‹ Manuel de bibliographie historique (volume 3)Chapitre 35 sur 62 · Cf. plus haut, p. 60, n · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, p. 60, n

La Bio-bibliographie de M. Chevalier laisse à désirer : ce n'est pas parce qu'il s'y trouve des erreurs et des lacunes, chose inévitable*; c'est parce que M. Chevalier n'a fait que transcrire et ranger par ordre alphabétique des noms d'auteurs les titres des ouvrages qu'il indique; il en indique de bons et de mauvais, d'excellents et de détestables, sans avertir ses lecteurs, condamnés, par conséquent, à faire eux-mêmes les comparaisons critiques, souvent longues et fastidieuses, que le devoir du bibliographe était de leur éviter. Ce défaut n'est pas moins sensible dans la Topo-bibliographie; mais là, il est aggravé par cette circonstance que le plan du recueil n'est ni clair, ni rationnel. Si, dans la Topo-bibliographie y M. Chevalier s'en était tenu à la bibliographie des lieux, comme il s'en est tenu, dans la Bio-bibliographie y à la bibliographie des personnages, et comme le titre qu'il avait choisi l'y obligeait du reste, il n'y aurait pas d'objection; mais il a eu la malencontreuse pensée d'insérer, dans la même série alphabétique que les noms de localités, des rubriques de toutes sortes, sous lesquelles il a versé au hasard, et sans les classer, des renseignements bibliographiques d'inégale valeur : c'est ainsi que l'on trouve, dans les premières pages de la Topo-bibliographie, des mots comme abaque, abbayes, abbé, abbesse, abecedarium (incunable hollandais), abeilles, abraxas, abréviateur (officier de la. chancellerie papale), abréviations, abside, absolution, abstinence. Abusé (/' — en court, poème de Bené d'Anjou?), académies, acathiste (fête et hymne en V honneur de Marie), accedence (grammaire latine pour Anglais), accensement, etc.*. Ce système n'est pas défendable, en dépit des raisons alléguées pour le

1. Il faut remarquer, toutefois, que M. Chevalier vise à être complet. C'est même sa seule excuse pour citer, comme il le fait, des livres absolument nuls ou dépassés, qu'il serait non seulement inutile, mais dangereux de consulter.

2. Il suffit que le mot abaque, abbayes^ abeilles, etc., se trouve dans le titre d'un ouvrage ou d'un article que M. Chevalier connaît, pour que la mention de cet ouvrage figure dans la Topo-bibliographie sous la rubrique correspondante. Mais les travaux ou les recueils de premier ordre pour l'histoire d'une institution ou d'un fait dont le titre ne contient pas expressément le nom de cette institution ou de ce fait ne sont pas, en général, indiqués dans ce répertoire.

justifier*. — Ajoutons qu'une grande partie des écrits qui sont signalés dans la soi-disant Topo-bibliographie du moyen âge ne touchent qu'incidemment à l'histoire du moyen âge ou n'ont même absolument aucun rapport avec le moyen âge*. — Enfin, dans les notices développées qui sont consacrées à des villes et à des pays, M. Chevalier a essayé d'introduire un peu d'ordre : sous le mot « Autun », par exemple, il établit les subdivisions suivantes : archéologie^ bibliographie ^ bibliothèques ^ conciles, documents y église, épigraphie, liturgie, numismatique, ville, etc. (sic); sous le mot « Angleterre », les subdivisions suivantes ont été adoptées : académies, archéologie, bibliographie, bibliothèques, biographie, conciles, conquête, constitution, droit, économie, église, généralités, géographie, hagiographie, imprimerie, littérature, liturgie, numismctique, périodiques, relations, sigillographie, sources. Ces subdivisions ne sont pas celles qu'il aurait fallu pratiquer, elles sont disposées suivant l'ordre alphabétique, trop grossier dans l'espèce, et, à l'intérieur de chaque subdivision, c'est encore l'ordre alphabétique (des noms d'auteurs) qui est suivi. La confusion qui résulte de ces arrangements est extraordinaire. — Bref, la seconde partie du Répertoire des sources historiques du moyen âge, qui, aussi bien que la première, est une œuvre considérable, est une œuvre manquée. Sans doute, les spécialistes y trouveront a à glaner » , et, à cause de ce qu'ils y trouveront, ils « excuseront volontiers l'absence de ce qui n*y

1. Le premier fascicule de la Topo-bibliographie est accompagné d'un avertissement, dont voici quelques passages : a Le sous-titre, Topo-biblio^ graphie^ n'a été adopté que faute d'un terme plus comprchensif pour désigner tout ce qui n'est pas personnage : il offre la bibliographie de l'universalité des sujets sous lesquels peut être classée alphabétiquement l'histoire médiévale dans ses moindres détails.... Le plan ne s'est formé que progressivement ; il n'embrassait au début que le côté strictement historique ; le caractère encyclopédique a fini par s'imposer, au point de vue à la fois objectif et géographique.... d

2. Et M. Chevalier n'est pas loin de s'en féliciter : « Pour certains points, il [ce répertoire] constituera même la bibliographie de tous les temps : tandis que les ouvrages relatifs aux personnages compris entre la naissance du Christianisme et l'an 1500 touchent rarement à l'antiquité et aux temps modernes autrement que par comparaison, les monographies des localités et des institutions sont rarement restreintes à la période du moyen âge.... »

ilO BIBLIOGRAPHIE HISTORIQUE.

est pas », mais elle n'est pas propre, comme Tespère l'auteur, (( à venir en aide h ceux qui ignorent » : les érudits seuls sont en mesure de manier avec profit cet instrument de travail.

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