‹ Manuel de bibliothéconomieChapitre 8 sur 114 · Serapeum, a. VII, 1846, p · texte numérisé non relu

Serapeum, a. VII, 1846, p

« cette raison que celui-là seul a une bibliothèque, qui poursuit, « en Jes réunissant, un but intellectuel. Le bouquiniste, par « exemple, qui ne voit dans les livres qu'une marchandise, un « objet de commerce, n'a pas une bibliothèque, mais simplement « un magasin de livres. Î nous semble donc, à nous aussi, que « dans le mot « bibhothèque » lui-mème se trouve impliquée « cette idée, en quelque sorte fondamentale, que la bibliothèque « à pour principal objet l'étude de la science, qu'elle poursuit « un but intellectuel, qu'elle est destinée à servir aux progrès de « Fesprit humain et au développement de la culture scientifique, « el qu'elle est organisée et administrée de manière à satisfaire « à ces multiples besoins. »

[ suffit, pour réfuter les conclusions de Naumaxx, de faire remarquer que, lorsque lon veut donner la définition d'un mot quelconque, il faut le prendre dans toutes ses acceptions et non dauxs une seule: or, Nautmaxx n'envisage le concept de bibliathèque qu'au point de vue purement scientifique. Jules PEerznouvr, au contraire, insisla toujours, et les premières éditions de son Caléchisme en fournissent la preuve, sur l'idée de collection. « Si « l'on à raison, ditl, de ne pas donner Je nom de bibliothèque à «un amas quelconque el sans ordre de livres, mais de rattacher « toujours plus ou moins à ce mot l'idée d'une collection de « livres bien ordonnée et d'une certaine valeur, 1l ne faut pas « cependant perdre de vue que les notions de quantité et d'orga- «“ nisalion ne sont pas des éléments essentiels pour sa définition. « Une bibliothèque est purement et simplement une collection de » livres destinée à être conservée et utilisée. En s'en tenant à « celle définition, on n'est plus obligé de donner le nom de « bibliothèque à une collection de livres uniquement parce que « cette collection est importante et bien organisée, et il est en « outre facile de distinguer netttement une bibliothèque d'une « librairie ou d'un dépôt quelconque de livres; enfin on ne se « voit plus contraint de refuser à des collections de livres, sous « prétexte qu'elles sont en désordre ou ne contiennent qu'un « pelit nombre d'ouvrages, ce titre de bibliothèque qu'elles « peuvent mériter de plein droit. » C'est toutefois avec raison que ZoiEn fait remarquer que l'idée de collection, sur laquelle insiste uniquement PErznozr, est aussi celle qui guide le bouqui-

INTRODUCTION ñ

niste. Quant à la conservation des livres pour l'avenir, c'est là un but que les bibliothèques publiques sont, la plupart du temps, les seules à se proposer. Plus tard, Zorrrr lui-même donna dans le Serapeum ! une autre définition qui devait, dans sa pensée, réunir tous les suffrages; la voici : « Une bibliothèque est une collection « de livres formée, sans aucune arrière-pensée mercantile, dans le «. seul but de servir au développement de la culture intellectuelle, « à des travaux particuliers ou aux études d'une société plus ou « moins nombreuse. Une collection de ce genre prend le nom de «“ bibliothèque du lieu même où elle se trouve conservée. » Mais celte définition elle-même est défectueuse, parce qu'elle ne tient aucun compte des bibliothèques constituées uniquement pour servir de passe-temps. ‘

Laissant donc de côté toute idée d'organisation ou autre, nous nous bornerons à dire qu'une bibliothèque est une collection de livres destinée à un usage public ou privé?. En outre, on ne devra pas oublier que, pour qu'une bibliothèque satisfasse à son double but, qui est de conserver les livres et d'en faciliter l'usage aux travailleurs, il faut qu'elle soit non seulement bien organisée, mais encore aussi considérable que possible ; on ne peut, effectivement, en tirer réellement profit que si les ressources qu'elle offre sont suffisamment importantes.

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