‹ Manuel de bibliothéconomieChapitre 50 sur 114 · TT · texte numérisé non relu

TT

logue, feuillet qu'on peut toujours, en cas de besoin, faire suivre d'un second ; de cette façon chaque auteur est indépendant de ceux qui le précèdent ou le suivent et l'on ne risque plus de voir des pages du catalogue surchargées à l'excès. Au fond,ce système part du mème principe que le catalogue sur fiches, avec cette seule différence que ce dernier, faisant un pas de plus en avant, altribue, non plus seulement à chaque auteur, mais à chaque œuvre du même auteur, une feuille séparée. Pour le reste, toutes les règles formulées précédemment au sujet des autres catalogues s'appliquent également à celui-ci et il est par conséquent inutile d'y insister. Il faut surtout apporter la plus grande attention à ce que les titres soient écrits d'une manière parfaitement lisible, que les noms d'auteurs se détachent distinctement, que le papier soi bon et la reliure solide, afin de prévenir une trop rapide détérioration, enfin que le format soit un in-f° facile à manier et de dimensions telles que l'on puisse d'un coup d'æil parcourir chaque page et feuilleter sans peine les volumes. L'adoption à peu près générale aujourd'hui du catalogue sur fiches dans les bibhothèques est de date relativement récente. Il n'y a pas bien longtemps que prévalait encore partout l'opinion exprimée per Perzuopr dans son Caléchisme que la transcription des titres ser feuilles ou fiches séparées ne devait avoir d'autre but que ds servir à la confection des catalogues en volumes. Le célèbre bibliothécaire considérait le catalogue sur fiches comme incoæ mode et long à consulter, et partant de ce principe qu'un catslowue est fait nou seulement pour rendre possible, mais facile et expéditive la recherche des livres, il gardait toutes préférences pour le catalogue en volumes, et conseillait de chercher, sous aucun prétexte, à s’épargner le travail et dépenses qu'exige la confection de ce dernier. Toutefois il aj qu'il ne fallait pas, une fois tous les catalogues en volumes minés, regarder les fiches comme n'ayant plus aucune valeur & s'empresser, ainsi qu'on le fit dans différentes bibliothèques, procéder à leur destructiou; il considérait cette manière de f comme irréfléchic et par conséquent déraisonnable. Même à des catalosues reliés, les cartes, disait-il, conservent tou) leur valeur propre; non seulement elles peuvent, si le s'en fait sentir, jouer le rôle de second exemplaire du ca

systématique, mais encore et surtout elles sont appelées à rendre les plus grands services au cas où les principes qui ont présidé à l'organisation de la bibliothèque venant quelque jour à être reconnus défectueux une modification générale ou partielle de l'ordre adopté serait jugée nécessaire. Que cette éventualité se réalise en effet, c'est à ces cartes, dont quelques-uns font si peu de cas, qu'il faudrait avoir recours pour mener à bien la réforme projetée et rédiger les nouveaux catalogues, et si par hasard elles avaient été détruites, on se verrait obligé de les refaire toutes avant d'entreprendre aucun autre travail.

Il faut bien reconnaitre toutefois que l'éventualité envisagée par Prrznozpr est extrêmement rare, aussi n'est-ce pas seulement en vue de ce cas exceptionnel qu'il est utile de garder Îles cartes, mais bien parce qu'elles rendent des services continuels et durables, à condition, bien entendu, qu'elles aient été rédigées avec le soin ef l'exactitude voulus, qu'on ait choisi un papier solide pour les faire et qu'on prenne les précautions nécessaires pour les conserver.

Au lieu de recopier les fiches dans le catalogue en volumes, certains ont proposé de les coller telles quelles sur les feuillets desdits volumes ; mais à moins de disposer de ressources considérables et de pouvoir employer le procédé usité au British Museum, le mieux est de repousser purement et simplement cette proposition. Elle évite, nous le savons, des frais de copie, empêche que les cartes ne se mêlent ou ne s'égarent, permet enfin d'avoir très rapidement un catalogue alphabétique relié ; mais, d'autre part, elle présente ce grand désavantage que les fiches peuvent être considérées comme perdues puisque, au cas où l'on en aurait besoin dans la suite pour un travail quelconque, il serait absolument impossible de les utiliser. En outre, il ne faut pas oublier qu'un volume composé de feuilles sur lesquelles on sest contenté de coller les fiches au lieu de les transcrire acquiert par le fait un poids relativement considérable qui en rend le maniement très incommode.

Les différents systèmes proposés jusqu'ici pour faciliter L'usage du catalogue sur fiches, tout en empêchant ceux qui le Consultent d'y jeter le désordre, sont véritablement mnom-

brables !. Presque chaque bibliothèque possède un système rent; mais Jusqu ici, il n y en a pas un qui se soit imposé conteste et qui ait mérité, en raison de sa supériorité, adopté partout; le système parfait est donc encore à tro Toutefois certaines dispositions heureuses et véritabiemen tiques appliquées dans quelques bibliothèques méritent particulièrement recommandées. D'après Keyssen, le cata de l'avenir ne sera ni le catalogue sur fiches, ni le catalog volumes, mais bien une combinaison de ces deux formes en: rence contraires; malheureusement le problème est encon d'être résolu, et en attendant qu'il le soit, force nous est bi: nous contenter des systèmes que nous connaissons en nous çant, si faire se peut, de les perfectionner.

D'une façon générale nous pouvons tout d'abord poser en cipe qu'il faut tenir compte dans le choix d'un systèm conditions d'existence de la bibliothèque elle-même; se dé au nom de considérations purement théoriques serait une | car telle disposition applicable à une petite bibliothèque donnant des résultats satifaisants peut très bien ne pas con du tout à une bibliothèque de grande importance et vice : Ceci dit, nous allons brièvement passer en revue les princ systèmes employés jusqu'à ce jour, afin de donner une id: la diversité qui existe entre eux.

En Allemagne, les cartes, généralement en papier rigide. presque partout conservées dans des boîtes de carton, doi dimensions correspondent à celles des cartes elles-mêmes boîtes sont munies d'un couvercle mobile ou d'un devant aba Afin que les cartes restent toujours droites, KonTix r mande de diviser chaque boite en plusieurs compartime:

1. Cf. entre autres : « Nouveau système pour les catalogues de t thèques, d'archives. etc. », Journal général de l'imprimerie, % t. XVIII, 1874, P. 2. Chronique, n° 43, p. 226-227 ; reproduit dans l'An de Perznonr, 1574, n° 921: [fenry W. D. Drxcor, « On a new inv which renders slip-catalogues available for public reference », Li Journal, vol. II, 1878, p.160-161 : H. E. Grezx, « Card-volumes. Card: ers », Library Journal, vol. XVII, 1892, p. 5-6; J. D. Baowx, « Me ical methods of displaying calalogues and indexes », The Library VI. 1894, p. 15-66.

l'aide de tablettes en zinc mobiles glissant de chaque côté intérieur dans des rainures pratiquées ad hoc dans les parois. Pour empècher que les cartes ne se perdent ou qu'une interversion quelconque ne jette la confusion dans leur classification, M. Cowezz, de Liverpool, a, d'après ce que rapporte Dzrarzko, présenté au congrès des bibliothécaires anglais, réunit à Uxford, une boîte dans laquelle les cartes se trouvent retenues ensemble au moyen d'un petit cordon ou d'un fil de fer. Cette attache passe par une échancrure ménagée sur le côté droit ou gauche des cartes. à une hauteur déterminée; puis à la même hauteur ct du mème côté, vis-à-vis par conséquent de l'échan crure en question, la boîte elle-même porte une fente latérale par laquelle on peut, avec une certaine difficulté toutefois, retirer l'attache, lorsqu'on a besoin d'intercaler des cartes nouvelles ou d'enlever celles qui sont devenues inutiles. Mais, comme Dzrarzko le fait remarquer avec juste raison, s'il est difficile, pour qui ne connaît pas le système dont nous venons de parler, de changer les cartes de place, ce n'est pas malgré tout impossible, et en outre les dispositions proposées ont l'inconvénient d'occasionner une rapide détérioration des fiches. A la bibliothèque de la Sorbonne, à Paris, dans celle du Guildhall, à Londres, à la bibliothèque de la Chambre des députés, à Rome, les cartes sont, dans leur partie inférieure, percées, à l'emporte-pièce, d'un trou rond par lequel on fait passer une tringle en fer que, par mesure de sûreté, on fixe à la boite à l'aide d'un cadenas. Parmi les systèmes qui se rapprochent de ce dernier et sont basés sur le méme principe, citons celui que Krysser * a expérimenté à la bibliothèque municipale de Cologne et qui a donné, paraïit-il, d'excellents résultats. En voici, d'après Krysser lui-même, la description : les fiches ont 20 centimètres de largeur et 11 centimètres de hauteur; elles sont faites en carton léger de couleur crème, el portent devant, collée sur le bord inférieur, une petite bande de papier-toile de 2 centimètres de largeur, dont le centre est percé d'un trou rond d'un centimètre de diamètre. Un trou semblable et correspondant à celui des cartes est percé également dans la partie inférieure et au milieu des faces antérieure et pos-

1. À. Kavsser, dans le Centralblatt f. B., II, 1885, p. 5. Gaaxsez. — Afanuel de Bibliothéconomie. 1°

térieure de chacune des boîtes destinées à la conservati catalogue. Les cartes une fois mises en ordre, on les place « dans le compartiment qui leur est destiné, puis, à l'aide longue aiguille en fer, on fait passer par les trous de la b. des fiches un fort cordon élastique ; ce cordon est muni, à de ses extrémités, d'un bouton métallique d'un centimè demi de diamètre, qui sert à le fixer sur le devant, tandis q: derrière on l'attache à un petit crochet placé sous la boite, ci ne reposant pas sur une table, mais étant supportée lat ment par deux barres sur lesquelles elle glisse comme st rails, Le papier-toile ne s'effile pas etest, à condition bien er qu'on ne consulte pas le catalogue d’une façon brutale, suf ment fort pourempècher que les cartes ne se déchirent. A ce de vue, du reste, la souplesse et l’élasticité du cordon pe elles-mêmes être considérées comme un préservatif. Lor prévision d’un accroissement rapide de l'une des parties dt logue, on décide, afin de faciliter les intercalations futures. pas remplir complètement certaines boîtes, la place laissé doit être provisoirement occupée par des cartons de la grandeur que les cartes ordinaires et d'une épaisseur de 5 mètres. À la bibliothèque royale et universitaire de Br Dziarzko ‘a employé, pour protéger le catalogue, un filet lique qu'il dispose sur les boîtes dans lesquelles sont cons les fiches; les mailles du filet sont assez grandes pour puisse feuilleter les cartes et les lire, mais pas assez pou soit possible de les enlever. Tout le catalogue de cette | thèque est, ainsi que nous l'apprend Dzrarzso, conservé da meubles en forme de pupitres. Chacun de ces meubles es! posé de 21 tiroirs disposés sur trois rangs et chaque tiroi contenir facilement environ 1.450 cartes en papier fort. La postérieure de tous les liroirs est mobile, ce qui perm l'avancer pour soutenir les cartes, au cas où celles-ci, en : de leur nombre insuflisant, risqueraient de tomber à plat forte traverse en bois empêche les tiroirs d'être entièn sortis du meuble, et la partie de chacun d'eux qui se trour:

1. K. Dzrarzxo, « Eine Einrichtung zum Schutz von Zettelkatak Anseiger de PerzuorDT, 1879, n° 679. 4

"Inn,

sière la lraverse en question fait ainsi et jus ontrepoids à la part

qu'à un certain point re. lorsqu'on lire celle-ci en dehors

nés à la conservation du catalogue sur fiches, ont 80 centimètres de profondeur el soût divisés en deux, danx le sens de la largeur, par une forte cloison centrale; ils sont donc à double face, et l'on peut ainsi, sans retirer le tiroir où sont renfermées les cartes qu'on désire consulter, le sortir presque entièrement, celui qui se trouve immédiatement de contrepoids !.

re faisant

A Giessen, on à récemment installé à la bibliothèque universi-

Fig. 59. Boites à fiches de la bibliothèque universitaire de Giexsen.

taire des boîtes à fiches, confectionnées d'après les indications du bibliothécaire en chef Iavpr ?,et voici la description qu'il en a lui-même donnée: les boîtes ont 18 centimètres de hauteur et 15 centimètres et demi de longueur: fig, 39 À 15 centimètres: elles sont faites en carton gris el garnies sur les bords d'une bande de toile; les deux parois latérale: résistantes elles ont 7 millimètres d'épais eu av

leur profondeur est de

at fixes et

eur: celles qui sont

Uelen arrière sont au

ontra

e forte toile q

géres el mobiles

et peuvent, grâce à u ré

tre rabattu:

sen partie, ainsi que le montre re 59 B: le courerdle enfin ferme parfaitementet protège très bien les cartes contre

2. Herm, Haver, « Eine Noliz über Kapreln zur Aufbewahrung des

Baitterkatalogs », Centralblatt [. B., V, 1848, p. 362-461.

[es

MANUEL DE BIBLIOTHÉCONOMIF.

re; il peut, en outre, lorsqu'on baisse la face p rieure à laquelle il est attaché, lui servir de point d'appui fort ruban de toile passé dans le carton, sur le devant, perm boîtes sur les rayons où elles sont pla La possibilité de donner aux boîtes la forme indiquée s: figure 5 B a une très grande importance : les cartes se part ainsi en deux paquets s'appuyant l'un en avant, l'autr arrière, et il devient ainsi {rès facile de les feuilleter sans obligé pour pouvoir les lire de les sortir de leur place. Toute par mesure de précaution, on a encore mis sur le couverc

cuble employé à la bibliothèque de é de Halle pour la conservation du catalogue sur ficher.

chaque boite un avis portant qu'il est interdit de la façon la formelle d'enlever les cartes de la boîte.

A la bibliothèque universitaire de Halle on a adopté un syst dont voici la description d'après le docteur O. Hanrwig et qu

1. 0. HanrwiG, Schema des Realkatalogs su Halle, p. Mans. duns la Zeitschrift f. Bauwresen, 1885, p. 350-384.

. aussi Ti

le celui emplové à Marboury. Les cartes sont réunies par aquets entre deux forts cartons de couleur bleue ayant les dimensions que les fiches : dans leur partie inférieure et 2rès au tiers de leur hauteur, ces paquets sont serrés par rte sangle munie d'une boucle. Le carton bleu supérieur ollée une étiquette de papier blanc sur laquelle se trouvent ‘es les svilabes initiales des mots d'ordre de la première et ernière fiche du paquet. L'épaisseur maxima des paquets erminée par la hauteur des boites de carton oblongues dans les ils doivent être conservés. Ces boites correspondant mensions des cartes ont 215 millimètres de longueur, 95 tres de hauteur et autant de largeur ; elles ne sont ferque de cinq côtés, le côté du fond restant ouvert pour n puisse v introduire les paquets de fiches. Sur le devant ique boîte sont indiquées en s lettres les syllabes initiales ‘es sur le paquet qui est conservé tte boîte. Enfin du côté du fond uvert, les faces latérales, supéet inférieure, sont légèrement rées, afin que l'on puisse sans té saisir le paquet et le sortir.

les boîtes sont disposées alpha- “ment dans un meuble classeur sartiments, chaque boite ayant mpartiment propre (fig. 60. Ce * offre place à 450 boîtes et peut ‘randi à volonté : actuellement pe, dans la salle des employés, iperficie de 1“ 33 de hauteur,

. . « ‘3 Ld ‘1 . AN de longueur et 23 centimètres Fix: 61. Fiche système

. u . Bonnange.

ondeur. Un meuble en tout point

ble et renfermant un second exemplaire du catalogue hes, se trouve dans la salle publique de lecture.

\ France, un grand nombre de bibliothèques ont, depuis es années, adopté le svstème Ferdinand Boxxaxce qui né jusqu ici d'excellents résultats.

voici la description que nous empruntons au catalogue

bn. |

262 MANUEL DE BIBLIOTHÉCONOMIR

général de M. Georges Boncratp, le fabricant bien connu, q s'est fait une spé é des articles de classements pour biblit Chèques el collectionneurs: « les fiches. quoique fabriquées d'ur « seule pièce, se composent de deux parties (le talon et la fict « proprement dilei re

s entre elles :fig. 61) par une sor:

« de charnière que forme la toile dont elles sont garnies dar « toute leur surface. Elles se placent dans une boite qui est tr: « versée par une vis sans fin dans toute sa longueur. Le talo « de la fiche porte une échancrure qui lui permet d'être plac « à cheval sur la vi: S fin; il possède en outre, de chaqu « côté, un rébord en ie qui s'engage dans la rainure établi « dans les parois latérales de la boîte (fig. 62).

« Ces rebords rendant le talon plus large que ladite boite,

Page 1