‹ Manuel de bibliothéconomieChapitre 59 sur 114 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

SI ‘ accroissement en général et de ses différents modes.

° qu'une bibliothèque ouverte au public ne cesse pas de e au but en vue duquel elle à été créée, pour qu'elle ‘elle doit rendre, il faut naturellement

qu'elle soit tenue au courant de la science, c'est-à-dire q collections s’accroissent d'une façon continue {.

La première question, que nous ayons à examiner à ce p est celle de savoir à qui incombe le soin de diriger cet a sement. La réponse ne peut être douteuse. C'est au bibl caire, et au bibliothécaire seul, qu'il appartient de déte: quelles sont les acquisitions qui peuvent être considérées c nécessaires, non seulement parce qu'il connaît mieux qu sonne les besoins de l'établissement qu'il a charge d’admin mais encore parce que son action s'exerce sans idées préco et ne s'inspire que des véritables intérêts de la bibliothèqt a objecté, il est vrai, que le bibliothécaire ne pourrait con tous les besoins du public pour lequel la bibliothèque a dant été créée, et fait observer qu'il serait bon d'avoir égarc besoins dans le choix des livres nouveaux, afin que les: effectués soient autant que possible en harmonie avec les des travailleurs. Mais il y a un moyen bien simple de con tout le monde et de prévenir tout malentendu, c'est de mett disposition des lecteurs un « livre des demandes » sur chacun d'eux puisse inscrire les titres des ouvrages dont l' sition lui semble nécessaire. Ce système, employé dans u grand nombre d'établissements, a toujours donné jus d'excellents résultats : il tient constamment le bibliothéca courant des desiderata du public, et lui permet ainsi de leur ner satisfaction, dans la mesure où il les juge fondés et véri ment sérieux.

Mais dans certains pays on ne s'en est pas tenu là : on 3 encore nécessaire d'adjoindre au bibliothécaire, pour le se des acquisitions, une commission spéciale composée, ainsi cela a lieu dans les bibliothèques universitaires, de profes appartenant aux diverses facultés. Ces commissions n'onl été, en général, accueillies favorablement par le monde des bi

1. Robert Hankisox, « Selection and acquisition of books for a libre Conférence faite au congrès des bibliothécaires & Londres. C£ Li Journal, vol. H, 1878, p. 145-150. — James M. Axpenson, « Selectot selectors of books. » Conférence faite au même congrès (Library vol. [T, 1878. p. 150-152. — « Iow we chose and buy new books $ posium. » Library Journal, vol. XIV, 1889, p. 386-338, 272.

5. 11 faut avoucr, du reste, qu'on leur a accordé, dans s pays, des pouvoirs exorbitants. En France, par e, cette commission a la haute main sur le service des et c'est à peine si l'administration de la bibliothèque e la liberté d'acheter, sans autorisation préalable, les es de bibliographie qu'elle juge les plus indispensables 1. liothécaire se trouve ainsi placé sous une tutelle peu ible avec sa dignité, sans qu'il en résulte aucun avantage ur la bibliothèque. Ne serait-elle même là qu’à titre purennsultatif, que cette commission serait encore inutile sinon >, et les arguments que l'on fait valoir pour la combattre notre avis, irréfutables. En raison même de son expérience ses connaissances bibliographiques et techniques, a-t-on bibliothécaire possèdera toujours un grand avantage sur nbres d’une commission consultative, et s’il est tant soit pable et habile, 1l lui sera toujours possible de les amener à dans un sens favorable à ses vues, tout en se déchargeant . d'une part de sa responsabilité ; donc si la bibliothèque à administrée, la commission est superflue ; dans le cas re, en admettant même que le bibliothécaire soit totalencapable, la commission sera malgré tout absolument car si elle veut imposer au bibliothécaire ses décisions, aura mille moyens de les éluder, et pourra, en outre, au

R. V. Mout, Staatsrecht, Vôlkerrecht und Politik, vol. III, 1869, et l'article souvent cité de Heixze, dans la Zeitschrift für die te Staatswissenschaft, XXVI, 1870, p. 297 ct suiv. Voir aussi Die Selbständigkeit des bibliothekarischen Berufes. Suppl. 1, suiv.

dernier règlement des Bibliothèques universitaires françaises ‘n propre termes que « les décisions de la commission sont souve- {sans appel ». Il en résulte cette conséquences inouïe, que, non seuie bibliothécaire n'a pas le droit d'acheter lex répertoires bibliogra- ‘les plus utiles, que non seulement il se trouve dans l'impossibilité er d'une façon normale le service des suites, mais encore qu'’obligé ter, dans tous les cas, les acquisitions votées par la commission, il lus maître de proportionner ses achats aux ressources de la biblio- *: On ne sera donc pas étonné, lorsque nous dirons que, dans telle hèque que nous pourrions citer,on avait, après trois ou quatre ans réxime, creusé un tel déficit qu'il fallut, pendant une année entière, ner Lout achat, afin de rétablir tant bien que mal l'équilibre.

Page 1