I. Modèles de cartes
I1. Modèle de catalogue méthodique à numérotation non SUIVIC. esse ss ses sceosseseees . 227 III. Modèle de catalogue topographique........ ss. . 230 IV. Modèle de catalogue alphabétique en volumes... 234-235 V. Essai de description d'incunables. ............... 269 VI. Description sommaire d'un manuscrit. ......,.... 280 VII. Description détiullée d’un manuscrit. ............ 281 VIII. Modèle de registre d'acquisition. ................ 351 IX. Modèle de fiche du répertoire des suites... ......... 360 X. Spécimen d'un registre de reliure. ............... 362 XI-XTH. Modèles de bulletin de prèt.........,...... 422-123
XIIT. Spécimen d'un registre de prèl dans lequel les ouvrages sont classés par ordre méthodique..... 425
LA
Origine et signification du mot bibliothèque.
Le mot bibliothèque est, comme chacun le sait, dérivé du grec (de = 56 et Oéxr." Jusqu'au xvu siècle il ne fut que très rarcment employé dans la languc française ; on se servait de préférence du mot libratrie [dérivé du latin « Hhraria »). C'est ainsi que Ja bibliothèque de Charles V, déposée au Louvre, s'appelait la « librairie du Louvre », ct que « maitre de la libratrie » se disait du bibliothécaire du roi !. Aujourd'hui, le mot « librairie » n'est plus employé en français que pour désigner un magasin où Fou vend des livres, la profession de libraire, ou le commerce lui-mème des livres 2. *
Pris dans son sens le plus étroit, le mot bibliothèque signilie seulement : le lieu où sont gardés les livres ; mais, par extension, et dés Forigine, on s'est habitué à appeler ainsi, non seulement les locaux destinés à la conservation des livres, mais encore l'en- “«emble mème des collections qui v étaient contenues.
*1. Nous citerons encore lex exemples suivants, empruntés au Dictionnaire de Lirrné. Au xv° siècle : « Et s'en allerent en grand tumulte au collège de Navarre et là pillerent et robberent ce qu'ils trouverent excepté Ja librairie ». [uv. nes Unsixs. Charles VI, L4I8. — Au xvi sicele : « Ceux desquels la suflisance [le mérite] loge en leurs sumptueuses librairies ». Mosraicxe, [, 144. — « Comment Pantagruel vint à Paris et des beaux lisres de le librairie de Saint-Victor ». RauEzais, Il, 7. — La charye de « maitre de la librairie » fut créée sous Fnaxçois I en faveur de Guillaume Buné.
*2. En anglais, library désigne toujours une bibliothèque et librarian signifie bibliothécaire.
Gasssez. — Manuel de Bibliothéconomie. 1
2 INTRO DUCTION
La réumon d'un nombre assez considérable de livres forma une bibliothèque. Poureaits Fexres nous le dit d'une façon formelle dans son traité De Verborum significatione : « Bibliothecæ et apud Græ&cos el apud Latines tam librorum magnus per se numerus quam locus 1pse. in quo libri collocatt sunt, appellantur\. »
I est plus difficile qu'on ne pourrait le croire au premier abord de définir le sens exact et complet du mot « bibliothèque ». Jusqu'à ce jour, Lous les maitres de Ja science bibliographique en ont donné des explications plus ou moins différentes ;: mais il n'v a pas encore de définition précise el acceptée par tous. Dans l'ouvrage que publiait, il v a plus de deux cents ans, Join. GE. Znix. respondente An, Grosen, et intitulé « Disputatio de Bibliothecis » Lipsite, 1678, in-f°:, nous trouvons la définition suivante : « Bxbliotheca significat nobis magnum librorum numerum. et est thesaurus ltterartus, tn quo oplimorum auclorum libri reconduntur universe retpublicæ el privatorum incommodis tnserviens. »—1A est inutile, crovons-nous, d'insister sur tout ce que cette explicæ- Lion présente de défectueux : tout d'abord, les qualités nécessairez pourcons{ituer la bonté d'un livre sont essentiellement incertame: el variables, puisqu'elles dépendent de l'esprit ct de la tendance des temps, et, abstraction faite de cette question, il est biez certain que nul aujourd'hui ne songerait à refuser le nom de « bibliothèque » à une collection de livres, alors même que cette
1. Justus Livsius, De BHibliothecis synlagma. chap. 1 reproduit pes Maven distingue jusqu'à trois acceptions du mot « bibliothèque » : « Bibliotheca tria significat, locum. armarium, bros — Grawca Vox — ajoute-tl. Latinis in usum etiam venit, et quamquam librariam dicunt, tamen magis est ea voce tabernam capi, in qua venales libri exstant ». Du reste, un passage de l'Onomaslicon de Porrex lib, IX, cap. V. déjà cité par Loxuss montre que, mème en grec, le mot 3£x:00rxr, n'était pas éloigné, à l'origine: de signifier également un commerce de livres : « £v 2€ 7üv xotv@v, &6Mobixer , ï, É5rohis gra, 09 <a SÉXiA vivra, rat adt0 éo" 20705" 05te ag tov térer « oo ta GEAR nf 'Aszrot evonaYov Gares nat TOùs AXROUS tôr0u Ex TU rirsatronéns. « Sur le mot Géiohrur, cf. en particulier C. HäAsanux- Beitrage sur Kenntnixs des antiken Bibliotheks- und Buchiwesens, XL. « Zus sriechischen Buchterminologie ». Centralblalt [. B., a. VH, 1890, p. 21 el sq.
collection ne serait composée que des œuvres les plus inutiles, les plus mauvaises et les plus plates des plus médiocres écrivains.
Dans son ouvrage, que nous apprécicrons plus loin, ScureT- TINGER fait intervenir, lui aussi, dans sa définition l'idée de quanüté : « Une bibliothèque, dit-il, est une réunion considérable de livres ; elle doit être organisée de façon que chaque travailleur puisse, sans perte de temps inutile, y trouver l'un quelconque des ouvrages qui y sont conservés », et ZoiLer, enfin, dans son premier essai d'explication, prétend que le concept de bibliothèque implique uniquement l'idée d'un grand nombre de livres. C'est à, croyvons-nous, une erreur. Îl y a, en effet, des collections peu considérables, d'apparence insignifiante, mais de grande valeur, el auxquelles on a toujours donné le nom de bibliothèque. Dans la . seconde partie de sa définition, ScHRETTINGER insiste sur la nécessité qu'il y a à ce que chaque travailleur puisse se procurer rapidement l'ouvrage dont il a besoin. Ce point est d'une grande importance pour qui veut juger de l'organisation d'une bibliothèque, mais il faut bien reconnaître que, pour celui dont le but est uniquement de déterminer le sens du mot bibliothèque, c'est une particularité tout à fait secondaire. Dans les commentaires dont il accompagne sa définition, Scurrrrixerr cherche encore à faire entrer dans le concept de bibliothèque l'idée d'organi- «tion. On peut lui objecter, comme l'a fait du reste un critique de son temps, que l'acception courante du mot ne justifie en rien celle prétention.
Deux bibliographes ont cependant approuvé la théorie de SCHRETTINGER : COXSTANTIN, dans son manuel de bibliothéconomie, el, plus particulièrement, NAUMAxx, dans un article du Serapeum . « L'idée d'une organisation et d'une administration sys- “ lématiques et raisonnées, dit ce dernier dans son analvse des «“ UÜmrisse de Zozzrr, se présente naturellement à l'esprit lorsque “ l'on parle d'une bibliothèque au point de vue scientifique “* c'est tout autre chose lorsque l'on en parle dans le langage * courant). Le concept de bibliothèque renferme un élément “ intellectuel qui en est inséparable : les livres ne sont autre “ chose qu'un produit de l'intelligence humaine, et c'est pour