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CROISSANT EN FRANCE

Tout travail de description et d'histoire des objets naturels, si restreint et si élémentaire qu'il soit, exige, pour être clair et précis, Temploi d'une méthode et de termes rigoureusement définis.

Aussi avant d'entreprendre l'histoire sommaire de nos principales essences forestières, çst-il bon de donner quelques notions de nomenclature et de bien établir ce que signifieront les expressions spéciales dont nous nous servirons. Empruntées

toutes au langage habituel, elles y ont un vague qu'il importe de faire disparaître*

Espèces. — On nomme espace ^ l'ensemble de tous les végétaux qui se ressemblent et qui sont susceptibles de se reproduire indéfiniment, tels qu'ils sont, dans des conditions quelconques de végétation. Le chêne pédoncule, par exemple, est une espèce, parce qu'on range sous ce nom tous les chênes dont les fruits sont portés sur un long pédoncule commun, et dont les feuilles ne sont nullement velues; parce qu'en outre un gland, recueilli sur un chêne présentant ces caractères, en produira toujours, par la germination, un identique, susceptible lui-même d'en donner, par semence, un troisième semblable, et ainsi de suite indéfiniment.

L'espèce est ce qu'en langage forestier on nomme essence.

Variété. — H arrive souvent que dfes arbres appartenant à une espèce, présentent, suivant les sols où ils ont crû, les climats sous lesquels ils ont végété, quelques modifications de médiocre importance. C'est ainsi que chez le chêne rouvre, dont les feuilles présentent toujours quelques poils à la face inférieure, certains arbres offrent es feuilles clensément velues. C'est ainsi que

chez certains autres, les glands sont agglomérés en grand nombre sur un pédoncule commun trèsraccourci. On nomme variétés^ les groupes de végétaux qui, dans une espèce, présentent ainsi des modifications de faible importance et ne se perpétuant pas régulièrement par la semence.

Race. — n peut se faire que ces modifications résultant d'une adaptation à des conditions de végétation spéciale, opérées depuis un grand nombre d'années , se reproduisent exactement et indéfiniment par semence dans le même lieu, et persistent même pendant quelques générations, tout en s'affaiblissant graduellement, lorsqu'on élève le végétal dans d'autres conditions. On donne, dans ce cas, au groupe de végétaux ainsi modifié, le nom de race. Ainsi le pin laricio, croissant sur les granits de la Corse, est un arbre élancé, à ramification courte, peu développée, irrégulière, tandis que sur les calcaires et les roches agrégées de l'Autriche, il est un peu moins élevé, aune ramification ample et touflfue, un feuillage beaucoup plus serré; de là deux races :

pin laricio de Corse, et pin laricio d'Autriche.

Geure. — On appelle genre^ une réunion d'espèces ayant entre elles une grande ressemblance et, par suite, un caractère important commun à

toutes. Le genre chêne, par exemple , renferme diverses espèces : chêne pédoncule, rouvre, tauzin, yeuse, liège, etc., offirant toutes, indépendamment d'une ressemblance générale, le caractère commun d'un gland enveloppé, à la base seulement, par une cupule écailleuse.

Famille. — On nomme famille^ une réunion de genres présentant une grande analogie de structure, et, par suite, un ou plusieurs caractères communs d'ordre supérieur à ceux du genre.

Ainsi la famille des cupulifères comprend les genres chêne, hêtre, charme, ofirant le caractère commun d'un fruit qui est un gland.

Pour nommer une espèce, on emploie toujours deux mots : le nom commun du genre, suivi d'un qualificatif spécial à chacune. Exemple : chêne pédoncule, chêne rouvre, orme champêtre, orme de montagne.

Nous nous bornerons à l'étude des genres et des espèces de végétaux forestiers français les plus importants; l'énumération en est donnée dans les deux tableaux suivants, qui permettront d'arriver rapidement à les déterminer.

Cinq colonnes du premier contiennent disposés d'une façon analytique les caractères qui conduisent à la détermination des genres dont les noms occupent la sixième colonne. Les familles aux-

quelles ceux-ci appartiennent sont indiquées dans la septième.

Dans le second tableau, les espèces sont énumérées par genre. Lorsque dans un de ceux-ci plusieurs espèces sont étudiées, une clé analytique, semblable à celle du premier tableau, conduit à la détermination de chacune d'elles.

BOTANIQUE FOBESTIÈRE.

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