‹ Manuel de botanique forestièreChapitre 23 sur 37 · FAMILLE V · texte numérisé non relu

FAMILLE V

CTlmacées*

Fleurs hermaphrodites, pourvues d'une seule enveloppe florale à 4 ou 8 divisions, de 4 à 8 étamines, d'un ovaire à deux loges, surmonté de 2 stigmates. — Le fruit est une samare presque circulaire, à graine centrale. Feuilles simples, alternes, disposées sur deux rangs , rudes au toucher.

GENRE UNIQUE. — Omie.

Mêmes caractères qae ceax de la famille. — Bois à accroissements bien marqués, à aubier bien distinct, très-tenace et très-élastique.

Le genre orme renferme en France trois espèces :

(Graine rapprochée du sommet de la samare Orme champêtre.

Bue non { ' j^ »

ciliée, j Grame exactement

(centrale Ormedemontagne,

Samare pédonculée ciliée . . Orm£ diffus.

I. Orme champêtre, connu aussi sous le nom d'orme à petites feuilles, d'orme rouge.

Feuilles relativement petites, ovales, pointues au sommet, inéquilatérales à la base, doublement dentées, rudes au toucher. Fleurs à quatre étamines. Samare moins large à la base qu'au sommet, échancrée au sommet, Téchancrure atteignant la graine, qui est placée au-dessus du milieu ; aile assez sèche et ferme , jaunâtre à la maturité. — Arbre habituellement de grande taille, commun dans les grandes vallées et les plaines de toute la France, plus souvent planté, toutefois, que spontané. L'orme champêtre présente de nombreuses variétés caractérisées par la taille, la forme et le revêtement des feuilles, la structure de l'écorce. Plusieurs constituent de véritables races, auxquelles ce que nous avons dit plus haut, à propos des variétés du chêne rouvre, s'applique de tous points.

Taille et port. — L'orme champêtre est un arbre de la plus grande taille, pouvant atteindre 47

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mètres de hauteur et 6 à 8 mètres, quelquefois plus, de circonférence; à tige élevée, nue, médiocrement droite, à cime large et touffue, surtout quand Tarbre croît à Tétat isolé. Certaines variétés, au contraire, sont de très-petite taille, tandis qu'une autre, à tige irrégulière, est connue sous le nom S! orme tortillard.

Éeorce. — L'écorce de Tonne champêtre présente beaucoup d'analogie de structure et d'aspect avec celle du chêne pédoncule. Comme elle, à sa surface, elle est d'un brun noir et fortement gercée. Une variété, connue sous le nom d'orme mbéreux^ offire une écorce dont la structure est fort analogue à celle du chêne-liége, et, comme elle, donne un liège, mais de mauvaise qualité et sans emploi possible.

Enracinement. — L'orme champêtre cesse rapidement d'être pivotant; il possède néanmoins un puissant enracinement, dû à des racines secondaires, les unes obliques, les autres traçantes, fort longues et fortement drageonnantes.

Floraison et trnctification. — L'orme champêtre fleurit et fructifie à un âge peu avancé, mais les graines produites pendant les premières années de fructification ne sont pas fertiles ; elles le sont même en nombre assez restreint, lorsque

Farbre a atteint son maximum de fécondité.

Celle-ci se manifeste chaque année par une extrême abondance de fruits.

La floraison a lieu au mois de mars ou d'avril, la maturité à la fin de mai ; elle est suivie immédiatement de la dissémination. Le kilogramme contient 130,000 à 150,000 samares.

Germination. — Semée en juin de Tannée de fructification, la graine germe au bout de 3 à 4 semaines et donne un plant pourvu de deux feuilles cotylédonaires ; la croissance en est immédiatement rapide, puisque la tige atteint, dès la fin de la première année, 15 à 20 centimètres, et elle se maintient pendant les années suivantes. Il importe de semer aussitôt après la dissémination ; plus tard les jeunes plants lèveraient ; mais, insuffisamment lignifiés, ils courraient de grandes chances de destruction par les gelées.

Bois. — L'orme champêtre donne un bois supérieur à celui des autres espèces du genre, connu sous le nom d'orme rouge, à raison de sa couleur. Sa pesanteur est assez élevée : elle est comprise entre 0,600 et 0,800. C'est un bois dur, élastique, tenace, de fente difficile; il prend beaucoup de retrait et se gerce en se desséchant. L'aubier est de mauvaise qualité. On emploie

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quelquefois Torme dans les constructions navales ; mais il est surtout précieux pour les machines, Fartillerie, le charronnage, qui emploie de préférence, pour certains emplois, l'orme tortillard, oflFrant encore plus de résistance à la fente, à cause de ses fibres entrelacées et contournées.

C'est un combustible ordinaire , qui brûle lentement en fournissant beaucoup de cendres; dans quelques régions de la France pauvres en bois , on remploie cependant pour cet usage, concurremment au chêne , et en lui donnant même la préférence.

II. Orme de montagne, connu aussi sous les noms d'orme blanc, d'orme à larges feuilles.

Feuilles relativement grandes (12 à 15 centimètres de longueur), plus rudes, d'un vert plus foncé que celles de l'orme champêtre. Fleurs à 5 ou 6 étamines. Samares plus grandes, ovales, à graine centrale non atteinte par l'échancrure. Aile plus herbacée, toujours plus ou moins verte, même à la maturité. — Grand arbre, disséminé dans les régions de coteaux et de montagnes en France. Comme l'orme champêtre, celui-ci oiOfre aussi quelques variétés, moins tranchées toutefois, et en nombre moins considérable. Elles se distinguent surtout par les variations de forme et de taille de la feuille.

Port. — L*orme de montagne est voisin du champêtre; il importe cependant de Ten distinguer, même dans la pratique, à raison de ses qualités et de ses exigences différentes. Cette distinction est facile, même au port. Il est de taille moins considérable, ce qui est dû à une longévité moins élevée; la cime, plus ample, est moins fournie, les ramules étant moins nombreux et moins régulièrement disposés.

Station et sol. — Il croît sur tous les sols, en région de coteaux et de montagnes d'élévation moyenne, souvent jusque dans les fentes des rochers. Il est toujours à Tétat de pieds disséminés au milieu des autres essences qui peuplent la forêt.

Bois. — Le bois est très-inférieur à celui de l'orme champêtre, dont il possède cependant les qualités, mais très-réduites. Aussi ne Temploiet-on que pour les usages secondaires et à défaut de. son congénère; sa coloration, beaucoup moins foncée, lui a fait donner le nom d'orme blanc, sous lequel il est connu dans les pays où ne se trouve pas Torme diflPus, bien plus médiocre encore que lui, et toujours désigné sous ce nom par les bûcherons et les ouvriers.

Comme combustible, le bois de Tonne de mon-

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tagne est analogue, probablement inférieur à celui de Terme champêtre.

III. Orme diffus, connu aussi sous le nom d'orme pédoncule et d'orme blanc.

Feuilles assez molles, très-inéquilatérales à la base, fortement recourbées vers le sommet. — Fleurs longuement pédonculées, pendantes, à 8 étamines. Samare petite, quoique à graine aussi grosse, arrondie, un peu allongée, ciliée sur les bords; graine centrale. Aile ferme, plane. — Grand arbre à écorce d'abord lisse, puis écailleuse, caduque, d'un brun jaunâtre, enfin gerçurée. Commun en Alsace, dans l'Argonne ; disséminé çà et là dans le reste de la France, sur les sols très-frais et même humides.

Port. — L'orme diffus est une espèce bien distincte des précédentes. Sa tige est relevée de côtes, couverte de branches gourmandes ou de broussins et porte une cime irrégulière, dont la ramification ne rappelle à peu près plus en rien celle de l'orme champêtre.

Bois. — Il fournit un bois de faible pesanteur, jaune ou jaune brunâtre, sans aucune valeur, ni comme bois d'œuvre, ni comme combustible.

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