Cf. ci-dessous, Seconde Partie, livre
de J. Leland, de J. Baie, etc. S le répertoire de Th. Tanner (Bibliotheca Britannico-Hibernica , sive de scviptàrïbm qui in Anglia, Scotia et Hibemla ad sœculi XVHI initium floruerunt... com" mentarius..., Londoniis, 1748, in-foL). — Pour le Portugal, la Bibliotheca Ltisitanay historicay critica e cronologica^ de D. Barbosa Machado (Lisboa, 1741-59, 4 vol. in-fol.). — Etc.*.
136. — 11 est matériellement impossible de traiter tous les écrivains des derniers siècles avec le même respect minutieux que ceux du moyen âge : ils sont trop. En conséquence, les auteurs de répertoires bio-bibliographiques nationaux d'auteurs modernes se sont contentés, en général, de bibhographier les auteurs « principaux )),ou les auteurs (( httéraires » (c'est-à-dire les littérateurs). — Ces répertoires n'en atteignent pas moins des proportions considérables. On a, en ce genre, pour la httérature anglo-américaine : S.-A. AUibone, A critical dictlonmy of English Literature, and British and American authors, living and deceased (Philadelphia, 1863- 1891, 5 vol. in-4, dont 2 de Supplément); pour la littérature néerlandaise : F.-G. Frederiks et F.-J. Vanden Branden, Biographisch Woordenboek der Noord- en Zuidnederlandsche Letterkunde (Amsterdam, 1890-92, in-8). — Un « Dictionnaire des écrivains russes » (en russe), par S. Venguerov, est en cours de pubUcation, à Saint-Pétersbourg, depuis 1889. — Pour les écrivains hongrois et belges, voy. ci-dessus, §g 54, 56.
137. — Une place particulière doit être faite à la Bibliotheca belgicay ou Bibliographie générale des Pays-Bas de MM. F. Vander Haegheu, T.-J. Arnold et R. Vanden Berghe, qui sera une bibliographie aussi complète que possible des publications faites par et sur les écrivains originaires des Pays-Bas, antérieurs au xix« siècle. Elle paraît à Gand, depuis 1880, par livraisons, sous forme de feuilles volantes, imprimées d'un seul côté (149 livraisons en juin 1900). La
1. Voir sur les anciens répertoires bibliographiques pour l'histoire littéraire dv la Grande-Bretagne au moyen âge, Th. Duflfus-Hardy, Descriptive Catalogue of mater ials relating to the histot^y of Great Britain and Ireland^ I (1862). p. XXXVI etsuiv. Cf. The Lihrary Chronicle, 1886, p. 190.
2. On trouvera l'énumération complète dans l'ouvrage cité de J. Petzholdt. p. 280 et suivantes.
BIBLIOGRAPHIE ^ES.SrfUIlCES ORIGINALES. KM
liste des articles traités dans les fasdcûîes jjubliés de 1880 à 1890 est dans le Répertoire méthodique décenna'e des travaux bibliographiques en Belgique de P. Bergmans (Liège, *18Î|^2<Jn-8), p. 65.
La « Società bibliografica italiana » a entrepris ^^ prcfïjurer pareillement, par monographies détachées, un vaste Dizionario pio-bibliografico degli scrittori italiani (p. p. A. Solerti et FpI NôVAti, à Milan, depuis 1897), qui doit contenir « la bio-bibliogra'piîicî'' d'es écrivains italiens, c*est-à-dire nés dans les Umites géographiques rde. l'Italie ou y ayant vécu, depuis la chute de l'Empire romain jusqu'au ^ milieu du xix« siècle ». Le grand ouvrage de G. Mazuchelli (Gli scrittori d'Italia^ cioè notizie storiche e critiche intorno aile vite e agli scritti dei letteràti italiani, Brescia, 1755-63, 2 vol. in-fol.) n'a jamais été terminé.
138. — Bibliothèques d'histoire littéraire locale. — Celles-ci ont été, de tout temps, très nombreuses. Le matériel à inventorier est beaucoup moins encombrant ; et elles flattent un sentiment très répandu, le patriotisme local.
Aux derniers siècles, alors que la vio locale était encore plus intense qu'aujourd'hui, presque toutes les provinces et les villes avaient chacune une « Bibliothèque » de ses écrivains. Prenons, comme exemple, l'Italie : il existe des « Bibliothèques » particulières des écrivains de Bassano, de Bergame, de Bologne, de Calabre, de Crémone, de Ferrare, de Florence, de Gênes, de Milan, de Modène, de Naples, de FOmbrie, de Parme, de Pérouse, du Piémont, de Pistoia, de Bavenne, de Rome, de Sicile, de Venise, de Vérone, etc. *. De nos jours, on compose encore des ouvrages de ce genre, principalement en Espagne. Citons, à titre d'exemples, YHistoire littéraire du Maine, de B. Hauréau (Paris, 1870-77, 10 vol. in-12), ctVIntento de un diccionario biogrdfico y bibliogrdfico de los autores de la provincia de Burgos, de M. Anibarro y River (Madrid, 1891, in-8).
Il importe de remarquer, à ce propos, que la plupart des « Bibliothèques d'histoire httéraire locale » ont été insérées dans des répertoires de Bibliographie locale où des renseignements d'une tout autre nature sont consignés en même temps. C'est ainsi que la Biblio-
i. G. Ottino et G. Fumagalli: o. c, sous la rubrique Bihliografie regionall di scrittori itatiani, n. 623 et s., 4533 et s.
102 INSTRUMENTS DE BlfiUÛGIUPHIE HISTORIQUE.
graphie générale du Pér-fgcrd (p. p. A. de Rouméjoux, Ph. de IJosredon et F. Villepelçt. Périgueu^, 4897-1900, 5 vol. in-8) contient, en même temps gu'^oqç^ Bibliothèque d*histoire littéraire périgourdine {« les écrits des-, auteurs périgourdins, c'est-à-dire nés sur le territoire de *i!anci(*n Périgord ou du département actuel de la Dordogne, ou En3-x»n .dehors de ce territoire, mais descendants d^une famille inbo)4(^stâblement périgourdine »), la Uste des « écrits... qui ont été .im|)rimés dans les localités situées soit sur Fancien, soit sur le nou- /vèau territoire du Périgord », et celle « des écrits émanant d'un auteur non périgourdin ou anonymes qui se rapportent directement au Périgord » . De même, la Bibliographie générale de VAgenais et des parties du Condomois et du Bazadais incorporées dans le département de Lot-et-Garonne de J. Andrieu (Paris, 1886-91, 5 vol. in-8) contient le « répertoire alphabétique de tous les livres, brochures, journaux , dus à des auteurs de la région, imprimés dans ce pays, ou l'intéressant directement ». Les titres adoptés par (l.-C. Boasc et W.-P. Courtney (Bibliotheca Comubiensis, Catalogue of the writings both manuscript and printed of Comishmen and of Works relating to the county of ComwalL London, 1874-82, 3 vol. in-8), et par J. Catalina Garcia (Biblioteca de escritores de laprovincia de Guadalajara y bibliografia de la misma hasta et sigloXlX. Madrid, 4899, in-4) suffisent à accuser le caractère composite de leurs ouvrages*.
139. — Bibliothèques d'ouvrages composés dans la même lakgue^ — 11 existe des répertoires où l'on s'est efforcé de réunir Tindicatioi:! de tous les ouvrages rédigés dans le même dialecte : par exemple en
1. Un certain nombre de « Bibliotliêques d'histoire littéraire locale » de tous les pays sont énumérées dans le Manuel de Bibliographie générale àe H. Stein; mais, lorsque le titre de ces ouvrages indique expressément qu'ils sont des « Bibliothèques d'histoire littéraire », ils s'y trouvent dans la section « Philologie et belles-lettres » (p. 293 et suiv.) ; lorsque le titre est vague, ou accuse nettement h; caractère composite du recueil, ils se trouvent dans la section a Sciences géographiques » (p. 342 et suiv.)
On n'a présentement de listes satisfaisantes des « Bibliothèques d'histoire Uttêraire locales » que pour les pays qui sont pourvus d'une bonne Bibliographie des bibliographies nationales, comme l'Italie (§98). Pour l'Espagne, v. Menéndoz y Pelayo, o. c, ï, p. 60 et suiv.
gallois (W. Rowlands. Cambrian Bibllography y containing an account of the books prinfed in the Welsh language... from the year 1546 to the end of the eighteenth century. Lianidloes, 4869, in-8; cf. Revue celtique, 1872 et 1875), en basque (J. Yinson, Essai d'une bibliographie de la langue basque. Paris, 1891, in-8. et Supplément. Paris, 1897, in-8; cf. Revue des Bibliothèques y 1892 et 1895), en tchèque, en croate, en finnois, en islandais, etc.
Les plus importants des recueils de ce genre sont consacrés à la littérature grecque moderne et à la littérature hébraïque. — Pour la littérature grecque moderne, consulter la Bibliographie hellénique ou description raisonnée des ouvrages imbliés en grec par des Grecs aux xv« et xvi« siècles (Paris, 1885, 2 vol. in-8) et la Bibliographie hellénique ou description raisonnée des ouvrages publiés par des Grecs au xvii*^ siècle (Paris, 1894-96, 4 vol. in-8) de E. Legrand; et NeosXXrivtxri ^iloloyloL, ou « Catalogue des livres imprimés en grec moderne ou en grec ancien par des Grecs depuis la chute de Constantinople jusqu'en 1821 » (en grec) de A. Papadopoulo-Vretos (Athènes, 1854-57, 2 vol. in-8), et de K.-N. Sathas (Athènes, 1868, in-8). — Pour la littérature hébraïque, voyez plus haut, g 92.
140. — Observons ici, comme précédemment (§§129 bis et 155), (lue les Dictionnaires de Biographie qui contiennent, entre autres choses, des notices bio-bibliographi(iues sur les principaux auteurs, et les Traités scientifiques d'histoire littéraire (jui comportent d'im- ]K)rtants développements bibliographie lues*, complètent ou remplacent parfois les répertoires proprement dits. — Or , il existe des Dictionnaires de Biographie nationale et locale et des Traités nationaux d'histoire littéraire.
Les grandes Biographies nationales donnent, sous le nom de chaque auteur biographie, une bibliographie de ses œuvres, inédites et imprimées. Dans ÏAllgenieine deutsche Biographie (Leipzig,
1. Et même les Encyclopédies (§ 10) où la hio-bihliograpliie littéraire occupe une large place. C'est ainsi que « l'absence d'un dictionnaire des autoui*s suédois est en partie compensé... par l'excellente Encyclopédie ïnliiuldc Nord isk Famiijebok, où rénumération des principaux écrits des auteurs suédois est consignée à leurs biographies respectives ». (B. Lundsledt.)
1875-1900, 45 vol. in-8), dans le Dictionary of national Biography (London, 1885-1900, 65 vol. in-8), dans VAppletons Cyclopœdia of American Biography (New York, 1887-95, 6 vol. in-8), dans le Biographisches Lexicon des Kaiserthums Œsterreich [de 1750 à 1850] (Wien, 1856-91, 60 vol. in-8), etc., on trouve des bibliographies (inégales, mais il y en a de très bonnes) des œuvres des principaux auteurs de la littérature nationale, ancienne et moderne, de l'Allemagne, de l'Angleterre, des États-Unis, de TAutriche, etc. — La France ne jossédc point de Biographie nationale, bien que la Nouvelle Biographie générale (g 129 bis), où elle est très largement représentée, « puisse presque tenir lieu d'une Biographie particulière à notre pays » . En revanche, il existe une quantité considérable de Biographies régionales , spéciales à des provinces, des \illes ou des départements français*.
Quant aux Traités et aux Manuels d'histoire littéraire qui ont une certaine valeur au point de vue bibliographique, comme la Geschichte der deutschen Litteratur (Berlin, 1894, in-8) de W. Scherer, la Geschichte der englischen Litteratur (Strassburg, 1893-1900, 2 vol. in-8) de B. ten.Brink et A. Brandi, V Histoire de la langue et de la littérature française des origines à 1900 (Paris, 1896-1900, S vol. in-8) publiée sous la direction de L. Petit de Julleville, la Storia délia litteratura italiana (Torino, 1887-91, 5 vol. in-8) de A. Gaspary, Vllistoria da litteratura portugueza (Porto, 2*^ éd., en cours de publication) de Th. Braga, la Sveriges Litteratur och
1. Voy. une liste des Riog^raphies régionales françaises, par H. Stein, dans h» Manuel de Bibliographie générale, p. 501-507. Cf. l'article a Biographie » de» la Grande Encyclopédie, par E.-D. Grand. M. G. Gavet [a. c, p. 759) annonce l'intention de publier prochainement une liste descriptive, par provinces, des principales biographies locales [de France].
Les Riographies étrangères sont énumérées par E. M. Œttingcr, Bibliographie biographique universelle. Dictionnaire des ouvrages relatifs à l'histoire de la vie publique et 2)rivée des personnages célèbres de tous les temps et de toutes les nations.... (Rruxelles, 1866, 2 vol. in-8); par L. B. Phillips, The Dictionary of biographical référence, together with a classified index of the biographical literature of Europe and America (London, 1889, in-8, 3" éd.): par II. Stein, o. c, p. 497-501 ; dans un bon catalogue officinal, la Bibliotheca biographica de Neubner [Kôln, 1889, in-8]; et au t. III (p. 1025 et suiv.) du Katalog der Bibliothek des deutschen Heichstages.
BIBLIOGRAPHIE DES SOURCES ORIGINALES. 10r>
Kofisthistona i utkast (Upsala, 1841, in-8) de C. J. Léristrôm,etc., la liste en est partout, notamment dans tous les bons catalogues de li\Tes de référence (§ 30).
Bibliothèques d'histoire littéraire corporative.
141. — Des corporations internationales telles que les Ordres religieux, ou locales telles que les Universités et les Académies, ont produit beaucoup d'écrivains. Des membres de ces corporations ont eu, de bonne heure, la pensée de dresser la liste de tous les écrits, inédits ou imprimés, composés par leurs confrères.
Quelques-uns de ces Recueils sont célèbres, à raison de l'importance historique des Compagnies qu'ils concernent, de leurs dimensions ou de leur valeur technique. Au premier rang : les Scriptores Ordinis Prœdicatoruvi recensiti (Paris, 1719-21, 2 vol. in-fol.) de J. Quétif et J. Échard, les Scriptores Ordinis Minorum (Romas 1806, iri-fol.) de L. Wadding avec le Supplément de Sbaraglia, la Bibliothèque des émvains de In Compagnie de Jésus (Paris, 1890- 1900, 9 vol. in-4) des PP. de Backer, refondue par le P. C. SommervogelS Y Essai de bibliographie oratorienne (Paris, 1880-84, in-8) du P. A. Ingold, la Bibliothèque sulpicienne ou histoire littéraire de la Compagnie de SaintSulpice (Paris, 1900, 3 vol. in-8) de L. Bertrand. — Il existe, dans les pays protestants, des Bibliothèques symétriques aux Bibhothèques d'Ordres catholiques ; ce sont des répertoires des livres publiés par les membres d'une secte ou d'une confraternité : Congrégationalistes , Quakers, Wesleyens, etc.*.
141 bis. — Les « bibliothèques » d'écrits publiés par les pro-
i. Voy. sur la bibliographie des écrivains de la Compafj^nie de Jésus, le Ccntralblatt fur Bibliothekswesen, 1889, p. 549-559. Cf. L. Delisle, dans le Journal des Savants, 1895, p. 108-17.
2. Voy. les bibliographies des bibliographies de J. Petzholdt, L. Vallée, II. Slein (p. 60). Aucun de ces instruments ne fournit la liste complète, à beaucoup près, des Bibliothèques d'histoire littéraire corporative, nous l'avons vérifié. Cf., pour l'Italie, G. Ottîno et G. Fumagalli, o. c, n. 770 et s., 4552 et s.
Les bibliothèques d'histoire corporative à cadre national (comme le Diccionario de escritores trinitarios de Espàna y Portugal. I. Roma, 1898, in-4) sont particulièrement nombreuses en Espagne.
fosseiirs et les étudiants d'une Université, ou par les membres d'une Académie, doivent être rapprochées des précédentes. Au premier rang, se placent les « Bibliothèques » des Universités de Moscou (Blografitcheskii Slovar professorov i prepodavatelei imp. Moskovskago Universiteta, 1755-1855. Moskva, 1855, 2 vol. in-8), de K\c\ (Bibl. Slovar prof, i prep. imp. Univ. S. Wladimir, 1854- 1884, p. p. V. S. Ikonnikov. Kiev, 1884, in-8), et de Saint-Pétersbourg (Bi6L Slovar prof . i prep. imp. S. Petersb. [Jmi;., 1869- 1894. Saint-Pétersbourg, 1896-1898, 2 vol. in-8), dont l'ensemble é([uivaut presqucî à une bibliographie de l'ancienne littérature savante de la Russie. — H y n "ne importante Bibliothèque des écrivains de l'Université d'Upsal, pour la période comprise entre 1872 et 1897, dans le Feslskrift publié par H. Geijer ù l'occasion d'un jubilé royal (Upsala, 1897, in-4). — R. Kukula est l'auteur d'un Bibliographisches Jahrbuch (1er deutschen Hochschulen (Innsbruck, 1892, in-8. 1. Ergànzungsheft. Innsbruck, 1893, in-8), qui contient la bibliographie des ouvrages publiés par les membres des Universités et des Écoles supérieures des pays allemands.
142. — Les anciennes « Bibliothèques d'auteurs ecclésiastiques » si nombreuses depuis Tri thème, ont été classées par J. Petzholdt, (pii en a donné la liste complète [Bibliotheca bibliographica, p. 476 et suiv.), au nombre des réi)ertoires de Bibliographie théologiqiie. Et il est vrai (pie les « auteurs ecclésiastiques » du moyen âge ont traité surtout de la matière théologique. Mais ils n'ont pas écrit seulement sur cette matière. D'autre part, comme les « auteurs ecclésiastiques » se sont tous servis, au moyen âge, de la langue latine (la (( langue des clercs ))), dont ils se servaient seuls, ces (( bibliothèques » sont en vérité des répertoires pour la littérature latine de cette é})0(}ue (cl", g 152). Les principales sont, pour des raisons diverses (qui ont été souvent exposées, notamment dans V Histoire littéraire de la France), celles de G. Gave, Scriptorum ecclesiasticomm historia Ulteraria, a Christo nato iisque ad sœculum XIV. Oxibrd, 1740-1745, 2 vol. in-foL); de L. Ellies Du Pin, Nouvelle Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques, contenant l histoire de leur vie, le catalogue, la critique et la chronologie de leurs ouvrages.... (Paris, 1695-1715, 19 vol. in-4); et de G. Oudin, Commentarius de
^criptoribus Ecclesiœ antiquis.., ad annum 1460 (Lipsiae, 1722, S vol. in-foL).
Bibliothèques de documents littéraires^ classés par genres.
143. — S'il est intéressant de grouper des renseignements bibliographiques sur les écrivains qui ont vécu dans le même pays, écrit dans la même langue ou porté la même robe, il l'est davantage de rapprocher, dans des répertoires spéciaux, toutes les œuvres du même genre qui ont été publiées, soit dans tous les pays, soit dans un pays, soit dans tous les temps, soit à une époque déterminée. De là, un nombre infini de Répertoires possibles de documents littéraires, classés « par genres », qui font exactement pendant aux Répertoires de documents non littéraires par catégories, c'est-à-dire aux répertoires d'obi tuaires, de cartulaires, de formulaires, de comptes, de « livres de raison », etc., dont nous avons parlé (§113).
144. — Les anciens bibliographes se sont attachés, en effet, à collectionner des renseignements bibliographiques (exemplaires manuscrits, éditions, commentaires) sur les œuvres des auteurs qui, pendant le moyen âge et depuis, ont écrit en un certain genre ou sous une certaine forme, par exemple en vers. Tel, pour n'en citer qu'un (qui n'a pas cessé d'être utile), P. Leyser, Bibliotheca poëtarum et poëmatum [latinorum] medii œvi (Magdeburgi, 1721, in-12). Toutes ces anciennes « Ribliothèques » de documents littéraires, par genres ou par sujets, étant énumérés avec le plus grand soin dans la Bibliotheca bibliographica de J. Petzholdt, nous n'avons pas à y insister.
145. — Plusieurs « bibliothèques » de ce type ont encore été exécutées de nos jours. — La plus célèbre, et la plus intéressante |)our les études historiques en général, est la Bibliotheca historica medii œvi. Wegweiser durch die Geschichtswerke des europàischen Mittelalters bis 1500* (Rcrlin, 1895-1896, 2 vol. in-8) de A. Potthast.
La première partie de cet ouvrage contient des listes méthodique et alphabétique des collections imprimées, générales et particu-
lières, où figurent des chroniques du moyen âge (« Samrnel- und Miscellanwerke der Geschichtsschreiber des Mlttelalters », p. iiicxLvii). La seconde partie est une liste alphabétique de toutes les œuvres historiographiques du moyen âge, avec indication des manuscrits, des éditions, des traductions et des commentaires ((( Sonderausgaben und Nachweis der einzelnen geschichtlichen Schriften des Mlttelalters in den angefûhrten Sammelwerken, alphabelisch geordnet. Nebst Uebersetzungen und Erlàuterungsschriften »). La troisième partie (Anhang) est une sorte de table méthodique, intitulée : « Quellenkunde fur die Geschichte der europàischen Staaten wàhrend des Mitlelalters » *.
Ce que A. Potthast a fait pour les Chroniques et les textes historiographiques du moyen âge l'a été, plus ou moins grossièrement : pour la littérature théologique dû même temps (H. Hurter, Nomenclator litterarius recentioris theologise catholicœ.,,y t. IV [Theologia catholica tempore medii aevi]*. (Eniponte, 1899, in-8); — pour la littérature hagiographique [Bïbliotheca hagiographica grseca seu elenchus vitarum sanctorum grœce typis impressarum. Bruxelles, 1895, in-8; Bibliotheca hagiographica latina antiquœ et mediœ œtatis. Bruxelles, 1898-1900, A-NA, en cours de publication'); — pour les chansons de geste (L. Gautier, Bibliographie des chansons
1. Sur le plan et rcxcculion de la Bibliotheca historica medii xvi, voy. P. Meyer dans la Bibliothèque de t École des chartes, XXIV, p. 513; A. Vidier, dans Le Moyen âge, 1896, p. 75; A. Holdcr-Egger, dans les Gôttingische gelehrte Anzeigen, 1898, 1.
Comparez, pour les chroniqueurs arabes : F. Wûstenfeld, Die Geschichtsschreiber der Araber und ihre Werke, dans les Abhandlungen der k. Gesellschaftder Wissenschaften zu Gôttingen, 1882, t. XXYIII et XXIX; et F. Pons- Boignes, Ensayo bio-bibliogrdfico sobre las historiadores y geôgrafos arabigoespaiioles (Madrid, 1898, in4).
2. De 1109 à 1555, les écrivains de chaque période sont classés, dans cet ouvrage, sous quatre rubriques : Theologia scholastica. S" Scriptura, Historia ecclesiastica. Theologia practica (Jus canonicum).
5. Ce recueil contient, par ordre alphabétique des noms de saints, le relevé des écrits relatifs à leur vie, rédigés en latin avant le xvi» siècle, qui ont été imprimés. Les éditions sont indiquées, et quelquefois les manuscrits, mais les compilateurs [Socii Bollandiani) n'ont pas a songé un instant à inventorier les travaux critiques publiés sur chacun des sept ou huit mille documents » dont ils donnent le relevé.
de geste, Paris, 1897, in-8); — pour les mazarinades (C. Moreau, Bibliographie des mazarinades. Paris, 1850-1851, 3 vol. in-8; cf. le Cabinet historique, t. XXII) ; — pour les anciens comptes rendus de voyages en Russie (Fr. v. Adelung, Kritisch-literàrische Uebersicht der Reisenden in Russland bis 1700 deren Berichte bekannt sind. Saint-Pétersbourg, 1846, 2 vol. in-8), en Espagne et en Portugal (R. Fouché-Delbosc, Bibliographie des voyages en Espagne et en Portugal, Paris, 1896, in-8), en Norvège (H. Pettersen, Travels in Norway. A bibliographical essay. Christiania, 1897, in-8), etc.
Chacun connaît le célèbre inventaire des œuvres d'imagination dans la littérature allemande, Grundriss zur Geschichte der deutschen Dichtung, de K. Gœdeke (Dresden, 1884-1899, 7 vol. in-8)S dont la 2® éd., continuée par E. Gœtze, est en cours de publication.
Il n'y a point de raison pour que des milliers de répertoires analogues, qui pourraient être utilement exécutés, ne le soient pas. Tous les groupes naturels de documents littéraires sont susceptibles d'être bibliographies de la sorte.
Répertoires d' «c incipit )>.
146. — Dans la plupart des « Bibliothèques de documents littéraires », anciennes et modernes, qui ont été convenablement dressées, on a pris soin d'indiquer les premiers mots (incipit) de chaque pièce; les incipit servent de signalement pour reconnaître et identifier les exemplaires nouveaux, anonymes et sans titre, qui pourraient être découverts. Le classement par ordre alphabétique (ïincipit s'impose, d'ailleurs, pour les pièces anonymes et sans titre.
Les principaux répertoires d'incipit (on dit aussi initia) sont ceux de K. Halm pour la littérature patristique en latin (Initia
i. Cf., pour les plus anciens monuments de la littérature allemande : J. Fath, Wegwetser zur deutschen Litteratur geschichte. I, Die atteste zeit bis zum 11 Jahrhundert. Wûrzburg, 1899, in-8.
librorum pairinn latinorum. Wien, 1865, in-8; cf. H. Stein, Manuel cité, p. 56), de W. Waltenbach pour les poésies latines prol'anes du moyen âge (au t. XV de la Zeitschrift fur deutsches Alterthum, p. 471-506), et de U. Chevalier pour les hymnes {Repertorium hymnologlcum. Catalogue des chants, hymnes, proses, séquences, tropes, en usage dans VÉglise latine depuis les origines jusquà nos jours, Louvain, 1892-97, 2 vol. in-8. Extr. des Analecta Bollandiana), — M. B. Hauréau avait formé un très vaste répertoire d'incipit, sur fiches, des poésies, des sermons, et d'autres documents littéraires en latin du moyen âge. Il l'a légué à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de Paris. Ce précieux instrument de travail n'est malheureusement pas en état d'être publié, l'auteur n'ayant pas tenu registre des manuscrits et des livTCS qu'il avait dépouillés et n'ayant pas effectué toujours ses dépouillements d'après la même méthode.
147. — Beaucoup de documents littéraires intéressants pour l'histoire moderne, et surtout pour l'histoire contemporaine, sont enfouis dans les immenses collections de la presse quotidienne. Mais, comme les publications des Gouvernements (§ 121), ces collections sont, présentement, à peu près inaccessibles. Faute d'instruments bibliographicpios appropriés, Fexjiloitation systématique des documents (|ui s'y trouvent est encore presque impossible.
Nous avons vu (Livre I*^% ch. ii) qu'il existe, dans presque tous les pays, des « Annuaires de la Presse » (qui sont des listes de journaux vivants), et, dans certains pays, des listes et des « bibliographies » de journaux morts (§g 49, 54, 64, 76, 82, 86, 89, 90). Il existe aussi des « Histoires de la Presse )) à cadre national, qui contiennent, entre autres renseignements, des énumérations de titres, comme la Geschichte des deutschen Zeitungsivesens von den ersten Anfàngen bis zur Wiederaufrichtung des deutschen Reiches {OldenhurQ, 1900, in-8) de L. Salomon ; quelques-unes sont des esquisses très sommaires, comme r//is/oire du journalisme en Autriche (Vienne, 1900, in-16) de E.-V. Zenker, publiée à l'occasion de l'Exposition ùniver-
selle de 1900. — Rien ne s'oppose, du reste, à ce que Ton exécute des répertoires analogues dont le cadre soit, géographiquement, plus restreint. Et même, c'est seulement lorsqu'on aura, pour chaque département français, un recueil du même type que celui de G. Lépreux pour le département du Nord [Histoire et hihliographie de la presse périodique dans le département du Nord, Douai, 1896, 2 vol. in-8), qu'il deviendra possible de dresser un inventaire vraiment complet de la, presse dans notre pays *.
Mais, à supposer que l'on possède un jour des « bibliographies » et des (( histoires » de la Presse vraiment complètes, rien ne sera encore fait si le contenu des collections de journaux n'est pas convenablement « entablé » (comme on disait jadis) ou indexé. Or le dépouillement intégral des collections de journaux est une de ces besognes bibliographiques qui ont l'air de dépasser les forces humaines. — Quelques journaux publient, chaque année, un index détaillé de ce qu'ils ont imprimé pendant l'année : le Palmers Index ta « The Times », l'index de la New York Daily Tribune (p. p. H. E. Rhoades), sont des modèles connus. Mais personne n'a osé entreprendre jusqu'à présent ni d'indexer tous les documents publiés, depuis leur origine, par les journaux d'un pays, ni même de rechercher, dans tous les journaux d'un pays, les documents d'un certain genre, ou sur un sujet particulier, qui s'y trouvent dispersés *.
1 . On peut encore limiter davanlagc, en superposant un cadre chronologique à un cadre géographique : telle, la Bibliographie des journaux parus à Paris de 1789 à 1800, au t. II de la Bibliographie de l'histoire de Paris pendant la Révolution française (Paris, 1894, in-4) de M. Tourncux.
Les monographies du type de celles de MM. Lépreux et Tourncux sont encore très peu nombreuses. En ce qui concerne la France, l'énuméralion qu'en donne II. Stein (o. c.,^ p. 319) paraît complète. Pour les autres pays, il faut recourir aux « Bibliographies des bibliographies » à cadre national (§ 98). Voyez notamment, pour l'Italie, Ottino et Fumagalli, o. c, n. 2016 et s., n. 5655 cl s.
2. Voyez cependant II.-H. B&ncToft, Literary industries (New York, 1891, in-8). M. Bancroft avait entrepris de dépouiller, d'après une méthode décrite dans cet ouvrage, les collections de journaux des États. du Pacifique (Far- West américain) pour en extraire a toute la substance historique ». Cf., à titre de curiosité, la monographie de G. Wissowa, Bihliographische Uebersichl des in Aachener Zeitungen (1815-90) enthaltenen localgeschichtlichen Materials (Aachen, 1894, in-8. Extr. du t. XVII de la Zeitschrift des Aachen, Geschichtsvereins.)