CATALOGUES DE BIBLIOTHÈQUES
15. — Les catalogues des bibliothèques générales, non spéciales, forment, comme les répertoires dont il a été question ci-dessus (g H-l^), des bibliographies universelles qui sont, par définition, incomplètes et arbitrairement composées. Ce sont des listes de livres de tous les pays, sur toutes sortes de sujets, qui ont le caractère commun d'être conservés dans h mênie dépôt*.
Il n'y avait point naguère de bibliothèque importante qui ne fil imprimer son catalogue. On renonce aujourd'hui à cette pratique, qui coûtait fort cher, sans grand profit. Deux bibliothèques modèles, la Public Library et celle de VAthenœum de Boston, ont suspendu depuis vingt ans l'impression de leurs catalogues, et probablement pour toujours. De bons catalogues sur fiches, soigneusement tenus à jour et mis avec libéralité à la disposition du public, sont aujourd'hui considérés par les hommes spéciaux comme préférables, sous tous les rapports, aux catalogues imprimés qui furent longtemps à la mode.
Parmi les innombrables catalogues imprimés de bibliothèques
1. Quelques-unes des revues critiques de Bibliographie donnent, comme la « Partie technique » du Polybiblion^ le sommaire des principales revues et des Hstti de livres nouveaux. Les listes de livres nouveaux que publiait chaque semaine, jusqu'à ces derniers temps, VAcademy étaient très bien faites et très utiles; il en paraît encore dans VAthenxum.
2. On peut rapprocher, si l'on veut, des catalogues imprimés de bibliothèques universelles, riches en livres de tous les pays sur tous les sujets, les catalogues publiés par des libraires qui possèdent en magasin un très grand nombre de livres de tous les pays sur tous les sujets ; mais il est inutile de faire remarquer que la valeur de ces catalogues commerciaux, en tant que répertoires bibliographiques, est, dans l'immense majorité des cas, très médiocre pour le public, sinon pour les bibliographes de profession. On cite, comme l'un des plus considérables à tous égards, celui de B. Quaritch, de liOndres : A gênerai Catalogue of books, London, 1887, G vol. in-8.
générales qui existent*, quelques-uns seulement ont de la valeur en tant que répertoires bibliographiques' : ce sont les catalogues des bibliothèques les plus riches, notamment ceux du Musée Britannique de Londres et de la Bibliothèque nationale de Paris.
I. Tous les livres que possède le Musée Britannique de Londres (qui possède la plus grande partie des livres importants publiés dans tous les pays sur tous les sujets) sont représentés dans le catalogue unique (alphabétique) de l'établissement par un bulletin descriptif. Ces bulletins étaient primitivement écrits à la main et collés, à leur place, dans un immense répertoire, mis à la disposition du public, dont les volumes (à reliure mobile) et les pages étaient continuellement refondus à mesure que des acquisitions nouvelles rendaient nécessaires, entre les
1. Existe-t-il un catalogue de tous les catalogues de Bibliothèques, générales ou spéciales, qui ont été imprimés? Il n'en existe pas ailleurs que dans l'annuaire du monde savant publié à Strasbourg par R. Kukula et K. Trubncr sous ce titre : Minerva (5* année, 1896), dont les indications sont sommaires, mais commodes, et s'améliorent chaque année. — On peut d'ailleurs se procurer la liste des catalogues imprimés des Bibliothèques publiques de l'Allemagne (P. Schwenke, Adressbuch der deulschen Bihlio- Iheken^ Leipzig, 1893, in-8), de la France [Annuaire des Bibliothèques et des Archives, Paris, depuis 1886), de l'Italie (G. Otlino et G. Fumagalli, Bibliotheca bibliographica ifalica, n. 2575 et s., 5781 et s.), de la Russie (V. S. Ikonnikov, Opyt rousskoî Istoriografii, Kiev, 1891-92, ia-8, p. 687 et s.), de la Suisse [Bibliographie der schweizerischen Landeskunde, Bibliographische Vorarbeiten der landeskundlichen Litteratur und Kaialoge der Bibliotheken der Schiveiz, p. p. J. H. Graf, Bem, 1894, in-8, p. 13-53), etc.
2. Il y en a des centaines qui n'ont aucune valeur en tant que répertoires bibliographiques, parce que les bibliothèques dont ils font connaître les collections sont trop peu riches ou mal composées. — S'il existait une bibliothèque, même relativement peu nombreuse, dont l'ancien fonds fût composé exclusivement d'œuvres de premier ordre et dont toutes les acquisitions fussent faites de la manière la plus judicieuse, le catalogue de cette bibliothèque ne serait pas sans intérêt : ce serait, en réalité, un répertoire de best bocks (cf. § 12). — La Bibliothèque de l'Université de Gœttingue, formée et cntreteiuiA avec le plus grand soin, passe en Allemagne pour la première bibliotheAe de travail du monde; malheureusement le catalogue n'en a pas été imprimé. — H ne faut pas se laisser tromper par le titre de l'ouvrage de E. Poiréc et G. Lamouroux : Les éléments d'une grande Bibliothèque. Catalogue abrégé de la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Paris, s. d., 12 fasc. in-8.
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bulletins, des intercalations. Or, depuis i881, on a commencé à imprimer cet immense répertoire, « le plus riche recueil bibliographique du monde », à raison d un certain nombre de fascicules par année», sous le titre de General Catalogue ofthe Britiêh Muséum Itbrary, En 1896, plusieurs centaines de fascicules, représentant les quatre cinquièmes environ de l'ouvrage total, avaient été publiés*.
n importe de remarquer ici que, pour le catalogue de la bibliothèque du Musée Britannique, le système dit Dictionary System a été adopté, c'est-ànjire que dans la série alphabétique générale (par noms d'auteurs), ont été insérées un nombre indéfini de rubriques (ail. Stichwôrter, angl. subject-entries, it. parole d online, fr. mots-souches, mots typiques), sous lesqudles sont classés tous les ouvrages de telle ou telle espèce, ou sur tel ou tel sujet, que l'établissement possède. Cela renent à Tinsertion d un nombre indéfini de catalogues spéciaux, de monographies bibliographiques, It l'intérieur du catalogue général et alphabétique par noms d'auteurs'. — Or, quelques-uns des « mots-soudies » du General Catalogue ofthe British Muséum Lihrary ont été tirés à part, et se vendent séparément [Excerpts from General Catalogue of the British Muséum) . Les plus importants, au point de vue bibliographique, sont les mols-souches Académies (inventaire des publications académiques du monde entier qui sont au Musée, 5 fasc. et un index) et Periodical publications {inrentane des publications périodiques, non académiques, du monde entier qui sont au Musée, 6 fasc. et un index)*.
1. L'abonnement aux fascicules (quel qu'en soit le nombre) du General Latalogue, qm paraissent pendamt un an, est de 5 L st. 10 sh
2 On n'a pas procédé à l'impression du General Catalogue en commençant par A et en suivant Tordre alphabétique. Il serait. trop long d'indiquer ICI quels sont les fragments qui ont été publiés, quels sont cenx qui restent
3. Sw le lyietionartf ^yttem, et sur les arguments présentés tant par ses adversaires que par ses part^ans, roir les traités de BiMiothécono^e, et en particnhcr A. Grawel, Grundzûge der Bibliothekslehre, fLeinziir 18Q0 p^ 584), ainsi que 1« traductions italienne et frtnçaise de cet ouvrage Cfl Mémorial de la Librairie française, 30 janv. 1896, p. 1\
4. Ont été en outre tirés à part et se vendent séparément' les mots-souches JEschyluB, ^sop, Aristotle. Bible, Charles /, Cicero, Coleridge'^Zmbl
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II. Vers le milieu de ce siècle, Tadininistration de la Bibliothèque nationale de Paris décida la jconfection et l'impression d'un vaste catalogue méthodique des imprimés de l'établissement. Quelques fragments de ce vaste répertoire, mal conçu, ont été publiés en effet ; il sera fait mention plus loin de ceux qui sont intéressants pour la Bibliographie des sciences historiques. — Mais ce catalogue méthodique ne sera jamais achevé. On a récemment entrepris, à la place, sur l'avis d'une Commission nommée pour étudier la question, d'imprimer un catalogue général alphabétique^ qui, à l'estime de M. G. Picot, rapporteur de la Commission, se composera, quand il sera terminé, de 80 volumes (à raison de 800 p. et de 32 000 notices par volume). (( Quelle ne sera pas, dit M. Picot S pour tous les travailleurs, l'utilité d'un répertoire universel qui présentera, sous une forme facile à consulter, les principaux livres étrangers et la majeure partie des livres publiés en France? » — M. Picot ajoute : « Le découpage des volumes du catalogue fournira le moyen de créer des répertoires méthodiques, de manière que le public n*ait rien à envier aux catalogues méthodiques les plus perfectionnés ».
Le commencement du futur répertoire (partie de la lettre A) a été imprimé en 4895. Quelques fragments en ont été publiés, à titre de spécimen, dans le Bulletin mensuel des récentes publications françaises de la Bibliothèque nationale, en 1895*.
15 bis. — Les grandes bibliothèques s'enrichissent sans cesse. Pour bien des raisons^, elles ont intérêt à imprimer et à publier périodiquement des catalogues de leurs acquisitions.
(C/ir.), DantCy De Foë, Dryden, Gœthe, Homer, Hoi^atius Flaccus^Jesuits, Jésus Christ, Luther, Milton, Napoléon, Ptolemxus, Virgil. Le premier (le CCS mots-souches (Virgil) qui ait été publié l'a été en 1882, le dernier (Ptolemseus) en 1895.
En dehors de ces subject-catalogues insérés dans le catalogue général alphabétique, l'administration du Musée Britannique prépare de grands catalogues méthodiques (Class-lists). Cf. The Bookworm, t. VI, p. 151.
1. G. Picot, Rapport présenté à M. le Ministre de V Instruction publique au nom de la Commission, Paris, 1894, in-4.