II. Pin laricio. — Feuilles longues de 10 à
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15 centimètres et assez robustes, aiguës et presque piquantes. Chatons mâles jaunâtres, oblongs.
Cônes presque sessiles, au nombre de un, deux ou trois, à l'extrémité de la pousse sur laquelle ils se produisent, étalés presque horizontalement, longs de 5 à 8 centimètres, luisants, d'un jaune roussâtre clair. Graines longues de 6 millimètres, d'un gris jaunâtre ou brunâtre, clair et mat, trèslégèrement marbrées. Ailes trois à quatre fois plus longues qu'elles, d'un roux brunâtre. — Arbre de taille variable, spontané en Corse, où il est très-commun, dans les Cévennes et les Pyrénées; très-fréquemment cultivé.
Le pin laricio présente, comme le pin sylvestre, des races très-variées, mais beaucoup plus stables. Nous en décrirons deux, le pin laricio de Corse et le pin laricio d'Autriche, connu aussi sous le nom de pin noir. Nous négligerons celui des Cévennes, moins commun à l'état spontané ou cultivé que les deux précédents, et de beauooup plus petite taille.
PIN LARICIO DE CORSE. — Taille, port et couTert. — Le pin laricio de Corse peut atteindre 40 mètres de hauteur, sur 4™,50 de circonférence, ce qui est dû à sa grande longévité, car sa croissance n'est pas très-active; sa tige, cylindrique, porte une cime courte, peu développée, formée de
quelques grosses branches irrégulièrement ramifiées. Le couvert est très-léger.
EnraciDement. — L'enracinement, généralement faible, d'abord pivotant, se compose ensuite de quelques racines traçantes peu étendues.
Écorce. — L'écorce, constituée comme celle du pin sylvestre, est d'un gris argenté.
Station et sol. — Le pin laricio croît sur les sols granitiques, dans les montagnes de la Corse, entre 1,000 et 1,700 mètres d'altitude.
Bois. — Le bois du pin laricio renferme de très-nombreux canaux résinifères, remplis d'une térébenthine très-riche en résine et présente une couche très-développée d'aubier blanc de la plus mauvaise qualité, le bois parfait, rouge ou même brunâtre, a le grain fin ; il est dur, très-résineux. Sa pesanteur varie de 0,510 à 0,890; elle est par conséquent très-forte pour un conifère.
Trop lourd et trop peu élastique pour la mâture, il convient parfaitement pour la charpente civile, les traverses, la menuiserie, etc. Il convient toutefois de faire observer que la résine qu'il contient en abondance le rend difficile à travailler, et que les arbres très-âgés peuvent
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seuls fournir des pièces très-utiles, à cause de la grande épaisseur de l'aubier.
C'est un bon combustible.
Résinage. — On a commencé, depuis quelques années en Corse, à gemmer le pin laricio. Cette opération, qui semble devoir donner des produits abondants et de belle qualité, ne se fera pas toutefois sans ralentir encore la croissance des arbres, et sans exagérer les défauts signalés plus haut chez le bois de cette essence.
PIN LARICIO d'aUTRICHE OU PIN NOIR d' AU- TRICHE. — Taille, port et coaTert. —Le pin noir est un arbre de grande taille, un peu moins élevé cependant que le pin laricio de Corse. Sa tige porte une cime ample, touffue, longtemps ovoïde, pyramidale, puis étalée, formée de branches nombreuses et robustes. Le feuillage qu'elles portent est très-serré, d'un vert très-sombre (d'où le nom donné à cette race), et persistant 5 à 6 ans ; aussi le couvert est-il épais.
Floraison et fructification. — Le pin d'Autriche commence à donner des graines fertiles dès l'âge de 30 ans, puis les années de semence se succèdent tous les deux ou trois ans. La floraison a lieu en mai ; la maturité des fruits à l'automne
de la seconde année; la dissémination des graines au printemps suivant. Les cônes sont plus longs et plus gros que chez les autres races, mais les graines ne peuvent se distinguer.
Station et sol. — Le pin noir croît spontanément en Autriche, sur des montagnes d'altitude ne dépassant pas 1,300 à 1,400 mètres; il affectionne les sols calcaires qu'il améliore par ses abondants détritus. Aussi est-il employé, sur une très-grande échelle en France, pour le boisement des sols de cette nature, les craies de la Champagne notamment, où on Ta substitué avec grand avantage au pin sylvestre.
Bois. — Le bois du pin noir paraît être fort analogue à celui du pin laricio de Corse.
III. Pin d'Alep. — Feuilles longues de 5 à 8 centimètres, situées au sommet des rameaux, très-étroites, peu raides, aiguës, d'un vert clair. Chatons mâles roussâtres, oblongs, peu serrés; cônes solitaires ou groupés au sommet des pousses, portés par un pédoncule épais, réfléchis, d'un rouge brun luisant, longs de 10 à 12 centimètres. Graines de 7 millimètres, grises d'un côté, d'un gris noir mat finement marbré de noir profond, de l'autre. Ailes quatre fois aussi longues qu'elles,
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roussâtres, légèrement rayées de brun. — Arbre de taille moyenne au plus, très-commun dans les plaines et sur les collines calcaires de la région méditerranéenne.
Taîlte, port et couvert. — Jusqu'à 20 ans, le pin d*Alep a une cime conique ; à partir de cet âge, la cime s'étale et il devient un arbre de 15 à 16 mètres au plus, dont la tige, souvent flexueuse, porte une cime arrondie, écrasée au sommet. Les feuilles persistent rarement plus de deux anS; aussi le couvert est-il très-léger.
Écorce. — L'écorce, d'abord lisse et d'un gris argenté, prend ensuite la structure de celle des pins précédemment étudiés, et devient d'un rouge brun.
Floraison et fructification. — La floraison a lieu au mois d'avril ou de mai; la maturité des fruits, à la fin de lautomne de la seconde année, et la dissémination au mois de juillet ou d'août de l'année suivante.
Bois. — Le bois est de couleur blanchâtre, fauve clair au cœur; c'est un des plus médiocres parmi ceux des pins, d'autant plus qu'il est presque toujours de faibles dimensions. Néanmoins ses pro-
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duîts ont quelque importance pour la région où il croît, et où des essences plus précieuses se contenteraient difficilement des sols calcaires brûlants où il végète. Sa pesanteur varie de 0,532 à 0,866.
Résinage. — On résine le pin d'Alep, mais sans en obtenir des produits aussi importants que du pin maritime en Gascogne.
On commence le résinage lorsque Farbre a atteint 20 à 30 centimètres de diamètre ; et pendant 15 à 20 ans, il peut produire 6 à 7 kil. de térébenthine par an. On pratique dans Técorce des entailles de 10 centimètres de largeur auxquelles on donne le nom de aurlés] on les rafraîchit à la partie supérieure jusqu'à ce qu'elles atteignent 1°™,60 au moins, puis on en ouvre d'autres. On recueille la térébenthine, que Ton appelle périnne vierge, dans les trous creusés en terre à la base des surlés. Quant à la résine qu'on obtient, elle prend le nom de Raze. Après l'exploitation on obtient des souches, par distillation, du goudron.
IV. Pin maritime, connu aussi sous le nom de pin de Bordeaux, pin des Landes.
Feuilles longues de 10 à 25 centimètres, épaisses, charnues, d'un vert jaunâtre, légèrement luisantes. Chatons mâles ovoïdes, jaunâtres, longs de
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1 centimètre environ. Cônes presque sessiles, réfléchis, oblongs, coniques et aigus, longs de 14 à 18 centimètres, d'un roux vif et luisant. Graine assez grosse, longue de 8 à 10 millimètres, d'un noir luisant uniforme sur une face, d'un gris mat finement marbré de noir sur l'autre; aile quatre fois aussi longue qu'elle, d'un roux brunâtre clair, longitudinalement rayée de violacé. — ■ Arbre de grande taille, commun dans les landes et les dunes du sud-ouest, où il forme les forêts appelées Pignadas en Provence, en Languedoc et en Corse. Fréquemment planté dans l'ouest et le centre de la France.
Taille, port et eouTert. — Le pin maritime peut devenir un arbre de 30 mètres de hauteur sur 4 mètres de circonférence, à tige régulière, portant une cime pyramidale. Mais le résinage l'empêche de prendre ces fortes dimensions et le déforme beaucoup.
La feuille persiste trois ans ; le couvert est assez léger.
Enracinement. — L'enracinement est puissant, formé de racines pivotantes et traçantes.
Ecorce. — L'écorce a la même structure que celle du pin sylvestre ; elle est épaisse et d'un rouge brique.
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Floraison et fractificalion. — Le pin maritime donne quelquefois, dès quinze ans, des graines fertiles; à partir de Tâge moyen, la fructification devient abondante et continue. La floraison a lieu au mois d'avril ou de mai, la maturité des fruits à Tautomne de la seconde année, la dissémination au printemps suivant. Les cônes persistent ensuite un grand nombre d'années sur Tarbre.
Station et sol. — Le pin maritime habite le littoral de rOcéan jusqu'en Bretagne, où il est planté; celui de la Méditerranée. En Corse, du littoral il s'élève dans la région montagneuse jusqu'à 1,000 mètres d'altitude environ.
Il préfère et même paraît exiger les sols siliceux.
Bois. — Son bois, pourvu de très -nombreux et très-gros canaux résinifères, présente un aubier blanc jaunâtre, un bois parfait rouge, à grain relativement grossier, dur, d'une pesanteur qui varie entre 0,523 et 0,769 ; il est très-durable, mais médiocrement élastique.
Il est fort employé comme bois de charpente et de travail, de fente. C'est un bon combustible.
On considère, avec raison, dans les Landes, le bois provenant d'arbres gemmés comme supérieur à celui qui ne l'a pas été. Cela tient, d'une part, au ralentissement de croissance qui résulte du résinage; d'autre part, à la résine abandonnée
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dans les tissus par la térébenthine pendant son épanchement au dehors.
Résinage. — Le pin maritime est de toutes les abiétinées Tessence qui fournit les produits résineux les plus importants. Aussi, dans les landes et les dunes de Grascogne, il en existe des forêts considérables destinées à les fournir, et on en plante incessamment de nouvelles dans ce but.
Le pin est propre au résinage ou gommage dès qu'il a atteint 1"",20 de circonférence. On ouvre dans Técorce , de façon à atteindre Taubier, une première entaille ou quarre de 10 centimètres de large. La térébenthine vient s'accumuler dans un auget que Ton creusait autrefois à la base de Tarbre, mais qui maintenant est portatif et en terre cuite vernissée. On rafraîchit ensuite; chaque semaine, cette quarre à la partie supérieure, jusqu'à ce qu'elle ait atteint 3 mètres environ, ce qui arrive au bout de 5 ans. On ouvre alors une nouvelle quarre, que l'on conduit de la même façon. On dispose les quarres, soit les unes à côté des autres en laissant un espace de 5 à 6 centimètres entre celle qui est abandonnée et la nouvelle, soit, ce qui est préférable, sur la face opposée de l'arbre, à l'extrémité du diamètre qui passe par la première, la troisième et la quatrième aux deux extrémités d'un diamètre perpendiculaire
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à ce premier, et ainsi de suite. Un pin peut ainsi être gemmé pendant 150 ans et plus ; c'est ce qu'on appelle gemmer à vie. Quand on doit exploiter prochainement Tarbre, on pratique le gemmage à mort, qui consiste à l'attaquer par toutes ses faces à la fois.
Le gemmage se pratique du mois de mai à la fin de septembre. Un pin vigoureux et isolé, en Gascogne, — car en Provence le gemmage est beaucoup moins productif, — peut fournir 20 à 40 kilog. de produits ; mais cette quantité décroît avec l'épaisseur du massif pour tomber jusqu'à 5 à 6 kilog.
On appelle résine molle la partie fluide réunie dans les augets, galipot la portion solidifiée le long des quarres et pure des débris d'écorce, harras, le galipot impur obtenu en raclant les quarres.
On obtient de ces produits bruts des substances très-variées, fort employées dans l'industrie. Les principales sont la pâte de térébenthine, l'essence de térébenthine, le brai sec ou colophane , le brai gras, le goudron, ce dernier obtenu par la distillation des souches. Le brai gras et le goudron surtout ont une extrême importance, la marine en employant d'énormes quantités comme enduit pour les bois, les câbles, etc.