigraphique de l'Académie de Berlin, les travaux du C. 1. L., sous la direction de Mommsen, n'ont jamais été interrompus. Le tome II parut en 18G9, le tome IV en 1871. Au cours des vingt premières années, l'entreprise grandissante étouiïa peu à peu toutes les velléités de concurrence qui subsistaient encore, notamment eu France. La Commission Yillemain de 1845 n'avait pas abouti, quoique, après la chute de Yillemain, l'éditeur Firmin-Didot, auquel ses caractères spéciaux restaient pour *:ompte, eût olVert de se charger des frais d'impression. Mais quelques personnes gardaient l'espoir de voir publier en France le Corps des Inscriptions romaines relatives à la France et à ses possessions sur les bords de la Méditerranée. Si la Commission Yillemain avait échoué, faute d'un homme d'action et aussi, en (juelque mesure, à i-ause des événements de 1848, son plan, qui consistait essentiellement, « à subordonner l'ordre des matières, comme celui des dates, a l'ordre géographique », était l)on'; et, entre autres avantages, il avait celui de permettre à la science française de retenir pour elle les parties du C. 1. L. général qui seraient consacrées aux Gaules et
1. CY'lail iiiic nouveauté. On avait toujours, jusque-là, rangé les inscriptions romaines, quelle quen lût la provenance, en ^i classes », suivant l'ordre mélhodifpie. Latiiii lituli, disait Bœckli. qui cependant avait adopté l'ordre géograijliique pour les inscriptions grecques, per classes digerendi sunl. En 1847, Moinmsen lui-même n'admettait encore l'ordre géogra|)lii(pie que jjoiir les iuscriplious municipales, sous prétexte que « les inscriptions romaines sont pour la plupart les inonumenls d'un État, et que tout ce qui concerne un État lorme un ensemble quelle que soit la provenance » (Waltzing, o. c, p. 42). Plus tard, il leconnut le bien-fondé des raisons (jui avaient décidé la (lummission française et rejeta même la plupart des exceptions qu'elle avait proposées.
47)0 LES ETUDES IIISTOUIQUES AU XIX' SIKCLE.
à rAfrique romaine, Momnisen et ses collaborateurs ayant commencé par la péninsule ilali({ue. Or, un épigraphiste français de manjue, — l'homme (jui avait mancjué à la Commission Villemain — venait justement (185,')-! 858) de fonder sa réputation par la publication^du tome l^' d'un Recueil des Inscriptions romaines de l'Algérie, M. L. Renier. M. L. Renier fut cliargé de former le Recueil des Inscriptions des Gaules pour notre « Collection de Documents inédits » ; mais il est mort en 1805 sans avoir rien publié. « S'il pécha, dit Renan, ce fut pour avoir été trop difficile envers lui-même; il n'ignora qu'une seule règle du grand art des Corpus, c'est qu'il ne faut pas y prétendre à la perfection ' » . — Le C. ï. L. de Rerlin est, aujourd'hui, presque terminé, les diverses régions de l'ancien Orbls romanus ayant été traitées'. Tout a été dit sur cet admirable ouvrage qui a renouvelé les études relatives à l'antiquité latine : (( Sur une foule de points où les écrivains romains se sont tus, les pierres parlent maintenant ». Les documents épigraphiques de l'antiquité latine sont désormais vérifiés et purgés des falsifications qui en compromettaient l'autorité, réunis dans des volumes dont les excellents indices permettent et suggèrent des comparaisons instruc-
1. I/historiquc des services dii*ecls et indirects que L. Renier el ses disciples onl rendus au C. I. L. de Berlin est très bien exposé dans l'opuscule cité de ^Yaltzing.
2. Voir un conspeclus du contenu de la Collection, à la date de 1900, dans le Gesc/iicfite dcr li. preiissisclieii AUndemic fier Wissenschaften zu Devlin de Ad. ilarnack, t. II, p. 656, n" 257. Cf. P. Wallzing, o. c, p. 77-149; et le dernier état des travaux dans les Sitzungsberichte, 1903, p. 94. — On sait maintenant, du reste, »jue les ouvrages de ce genre ne sont jamais terminés : « Les volumes du Corpus sont incomplets avant de paraître, et tous s'aclièvent par des additamcnta, ajoutés pendant l'impression et souvent complétés eux-mêmes par un auctarium.... Des suppléments à plusieurs volumes ont paru ou sont en cours de publication 'le tome III (1875 , relatif à l'Egypte, à l'Asie, à la Grèce et à l'Illyrie, a déjà quatre Suppléments). » Il a été j)ublié en 1895 une 2® édil. du tome I, Iiiseriplioiies lal'ntx aiilirpiissirnse (18G5). L'Académie fait paraître, en outre, depuis 1871, VEpliemeris epigrapliica, supplément perpétuel du Corpus sous forme de publication intermittente, qiji contient des inscriptions nouvelles et des dissertations (cf. V Archiv der Gescllschaft fur altère deutsche Gescliic/il.sfiunde. I""" série).
« Tout ce qui a servi à faire le Corpus el mérite d'être conservé (copies, estampages, etc.) forme à la Bibliothèque royale de Berlin un dépôt connu sous le nom d'Archives épigraphiques. »
livcs : (• Quel énorme gain de sueurs et de temps pour les savants, ■crivait Borghesi à Kellermann le 7)[ juillet iS55, si vous réalisiez un G. I. L. ; les érudils ne seraient plus obligés de chercher les trésors de l'épigraphie dans une mer sans l'ond, de perdre la moitié de leur vie à dresser des tables et à entasser les renvois et les citations! » Mais le plus étonnant, c'est qu'un Recueil qui, suivant une autre expression de Borghesi, dispense à lui seul d'une bibliothèque de cin([ à six mille volumes et où tant de matériaux difficiles à élaborer ont été enfin, a[»rès tant de tentatives imjjarfaites ou malheureuses, coordonnés, ait été exécuté si vite. Personne ne s'attendait, au début, à voir la fin dune entreprise si gigantesque : « Je me souviens, dit M. G. Boissier, ({u'àliome, en 1862, M. llenzen me montrait les bonnes feuilles du premier volume qui allait paraître, et disait avec mélancolie en songeant au recueil entier : « Qui de nous en verra la fin? o'. Quarante ans plus tard, le Recueil des Inscriptions latines touchait à son terme, et l'architecte, le premier ouvrier de l'œuvre, était encore là. De sorte que cette grande entrej)rise collective est, en vérité, due, presque intégralement, à celui (|ui la conçut. « Quel que soit le mérite des collaborateurs qu'il s'est donnés, le Corpus reste l'œuvre de M. Mommsen : il en a l'ait luimême six volumes et il a dirigé tout le reste ; il a tout revu, tout contrôlé. On l'aperçoit sans cesse derrière tous ces jeunes savants qu'il a choisis, (ju'il a l'ormés, qu'il anime de son ardeur..., et on voit bien qu'il est le ressort de cette grande machine o -. — Le G. I. L. est, en son genre, l'œuvre la plus homogène et la mieux proportionnée qui soit. Cela tient en grande partie à ce que, par suite de circonstances exci'[)tionnellemeiit favorables, il a été donné à un homme supérieur, au cours dune longue vie, de l'édifier tout entière par ses [)ropres mains, par les mains de ses élèves et des élèves de ses élèves, tous pénétrés de son esprit.
On peut considérer connue un Supplément au Corpus inscriptionum latinarum, la " Prosopographie de l'Kmpire romain n, entre- |)rise dont l'Académie de Berlin s'est chargée dès 1874, et que les