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CHAPITRE III

RÉPERTOIRES DE RffiLIOGRAPfflE NATIONALE

26. — L'expression « Bibliographies nationales » est reçue pour désigner, par opposition aux « Bibliographies universelles » , des répertoires oîi sont mentionnés des livres sur toutes sortes de sujets y qui ont le caractère commun d'avoir été imprimés sur le territoire de telle ou telle nation actuelle : Allemagne, Belgique, France, ItaHe, etc.

Il importe d'autant plus de poser cette définition que l'expression « bibliographies nationales » n'est pas, en elle-même, très claire. Des répertoires où seraient enregistrés tous les livres relatifs à l'Allemagne, à la Belgique, à la France, à l'Italie, etc., auraient également droit au nom de « bibliographies nationales » . Enfin, on appelle quelquefois, par extension, « bibliographies nationales » les répertoires d'histoire littéraire nationale où sont bibliographies les écrits qui ont le caractère commun d'avoir été composés, soit dans la même langue, soit par dos écrivains originaires du même pays, en quelque endroit qu'ils aient été imprimés*.

27. — Un répertoire de Bibliographie nationale est dit (( répertoire de Bibliographie nationale rétrospective » s'il est consacré aux ouvrages qui ont été anciennement imprimés dans

1. J. Petzholdt, dans la section « Nationale Bibliographicn » de sa Bihliotheca biblwgraphica, énumère ensemble les « bibliographies nationales » . de toute espèce : bibliographies nationales proprement dites et bibliographies nationales d'histoire littéraire, les répertoires de livres sortis des presses d'un même pays et les répertoires de livres écrits dans la même langue. — Il y a intérêt, je crois, à distinguer ce (ju'il ne distingue pas.

un pays. Il est dit « répertoire de Bibliographie nationale périodique )) si c est une publication périodique où sont enregistrés . les ouvrages nouveaux au fur et à mesure qu'ils paraissent.

28. — Ajoutons que ces définitions ne sont pas absolument! rigoureuses. — D'une part, on a l'habitude de ranger parmi les répertoires de Bibliographie nationale, tant rétrospective quepériodique, des recueils où sont enregistrés ensemble des ouvra-' ges imprimés dans plusieurs pays voisins: c'est ainsi que la; plupart des répertoires de Bibliographie naticmale qui existent i pour l'Allemagne comprennent des ouvrages publiés dans l'Au-} triche, dans la Suisse allemande, etc. — D'autre part, à défautj de (( bibliographies nationales rétrospectives » proprement dites/, dans les pays et pour les périodes où il n'en n'existe pas, on sej sert généralement des a bibliographies nationales d'histoire lit-' téraire » : c'est ainsi que conformément à l'usage, La France littéraire de J.-M. Quérard, qui est une bibhographie naticmale d'histoire littéraire, sera mentionnée dans ce chapitre à côté du Caialogue de la Librairie française de 0. Lorenz*. — Enfin la distinction n'est pas toujours facile à faire entre les répertoires rétrospectifs et les répertoires périodiques. Constatons que l'on^ est convenu de classer parmi les « bibliographies rétrospectives » ; ceux qui, comme les répertoires de Kayser, de Heinsius, de' Lorenz, paraissent périodiquement à d'assez longs intervalles, et| de réserver le nom de d bibliographies périodiques » aux publi-l cations quotidiennes, hebdomadaires, bimensuelles, mensudles» ou annuelles de bibliographie courante.

29. — Il est clair que les « bibliographies nationales » pro-« prement dites sont les sources de la plu[)art des autres répertoires bibliographiques. Les bibliographies universelles, dont il a été traité dans le chapitre précédent, se font et sont tenues à jour, pour la plupart, par le procédé qui consiste ù découper « et à classer ensemble, les titres d'ouvrages enregistrés dans les bibliographies nationales (Cf. p. 15, n. 4). La même méthode est employée pour former les bibliographies spéciales h telle ou

i. Rapprocher en onlrc de chacnn des paragpraphcs du présent chapitre les parties correspondantes du § 96, ci-dessous.

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telle science, Chimie, Histoire, Médecine, etc. — '■ Supposez un (( Office » qui recevrait tous les Journaux de la Librairie, toutes les bibliographies nationales périodiques du monde entier. Les employés de cet Office n'auraient qu'à relever sur fiches tous les articles de tous ces recueils pour constituer la plus vaste des « bibliographies universelles i)ériodiques » ; ils n'auraient qu'à classer convenablement leurs fiches pour être en mesure depubUer autant de bibliographies spéciales qu'il y a de spécialités (cf. § 25).

30. — Dans la plupart des pays civiHsés, il existe, de nos jours, un ou plusieurs répertoires de Bibliographie nationale. — Malheureusement, l'observation faite, en 1878, par G. Pawlowski, au sujet des bibliographies périodiques nationales, n'a pas cessé d'être vraie, d'une vérité générale : « Les moyens d'information sur les productions... des presses du monde entier sont aujourd'hui très abondants, sans être satisfaisants sous tous les rapports * » .

Cela tient à ce que nulle part, ou presque nulle part, le soin d'enregistrer les productions des presses qui existent dans chaque pays n'a été confié par la loi à des administrations régulières. H est abandonné, presque partout, à l'initiative privée, à des libraires ou à des associations de libraires. La plupart des « bibliographies nationales » proprement dites, tant rétrospectives que périodiques, sont exécutées et publiées par des commerçants, pour les besoins du commerce des livres. Elles n'ont pas, par conséquent, de caractère scientifique. Ainsi s'expliquent dans le fonctionnement d'un service public si important les plus fâcheuses incohérences : des lacunes, des Âubles emplois *.

31. — Faites pour la plupart par des libraires, pour les libraires, et, subsidiairemcnt, pour les bibliographes et les bibliothécaires de profession, les bibliographies nationales propre-

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