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BRANCHES SPÉCIALES ET SCIENCES AUXILIAIRES DE L'HISTOIRE

272. — Les bibliographies courantes de travaux relatifs aux branches spéciales et aux sciences auxiliaires de l'histoire sont énumérées ici suivant l'ordre précédemment adopté pour l'étude des bibliographies rétrospectives du même genre (p. 158).

Histoire religieuse.

273. — Pour l'histoire des religions de l'Antiquité, voyez plus haut (gg 248-251). — La Revue de Vhistoire des religions (Paris, XX, 1900) ne publie pas de relevés bibliographiques, mais une (( revue des livres » et « des périodiques » principaux.

274. — Les répertoires courants pour la Théologie sont très nombreux. E. Bratke, dans son Wegweiser précité (g 217), en a donné la liste (p. 164), ainsi que celle des « revues critiques » spéciales pour la Théologie et l'Histoire ecclésiastique (p. 197).

lOi INSTRUMENTS DE BIBLIOGRAPHIE HISTORIQUE.

Le plus considérable des a comptes rendus annuels » de Bibliofijra|)hic théologicjue, dont la section historique fait concurrence à la section « Kirchengeschichte » des Jahvesberichte (1er Geschichtswisseiischaff, est le Theologischer Jahresbericht de H. Holtzmann et G. Kriiger (Freiburg i. Br. et Braunschweig, depuis 1882, in-8)*.

D'autre part, la plupart des revues de Théologie et d'Histoire de l'Eglise (dont on trouvera la liste, arrêtée en 1891, dans le Uandhuch zur Litteraturherichten de J. Jastrow, p. 210-211) publient des relevés bibliographiques. Une des plus abondantes listes de titres est la Bibliographie (1er kirchengeschichtlichen Litteratiir (semestrielle) de la Zeitschrift fiir Kirchengeachichie (Gotha)'. — La Theologische Rundschau (Freiburg) s'est enrichie depuis avril 1899 d'une bibliographie trimestrielle cpii comprend les livres et les articles nouveaux sous les rubricpies suivantes : Théologie exégétique, historique, systématique et crilicpie. — La Revue d'histoire et de littérature religieuses (Paris, depuis 1896) publie irrégulièrement d'excellentes « Chroniques >> de « Littérature chrétienne », « scripturaire » « biblique ».

Le (( Bulletin » des Analecta BoUandiana (XIX, 1900) centralise les renseignements sur les publications hagiographiques du monde entier.

1. Voici les grandes divisions de ce répertoire analytique : I. Exegetische Théologie. II. Hislorisehe Théologie (I. Kirchcnp^cscbichle bis zum ISicânum, '2. Kirchengeschiclite vom Niciinuin bis zum Mittclalter. 5. Kircben^escliicbte des MiUelaltcrs, mit Ausscbluss der byzan(iniscben Litleratur. 4. Kirclicngeschichte von 1517-1648. 5. Kircbenp^cscbichto seit 1G48 und Allp^emeines. 6. Interconfessionnellcs. 7. Religionsjreschicbte;. III. Systematische Théologie. IV. Praktische Théologie tt. kirchliche Kunst.

^1. Dont voici les divisions : Allprcmeines. Vorgescbicbte. Aile Kirchcngeschichte. Aposloliscbes Zeitalter bis zur Alleinberrscbaft Konstantins. Bis zum Begimi des Millolaltcrs. Martyrer und lleilige. Mittelailer. Orientaliscbe Kirclien. Mônchtum und {illere Orden. llumanismus. Universitiiten. Schulen. Reformation und Gegcnreformalion. Sekten. Jesuitcn und neuere Orden. 19^' Jabrhundort. Lokalgescbicbte. Inncrc und aiissere Mission. Kircbenrccbt. Kultus. Prcdigt und Sitle. Hyninoioj,ne und Kirchenmusik. Bildendc Kunst. Dogmcngeschicbte. Symbolik

Histoire diplomatique.

275. — La Revue d'histoire diplomatique publie, depuis 1887, une (( Bibliographie » trimestrielle des livres et des articles nouveaux qui intéressent l'histoire diplomatique.

Histoire littéraire.

276. — Pour l'histoire des langues et des littératures orientales, classiques, romanes, germaniques, slaves, voyez les répertoires (( philologiques » (fg 250, 251, 254-256).

277. — Le plus considérable des recueils que l'on pourrait croire, sur la foi de leur titre, exclusivement consacrés à la bibliographie courante de l'histoire littéraire, est celui qui fut fondé en 1892, à Stuttgart, par J. EHas et M. Osborn : Jahresberichte fur neuere deutsche Litteraturgeschichte, Mais c'est, en réalité, un répertoire des travaux relatifs à la « Philologie » allemande, au sens le plus large de l'expression, depuis la fm du moyen âge jusqu'à nos fiàv^^ Il suffit de transcrire le plan de la publication, tel qu'il est dans le dernier volume paru (t. Vil)*, pour montrer que 1' « histoire littéraire )) proprement dite n'est pas la seule discipline qu'intéresse cet admirable instrument de bibliographie courante*.

1. Le tome VII, publié de 1898 à 1900, s'applique à la production de 1896; le tome YIII (pour 1897) est en cours de publication.

2. I. Allgemeiner Theil. 1. Litteraturgescliichte. 2. Gescbicbte der dcutschen Philologie. 3. Schrift- und Buchwesen. 4. Kulturgeschichte. 5. Volkskunde. 6. Die Litteratur in der Schule. 7. Gescliichte der neuhoclideutchen Schriftsprache. 8. Geschichto der Metrik. 9. Stoffgescbichte. 10. Gescliichte d«s Unterrichts und Lrziehungswesens. 11. Poetik und ihre Gcschichte. 12. Weltanschauungsgeschichte. 15. Musikgeschichte. 14. Kunstgeschichte.

II. Von der Mitte des 15. bis zum Anfang des 17. Jakrkutiderts. 1. Allgemcines. 2. Lyrik. 3. Epos. 4. Drama. 5. Didaktik. 6. Luther und die Reformation. 7. Humanisten und Neulatciner.

III. Vom Anfang des 17. bis ziir Mille des 18. Jahrhunderts. 1. Allgemeines. 2. Lyrik. 3. Epos. 4. Drama. 5. Didaktik.

lY. Von der Mille des 18. Jahrhunderls bis zur Gegenwart. 1. Allgemeincs : a) Litterulurgcschiclite, b) Politische Gcschichte, c) Memoiren und Briefwechsel, d) Die deutsche Litteratur und das Ausland. 2. Lyrik. 3. Epos. 4. Drama und

278. — Les Jahresberichte fur neuere deutsche Littérature geschichte n'ont d'équivalent dans aucun pays. Toutefois, les travaux récents sur l'histoire littéraire de la France, de l'Italie et des pays du Nord sont systématiquement enregistrés dans la Revue de l'histoire littéraire de la France (depuis 1894), le Giomale storico délia litteratura italiana (depuis 1885) et la revue Samlaren (depuis 1880).

Histoire des artç.

279. — Les principales des revues qui s'occupent des Beaux-Arts et de l'histoire des Beaux-Arts, dont on trouvera la liste dans le Katalog der Bibliothek der k, Akailemie der Kûnste zu Berlin (§ 226), publient périodiquement le relevé des travaux récents sur l'histoire des Beaux-Arts.

Le meilleur répertoire général est la liste classifiée de titres qui paraît, tous les six mois, dans le Repertorium fur Kumtwissenschaft (Stuttgart, depuis 1876)*. Cf. la «Bibliographie des ouvrages publiés en France et à l'étranger sur les beaux-arts et la curiosité » , semestrielle, dans la Gazette des Beaux-Arts (Paris)'.

Les répertoires spéciaux sont nombreux. — Pour ceux qui concernent l'art antique, voyez plus haut, §§ 250 et 251 . Le plus considérable est sans doute 1' (( Archàologischer Anzeiger » , annexe du Jahrbuch des k, deutschen archàologischen Instituts (Berlin, depuis 1886, in-4). Cf. la « Bibliography of current archaeological littérature )), semestrielle, de V American Journal of Archœology {^eyf York, depuis 1885).

Theatergcschichtc. 5. Didaktik. 5 a. Philosophie und Théologie des 18-19«° Jahrhunderts. 6. Lessing. 7. Herder. 8. Gœthc. 9. Schiller. 10. Romantik. 11. Das junge Deutschland.

1. Le cadre de la « Bibliograpliie » du Repertorium fur Kutistwtssenschaft a été plusieurs fois modilic. En voici les rubriques actuelles : 1. Théorie u. Teclinik, iËsthetik. 2. Kunstgeschichte. 5. Architektur. 4. Sculptur. 5. Malerei. 6. Graphische Kûnste. 7. Kunstgevverbe. 8. Topographie. 9. Sammlungen. 10. Ausstellungen, Yersammlungen. H. Versteigerungen. 12. Nckrologe. 15. Besprechungen.

2. En voici les rubriques : Archéologie, Histoire, Esthétique, Architecture, Peinture, Expositions, Sculpture, Gravure, Numismatique, Art appliqué, Curiosité, Mushjiic, Théâtre, Ouvrages didactiques. Biographies, Périodiques nouveaux.

Une Rassegna bibliografica deW arte italiana (Rocca San Casciano) a été fondée en 1898 pour analyser tous les mois les travaux publiés sur l'art italien en Italie et à l'étranger.

Histoire des sciences.

280. — Parmi les instruments de bibliographie périodique qui existent pour les sciences proprement dites, quelques-uns seulement réservent une place au compte rendu des travaux relatifs à l'histoire de la science. Nous ne citerons que ceux-là. Ce sont : pour les Mathématiques, la section bibliographique de la Zeitschrift fur Mathematik und Physik (depuis 1856), et le Jahrbuch ûber die Fortschritte der Mathematik^ ; — pour la Physique, le recueil intitulé : Die Fortschritte der Physik ira Jahre.., ; — pour la Chimie, le Jahresbericht ûber die Fortschritte der Chemie und verwandter Theile anderer Wissenschaften; — pour la Médecine, le Jahresbericht ûber die Leistungen und Fortschritte in der gesammten Medicin.

Histoire de la philosophie.

281. — Les travaux sur l'histoire de la Philosophie et la philosophie de l'Histoire sont analysés chaque année dans le Jahresbericht ûber sàmmtliche Erscheinungen aiif dem Gebiete der Geschichte der Philosophie, publié en appendice à VArchiv fur Geschichte der Philosophie de L. Stein (Berlin, depuis 1887, in-8); et sous la rubrique NovitàtenschaUy eine Bibliographie der philosophischen Erscheinungen des Jahres..,, dans le Philosophisches Jahrbuch de la « Gôrres-Gesellschaft » (Fulda, depuis 1888, in-8)*. Cf. U Année philosophique (Pms y depuis 1890).

1. Voy. aussi, ou surtout, pour la bibliographie courante de l'histoire des mathématiques, la Bibliotheca mathetnalica, p. p. G. Enestrôm (Stockhohn-Paris, in-8) depuis 1884, et le Bollettino di bibliografia e storia délie scienze matematiche^ p. p. G. Loria (Torino, in-8), depuis 1897.

1. Depuis 1893, la Revue néo-scolastique (Louvain) publie tous les trois mois un « Sommaire idéologique des ouvrages et des revues de philosophie ». C'est la Bihliographia philosophica de l'Institut international de Bibliographie de Bruxelles (ci-dessus, p. 15, note).

Histoire du droit public et privé et de la sciexice sociale.'

282. — Les bibliographies courantes d*ou\Tages de Droit sont indiqui^^s par E. Dramard, dans sa Bibliographie de la bibliographie générale du droit français et étranger (n. i 8(^-1 97).

Les travaux relatifs à l'histoire du Droit et des Sciences sociales sont signalés, en principe, à mesure qu'ils paraissent, dans VAllgemeine Bibliographie der Staats- und Rechtsivissenschaften d'O. Mûhlhrecht*, et dans la Bibliographia sociologica de TOffice international de Bibliographie de Bruxelles', qui sont des listes de titres. — L Année sociologique (publ. sous la direction de E. Durckheim, à Paris, depuis 1898) analyse les principales publications relatives à la Sociologie générale, à la Sociologie religieuse, à la Sociologie morale ou juridique, à la Sociologie criminelle, à la Sociologie économifjue, à la « Morphologie sociale », etc. La 1"^ année se réfère aux publications parues en 1896-97.

D'autres listes de livres et d'articles nouveaux relatifs à Fhistoir du Droit sont publiées dans des revues : la Nouvelle revue historique de droit français et étranger (Paris, depuis 1877); le Centralblatt fiir Rechtswissenschaft (depuis 1881 )5; la Zeitschrift fur Social und Wirtschaftsgeschichte (Weimar, depuis 1895); la Zeitschrift fur Litteratur und Geschichte der Staatswissenschaften Leipzig, depuis 1895).

1. Allgemeine Bibliographie der Staats- it. Rechtswissenschaften. Uebersicht der auf diesen Gebieten im deutschen und aitslândischen Buchhandel neu erschienetien Litteratur. Berlin, depuis 1869, in-8.

2. Office international de Bibliographie. Bibliographia sociologica, Sommaire méthodique des traités et revues de Sociologie et de Droite publié sous la direction de H. La Fontaine et P. Otiet (Bruxelles, depuis i895 sous sa forme actuelle, in-8).

7k Le Centralblatt fur Rechtswissenschaft a commencé en 1895 la publication d'un <L Ergânzungsband » intitulé : Juristischer Litteraturbericht, 1884 bis 1894, publié par A. v. Kirchenlieim (Leipzig, in-8), qui contient des tableaux méthodiques de la a littérature » des divei*ses branches du Droit, faits par des spécialistes. Les sections Rômisches Recht et Rechtsphilosophie, Vergleichende Rechtswissenschaft, Deutsche Rechtsgeschichte u. Geschichte der Rechtswissenschaft se vendent séparément. — La bibliographie courante du droit canonique est annexée à la Deutsche Zeitschrift fur Kirchenrecht (depuis 1861}.

BIBLIOGRAPHIE HISTORIQUE (COURAÎSTE). 199

Histoire de la civilisation.

283. — Le Zeitschrift fiir Kulturgeschichte (Weimar) publie, depuis quelques années, une « Bibliographie » annuelle, par G. Steinhausen : c'est une liste de titres*. Cf. L Année sociologique (g 282).

Histoire de la pédagogie.

284. — Les travaux récents sur l'histoire de l'enseignement et sur l'enseignement de l'histoire, principalement en Allemagne, sont analysés chaque année dans les Jahresberichte ûber das hôhere Schulwesen (Berlin, depuis 1886) de G. Bethwisch; le t. XIV, qui rend compte des travaux parus en 1899, a été publié en 1900. Gi'. la « Bibliography of éducation », annuelle, de Y Educational review (Londres, depuis 1890)*.

1. En voici les principales tUvisions : Allgemeine Darstellungen. — Einzelne Vôlkergruppen und Vôlker. — Siltlich-humane Entwicklung. — Geistesgenchichte (Erzicliungsgeschichie. Schrift wesen. Bucliwesen. Zeitungswcsen. Kalenderwcsen.). — Gefiihls-ii Gemûtsentioickliing (Aberglauben, Volksglauben, Mylhologie und Sagengeschichle. Yolkskunde.). — Soziale Entwicklung. — Sillengeschichte (Wohnung und Einrichtung. Waffen. Tracht. Wahrungs- u. Genussmittel. Gcselliger Vcrkelir, Spiele, Fcstc, Vergnûgungen. Namen. Inschrifl«;n. Stainmbucher. Briefe. Memoiren. Tagebûcber, Biographiecn. Testamente. Bcslattungu. Totenbrauche). — Wirtschaftsgeschichte (Bevôlkerung, Ackerbau, Grundbesitz, Agrarvcrbâitnisse. Waldwirtscbaft. Fiscberei. Gartenbau. Bergbau. Gcwcrbc. Iniiustric. Tecbnik u. Erfindungen. Handcl. Geld u. Finanzwesen. Besitzverbaltnissc, Ilausbalt, Prcise. Vcrsicherungswesen. Verkebrswesen, Reisen, Enldeckungen. Sicberbeitswesen. Gesundbcitswesen. Plïanzcn u. Tbiere).

On voit ce que G. Steinbausen entend par « bistoirc de la civilisation » ; «l'autres disent c( Yolkskunde » (ci-dessus, p. 186, en note). C'est un très vaste domaine, sans unité, qui toucbe à l'etluiologie, à l'Iiistoire des arts, des littératures, des religions, de la pbilosopbie, de l'économie, etc. — La Zeitschrift fur Kulturgeschichte s'intéresse à l'a bistoirc de la civilisation », ainsi définie, dans tous les temps et dans tous les pays.

'2. Comparez, pour les travaux relatifs à l'enseignement et à la méthodologie <Ies sciences historiques parus de 1888 à 1895, la « Bibliographie » rétrospective de (i. Beckmann, dans Festgabe zur Versamnilung deutscher Historiker in Miinrhen, Ostern 1805. Freiburg i. B. et Leipzig, 1803, in-8. (Appendice au t. X de la Deutsche Zeitschrift fiir Geschichtswissenschaff.)

Sciences auxiliaires de l'iiistoire.

285. — Pour la bibliographie courante des sciences auxiliaires de rhistoire orientale, grecque et romaine, voyez plus haut, gg 250, 251. — R. Gagnât publie, depuis 1888, U Année épigraphique, revue des j^^^l^^f^^^ons épigraphiques relatives à V antiquité romaine^ dans la Revue archéologique, et à part.

286. — Les travaux relatifs h la Paléographie, à la Chronologie et à la Diplomatique du moyen âge sont enregistrés dans les Jahresberichte (1er Geschichtswissenschaft^ (§ 243). En outre, des revues décennales de ces travaux sont présentées aux « Congrès bibliographiques internationaux » de la Société bibliographique de Paris*.

287. — La Revue numismatique (depuis 1883) et la Rivista italiana di numismatica (depuis 1886) donnent la bibliographie courante de la numismatique ancienne et moderne.

288. — Une section est réservée à 1' « Historischc Géographie » dans la Bibliotheca geographica publiée , sous la direction de 0. Baschin, par la « Gesellschaft fur Erdkunde » de Berlin; le t. P"" (Berlin, 1895, in-8) de cette publication, qui fait suite à la « Bibliographie » annuelle (disparue en 1890) de la Zeitschrift der Gesellschaft fiir Erdkunde, contient l'énumération des travaux de 1891- 92. — Dans le t. XVlll (Gotha, 1895, in-8) du Geographisches Jahrbuch, on a fait place, pour la première fois depuis la création de ce célèbre répertoire de Bibliographie critique, à la « Litteratur zur Geschichte der Erdkunde » (p. 1-60). — Enfin on trouve des renseignements sur la géographie historique et l'histoire de la géographie dans le « Litteraturbericht » (muni d'une pagination séparée depuis 1884) des Mitteilungen de A. Petermann, ainsi que dans la

1. Il y a aussi, nous l'avons vu, une section « Schnflkunde » dans VOrientalische Bibliographie^ une section « Palaeogra])liie und Handscliriftenwcscn » dans le Kritischer Jahresbericht ûber die Forlschritte der romanischen Philologie^ et "une section « Schrift- und Buchwesen » dans les Jahresberichte fur neuere deutsche Lilteraturgeschichle.

2. Congrès bibliographique international, 1878, p. 607-627; M. Prou, Paléographie et diplomatique de 1888 à 1897 (Paris, 1899, in-8). Exlr. des Procès-verbaux du Congrès de 1898.

(( Bibliographie » annuelle des Annales de Géographie (Paris, depuis 1891, in-8).

289. — La bibliographie annuelle de la littérature biographique (Uebersicht der Bibliographie der biogrdphischen Littérature par J. Luther) se trouve dans le Biographisches Jahrbuch (Berlin, depuis 1897).

290. — Des ouvrages existent, que vous auriez plaisir ou profit à connaître; ils sont cependant, pour vous, comme s'ils n'existaient pas, si vous n'avez pas l'occasion, ou le moyen, d'en apprendre l'existence.

Comment faire pour que le public soit en mesure de s'informer, rapidement et sûrement, des ressources de toute espèce qu'offre l'énorme bibliothèque accumulée par les écrivains de tous les temps et de tous les pays, c'est-à-dire le patrimoine scientifique et littéraire de l'humanité? Comment aménager ce patrimoine, de manière que tous les intéressés en jouissent aussi complètement et aussi confortablement (pie possible? Tel est l'énoncé le plus général du « problème bibliographicpie ».

Quelles sont les sources et les travaux modernes à consulter sur n'importe cpiolle cpiestion d'histoire? Tel est le problème spécial de la Bibliothècpie historique.

291. — Les instruments de Bibliographie générale et de Bibliographie historicpie, destinés à fournir ou à faciliter la solution de ces problèmes, aj)[)artiennent tous à une des trois grandes familles de répertoires que l'on distingue à première vue : les répertoires dressés par des bibliothécaires })our les besoins domestiques des bibliothèques, soit publiques, soit privées; les répertoires commerciaux [trade-hibliographies], publiés pour les besoins du commerce des livres ; enfin les répertoires composés par des bibliographes, avec des intentions scientificpies ou pédagogiques, en vue de renseigner le public studieux.

1. Cette Conclusion a été publiée en partie dans un article de la Grande Jievue [{"' octobre 1900], qui contient, en même temps, d'autres considérations.

292. — I. C'est aux bibliothécaires qu'il appartient, nous l'avons vu (g 27), d'employer la vraie méthode pour inventorier l'immense amas stratifié de la littérature publiée depuis l'invention de l'imprimerie, et de doter chaque pays d'un Thésaurus typographicu^ national, aussi complet que possible.

D'autre part, quoique la Bibliothéconomie et la Bibliographie soient des domaines indépendants (§ 21), de nombreux Catalogues de bibliothèques servent d'instruments bibliographiques. Il est très commode d'avoir, à défaut d'une bibliographie miltohienne ou d'une bibliographie shakespearienne, les articles « Milton » et « Shakespeare )) du Catalogue des imprimés du Musée britannique, où sont mentionnés tous les ouvrages de ou sur Milton et Shakespeare que . possède le Musée, — car le Musée les a tous. La Bibhothèque royale de Berlin et les bibliothèques universitaires de Prusse achètent tous les livres importants qui paraissent dans le monde; leurs acquisitions sont faites, pour toutes les spécialités, avec une compétence et une prudence consommées : le Catalogue de leurs entrées est donc, comme nous l'avons indiqué (§ 28), le plus riche et le, plus sûr des répertoires annuels de Bibliographie universelle. Mais ce sont surtout les catalogues méthodiques de bibliothèques spéciales qui valent des bibliographies, si ces bibliothèques sont belles et judicieusement tenues au courant. Nous avons cité plusieurs bibliothèques spéciales dont l'inventaire équivaut à une bibliographie. Une bibliographie est-elle autre chose, après tout, que l'inventaire d'une bibliothèque idéale?

Puisqu'il en est ainsi, il semble que les publicistes (surtout anglais vl américains) qui réclament, comme un des procédés les plus eflicaces pour la simplification du matériel bibliograi)hique, la spécialisation des bibliothèques . publiques, n'aient pas tort. — Dans les capitales de l'Ancien et du Nouveau Monde, il existe actuellement : [^ des bibliothèques dont l'ancien fonds est composé de livres de toute espèce et (jui acquièrent indifteremment des nouveautés sur tous les sujets; 2<* des bibliothè({ues où l'on ne trouve que des ouvrages d'un certain genre, mais qui possèdent et acquièrent, en principe, tous les ouvrages de ce genre. C'est ainsi qu'a Paris la Bibliothèque nationale, la Mazarine, l'Arsenal et Sainte-Geneviève sont

tU'n U'tUlÏ4Mih\tu^ '^M'rAi'y^, taudis «jue Carnavalet est une LiblioiUi'iimt h\HHTélii (\ttmr l'histoin; df l'arisj. On |iro|iose de conserver, danh vh'4i\ui*. vi)l<f d<' \tr**tuu'r ordre, uïh' liibiiothèque jrénérale qui, i'oumui par Ut |iasM% «ffnina^asirM'ra la totalité de la production natioluilit (é'u vertu du l>«'*|M*it léfjal), avec la fleur de la production étraniti'rt^ «d de diniTr*iiei<'r lr*s autres. O'Ia s'est fait najnière à Chicago, <'l ailleurK. Autant de liihliothèf|ues «pie de sciences. Des bibliothèques ronipl^ti'K, dont l«*s eatalo^iues et I<*s registres d'entrées, descriptifs f'L nn.'ihtiipji'K, nujnis dctaldcs et d'index, soient vraiment des instru- UK'ntH de bihiiographiif rétrospective K courante. On ajoute : « L'avenir d<*h éluden dé|M*nd |MMjtH'tn; de la réalisation de ce programme; car un jour viendra où, i\iwlU'. qu(î soit la perfection des appareils hihlio^raphicpies, si Ton n'avait pas sous la main, matériellement réunis, tous les livres né(!(»ssaires, les encjuétes s'allongeraient au point (le (roiiKunuT la \'w. » Le sim|)](^ bibliographe ne peut, en effet, ipie vous inlonner i\v rt^xisti^net^ des documents : ii vous de les colliger; «'luicun sait ce qu'il en coiMi^; il en coiltera toujours plus. Le lùhlioj^raphe-liibliolhéeaire trancht^ la difficulté, puisqu'il est en état (le (lire : a Les doennients, les voici. »

293. - - II. Les liliraires et les associations de libraires ont composé el eoniposeiil, dans l'inlérét du conunerce des livres, ([uantité de réprrloircs. ^(Mls avons conslaté les services (pie les maisons Hinrichs, LcNpoldl, elc, oui rendus et rend(»nl, par buirs publications biblio- •;raj»biipies. »^ la Ilibliograpbie. Il S(»rait facile d'écrire, en })endant à la brocbnre. pn^eih'H», dt» 0. Miiblbrecht, Die Bibliographie im lUcnstc (/es Huchhaiulrls, un mémoire intilulé : Dev Buchhandel im nit'iist(' ticr HihliotfraithieK

(lependanl la plupart di*s Calalogui^s et des Journaux de la librai-

I. Il ii'osl (»«s jus(|iraii\ sim(»los lihrairios i\c livrt^s tl'oi*casion dont certains ralMli^iios siuViaux uo toiinoiit irulilos iv(HMioiivs bibliiïjrraplùques. J. Petzholdt ;i |»riN Mtiu iriiuliqiUM-, ilaiis sa Ih'biiotht'cu lu'blÙHfraphira. les catalo^es do it? >;omv qui soûl a»u>ido»ablos cl ivilijros viviv s<»iu. Cf. E. Itratke. o. c, p. 208 ri sui\. Niuis ou «\ous iKms-iuôu»o sijrualo plus haut quelques-uns Quaritch. IliOpli, Noul»uci\ NYeij^'L oU/. le Centiolblatt fiir Bihltotheksitesen en donne. »l.uiN iluuuu lie ses uuuieix^. uue l»il>lu»4:raplùe eouraule. el plusieurs rerues deiiulilum puMieul ivjiulièivuieul lu lisle des Antit/uarisehe Kataloge qui jMfi'i-i'vM'iit Umu* spèvialilé.

rie sont considérés comme insuffisants par des écrivains autorisés; nous avons dit pourquoi (g 42), et comment ces écrivains proposent de les remplacer. Si la législation du Dépôt légal était mieux conçue, plus sévère et plus rigoureusement appliquée ; si partout, comme en Italie, l'administration officielle du Dépôt légal publiait périodiquement, sous sa responsabilité directe, la liste des ouvrages déposés ; s'il lui incombait de munir ces listes de tables et d'index appropriés, — le travail d'enregistrement de la production courante, dont les libraires et les associations de libraires se sont chargés jus([u'ici, tant bien que mal, serait, au sentiment des experts, beaucoup mieux fait qu'aujourd'hui.

On demande aussi que la législation du Dépôt légal soit uniformisée dans tous les pays et que des services d'échanges, réglés par dos conventions internationales, soient assurés administrativement.

294. — m. Le métier de bibliographe consiste à grouper, a décrire et à classer des ouvrages i\m ont des caractères communs, afin d'en faciliter la connaissance et l'usage. Des centaines de s})écialistes, dans le monde, s'emploient à cette besogne ingrate. La « littérature bibliographique », qui se compose de leurs travaux, est aujourd'hui d'une abondance surprenante. Grâce à eux, quoiqu'il n'y ait pas encore réponse à tout, il est déjà difficile qu'un ouvrage inipor-, lant échappe aux intéressés, s'ils veulent bien prendre la peine de se servir des moyens d'information qui existent.

La littérature bibliographique est très variée. En effet, les caractères (ju'il est plus ou moins légitime d'adopter comme principes de sélection et de groupement sont innombrables ; et les divers « instruments de bibliographie méthodique », ayant été, pour la plupart, fabriciués au fur et à mesure des besoins, par des gens (jui n'avaient aucune notion d'un plan d'ensemble idéal, se présentent sous une l'oule d'aspects.

Mais des distinctions s'établissent aisément entre les recueils qui se prétendent « complets » et les ré[)ertoires dits « de bibliographie choisie » , — entre les bibliographies « critiques » ou « raisonnées » et celles qui ne le sont pas, — entre les entreprises individuelles et les entreprises collectives.

295. — A. Le cas le plus simple est celui des recueils dont les

20*1 INSTRIMEMS KIBLlolJiAPHiurES.

autours s<î sf)ul j»ro|M»s<* di* rass4»mMiT les lilrt'S de tous les écrits qui prési'iilnit une piirti<'ul«irilé coniniuiie, notaniment celle de traiter le mC'TïU' sujet, ou le nirnie ordre de sujets. Il y a des personnes donl l'esprit est ainsi t'ait «pfelles aiment mieux recueillir et classer les titres des \i) à 15 (MM) ouvraj:es qui ont [«ru sur Jeanne d'Arc (par exemple) que d'en éerire un nouveau, ou même d'en lire aucun. Or, même s'il ne lit rien (re qui se voit), le bihlio<;raphe qui « fait > ainsi, connue on dit, o la l)ilili<»«;rapliie » d'un sujet a des chances pour réunir sur C(î sujet plus de renseifrnements (ju'il n'y en aurait dans un (latalo^ue universel à la mode de l'Institut international de Hibliojrraiiliie de Hruxelles (g 10); car les sources employées pour constituer le Catalo^nie universel sont banales : le premier soin du spécialiste cpii s'inléresse l\ Jeainie d'Arc sera d'y puiser ce qui la concerne, el la passion instinctive du collectionneur le conduira ultt''rieuremcnt, pour enrichir ce premier tonds, sur la piste de raretés qui auraient «rhappé sans doute aux fabricants indifférents et surmenés de rUncyclopédie J)iblioj:rapln(|ue. Il est donc très heureux cpie (les bonnnes de bonne volonté se rencontrent pour se consacrer h (les coileclions de ce genre*.

Les recueils de ce p'ure — recueils de titres, plus ou moins ralionnelienieiit classés, — sont, du reste, des instruments de

I. Il s'«'ii l'iMuonlro bcaunuip. Mais on aurait tort de croire, pour cela, que la lirolo^ioii «le eolIiM-'lioiiiieur «le litres soit facile ou a{?réable. Comme tant d'autres uK'licrs in«'Main«iues, InnnMes et sans joies, elle exipe un apprentissage et (tes «pialiles «l'esprit, beaucoup «raclivité. «le patience, d'industrie et d'attention. L»» preini«'r venu, armé de iiclies el de cis(îaux. ne peut s'improviser bibliographe. ni«'m«' s'il n«' s'affit «pie de transcrire ou de découper des tilres et de les distribuer <lans l«'s cadn's (run«' classilicalion préalablement établie : les bons indexera soiil aussi ran's «pw les bons comptables (Voy. 11. B. Wbeatley, What is au linh'jy A l'rir notes on indrjrs and indeacrs. London, 1879, in-8). A plus rorl«' rais«ni s'il sajfit d'établir, en ouln'. les eadres d'une classification et d«' réunir «l«' pi'«'miére main d«'s matériaux disp«'rsés. Voyez, à titre d'exemple, les obs«'rvalions «!«• M. llarrisse sur !«• cas d«' M. Duro, dans la Revue critique d' histoire et de littérature, 181)5, 1, p. '2ti7 et s. r- Les collectionneurs d«' titres n'«)nl ^niére. d'ailleurs, d'autre récompense à attendre «pic les critiques «Mnpres«<e«'s tie c«mix «pie le basani met en mesure de l«'s convaincre d'omissions ou «terreurs; or. b's <unissi«Mis et l«'s erreurs sont inévitables; il y en a même. nécessairement, «l'autanl plus «pu; le bibli«»jLrrapbe s'est attaqué à une entreprise fdns va>lc, el, par couséqueul, v^l^^^s ^jénible.

recherche grossiers : en effet, il est inévitahle qu'ils fournissent l'indication d'une foule d'opuscules sans valeur, sur la foi de leur titre*, et ne mentionnent pas du tout les ouvrages de premier ordre dont le titre est général, ohscur ou peu explicite. Si, comme la Biobihliographie et la Topo-bibliographie de M. U. Chevalier, ils s'appli- (pient à de très vastes ensembles, il est impossible qu'ils soient exécutés autrement que par des procédés très primitifs et sans discrimination. ^'éanmoins l'exemple des Répertoires de M. U. Chevalier est, justement, excellent pour prouver que, si imparfaits qu'ils puissent être, les instruments de ce type ne laissent pas d'avoir du prix.

295 bia. — Les recueils les plus immédiatement utiles parmi ceux où l'on vise à ne rien omettre sont sans contredit ceux qui ont trait ?i la production courante : les « Comptes rendus » méthodiques qui présentent, à des intervalles réguliers, le tableau des publications parues, dans le monde, sur un ensemble de sujets ou sur un sujet donné. Ils affectent, nous l'avons vu en étudiant ceux qui intéressent l'histoire (Livre II, ch. iv), des dispositions diverses, depuis la liste de titres classifiés (avec ou sans l'indication, sous chaque titre, des analyses critiques dont l'ouvrage a été l'objet) jusqu'à l'exposé littéraire des progrès de la science sur le point considéré a d'après les travaux récents ».

296. — B. Entre les «bibliographies complètes » et les bibliographies (( choisies », la différence essentielle est indiquée par les éj)ilhètes mêmes ({ui servent à les désigner. — Tous les auteurs de bibliographies choisies négligent, de propos délibéré, les ouvrages

1. Quelquefois mal compris. Pour montrer à quel point les collections de lihes, faites à la mécanique, sont des instruments imparfaits, il suffira de rappeler quelques méprises, entre mille : un opuscule zoologiqiic a sur les cocpiilles de Saint-Jacques » classé dans un répertoire d'écrits relatifs aux pèlerinages de Terre Sainte; une Bibliographie der deiitschen Mundarten, classé»* sons la rubrique « Art dentaire » dans une Bibliographie des bibl logera phies médicales: un écrit obscène cité sous la rubrique c( Abailard » d'une Bio-hihliographic du moyen âge.

C«*. sont des mésaventures pareilles qui ont fait dire à G. Fumagalli : « Non si deve couvert ire la bibliografia in un' arte meccanica di trascrivere froutespizi e di ordinare schede, né basta stendere un elenco di libri per dargli il nome di bibliogralia... » [liivista délie biblioteche e degli archivi, YI, p. 130.)

(]iii leur paraissent inutiles, insignifiants ou périmés, lis sont donc obligés déjuger et, par eonsétjuent, d'avoir « lu ».

Mais il y a uu moins deux sortes de bibliographies choisies.

Les unes s'adressent au grand public, comme ces « listes de li\Tes a lire » (Reading lists on...), d'un caractère élémentaire et, pour ainsi dire, pédagogi((ue, (|ui se publient par centaines en Angleterre et aux Étals-Unis (§ 15).

Les autres — comme les recueils oîi, en principe, rien n'est omis — s'adressent aux gens d'étude.

297. — Les bibliographies choisies et critiques, à l'usage des gens d'étude, sont, en général, très supérieures à des bibliographies complètes. Faut-il répéter que les 50000 fiches sur Dante et les ] 5 000 fiches sur Jeanne d'Arc d'un Catalogue universel ou d'une Bibliographie complète ne valent pas, pour les commençants, ni même pour les savants, un inventaire raisonné de ce qui a été écrit d'utile sur Dante et sur Jeanne d'Arc (§ 6)? La majeure partie de la production ancienne est. Dieu merci, annulée, parce que la substance en a été incorporée dans les ouvrages récents; elle ne fait plus qu'encombrer. — Les répertoires du tvjKî de la Quellenkunde.., de Dahlniann-Waitz-Steindorfl*, oîi sont énumérés les instruments de travail généraux, et, sur toutes les (|uestions, les monographies iinj)ortantes, conviennent très bien aux étudiants, et fournissent aux j)his habiles les Hls conducteurs qui leur permettent de remonter promptement, de rérérence en référence, jus({u'aux renseignements bibliographiques les plus spéciaux dont ils peuvent avoir besoin. Il a été expliqué plus haut (g 175) de quelles améliorations les répertoires du type de la Quellenkimde sont encore susceptibles.

298. — Los bibliographies tant « complètes » que « choisies », sont aujourd'hui si nombreuses qu'il a fallu renoncer à en dresser des listes satisfaisantes (§ 97). En particuher les bibUographies « clioisies » sont, à la lettre, innombrables, car il ne serait pas sensé de considérer seulement, comme telles, celles qui ont été publiées à part, sous forme de nomenclatures ou de dissertations indépendantes : l'habitude très louable s'est répandue, de nos jours, de joindre à tous les traités et à toutes les monographies scientifiques des introductions ou des ejccursiis non seulement « sur les sour-

ces )) (g 152), mais « sur la littérature du sujet », qui pourraient être détachés et (jui sont, en vérité, des opuscules bibliographicpies. On publie, chaque année, une certaine quantité d'opuscules bibliographiques isolés, — à l'état nu, pour ainsi dire; mais une foule d'opuscules analogues (parfois plus étendus) sont imprimés, chacpie année, comme préface ou en appendice à des livres proprement dits. Sur n'importe quelle (|uestion, on peut composer soit un livre, soit une « bibliographie », soit les deux. En fait on compose, le plus souvent, l'un et l'autre, en même temps. C'est pourquoi toute (( Bibliographie » générale « des bibliographies » est déjà et sera toujours de plus en plus, ainsi (pie nous l'avons dit, une chimère au même tilre, et pour les mêmes raisons, que le Catalogue universel.

Il l'aut même renoncer îi posséder jamais une liste complète de toutes les monographies bibliographiques qui intéressent l'Histoire. H serait possible, à la rigueur, d'énumérer toutes celles qui ont été publiées à part ; mais ce serait un trompe-l'œil, puisqu'il en existe réellement bien davantage, dans les livres (jui, sans être des « bibliographies » proprement dites, comportent des excursus bibliographicpies importants.

Il serait donc déraisonnable d'entreprendre une « Bibliographie » générale « des bibliographies historiques » ; mais il est très légilime de composer des listes ou des bibliographies spéciales de certaines catégories de bibliographies liistoriques, par exemple de celles (pii intéressent l'histoire d'une nation, d'une région, d'une discipline. Dans cette IVemière Partie du Manuel, nous avons essayé de n'omettre aucune de ces Ustes spéciales qui existent à présent; elles sont encore, malheureusement, assez rares; on sera sûrement conduit îi en faire, à l'avenir, un grand nombre.

299. — C. Si abondante (jue soit la littérature bibliographicpie, nous avons eu l'occasion de signaler plusieurs desiderata , h coté d(î doubles emplois. C'est que, pendant longtemps, le travail n'a pas été méthodi(piement organisé.

Les plus vastes collections bibliographiques de toute esj)èce étaient exécutées naguère par des compilateurs, (jui se faisaient aider tout au plus par des élèves ou des amis. Ni division du travail, ni coopt»-

210 INSTRIMENTS BIBLIOGRAPHIQUES.

ration. Mieux vaut la devise contraire : spécialiser les recherches, coordonner les efforts.

Spécialiser les recherches. — Il est évident a priori, et confirmé par Texpérience, que plus le plan d'une entreprise bibliographique est étendu, moins il y a de chances pour qu'elle soit exécutée comme il faut. Beaucoup de (|uestions historiques ont été bibliographiées avec élégance et précision ; point de bibliographie de l'histoire universelle qui ne foisonne d'inexactitudes (§ 165).

Coordonner les efforts. — Les travaux de bibliographie critique (qui sont, en quelque manière, des travaux d'art) seront toujours réservés à l'initiative individuelle des savants, qui, seuls, sont capables de les effectuer; on ne peut que rechercher les moyens d'en 'empêcher la « duplication » accidentelle*, et de les juxtaposer pour la i)lus grande commodité du public. Mais, pour les travaux purement matériels de collection et d'enregistrement bibliographiques*, qui sont si lourds, la coopération s'imj)Ose. Ici, comme dans l'industrie moderne, l'individu réduit ii ses propres forces est impuissant, quelle que soit son énergie, à rivaliser utilement avec des Sociétés organisées (§ 259). Des établissements riches et permanents, tels que les Académies, les Universités, les Sociétés savantes, les grandes Revues scientifiques, qui disposent d'un corps de collaborateurs habiles, disciplinés, encadrés par des hommes capables d'assigner à chacun sa besogne et d'en surveiller l'exécution, sont seuls en mesure, désormais, de conduire secundum artem, et longtemps, des services bibliographiques d'intérêt général. Encore a-t-il été reconnu qu'une Compagnie, si opulente qu'elle soit, n'en saurait venir à bout avec ses propres ressources, en certains cas : la Société royale de Londres, après avoir fait exécuter, sous sa direction et à ses frais, le Catalogue des travaux (papers) publiés au xix*^ siècle dans le domaine des sciences proprement dites, a du solliciter, pour la continuation de

1. A la coiiférenco annuelle de V American Lihrary Association, tenue en 1899 à Atlanta, il a été décidé de mettre à l'étude les moyens propres à empêcher c( la duplication des travaux bibliographiques ».

2. Recueillir, vérifier, classer des titres ; analyser les ouvrages dont le titre ne fait pas suflisamment connaître le contenu; recueillir, pour chaque ouvrage, rimlication des comptes rendus utiles dont il a été l'objet, etc.

cette œuvre à partir de 1900, le concours des Gouvernements et des Sociétés savantes du monde entier. — En ce qui concerne les sciences historiques, c'est en Allemagne que la méthode coopérative a été employée, jusqu'à présent, avec le plus de succès. Dans tous les pays, les hommes d'étude sont tributaires des « Comptes rendus » annuels dont les bibliographes allemands et leurs auxiliaires étrangers ont dès maintenant pourvu, sous les auspices de Sociétés allemandes, la plupart des spécialités historiques.

300. — Il va sans dire que les instruments bibliographiques les plus parfaits n'ont jamais conféré à personne l'érudition que procure seule une longue intimité, personnelle et directe, avec les livres. Le cerveau d'un homme qui a beaucoup lu est un répertoire d'une complexité, sinon d'une précision, sans pareille. Rien — aucun index — ne remplace l'expérience bibliographique que les érudits acquièrent en travaillant pendant des années sur des questions spéciales, dont ils jouissent, qu'il n'est pas en leur pouvoir de communiquer et qui meurt avec eux. — Les instruments bibliographiques ne dispensent pas de l'effort. Mais ils font gagner du temps.

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