RÉPERTOIRES GÉNÉRAUX DE PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
18. — Les répertoires qui ont été indiqués jusqu'ici sont des répertoires de livres et de brochures. Les articles de journal et de revue n*y figurent que s'ils ont été tirés à part et s'ils forment, par conséquent, des unités bibliographiques. Cependant, il serait superflu d'insister sur l'extrême importance,de la littérature périodique, et sur l'utilité qu'il y aurait à la répertorier intégralement.
Il sera parlé plus loin des nombreux répertoires de publications périodiques qui n'embrassent que les publications périodiques relatives à certains sujets ou publiées dans certains pays, c'est-à-dire qui n'ont pas le caractère de répertoires généraux. Nous n'avons à nous occuper ici que des répertoires analytiques qui s'appliqueraient à des publications périodiques de tous les pays, relatives à tous les sujets. Mais est-ce qu'il en existe? Est-il possible que l'on ait jamais conçu la pensée d'un répertoire international et universel des publications périodiques? Le nombre de ces publications, qui existent ou qui ont existé, est énorme ; le nombre de celles que les grandes bibliothèques se croient obligées de recevoir confond déjà l'imagination*.
19. — Assurément on n'a jamais fait, on ne fera probablement jamais, de répertoire complet de toutes les publications périodiques du monde entier; mais on a fait, et on fera peut-être encore, des répertoires en forme de tables analytiques collectives d'un certain nombre de revues de divers pays, qui traitent de sujets divers. — C'est ainsi que, à la Bibliothèque de la Chambre des
1. Voy. le mot-souche Periodical publications du General Catalogue du Musée Britannique (§ 14, i). Cf. le catalogue des publications périodiques reçues par la Bibliothèque Bodléienne, d'Oxford, une des bibliothèques du monde qui en reçoivent le plus : Catalogue of Periodicals contained in the Bodleian Librai'y, Part /, English Periodicals, Oxford, 1878, in-8. Part ni. Foreign Periodicals, Oxford, 1880, in-8; et Bibliothèque nationale. Département des impnmés. Liste des pci'iodiques étrangers, Paris, 1896, in-8.
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députés d'Italie, qui possède les collections (9290 volumes) de plus de 300 (( revues » périodiques, — les principales revues générales (non-techniques) du monde, — on en a dressé une table analytique commune. Cette table (disposée suivant un ordre méthodique dont le principe est contestable) a été imprimée, sous ce titre : Biblioteca délia Caméra dei Deputati. Catalogo metodico degli scritti contenuti nelle pubblicazioni periodicke italiane e straniere (Roma, 1885-1895, 4 vol. gr. in-8.) Ce répertoire assez commode n est malheureusement pas dans le commerce.
20. — Pour une catégorie particulière de publications périodiques, les pubhcations périodiques éditées par des Sociétés savantes, J. D. Reuss entreprit jadis un répertoire général, disposé suivant l'ordre méthodique. Il a publié un Repertorium commentationum a societatibus litterariis editarum secundum disciplinarum ordinem,,., (Gottingae, 1801-21, 16 vol. in-4.) De nos jours, les publications des Sociétés savantes sont devenues si abondantes, dans tous les pays, que l'on n'oserait plus en entreprendre un répertoire général : on en fait, nous le verrons, dans quelques pays, des répertoires nationaux.
21. — Les collections de certaines publications périodiques, comme les Mémoires de Trévoux, la Revue des Deux Mondes, la Revue critique d'histoire et de littérature, le Times de Londres, par exemple, sont pourvues de tables qui permettent d'utiliser ce qui s'y trouve. D'autres en sont dépourvues. — La première chose qu'auraient à faire les bibliographes trop hardis qui rêvent de constituer un répertoire complet de Bibliographie universelle (§16 bis) — où figureraient, non seulement tous les livres, mais tous les articles qui ont été publics dans les périodiques depuis l'invention de l'imprimerie, — serait évidemment de réunir toutes les tables afférentes à des collections de périodiques qui existent, et de les fondre en une seule. Mais ce serait une opération colossale. Présentement, il n'est même pas possible de se procurer la liste des périodiques qui ont des tables et celle des périodiques qui n'en ont pas*.
i. Nous ne connaissons qu'une liste de ce genre. C'est une bibliojçraphic des tables des publications périodiques (académiques et autres) publiées en
ENCYCLOPEDIES
22. — On a quelquefois avantage, nous aurons plus d'une fois l'occasion de le remarquer, à consulter, de préférence aux répertoires bibliographiques proprement dits, des ouvrages qui contiennent, en même temps qu'une doctrine et des renseignements sur le fond des choses, des « notices bibliographiques » plus ou moins détaillées. Dans ces ouvrages, la a Bibliographie » n'est que l'accessoire, mais, quand elle est soignée, elle est souvent traitée avec plus d'intelligence et de discernement qu'ailleurs.
H sera question plus loin des Manuels et des Dictionnaires spéciaux dont les notices bibliographiques ont de la valeur et qui intéressent l'histoire. — Nous n'avons à signaler ici, dans ce chapitre réservé aux répertoires de Bibliographie universelle, que les Encyclopédies, recueils d'articles sur tous les sujets, y compris les sujets historiques, dont les notices bibliographiques seraient dignes d'attention.
Qu'il suffise de rappeler que quelques articles (non pas tous) de Y Encyclopsedia Britannica sont accompagnés de listes sommaires de livres à consulter, et que ceux de La Grande Encyclopédie sont tous, en principe, suivis d'une « Bibliographie ». Mais il va de soi que, dans ces grands recueils généraux, rédigés par plusieurs centaines d'écrivains, les notices bibliographiques qui suivent les articles sont de valeur très inégale, comme les articles eux-mêmes*.
Angleterre ; elle se trouve clans l'ouvrage de Henry B. Whealley, What is an Index? (London, 1879, in-S), p. 83-96.
4. Yoy. la liste des autres Encyclopédies universelles, de moindre importance, dans La Grande Encyclopédie, au mot « Encyclopédie », et dans E. Bratke, Wegwetser zur Qiicllen- und Litteraturkunde der Kirchengeschichle, Gotha, 1890, in-8, p. 39-79.
REPERTOIRES DE BIBLIOGRAPHIE IKIYERSELLE, 27
23. - — Tant de personnes ont besoin de se procurer promptement, et sans se donner le souci de les chercher, des renseignements bibliographiques, que des agences se sont fondées pour fournir, moyennant finances, des « bibliographies » et des (( extraits » sur n'importe quel sujet. Des établissements comme le Courriel' de la Presse représentent, à Paris, le type le moins élevé de ces Agences commerciales. Il y a quelques années fut créé à Berlin un Bibliographisches Bureau y dont M. v. Kalkstein dirigeait la section historique, et qui paraissait fort bien organisé : il n'existe plus. Nous ne savons ce qu*est devenu The London bibliographical înstitute, fondé à Londres ea 1889*,
24. — Mais, dit-on, il est bien difficile (l'expérience le prouve) que l'industrie privée soit convenablement outillée pour les recherches bibliographiques un peu délicates ; d'autre part, il est d'intérêt public (pour économiser du temps, de la peine et des erreurs) que les renseignements bibliographiques soient fournis à qui les cherche le plus vite et le plus exactement possible. « La Bibliographie doit devenir, comme les Bibliothèques, un service public et gratuit. » — Gomme, par ailleurs, « la Bibliographie, ainsi que la science, est par essence internationale » , on a récemment fait valoir Tidée que les États civilisés, qui se sont déjà groupés souvent en Unions internationales pour assurer des services généraux, devraient s*unir pour subventionner un Office international de Bibliographie, 11 existe un « Bureau international des poids et mesures » dont le siège est à Paris, une (( Association géodésique internationale » dont le siège est à Berlin, un « Bureau international pour la publication des tarifs douaniers » dont le siège est à Bruxelles ; le « Bureau international de l'Union postale universelle » est à Berne. Les fondateurs de r « Institut international de Bibliographie » qui s'est constitué
1. Centralblatt fur Bibliothekswesen, 1889, p. 517. Cf. Deutsche Zeitschrift fur Gesckichtswissenschaft, III, p. 260.
à Brirxelles en septembre 1 895 ne voient pas pourquoi les Puissances, sur l'invitation du gouvernement belge, se refuseraient à créer un Bureau ou un Office du même genre, « dont la mission spéciale serait l'établissement et la publication d'un répertoire bibliographique universel, toujours te*"*' '^.ourant des nouvelles publications». Ce répertoire, «à l onomastique
et idéologique », qui « devrait comprendre à la fois la bibliographie des temps passés et celle des temps présents », qui (( devrait aussi pouvoir être tenu au courant de la production future », dont a l'objet serait l'ensemble des connaissances humaines », serait établi par l'Office, sur fiches, « en multiples exemplaires » , afin qu' « aucun des centres intellectuels n'en fût privé* ».
25. — En attendant que 1' « Institut international de Bibliographie » de Bruxelles ait achevé, s'il l'achève jamais, l'instrument bibliographique universel qui remplacerait tous les autres', il n'est pas inutile de constater que cet instrument ne sera bon que s'il est fait avec de bons matériaux. Or il sera nécessairement formé et tenu à jour à l'aide de ces BibliographiPs nationales^ rétrospectives et périodiques, dont nous allons» parler maintenant. L' (( Institut international » l'a reconnu en déclarant que tout répertoire systématique « suppose l'existence de bibliographies nationales complètes, exactes. » Reste à savoir en quoi consistent et ce que valent "^n effet ces répertoires généraux de Bibliographie nationale qui sont les sources oîi s'alimentent, dès maintenant, la plupart des bibliographies, tant universelles que spéciales.
1. Yoy. Institut international de Bibliographie. BuZ/e/zn, -Bruxelles, I (1895-96). — Le seul instrument de Bibliographie générale qui ait été créé jusqu'ici, non pas en vertu, mais à l'occasion d'une convention internationale, est le Catalogue des dissertations et écrits académiques provenant des échanges avec les Universités étrangères^ et reçus par la Bibliothèque nationale. Ce catalogue (annuel) est publié à Paris (in-8), depuis 1884.
2. L'Institut ne publie pour le moment que quelques bibliographies périodiques ou « Sommaires méthodiques des ouvrages et des revues » qui intéressent des sciences spéciales (Sociologie, Philosophie, Astronomie). — Sur ses projets, en très grande partie chimériques, voy. Revue internationale des Archives^ des Bibliothèques et des Musées^ I, Bibliothèques, p. 97 et s., et Journal des Savants^ mars 1896.