‹ Manuel de bibliographie historique (volume 3)Chapitre 6 sur 62 · ET DE LIVRES (( UTILES · texte numérisé non relu

ET DE LIVRES (( UTILES

11. — Los livres de luxe, rares, « singuliers » , ont eu de bonne heure le privilège d'attirer l'attention des bibliographes. Mais les répertoires, jadis célèbres, de G.-Fr. de Bure (1765-69), de J.-B.-L. Osmont (1768), de Duclos et Cailleau (1790), etc., etc.*, ont été remplacés par un ouvrage fondamental, le Manuel du libraire et de V amateur de livres de J.-C. Brunet, dont la première édition remonte h 1810. On se sert actuellement de lar 5® édition (Paris, 1860-65, 6 vol. in-8). — Le Manuel du libraire «e compose de deux parties. La première (vol. 1-Y) est ime liste alphabétique par noms d'auteurs, ou « dictionnaire bibliographique, dans lequel sont décrits les livres rares, précieux, singuliers, qui ont paru tant dans les langues anciennes que dans les principales langues modernes, depuis l'origine de l'imprimerie jusqu'à nos jours, avec l'histoire des difi'érentes éditions, les renseignements nécessaires pour reconnaître les contrefaçons et colla tionner les anciens livres, etc. » A cette liste de livres précieux pour des raisons extrinsèques, Brunet a cru devoir en joindre une autre : celle des « ouvrages les plus estimés en tout genre » ; mais ceux-là, il les a indiqués à part, en note, brièvement, sans en accompagner la mention d'une notice ni d'une description. Le t. VI est occupé par une « table en forme de catalogue raisonné, où sont classés, selon l'ordre des matières, tous les ouvrages portés dans le Manuel et un grand nombre d'autres ouvrages utiles, mais d'un prix ordinaire, qui n ont pas du être placés au rang des livres rares et précieux » . — Un Supplément au Manuel du libraire a été publié par G. Brunet et P. Deschamps (Paris, 1878-80, 2 vol. in-8).

L'auteur du Manuel du libraire était surtout versé dans la

1. Yoy. la liste de ces répertoires dans J. Petzholdt, Bibliotheca hibliographica, p. 68 et suiTantes.

connaissance des livres relatifs à l'histoire littéraire et des livres français. Pour les ouvrages étrangers, principalement pour les livres allemands, on consulte, de préférence au Manuel y le répertoire de J. G. Th. Graesse : Trésor de livres rares et précieux ou nouveau dictionnaire bibliographique contenant plus de 100 000 articles de livres rares, curieux et recherchésy d'ouvrages de luxe, etc. (Dresde, 1859-69, 7 vol. in-4)*.

12.. — C'est pour mémoire seulement que seront mentionnés ici des répertoires très vastes, où l'on a entrepris de grouper méthodiquement, comme Brunet dans le tome VI de son Manuel, les titres des ouvrages les plus utiles, les plus importants, les plus considérables, c^ns tous les genres, de la littérature de tous les pays*. Quelques services qu'aient rendus autrefois des ouvrages aussi méritoires, aussi consciencieux, que ceux de G. Draudius (dont les célèbres « Bibliothèques » furent compilées, au commencement du xvii^ siècle, à l'aide des Messkataloge de Francfort), de Th. Georgi (Allgemeines Europàisches Bûcher-Lexicon, Leipzig, 1742-58, 5 part, et 6 suppl., in-fol.), de Fr.-A. Ebert {AllgemeinesbibliographischesLexicon, Leipzig, 1821-30, 2 vol. in-4), et de R. Watt (Bibliotheca britannica, A gênerai Index to British and foreign Literature. In two parts : Authors and subjects, Edinburgh, 1824, 4 vol. in-4), etc., etc., ils ne sont plus utilisés aujourd'hui que par les érudits'; ils sont à peu près tombés en désuétude, ainsi que le Nouveau Manuel de BibliO"

1. Le ?• volume contient un Supplément dont la fin est ccourtce de la manière la plus bizarre. — On a annoncé une nouvelle édition, refondue, du Trésor àc Graesse, mais l'entreprise n'a pas eu de suites. Cf. Centralhlatt fur Bibliothekswesen, 1889, p. 218.

2. Sur quelques répertoires généraux d'histoire littéraire, sous forme de dictionnaires d'auteurs, qui ne sont pas sans analogie avec ceux dont il est question dans ce paragraphe, voy. ci-dessous, § 91.

3. Les répertoires de G. Draudius (sur lesquels voy. J. Pctzholdt, o. c, p. 70) fournissent encore aux érudits des renseignements qui ne se trouvent nulle part ailleurs. — Celui de Georgi est vraiment unique pour l'ensemble de la littérature européenne, depuis le commencement du xvi* siècle jusqu'en 1759; la 5* partie, consacrée aux livres français, est très bonne, et c'est la plus rare. — Quant au répertoire de Ebert, il a la réputation d'être très exact, îvcs titres des livres que possédait, au temps d'Ebert, la bibliothèque de Dresde, y sont marques d'un astérisque.

graphie universelle de F. Denis, P. Pinçon et de Marlonne. (Paris, 1857, 5 vol. in-12, dans la collection des Manuels Roret)*.

13. — On conçoit aisément qu'une bibliographie choisie des livres les plus importants, sur tous les sujets, de toutes les littératures, soit très difficile à faire, et plus encore maintenant qu'autrefois, d'autant plus que la production littéraire, toujours croissante, s'accumule, d'autant plus que les spécialités scientifiques se ramifient à l'infini. Supposons-la faite, toutefois, et bien faite; comment la tenir à jour?

Si de pareilles considérations induisent à croire que les bibliogra|Jiie universelles de ce type disparaîtront prochainement, il y a cependant des raisons pour qu'il n'en soit pas ainsi. Il est naturel que l'on soit toujours tenté d'offrir au « grand public » proprement dit, h cet innombrable public des gênerai readers qui n'a ni le temps, ni la volonté d'user des répertoires biblio graphiques spéciaux, un guide élémentaire à travers les livres En fait, on n'a jamais vu paraître, autant qu'aujourd'hui, d guides de cette espèce, particulièrement dans les pays anglais

La plupart des répertoires modernes de ce genre soii dépourMis de toute valeur, et ce serait perdre son temps qu d'énumérer avec précision les recueils qui ont pour titre : Tki besi reading, The studenCs Library, The readers Handboof The readers Guide. A Guide-book to booksy Die besten Bûcher aller Zeiten und Litteraturen, etc. — Mais il en est un qui mérite d'être mentionné k part. Sous ce titre : The best books, a readers Guide to the choice of the best available books in every department of science^ art and literature, A contribution towards systematic Bibliography, un éditeur anglais, M. W. Swan Sonnenschein, a publié, à Londres, en 1891, un répertoire méthodique de 50 000 best books environ, et, en 1895, un répertoire analogue, d'égale dimension, des « meilleurs

1. Il ne faut pas se laisser tromper par le litre de la Cyclopaedia biblio^ graphica de J. Darling (f.ondon, 1854, in-4), qui est, comme l'indique lo sous-titre, un a Library Manual of tlieologieal and gênerai litcraturc », à classer plutôt parmi les répertoires théologiques que parmi les bibliographie^? universelles.

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livres » parus, dans tous les genres, au cours des dernières années. Cette publication, faite avec la plus grande diligence, est encore déparée par trop d'erreurs matérielles*, mais elle n'est pas mal conçue, et si elle devient périodique (quinquennale), ce sera en effet un instrument commode, qui dispensera bien des gens d'en consulter d'autres •.

14. - — Aux répertoires de Bibliographie universelle rétro* spective qui précèdent, quelques répertoires périodiques servent de complément naturel

Tels sont, pour les livres rares, chers et « singuliers », les répertoires où sont périodiquement enregistrés les résultats des ventes publiques de livres de cette espèce^.

Tels sont, pour les livres « utiles » , YAllgemeine Bibliographie et le Polybiblion. — VAllgemeine Bibliographie, créée en 4856, à Leipzig, est une publication mensuelle, rédigée suivant un ordre systématique (avec une table alphabétique annuelle); elle fournit l'indication des principaux livres parus, chaque mois, dans tous les pays. — Le Polybiblion, « revue bibliographique universelle », organe de la Société Bibliographique de Paris, paraît depuis 1868 par livraisons mensuelles. La « Partie technique » contient « une bibliographie méthodique des [principaux] ouvrages récents parus en France et à l'étranger, les sommaires des principales revues françaises et étrangères, des publications des Sociétés savantes et des grands journaux* »^

1. Cf. The Nation j 7 nov. 1895, p. 331 et suiv. — Il est inévitable que l'auteur des Best books soit mieux renseigné sur les livres anglais et américains que sur les autres ; mais il ne l'est vraiment pas assez sur ceux-ci. — 11 sera question plus loin [chapitre lu) des publications analogues qui ne prétendent fournir la liste que des « meilleurs livres » de telle ou telle littérature nationale. *—

2. En 1893, le « Bureau of Education » des États-Unis a publié (Was- Iiington, in-8) le catalogue de 5000 best books exposes à Chicago par T American Library Association, a for a popular library ».

3. Par exemple : Book-prices current, a record of the priées at which Intoks hâve been sold at auction. Le 8« vol. de ce répertoire, qui s'applique aux ventes faites de décembre 1893 à novembre 1894, a été publié à Londres

en 1895. Cf. le Répertoire des ventes publiques cataloguées de livres,

par P. Dauze, qui paraît à Paris depuis février 1894.

4. <L II va sans dire que sans le concours des bibliographies périodiques

Il a cxisli^ lin {çrand nombre d'autres journaux de Bil>liogra- |»hie universelle pOriodique, créés, comme l'AUgemeine Bibliographie et le Polybiblion, jxiur tenir au courant des prïncipales nouveautés de la librairie de tous les pays; ils n'ont pas vécu. Mais on en crée de nouveaux presque dinque année. La plupart de ces publications éphémères ne sont, du reste, que des moniteurs commerciaux, décorés de tUres pompeux, qui ne méritent pas grande confiance'.

14 bis. — Pour mémoire, il convient de rappeler ici qu'il existe, il côté des revues de Bibliographie universelle qui ne donnent sur les livres nouveaux que des renseignements matériels, des revues encyclopédiques de Bibliographie critique où sont non seulement mentionnés, mais analysés, critiqués, des livres de tous les [«ys, sur tous les sujets ou sur un grand nombre de sujets divers- — Toutle monde connaît VAthenwum, l'Acadeinij, le Literariiches Centralblatt fur DevUcklanil, la Deutsche Lilteraturseilung, le Polybiblion (Partie littéraire), etc.'. Ces recueils sont de \-;deur inégale, mais on peut dire qu'aucun d'eux ne réussit à rendre compte de tous les ouvrages vraiment utiles, en tout genre, au fur et Ji mesure qu'ils paraissent. Aussi bien, l'entreprendre serait chimérique. |>e pareilles revues n'en sont pas moins très commodes, et bien

iitionalcs, le rcdKicur de la partie Uclmiquc ec lrouvcr*iI Tort ombirrassû Je se procurer lus litres et les prit Ans nauvcllcs publieitîoiiE, taul de l'ancien que du nouveau conliucnl. C'est mime U ccntrdUalion de toub» ces données très direrscs qui l'ctarde nos iiUamulions, et Tte permet d'inscriro lel livre ou lelle Irocluirc que souvent iiliisiouii inab «pris l'apporilion de ce livre ou de celte broeliurc eu librairie. < [II, Sleiii, dans Congrès bibliographique ittUrnational ten» à Paria soin lea auspicci deja Soriélé bibliographique, ISSS, p. 697.)

1. I,cs derniers en date saut intitulés : Der Hûchermarkt, mniialliehes Verieichnit aaageifâhller fieuigkeilen der in- uiid aiistâiidischeit Lilleratur (lieipiig, depuis 11(95), et Bulletin Inbliographigue iitteiiiatioital (Paris, depub 1896).

1. Voy. H. Dcjocc, Revue» critiquet dr bibliographie, dans Congrès bibtiograjihigue inlernalional, 1S78, p. Vi9,; 188S, p. 802. — Une faut pas se Utsser tromper par les rubriques, trop amlûlieuscs, de quelques-unes de ces revues. C'est ainsi que la Critique ritryclopédique tHlernatioiialf bibtiograpliiqae univeriet), fondée i Bruicllcs en 18U0, n'^i ; les promesses de son titre.

des personnes cultivées croient se tenir suffisamment au courant des nouveautés de la librairie du monde entier, en feuilletant, chaque semaine ou chaque mois, Tun ou Tautre de ces recueils *.

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