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De la science des bibliothèques en général.
Les questions théoriques qui peuvent être soulevées à propos
des bibliothèques, l'histoire de tout ce qui se rapporte aux bibliothèques d'une façon générale, et l'histoire des collections spéciales
1, Zouen, « die Bibliothckwissenschaft, IL. » Serapeum, a. IX, 1818 p. 131, .
2. Dans son ouvrage l'eber Bibliotheksu:issenschaft » :‘p. 19, MorLnecu insiste également sur la nécessité qu'il y a à ce que les livres soient mis en place et en ordre pour qu'une bibliothèque soit véritablement digne de ce nom. « Un amas quelconque de livres, dit-il, empilés dans des caisses, mis en las comme du hois à brûler, ou réunis en guise de marchandise dans un but de commerce, ne constitue pas une bibliothèque. Celle-ci n'existe réellement que lorsqu'une collection plus où moins considérable de livres S trouve rangée dans une ou plusieurs salles suivant un plan déterminé, »
de livres en particulier font l'objet d'une science propre, qui est Ja science des bibliothèques !.
De méme que chaque science forme un tout de cennaissances homogènes, distinct du reste des connaissances humaines et ordonné selon certains principes, ainsi la science dont nous nous occupons conslitue l'ensemble systématique de toutes les connaissances qui se rapportent aux bibliothèques. Elle se divise en deux parties : la bibliothéconomie et la hibliothécographie.
La bibliothéconomie considère les bibliothèques en tant que formant des collections de livres, mais à un point de vue tout à fait général, tandis que la bibliothécographie les envisage spécialement en tant que collections déterminées avant existé dans le passé ou existant encore aujourd'hui.
La bibliothéconomie et la bibliothécographie sont d'une imporlance égale et se rattachent l’une à l'autre par les liens les plus étroits.
Ce n'est pas sans surprise que l'on a vu différents savants. et entre autres ZoLeEr 2, s'élever contre cette division si claire et si compréhensible. Pour Z/oizEr, comme auparavant pour Esenr et Mosecu, la science des bibliothèques n'est pas autre chose que la science de l'organisation et de l'administration des bibliothèques, l'ensemble des principes que la pratique des différentes bibliothèques a mis en lumière. Cette conception correspond en substance à ce que nous entendons par « bibliothéconomie ». Comme nous l'avons déjà dit, en effet, la bibliothéconomie a pour objet l'étude des bibliothèques au point de vue général et forme l'ensemble de toutes les connaissances théoriques et pratiques qu'il est nécessaire de posséder pour être à même de diriger une bibliothèque.
Pour se convaincre que notre division est pleinement justifiée, il suffit de considérer l'importance que Zo1rrr lui-même attribue à la bibliothécographic. « L'ancienneté et l'étendue de la biblio- « thécographie, dit-il, ne lui donnent pas cependant le droit de « prétendre au titre de science des bibliothèques; toutefois
1. SCHRETTINGER est le premier qui se soit servi du mot Bibliothekwissenschaft.
2, Serapeum, a. IX, 1848, p. 131-132.
« nous ne voulons pas non plus subordonner la première à « Ja seconde ou la considérer seulement comme en étant une « partie accessoire. La bibliothécographie a droit à une étude « spéciale et indépendante, et la preuve en est qu'elle peut four- « nir à ceux qui étudient la science des bibliothèques de nom- « breux exemples. »
Mais quarrive-t-l ainsi? c'est que la bibliothécographie outrepasse les limites qui lui sont réservées et est élevée, sans motif plausible, au rang de science indépendante ; au contraire, pour nous, elle est tout à la fois partie distincte et partie intégrante de la science des bibliothèques, qui, aussi bien que la jurisprudence ou l'histoire naturelle, se divise ainsi en deux branches, d'une part la bibliothécographie, partie empirique historique), d'autre part la bibliothéconomie, partie aprioristique !.