CHAPITRE PHÉLlMINAinE
pour mesurer le terrain parcouru et rechercher les chemins que l'esprit humain a traversés avant d'atteindre la vérité. Aucune ohjeclion de principe ne s'élève contre une « Histoire des études relatives à une discipline historique dans tous les temps et dans tous les pays ».
Mais l'esprit humain est parvenu à la vérité (telle qu'on la connaît ou (pi'on se la figure maintenant) après tant d'erreurs provisoires et grâce à tant de corrections successives qu'il serait infini de relever en détail toutes les pistes entre-croisées où il s'engagea. Pareille opération est possihle, à la rigueur, s'il s'agit d'un sujet très particulier. On peut écrire ainsi : l'histoire des travaux relatifs au problème de la culpabilité de Marie Stuart, celle des études sur les romans du moyen âge dont Tristan .est le héros; on a consacré une dissertation à l'histoire des études relatives à la traduction anglo-saxonne de r (( Histoire ecclésiastique » de Bède*. — Cela revient, du reste, à faire une Bibliographie raisonnée des travaux sur Marie Stuart, sur Tristan et sur la traduction anglo-saxonne de Bède. — Mais, s'il s'agit d'une vaste discipline, inutile d'essayer. Une histoire des études relatives à l'antiquité classique, ou à l'histoire nationale d'un pays, ou à l'une des grandes branches de l'histoire, ne saurait être, comme précédemment (§§ 516, 517), qu'une nomenclature plus ou moins ample, suivant l'ordre chronologique ou alphabétique, des érudits et des historiens qui s'en sont occupés^, ou un aperçu philosophique du développement de ces études.
325. — En fait, les seules disciplines historiques dont l'histoire ait été écrite jusqu'à présent sont celles qui, conmie les diverses
1. J. Schipper, Die Geschichte und der gegenwârlige Stand der Forschung ûher Konig Alfreds Vehersetziing voti Bedas Kirchengeschichte, dans les SitziDigsbericlUe (Hist.-Pliil. Classe)" de l'Académie de Vienne, CXXXYIII (1897).
'2. On saisit très bien, ici, la différence entre une Bibliographie de l'Antiquité classique et une Histoire-nomenclature des études relatives à cette Antiquité (ce que l'on aurait appelé jadis une « Bibliothèque » des auteurs qui ont traité de l'Antiquité classique). Les mêmes noms d'auteurs et les mêmes titres d'ouvrages figurent dans l'une et l'autre. Mais ils sont rangés dans la Bibliographie suivant un ordre méthodique, et dans l'Histoire-nomenclature suivant l'ordre chruiiologique de leur publication ou suivant l'ordre aiphabétique des noms d'auteurs. Comparez la Bibliographie de E. Hùbner '§ 107) et le Philologisches Hchrifstellei'-Lezicon (Leipzig, 1882, in-8) de ^V. Pokel.
256 IIISTOIUE ET ORGAMSATION DES ÉTUDES HISTORIQUES.
« Philologies )), les diverses « Arcliéologies )) et les soi-disant (( Sciences auxiliaires de l'histoire » ont une véritable unité.
Les Histoires-nomenclatures et les aperçus généraux de l'histoire de la Philologie classique, de ses diverses parties et de ses diverses périodes, qui ont été publiés à part, sont très nombreux. Voyez la Première Partie de la Bibliographie de E. Hûbner (g 167)*.
De plus, en tête de tous les grands Manuels modernes de Philologie ou de Sciences auxiliaires, l'histoire de la science est traitée avec ampleur, sous forme de nomenclature raisonnée : Histoire de la Philologie classique, de l'Épigraphie grecque et de l'Épigraphie romaine au t. P'' (1B92) du Ilcmdbuch (1er klassiscJien Altertumswissenschaft (^ iQS); — Histoire delà Philologie • byzantine dans la Gcschiclite der byzantinischen Litteratur (1897) de K. Krumbacher (§ 153); — Histoire de la Philologie germanique, au t. P"" (1896) du Grundriss der germanischen Philologie de H. Paul (g 171); — Histoire de la Philologie romane, au t. P'" (1888) du Grundriss der romanischen Philologie de G. Grôber (g 171); — Histoire de la Diplomatique, dans le Manuel de Diplomatique d'A. Giry (cf. p. 167, note 1). — Ces résumés donnent la liste des monographies antérieurement publiées à part.
En attendant qu'il existe un Manuel de Philologie celtique, S. Reinach a publié une Esquisse d'une histoire de V archéologie gauloise : préhistorique, celtique, gallo-romaine et franke (dans la Revue celtique, 1898, p. 101, 292).
Enfin des aperçus généraux sur l'évolution des études relatives à certaines branches de l'histoire ont été donnés par des spécialistes comme a introduction » h ces études, soit dans des ouvrages spé cialement composés pour « introduire » les jeunes gens (jui se proposent de se livrer à des recherches originales, soit sous forme de discours académiques ou de leçons d'ouverture. Voir, par exemple, le chapitre a Historischer Ueberblick ùber die Behandlung der alten Geschichte in neuerer Zeit » (p. 1-66) dans YEinleitung in das
1. L'histoire de la Philologie classique étant au progi^amme des études secondaires est traitée dans une foule de syilabus élémentaires, sans valeur originale (Cf. Revue critique, 181)5, I, p. 29]. .